Comment investir dans l’art

22 novembre 2021 par Banque Nationale
Photo d’une femme contemplant les tableaux d’une galerie d’art.

Investir dans l’art, c’est investir dans un marché riche, diversifié et prospère. La bonne nouvelle? Pas besoin d’être millionnaire pour y consacrer des actifs. Alors comment investir dans l’art et s’assurer une rentabilité optimale? Voici nos conseils. 

Pour investir dans l’art, informez-vous sur le marché

Le marché de l’art représente une solution intéressante aux placements financiers traditionnels. Et pour cause, : son rendement annuel moyen est comparable à celui des principaux indices boursiers. Alors si vous souhaitez investir dans l’art, vous devez faire vos devoirs si vous voulez réaliser la meilleure acquisition. « Il faut d’abord voir des œuvres, voir ce qui se passe dans les musées. Il faut bien connaître l’histoire de l’art et la carrière de l’artiste. C’est comme ça qu’on commence à collectionner », explique Jo-Ann Kane, conservatrice de grandes collections d’entreprises incluant celle de la Banque Nationale et membre du conseil d’administration du Conseil des arts et des lettres du Québec. Les musées, les galeries, les livres et les magazines sur l’art contemporain vous permettront de suivre l’évolution des artistes.

Et si vous choisissiez d’investir dans l’art québécois?

Choisir d’investir dans l’art québécois, c’est opter pour un investissement financier qui a ses avantages. En faisant l’acquisition d’une œuvre admissible d’un artiste canadien, sous certaines conditions, un contribuable – soit un particulier, une société de personnes, une société par actions ou une fiducie – peut amortir annuellement 20 % de son coût au fédéral et 33,3 % au provincial.

Bon à savoir : la première année de l’achat

La règle du demi-taux s’applique : l’amortissement correspond alors à 10 % au fédéral et 16,67 % au provincial.

Un travailleur autonome, sous certaines conditions, pourra aussi déduire cette dépense de ses revenus et récupérer les taxes s’il est inscrit aux fichiers de la TPS et de la TVQ.

Artistes contemporains de renom ou émergents? Misez sur les plus prometteurs

Pour faire le meilleur choix, pensez à la prospérité de l’artiste en prenant en considération :

  • son influence
  • sa reconnaissance publique sur le marché de l’art
  • sa reconnaissance médiatique

« Un artiste vient avec une certaine forme de reconnaissance de ses pairs, et d’un cercle encore plus élargi, explique Pascal Desjardins, commissaire et cofondateur de La petite commission. Plus l’artiste a des références, moins on court de risque. »

À analyser :

  • la biographie et le parcours professionnel
  • si ses œuvres font partie de collections privées ou d’entreprises, si certaines ont été acquises par des musées
  • si l’artiste a fait des expositions solos, ou avec qui il a exposé, etc.

Un artiste de renom aura exposé dans des lieux reconnus, comme un centre d’artistes ou un musée d’importance, ici ou à l’étranger.

Vous convoitez l’œuvre d’un artiste qui a été présentée à New York?

« Il y a plusieurs galeries dans cette ville, et elles sont loin d’être toutes bonnes, met en garde Jo-Ann Kane. Pour plusieurs, exposer à l’étranger semble être un gage de qualité. Par contre, il faut valider l’importance de la galerie ou encore du musée avant de faire l’acquisition de l’œuvre. »

Pour quelques centaines de dollars, vous pourriez également mettre la main sur une toile d’un artiste émergent prometteur.

« Si vous avez un intérêt pour collectionner, vous avez peut-être déjà l’œil sur des œuvres, avance M. Desjardins. C’est aussi plaisant d’investir dans un artiste dont on aime le travail, qui n’a pas encore acquis cette grande reconnaissance. Là vient un certain flair, un œil qui se développe. »

Dans tous les cas, pour déterminer si une œuvre prendra de la valeur, on considère ses qualités esthétiques. « Il faut s’assurer d’avoir les meilleures œuvres, tirées de la meilleure période de l’artiste affirme Jo-Ann Kane. Connaître sa carrière est donc primordial. » Collectionner un nom n’est pas en soi gage d’un bon investissement.

