Nos capsules : Impact économique 

Les actualités économiques de l’heure, démystifiées. C’est le rendez-vous que proposent nos experts Stéfane Marion et Martin Gagnon.

Impact économique - Les banques centrales en terrain glissant

20 septembre 2022        Transcription

Tous les regards sont tournés vers les banques centrales. Les majorations de taux auront-elles les effets escomptés? Quels pourraient être les impacts du stress financier qui commence à peser sur l'économie mondiale?

Impact économique - Enfin un répit pour l’inflation

15 août 2022        Transcription

Martin Gagnon s'entretient avec Stéfane Marion pour faire le point sur la situation économique mondiale et son impact sur le marché canadien. 

Impact économique - La récession n'est pas inévitable

19 juillet 2022        Transcription

Martin Gagnon s'entretient avec Stéfane Marion pour faire le point sur la situation économique mondiale et son impact sur le marché canadien. 

Impact économique - L'inflation persiste : que feront les banques centrales?

16 juin 2022        Transcription

Martin Gagnon s'entretient avec Stéfane Marion pour faire le point sur la situation économique mondiale et son impact sur le marché canadien. 

Catégories

 

Envie de creuser les actualités économiques?

Nos experts analysent pour vous les tendances et vous conseillent afin d’éclairer vos décisions.
 

Découvrez les actualités économiques

Restez informés

Soyez les premiers informés de nos plus récents conseils : inscrivez-vous à notre infolettre.

Abonnez-vous 

Les petits détails pour tout savoir

Bonjour tout le monde et bienvenue à cette capsule économique du 15 septembre 2022. Comme à l'habitude, je suis avec notre économiste en chef, Stéfane Marion.

Bonjour Stéfane, Bonjour Martin.

Alors on va faire un petit bris au protocole Stéfane, je pense que tu as une histoire tellement intéressante que je vais te laisser aller pour 7-8 minutes pour faire un récapitulatif de nos perspectives et puis on va conclure à la fin.

