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Bon ou mauvais placement?

14 janvier 2016 par Banque Nationale
good or bad investment

Épargner peut sembler complexe. Comment tirer le plus possible de ses placements ? Comment faire la différence entre un bon et un mauvais placement ? Les conseils de Natalia Sandjian, planificatrice financière.

Faut-il beaucoup d’argent pour faire des placements ?

On peut commencer à investir dès qu’on parvient à libérer aussi peu que 25 dollars de son budget mensuel. Il est faux de croire qu’on doit avoir un montant plus important pour que cela en vaille la peine.

Il existe tellement de produits financiers, il y a de quoi s’y perdre…

Certificat de placement garanti (CPG), compte d’épargne à intérêt élevé, placement à capital protégé, fonds d’investissement, solutions gérées… Les options sont nombreuses et sont souvent méconnues des investisseurs.

C’est le travail du conseiller financier d’orienter son client dans cet univers.

Pour vous, qu’est-ce qu’un mauvais placement ?

Un placement qui ne respecte pas notre profil d’investisseur, en particulier notre tolérance au risque, est à coup sûr un mauvais placement.

Les fluctuations potentielles d’un placement trop risqué engendrent du stress et une volatilité qui peuvent nuire aux objectifs à court terme d’un investisseur. Quant aux conséquences d’un placement trop conservateur, elles se résument en deux notions : un coût d’opportunité élevé et l’érosion accélérée de son pouvoir d’achat en raison de l’inflation. S’accommoder d’un mince 2 % de rendement sans considérer l’horizon de temps d’un placement, par exemple, est une erreur. De plus, si le rendement des investissements ne réussit pas à compenser l’augmentation du coût de la vie, c’est la pérennité du capital dans le temps qui devient à risque… et survivre à son capital est certainement la dernière chose que tout investisseur souhaite.

Encore pire qu’un mauvais placement pris isolément : une diversification inadéquate.

C’est l’erreur à ne pas faire ! On a tous entendu l’expression « il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Toutefois, une bonne diversification ne signifie pas que ses investissements sont éparpillés auprès de plusieurs institutions financières, mais plutôt que l’on investit ses actifs dans diverses sortes de produits de placement. Ce que tout investisseur devrait rechercher est une combinaison optimale de catégories d’actif, de secteurs d’activité, de régions géographiques ou encore de styles de gestion.

En matière de rendement, les investisseurs ont-ils des attentes réalistes ?

Absolument pas ! Les gens semblent avoir gardé en tête les espérances de rendement du passé – du 15 %, voire 20 % sur les CPG, par exemple – tout en ayant oublié le contexte économique de l’époque, c’est-à-dire des taux hypothécaires de 25 % et une inflation élevée.

En général, les gens qui ont un profil équilibré aujourd’hui s’attendent à un rendement frôlant les 11 %, alors que les normes plafonnent plutôt à 5 % de rendement net.

Le facteur émotif prend-il trop souvent le pas sur le rationnel ?

Les émotions sont importantes, car elles agissent comme indicateur de la tolérance au risque. C’est bien beau qu’un client se dise à l’aise, sur papier, avec la volatilité de son portefeuille, mais si en pratique il passe un coup de fil paniqué à son conseiller à chaque petite baisse ponctuelle, une révision de son profil serait peut-être indiquée.

Le facteur émotif peut aussi nuire à la capacité d’un client à gérer ses placements.

En tant que planificateur financier, on joue souvent le rôle de filtre entre le client et ses émotions – un intermédiaire neutre plus rationnel – afin d’éviter, par exemple, la vente précipitée d’un placement à perte.

Les gens consultent-ils un planificateur financier seulement quand leur portefeuille est « malade » ?

C’est souvent malheureusement le cas. Les gens nous rencontrent quand leurs finances vont mal, quand leur endettement les préoccupe ou lorsqu’ils ont tenté d’investir par eux-mêmes, sans succès. Ils n’ont pas le réflexe de nous faire part de leurs beaux projets, par exemple l’arrivée d’un enfant, qui ont pourtant des incidences financières importantes.

En santé financière aussi, la prévention est le meilleur des remèdes.

Qu’est-ce qu’un planificateur financier peut faire avec mon portefeuille de placements ?

Il a toutes les cartes en main pour développer une stratégie de placement adaptée aux besoins de son client, puisque son expertise lui permet de s’impliquer dans la planification de sa retraite, dans sa succession et dans ses finances personnelles, tout en considérant les aspects fiscaux, légaux et ses assurances. Au-delà de la planification, il offre aussi soutien et accompagnement. Cette relation va beaucoup plus loin que de simples transactions.

Placements : 3 erreurs classiques

Confondre dispersion et diversification

Répartir ses placements entre plusieurs institutions financières n’a rien à voir avec la diversification (qui consiste à opter pour différentes catégories de placement : titres à revenu fixe, actions ou régions géographiques) : il s’agit de dispersion. Il est possible de confier tous ses investissements à une seule institution et de profiter d’un portefeuille diversifié.

S’improviser investisseur autonome

Il y a trois prérequis pour être un bon investisseur autonome : posséder des connaissances en placement, avoir du temps à y consacrer et avoir un intérêt certain et constant pour la gestion de son portefeuille, chose qui peut être excitante au départ, mais qui peut devenir une tâche lourde avec le temps. Bien qu’accessible, il est important de se renseigner avant de se lancer dans l’investissement autonome.

Ne pas respecter son profil

Ou pire : ne pas le connaître ! Le profil d’investisseur est critique pour une bonne répartition des actifs. Nombre de nouveaux investisseurs auraient d’ailleurs avantage à se faire accompagner par un planificateur financier lorsqu’ils remplissent le questionnaire pour établir leur profil. C’est son rôle que de vérifier la compréhension, la constance et la cohérence dans les réponses.

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