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Pensez à assurer la rentabilité de vos acquisitions à long terme

Les œuvres d’art sont aujourd’hui des actifs convoités. Plusieurs conditions sont cependant à respecter pour que ce type d’investissement financier soit rentable. Votre projet doit notamment être considéré comme un placement à long terme. Les conditions matérielles permettant l’exposition, la conservation et l’entreposage de l’œuvre doivent donc aussi être prises en compte au moment de l’acquisition afin de protéger votre investissement. « Dès que l’œuvre est endommagée, elle perd un minimum de 30 % de sa valeur, précise Jo-Ann Kane. Et beaucoup plus si elle est fortement endommagée ou restaurée. Il faut qu’elle soit bien encadrée et manipulée par des spécialistes. » D’ailleurs, une œuvre d’art ne doit pas être exposée près d’une source de lumière forte.  « Il ne faut jamais accrocher une œuvre sur papier près d’une fenêtre. Même lorsque l’œuvre sera à l’abri, les UV contenus dans le papier continueront à dégrader la matière », explique-t-elle.

Faire don de ses œuvres d’art, une initiative qui rapporte

Lorsqu’on investit dans l’art, « l’après » est aussi à prendre en considération. En effet, le don d’une ou de plusieurs de vos acquisitions pourrait jouer en votre faveur : « en faisant un choix qui peut intéresser les musées, il est possible d’éventuellement en faire don. Au moment de l’échange, 125 % de la valeur actuelle de l’œuvre d’art est admissible en crédit d’impôt non remboursable. Donc, si on achète une toile à 5 000 $ et que 15 ans plus tard elle vaut 30 000 $, la valeur du crédit d’impôt auquel on aurait droit correspond à 37 500 $. » Le montant du don d’une œuvre d’art est en effet majoré de 25 % si le don est fait à une institution muséale.

Toutefois, Mme Kane précise qu’il y a eu « des resserrements au gouvernement du Canada afin d’éviter la spéculation, donc l’acquisition d’une œuvre dans le but d’en faire don directement. Si le gouvernement soupçonne que l’acquisition a été faite seulement dans un but spéculatif, le don pourrait être freiné. »

Notez qu’il est aussi possible pour un particulier d’offrir une œuvre d'art à un organisme de bienfaisance reconnu par la Loi sur les impôts. Le geste sera alors traité au même titre qu’un don en argent, et le donateur bénéficiera d’un crédit d’impôt. Puis, si l’œuvre acquise est vendue et que sa valeur marchande a augmenté depuis l’achat, 50 % du gain en capital sera imposable. S’il y a lieu, l’acheteur devra aussi ajouter à son revenu la récupération de l’amortissement réclamée.

Vous souhaitez investir dans l’art sereinement? Faites appel à un expert

Pour réaliser un investissement financier sûr dans le domaine de l’art, mieux vaut faire appel à un expert. Pourquoi? Parce qu’un expert connaît parfaitement le marché de l’art et sera le plus apte à vous guider pour faire les bons investissements au bon moment. Pascal Desjardins conseille « d’aller parler aux galeristes. Ils sont les premiers passionnés. Il faut aller les voir, se laisser expliquer les œuvres qu’on aime, et confirmer si elles ont du sens pour nous. » À cela, Mme Kane ajoute : « Les galeristes sont de bon conseil, mais il faut aussi comprendre qu’ils ont un intérêt à vendre. Par ailleurs, lorsqu’on s’adjoint un conseiller, il faut faire une recherche à savoir avec qui ce dernier travaille, et quelles collections il a bâties. »

Vous l’aurez compris, investir dans l’art demande du temps, de la patience et nécessite de faire appel aux bonnes ressources. Alors avant de vous lancer, prenez le temps de réfléchir à tous ces éléments pour faire les bons investissements au bon moment.

S’il vous manque une stratégie d’investissement cohérente pour chapeauter le tout, prenez le temps de discuter avec notre équipe.

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Les opinions présentées dans ce texte sont celles de la personne interviewée. Elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque Nationale ou de ses filiales.

Pour tout conseil concernant vos finances et celles de votre entreprise, veuillez consulter votre conseiller de la Banque Nationale, votre planificateur financier ou, le cas échéant, tout professionnel (comptable, fiscaliste, avocat, etc.).

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