Oui, peut-être des incertitudes, Martin, beaucoup de volatilité au niveau des marchés, puis c'est loin d'être évident, faire une prévision présentement. Pourquoi? Le contexte demeure le même. Les banques centrales sont déterminées à faire baisser l'inflation. L'inflation, qui baisse mais peut-être moins rapidement que prévu. La complexité Martin qu'on peut le voir dans cette diapo, c'est que l'inflation est au-dessus de 2% partout autour de la planète, ça va d'autour de 3% en Chine, jusqu'à près de 12% dans les Pays-Bas. Le Canada est en milieu de peloton dans tout ça et ce qui nous amène des banques centrales, avec une inflation qui est au-dessus de la cible de 2% qui est en général visée par la plupart des banques centrales, à majorer les taux de façon synchronisée. Puis ça Martin, ça amène certaines incertitudes par rapport à ce que les banques centrales donnent comme message en général, à savoir que oui, mais monter les taux n'impacte pas l'économie avant 12 à 18 mois. Martin, si tout le monde le fait en même temps, peut-être que le laps de temps, les délais seront beaucoup plus courts. Donc cette incertitude-là amène de la nervosité au niveau des marchés. Pourquoi ? Parce que on voit déjà une certaine traction de la remontée des taux d'intérêt avec une croissance mondiale qui est en baisse, puis là, dans le secteur manufacturier, on constate le ralentissement. On demeure en territoire positif Martin, mais la croissance est beaucoup moins vigoureuse. Là où ça devient plus complexe, il ne faut pas que la croissance baisse trop durement à partir de maintenant, sinon, ça amène à un potentiel accru de récession. Et la complexité pour les banques centrales c'est que présentement, on vise un indicateur qui est retardé sur le cycle. Donc l'inflation générale représente, l'inflation d'aujourd'hui représente, la croissance passée. Du moment que vous anticipez une croissance plus faible dans les prochains mois, nécessairement, l'inflation va baisser. À quelle vitesse ? Mais ça dépendra aussi de ce qui se passe autour de la planète. Puis l'autre chose, Martin, c'est que les contraintes d'offres expliquent encore une partie non négligeable de l'inflation. Puis selon un calcul de la Réserve fédérale, si on regarde cette diapo, en haut en vert. Ça laisse entendre que 50% d'inflation aux États-Unis est encore déterminée par un enjeu de chaîne d'approvisionnement. Donc, si la Chine réouvre son économie au cours des prochains trimestres, des prochains mois, des prochaines semaines et qu'elle relâche un peu sa politique de zéro COVID, on pourrait avoir un impact sur l'inflation qui soit beaucoup plus rapide. Mais pour l'instant, les banques centrales ne le voient pas et on continue à majorer les taux. L'enjeu, à partir de maintenant, c'est que si on fait trop de resserrements, ça amène trop de stress financier, un dollar américain trop fort, et ce qui nous amène une récession. Une récession je peux vous assurer que ce serait une erreur de politique monétaire parce que les banques centrales ne visent pas une récession, on vise un ralentissement. Et c'est pour ça qu'on est en terrain glissant présentement, parce que on doit jauger quels sont les déterminants d'inflation et est-ce que ma croissance est quand même entrain de ralentir assez fortement sans trop ralentir pour faire décélérer mon inflation qui est l'enjeu principal des banques centrales présentement. Lorsqu'on regarde le dollar américain, c'est un record de tous les temps. Donc, clairement, il commence à avoir un stress financier plus important pour l'économie mondiale. L'autre chose, c'est qu’il y a un impact sur les classes d'actifs, de marchés financiers. En même temps, la remontée des taux au niveau planétaire fait en sorte que les ventes de maisons, l'activité résidentielle est en forte baisse. Pour le Canada, on est retombé en deçà de la moyenne des 10 dernières années. Y a un potentiel que ça baisse un petit peu plus. Mais par contre, je veux toujours tout de suite vous rassurer, les baisses de prix ne devraient pas excéder 10% dans un contexte où les banques centrales confirment un ralentissement de l'inflation dès cet automne. Donc, c'est important Martin, il y aura des hausses de taux au mois de septembre aux États-Unis, on en a eu au Canada, il y en aura d'autres au mois d'octobre et j'espère qu'à partir du mois d'octobre, les banques centrales vont prendre une pause pour voir si le ralentissement économique se solde par une inflation beaucoup moindre au cours des prochains mois. La raison pour laquelle nous adhérons à une thèse de ralentissement économique, mais pas de contraction, c'est que pour le moment au Canada, le revenu disponible, même après ajustement pour l'inflation, demeure sur sa tendance pré COVID, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis, ce qui n'est très certainement pas le cas en Europe ou en Allemagne. Ce que ça veut dire Martin, c'est que la remontée du prix des commodités a permis au gouvernement d'aider le consommateur, on a vu avec l'annonce du fédéral, encore une fois cette semaine, on veut aider les consommateurs à combattre l'inflation. Donc, ça amène une certaine résilience à l'économie canadienne. Mais encore une fois, il ne faut pas trop en faire au niveau des hausses de taux, donc faudra moduler peut-être nos actions au niveau des banques centrales. Pourquoi je pense que ça pourrait se produire? Parce qu'on voit déjà le rythme des embauches qui commence à ralentir. Puis c'est important, les banques centrales clament haut et fort que l'économie est résiliente parce que le secteur de l'emploi demeure vigoureux. C'est vrai, si on regarde les chiffres au total, par contre au niveau des emplois à temps plein, ça commence à ralentir. Et aux États-Unis et au Canada au cours des derniers mois, c'est comme si les entreprises Martin se donnent une petite gêne, embaucher des gens à temps plein dans un contexte d'incertitude économique et plus périlleux pour les entreprises. Donc on engage à temps partiel pour le moment, donc ça, ça laisse présager d'une accalmie importante au niveau du risque d'embauche, ce qui est souhaité par les banques centrales. Ce que les banques centrales ne souhaitent pas voir, c'est évidemment des mises à pied massives. À quoi doit-on s'attendre pour les prochains mois ? Moi, je vous donne le scénario avec lequel on procède présentement dans le groupe économie stratégie de la Banque Nationale. Nous supposons que le rythme de décélération de l'inflation, même s'il a déçu au mois d'août, devrait être beaucoup plus rapide au cours des mois à venir pour les raisons qu'on a mentionnées jusqu'à présent. Si nous avons raison dans notre scénario, ça voudrait dire que la Réserve fédérale et la Banque du Canada arrêteraient de monter les taux à partir du mois d'octobre pour ensuite évaluer la situation. Donc on a beaucoup monté les taux, de 300 points de base, 3 points de pourcentage, Martin, c'est du jamais vu en une génération en seulement 6 mois au Canada. 3 points de pourcentage récemment, c'est beaucoup. Donc, si on a raison, et ça il faut avoir raison sur le scénario d'inflation, bien évidemment, ça voudrait dire des taux qui se stabiliseraient juste en deçà de 4% des 2 côtés de la frontière. Et ça, je pense que l'économie peut l'absorber, Martin. Le gros questionnement, c'est au-dessus du 4 %, ça devient plus complexe pour l'économie, d'autant plus que la Banque du Canada et la Banque centrale américaine ne sont pas les 2 seules banques à majorité les taux présentement. Donc pour les perspectives d'inflation, ce qui devient de plus en plus important, je dois confirmer que l'inflation continue de baisser. Notre prévision actuelle, c'est que d'ici le début de 2023, on sera redescendu en deçà du 3 %, ce qui serait une excellente nouvelle pour les marchés et pour l'économie mondiale. Le risque Martin, c'est que l'inflation demeure plus résiliente et c'est ça qui amène beaucoup de volatilité dans les marchés présentement. Parce que l'on peut constater que le PIB devrait ralentir à 1 % dans le contexte actuel, si on demeure en dessous du 4 %. Mais si on y va plus agressivement, bon, on pourrait avoir à faire un cycle économique un petit peu moins propice à la croissance pour les actifs risqués. C'est pour ça que présentement, on est dans une zone de turbulences de grande volatilité. On peut voir sur la diapo à gauche, que le 3e trimestre est positif pour l'ensemble des classes d'actifs. On se rappelle que le 2e trimestre était très difficile, donc rebond pour l'instant au 3e trimestre, même si l'année, sur la diapo le graphique en rouge, demeure difficile. Mais tout ça pour dire que nous sommes dans une zone de grande volatilité. Nous devons confirmer ce ralentissement de l'inflation, mais pour l'instant Martin, je pense qu'il faut faire preuve de prudence au niveau des décisions d'investissement dans les actifs risqués.

Stéfane, super intéressant, je pense que l'élément dont on entend très peu parler, c'est le volet structurel de l'inflation et il y a une des diapos que tu as montré qui raconte cette histoire-là. Ce n'est pas quelque chose qu'on entend souvent parler, mais c'est quelque chose que les banques centrales ne contrôlent pas.

Et non Martin, donc la chaîne d'approvisionnement, les banques centrales ne peuvent pas le contrôler avec des hausses de taux, de même que l'environnement géopolitique incertain. Donc on a, c'est comme si dans les derniers mois on a complètement abandonné l'idée qu'il y a une composante structurelle qui vient de la chaîne d'approvisionnement qui impacte l'inflation. Pourquoi ? Parce que les banques centrales ont raté leurs prévisions de la dernière année, elles sont en mode rattrapage. Le problème, c'est encore une fois, maintenant on est en terrain glissant, en faire trop, alors que tout le monde resserre les taux, pourrait faire culbuter l'économie mondiale, donc il faut que les banques centrales prennent une pause là.

Et on est plus dans la gestion de leur crédibilité qu’autre chose. Oui et donc pour redevenir crédible, on doit confirmer ce ralentissement d'inflation, qui a commencé Martin, c'est juste qu'il doit s'accélérer.

Puis 1% ce n'est pas loin d'une contraction.

C'est une croissance qui est en deçà de la vitesse croisière d'une économie qui, en général, peut faire décélérer l'inflation. Donc c'est important, on n'est pas obligé d'aller en contraction économique pour faire ralentir l'inflation. À 1 %, ça va ralentir, surtout si les facteurs de chaîne d'approvisionnement se manifestent avec une réouverture de l'économie chinoise.

Donc on recommande de la prudence. On est encore dans notre scénario Stéfane, mais le risque est élevé. On recommande de la prudence et puis peut-être d'augmenter les niveaux de l'encaisse.

Un peu plus de prudence. Martin, effectivement, le temps de confirmer que les banques centrales vont bel et bien prendre une pause à partir du mois d'octobre.

Excellent, merci beaucoup Stéfane. Alors encore une fois soyez prudent. Il reste quelques mois avant la fin de l'année, elle est moins jeune cette année-là, mais encore beaucoup de volatilité à l'horizon. Soyez prudents. Merci de nous écouter et envoyez-nous vos commentaires. Au revoir.

Bonjour tout le monde et bienvenue à cette capsule économique du 11 août 2022. Comme toujours, je suis accompagné de notre économiste en chef Stéfane Marion.

Bonjour Stéfane. Bonjour Martin.

Stéfane, ce n'est jamais facile de faire des prévisions économiques mais on peut dire qu'on est dans un environnement où il y a beaucoup d'incertitude et beaucoup de signes contradictoires.

Oui, l'économie, puis le marché financier n’ont pas pris de vacances cet été. Martin, c'est la volatilité dont on parlait dans les derniers mois. Martin, il y a toujours un fond de décélération de l'économie mondiale qui est bien évident, ce qui fait craindre à plusieurs un accident économique. On perçoit au niveau mondial la décélération, elle est généralisée, mais la bonne nouvelle, Martin, c'est qu'on demeure en territoire d'expansion et pas au niveau de contraction. Cela étant dit, il y a des divergences au niveau mondial, puis on peut penser que la zone euro, qui est impactée par des éléments cycliques et aussi structurels et géopolitiques, elle, de toute évidence, ce sont des moments plus difficiles pour son économie et il faut prévoir un automne douloureux économiquement qui va entraîner justement une décélération importante.

Donc malgré le fait qu'on est probablement déjà en récession en Europe, il y a la Chine qui compense avec une réouverture.

Il y a des éléments compensatoires, la Chine c'est une grosse zone économique qui est plus importante que celle européenne. Donc ce qu'on constate, c'est la zone euro est en contraction, par contre une certaine réouverture de l'économie chinoise qui n'a pas totalement réouvert Martin, mais quand même un momentum intéressant, de sorte qu'on compense. C'est la raison pour laquelle l'économie mondiale est en décélération et non pas en contraction, puis aussi aux États-Unis, malgré les lectures de PIB, il y a quand même une activité industrielle qui demeure positive.

Oui, alors parlons des États-Unis. Justement, il y a des jeux importants cycliques reliés aux inventaires et à tous les problèmes qu'on a eu avec les chaînes d'approvisionnement.

Il y a beaucoup de gens qui se prononcent, que l'économie est en récession parce que le PIB est en contraction aux États-Unis pour 2 trimestres de suite, Martin. Cela étant dit, il faut aussi avant d'annoncer une récession officielle, historiquement, il faut tenir compte de plusieurs facteurs. La première observation que je dois faire, c'est qu'aux États-Unis, la contraction aux États-Unis est exacerbée par un jeu d'inventaire des entreprises qui doivent composer avec une chaîne d'approvisionnement toujours incertaine et peut-être trop d'accumulations au cours des trimestres précédents. Ce que l'on constate aux États-Unis, c'est qu'avec des niveaux d'inventaire les plus élevés depuis 1984, il y a une tentation des entreprises de réduire ces niveaux là et ça, ça peut influer sur le niveau du PIB, sans pour autant déclencher une récession. Parce que tout ça en bout de ligne, Martin, va dépendre du cycle d'emploi qui demeure quand même bon.

Et ceci a aussi toutes sortes d'impacts sur les entreprises, les bénéfices et l'inflation aussi.

Oui, puis là, dans un contexte où on est très inquiet par rapport à l'inflation, le jeu des inventaires a un impact intéressant à ce niveau-là, positif même, et on remarque que, en réduisant leurs inventaires soudainement et avec la réouverture de la Chine, Martin, le prix des intrants est en baisse, les délais de livraison, les commandes en carnet sont aussi en baisse. Et ce que ça veut dire, c'est finalement, ça nous achète un certain répit au niveau de l'inflation pour le consommateur. Puis ce qu'on peut constater, c'est que déjà au mois de juillet pour les États-Unis, on aura les chiffres canadiens qui peuvent être similaires, Martin, l'inflation pour le prix des biens de consommation a diminué fortement. On a commencé l'année à plus de 12 %, puis là on est à 8 %, donc la décélération est amorcée. Ça c'est une excellente nouvelle.

Donc on parle d'une décélération, mais on est toujours à des niveaux élevés et c'est pour ça que nos banques centrales doivent réagir encore.

Oui, on s'entend que passer de 12 à 8, ça demeure bien au-dessus de 2% en général que les banques centrales visent donc les banques centrales demeurent en mode de resserrement, puis et aux États-Unis et au Canada, on a des taux d'intérêt autour de 2,5 %. Puis au Canada, on le note, la hausse a été plus salée qu'on pensait pour le mois de juillet, un point de pourcentage, 100 points de base, c'était énorme, la plus grosse augmentation depuis 1998. On se retrouve soudainement à 2,5 % pour le taux directeur des 2 côtés de la frontière. Martin, il y a fort à parier, nouvelle majoration des taux au mois de septembre pour justement s'assurer que l'inflation demeure, se maintienne sur sa côte descendante.

Stéfane, on a beaucoup de questions sur le marché immobilier, alors on va y consacrer quelques minutes.

Oui, c'est donc la capacité d'absorber des hausses au Canada. Étant donné qu'on a le marché immobilier qui a très bien fait au cours des dernières années. Puis Martin, on le détecte déjà, oui, il y a une revente de maisons, une activité de revente de maison qui est beaucoup moins vigoureuse que par le passé. En fait, on est tombé en dessous de la moyenne des 10 dernières années, Martin, et ça, ça inquiète plusieurs personnes. Pourquoi les gens s'inquiètent qu'avec la remontée des taux, il y a un choc de paiement qui va frapper l'économie canadienne, amener à une baisse de prix des maisons très, très importante. Deux éléments militent contre ce scénario-là. Martin, pour le moment, nous pensons que les banques centrales vont stabiliser leur taux directeur autour de 3 % plutôt que 4 % qui avait été publicisé en début d'année par ces mêmes banques. L'autre chose, c'est qu’il faut tenir compte de la dynamique du marché canadien, de la composition du marché hypothécaire canadien. C'est vrai qu'il y a le tiers des ménages qui sont à taux variable au Canada, mais n'oubliez pas que ces ménages là à taux variable, 67 % de ces hypothèques-là sont à paiement fixe, ce qui permet donc aux ménages d'absorber une certaine augmentation des taux sans pour autant frapper leur pouvoir d'achat de façon immédiate. Donc c'est la dynamique qui est totalement différente des États-Unis en 2005, 2006. Il faut bien tenir compte des réalités du marché hypothécaire, sa construction est différente au Canada par rapport aux États-Unis. L'autre chose, Martin, il faut aussi contrôler par le nombre de ménages qui ont une hypothèque, puis au Canada, il y a beaucoup de ménages qui ont payé leurs hypothèques. On n'a pas l'incitation fiscale, comme aux États-Unis de maintenir nos hypothèques trop longtemps, donc il y a 35 % des ménages qui ont une hypothèque au Canada, c'est moins qu'aux États-Unis, donc des gens qui ont des potes qui ont été payés, donc ça c'est intéressant. Donc si on combine la structure du marché hypothécaire, Martin, avec le nombre de gens qui ont des hypothèques, ce qu'on obtient c'est à peu près un choc de paiement, une amplitude d'à peu près 0,5 % à 1 % du revenu disponible. Martin, oui, c'est une taxe sur la consommation, mais c'est gérable tant et aussi longtemps que le marché du travail tient le coup, ce qui est encore le cas au Canada.

Effectivement, le marché du travail est très fort. On avait parlé il y a quelques semaines aussi de la démographie qui supporte tout ça, mais on a fait un rapport beaucoup plus technique qui est disponible

sur le site web des études économiques de la Banque Nationale, si vous êtes intéressés en savoir plus, il y a beaucoup plus de détails dans vos rapports.

Oui, merci de me rappeler Martin. C'est très technique ce dont je viens de parler, vous pouvez le voir avec plus de détails sur le site Internet, c'est dans la section « Rapport spécial » où on fait cette analyse du marché immobilier canadien.

Donc en conclusion, il y a beaucoup d'incertitudes. On est encore dans un choc d'offre, il y a l'Ukraine, il y a une décélération de l'inflation, mais des niveaux élevés. Les marchés qui ont très bien fait lors des dernières semaines, mais on reste prudent. Stéfane, la récession n'est toujours pas inévitable selon nous.

Non, et effectivement, Martin, puis tout va dépendre aussi de la décélération de l'inflation. On a eu une excellente nouvelle au cours des dernières semaines pour le mois de juillet donc, ou des derniers jours devrais-je dire. Donc il faut que ça se continue pour les prochaines semaines, donc les banques centrales sont encore en resserrement, encore faut-il qu'on les arrête autour de 3% plutôt que les amener en mode restrictif sont encore en mode de normalisation. Il faut éviter d'aller en territoire restrictif et si c'est le cas, j'ai bon espoir qu'il y aura une décélération économique qui se pointe en 2e moitié d'année, ça c'est certain Martin, mais la récession n'est pas inévitable si les banques centrales voient cette inflation continuer à baisser. Donc on est du bon côté je pense pour le moment, mais encore faut-il qu'on le confirme pour encore quelques semaines.

Excellent. Merci Stéfane. Merci d'être à l'écoute et n'hésitez pas si vous avez des questions à nous les faire connaître et on se revoit au mois de septembre, au revoir.

Bonjour tout le monde et bienvenue à cette capsule économique 15 juillet 2022, comme toujours, je suis accompagné de notre économiste en chef Stéfane Marion.

Bonjour Stéfane, Bonjour Martin.

Alors Stéfane, on doit absolument commencer en parlant d'inflation, des chiffres assez élevés qui sont sortis dans les derniers jours.

Martin, malheureusement, l'inflation demeure sur une montée aux États-Unis, on parle d'une inflation de plus de 9 % dans un contexte où le taux de chômage est bas aux États-Unis, les craintes de stagflation sont toujours un enjeu pour les marchés. Et évidemment, ça amène une nervosité par rapport à la fonction de réaction des banques centrales pour qui cette augmentation de l'inflation maintenant ne peut plus être tolérée.

Effectivement, donc les banques centrales se sont fait bousculer un petit peu par tout ça et elles ont réagi.

Oui, puis on le voit déjà au Canada, Martin, donc il faut s'attendre à ce qu’au niveau de la Réserve fédérale, on a une augmentation assez costaude des taux d'intérêt à la fin du mois de juillet. Au Canada, on a déjà pris de l'avance par rapport à tout ça avec la Banque du Canada avant même de voir son chiffre d'inflation qui va être publié bientôt, mais avec les bouchées doubles, avec une augmentation de 100 points de base au niveau des taux, de son taux directeur. Martin prévisions facile à faire, il y aura d'autres hausses de taux importantes au Canada cet été, mais je pense que la bonne nouvelle, c'est qu'ils sont en train de prendre l'avance, donc je pense que le durcissement monétaire pourrait durer peut-être moins longtemps dans un contexte où on va prendre de l'avance.

On parle beaucoup de similitudes avec les années 70, qu'est-ce que t'en penses ?

Évidemment qu'il y a un choc d'offre au niveau du prix des denrées et cette composante de choc d'offre là doit, on doit composer avec, puis aussi, encore une fois, Martin, on en a parlé souvent, la COVID ce n'est pas parti, puis en Chine, il y a toujours cette politique de tolérance 0 par rapport à la COVID qui met une certaine pression haussière sur le pilier de consommation. Mais je pense, Martin, que les choses pourraient se tasser au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Alors bien évidemment le marché boursier, les marchés boursiers en général restent dans un marché baissier.

C'est vrai Martin, mais en même temps, ce qui est intéressant c'est que même si l’inflation continue sur sa montée, sur une lancée, on remarque les marchés boursiers qui avaient baissé, qui étaient tombés en en baisse de plus de 20 %, marché baissier, donc se maintiennent au niveau actuel. Puis peut-être que, paradoxalement, les gens se disent, mais pourquoi est-ce que les marchés se maintiennent alors que l'inflation s'accélère? C'est parce que, Martin, au niveau des attentes, il ne faut pas oublier que l'inflation, c'est un indicateur retardé sur le cycle, puis au niveau des attentes d'inflation au niveau du marché, on remarque que l'inflation sur 5 ans, les attentes d'inflation sur 5 ans est en train de baisser. Puis tu vois on était au-dessus de 3 % puis on est revenu à un bas d'un an. Donc les anticipations de marché sont déjà en train de nous dire que peut-être que le sommet d'inflation est présentement et que les prochains mois pourraient être beaucoup meilleurs à ce niveau-là.

Ça, Stéfane, je pense que c'est très important parce que ça peut paraître un peu contradictoire pour nos auditeurs. Donc les banques centrales réagissent à des chiffres d'inflation très, très forts, mais on a plusieurs autres indicateurs qui nous indiquent là que on voit des tendances à la baisse, notamment le prix du cuivre, notre fameux Doctor Copper.

Mais évidemment Martin, donc pourquoi ce que les attentes d'inflation baissent ? C'est parce qu'on a déjà anticipé un ralentissement économique qui se répercute déjà sur le prix des commodités, donc on peut voir qu'au niveau du prix du pétrole, le prix du Brent est en baisse de à peu près 20 %. On voit que le prix du cuivre est en baisse de 25 %, puis ça évidemment ce sont des impacts qui vont se refléter rapidement sur l'inflation. Donc la baisse du prix des commodités je pense que ça c'est très, très important. Puis l'autre chose, Martin, c'est qu'il y a quand même une certaine réouverture qui s'effectue en Chine au niveau de son économie. Ce qui fait en sorte que le prix pour expédier un conteneur de la Chine vers les États-Unis a baissé d'à peu près 50 % au cours des dernières semaines. Donc, tout ça pour dire la combinaison de la baisse du prix des commodités et du prix du transport maritime laisse présager des biens de consommation, une inflation pour les biens de consommation qui sera moins élevée au cours des prochains mois.

Justement, parlons de la consommation Stéfane. Le consommateur américain voit ses dépenses grandement affectées par les dépenses pour l'énergie et la nourriture.

Oui, donc, Martin, ce qu'on veut dire, c'est que j'ai une baisse du côté de transport, une baisse du prix commodités, puis aussi, il y a probablement une baisse au niveau de la demande pour les biens de consommation qui reflètent le fait qu’au cours des derniers trimestres, les habitudes de consommation ont été bousculées aux États-Unis avec l'augmentation du prix de l'énergie et de la nourriture. Soudainement, les consommateurs ont dû redéployer 500 milliards de dollars vers des dépenses non discrétionnaires. Donc évidemment, ça, c'est un changement abrupt qui va se refléter au niveau de l'économie américaine, moins de demande pour les dépenses discrétionnaires, mais ça amène aussi des révisions à la baisse au niveau des bénéfices des entreprises américaines.

Oui, justement là, parlons-en. On voit une baisse qu'on n’avait pas vu depuis quelques années là-dessus.

Donc la diffusion n’est pas très bonne présentement, puis Martin, encore une fois le marché a déjà escompté ce ralentissement au niveau des dépenses de consommation dans les dépenses discrétionnaires. Puis, on remarque aux États-Unis, il y a à peine 35 % des entreprises américaines qui sont en train de revoir à la hausse leurs bénéfices par action au cours de la prochaine année. Ça, c'est plutôt mou comme diffusion. En fait, on n'a pas vu ça depuis 2 ans, donc ça laisse présager un ralentissement au niveau du cycle d'embauche aux États-Unis. Puis, on remarque Martin ici sur cette diapo-là, que le Canada est un petit peu plus résilient parce qu'on a justement une économie qui semble bénéficier en général d'un prix de commodité plus élevé. Donc tout ça pour dire, Martin, si on revoit à la baisse le bénéfice des entreprises aux États-Unis pour les 12 prochains mois, il y a fort à parier qu'il y aura un cycle d'emplois moins vigoureux et ça c'est très important pour ralentir l'inflation au cours des prochains mois. Martin, on ne parle pas nécessairement d'une contraction du marché de l'emploi, mais un ralentissement tangible. Donc on passe à un cycle d'embauche qui passe du 400 000 par mois à quelque chose plus proche de 100 000 par mois, pour justement refléter les pressions sur les marges bénéficiaires des entreprises américaines. Donc oui, il y a un ralentissement à venir, puis ça c'est la bonne nouvelle pour ralentir l'inflation.

Oui, donc on parle de croissance plus modeste, mais encore une fois, le Canada se distingue.

Au niveau du marché de l'emploi au Canada, il fait plutôt bien présentement, en fait il fait très bien Martin, avec un taux de chômage qui atteint un bas depuis les années 70. Il y a beaucoup de gens qui nous questionnent par rapport à ça, est-ce que ça veut dire un marché de l'emploi avec des pénuries de main-d'œuvre effarante dans le contexte actuel, est-ce qu'il y a une capacité, même pour nos entrepreneurs, d'augmenter une cadence de production avec un taux de chômage aussi bas? Est-ce que les augmentations de salaire vont être spectaculaires et amèneront un durcissement monétaire très important au Canada? Martin, il y a des nuances entre le Canada et les États-Unis, le taux de chômage, c'est vrai qu'il est beau au Canada, mais en même temps avec la politique d'immigration qui aide à supporter le cycle d'embauche, il y a une croissance de la population des 25 à 54 ans Martin, inégalé depuis 1993. Une croissance de 220 000 individus par année, ça c'est un support important au niveau de l'économie domestique, ce qui explique cette résilience entre le Canada peut être et les États-Unis en 2e moitié d'année.

Et peut-être un mot sur l'impact sur le marché immobilier Stéfane.

Bon Martin écoute. Avec l'augmentation des taux hypothécaires, c'est certain qu'il y a une baisse importante au niveau de l'activité de revente sur le prix des maisons et est-ce que ça laisse présager un marasme pour l'ensemble du secteur immobilier? Je dirais, Martin, dans un contexte où la population est en croissance de 220 000 par année, ça c'est un support important quand même pour les mises en chantier. Donc tu vois, j'ai un effet compensatoire pour l'augmentation des taux ce qui laisse présager quand même une certaine résilience encore une fois, oui y a plus de hausses de la Banque du Canada à venir, mais encore une fois je ne pense pas qu'on va aller de façon restrictive tant et aussi longtemps que l'inflation se met à décélérer dès cet été.

Excellent, merci beaucoup Stéfane. Je pense qu'en conclusion on n’est toujours pas dans une récession, on ne prévoit pas de récession. Un ralentissement absolument cet été, tout ça basé sur une inflation qui décélère et des taux d'intérêt qui devraient se stabiliser à environ 3 %, selon toi, Stéfane?

Oui, à 3 %, Martin, je ne pense pas qu'on parle de politique monétaire restrictive, et ça c'est très, très important. Si on peut stabiliser à 3 %, mais encore faut-il que l'inflation collabore avec le scénario, ça on va le voir dans les prochaines semaines, mais j'ai bon espoir que ce soit le cas. Si on évite les politiques monétaires restrictives, Martin, c'est ça qui fait en sorte que on a un ralentissement économique et non pas une récession.

Et évidemment beaucoup de nouvelles négatives déjà reflétées dans le prix des actions entre autres.

On doit effectivement, Martin, à partir de maintenant confirmer cette décélération de l'inflation, donc les prochaines semaines seront très importantes. Excellent merci beaucoup Stéfane, merci d'avoir été à l'écoute. Et on vous revient dans environ un mois. Profitez des vacances d'été. Au revoir.

Bonjour tout le monde et bienvenue à cette capsule Impact économique du 14 juin. On a des marchés assez volatiles et un sentiment assez négatif en ce moment, donc c'est à propos de discuter de ce qui se passe en économie avec notre économiste en chef Stéfane Marion.

Bonjour Stéfane, Bonjour Martin.

Alors d'entrée de jeu, Stéfane, on est rendu en territoire baissier dans les marchés boursiers, un peu partout à travers la planète.

Oui, Martin et plusieurs indices sont tombés en en dessous du chiffre fatidique de 20 % de recul boursier. On parle des pays émergents, des titres de technologie. Maintenant le SP 500 y est, le SNP Tsx le marché canadien en fait résiste encore bien. Martin, mais il y a un sentiment plutôt négatif au niveau mondial, avec une baisse marquée des marchés boursiers au cours des dernières semaines.

On en avait amplement parlé, le Canada donc demeure un endroit plus défensif, un endroit refuge, mais ce qui se passe Stéfane, ce sont vraiment les taux d'intérêt et non pas les bénéfices des compagnies.

C'est ça Martin. Historiquement, on peut avoir un marché baissier dans un contexte où l'économie est moribonde, les bénéfices sont en contraction. Cette fois-ci, ce n'est pas le cas. Les bénéfices demeurent en croissance au niveau mondial, par contre la remontée des taux d'intérêt des obligations gouvernementales aux États-Unis, donc la ligne rouge sur la diapo sont très fortement à la hausse. Et ce que ça fait Martin dans le contexte actuel, ça ne fait que plomber les ratios cours bénéfices des actions donc c'est la valorisation du marché boursier qui doit s'ajuster à cette remontée soudaine des taux obligataires.

Et bien, ce qui est derrière ça, Stéfane, c'est une inflation un peu plus persistante que ce qu'on prévoyait.

Oui, malheureusement, Martin, l'inflation tarde à baisser ou se stabiliser au total, aux États-Unis, on parle d'une inflation près de 9 % année sur année. La ligne bleue sur la diapo. Et même si on exclut les aliments, l'énergie, on parle quand même d'une croissance de 6 %. Donc tout ça pour dire Martin qu'avec une telle résilience, les marchés s'attendent à des banques centrales qui deviendront beaucoup plus agressives pour essayer de juguler cette augmentation d'inflation importante.

Et malheureusement, on n'est pas seulement là dans un dans un cycle économique traditionnel, on a encore des relents, des effets de la pandémie.

Absolument, puis je pense que c'est la raison pour laquelle il faut être un peu prudent par rapport à ces anticipations de hausse de taux très agressives au niveau mondial parce que le phénomène de la pandémie est toujours bien palpable en Chine, avec une fermeture qui a lieu au mois de mai. Puis je pense que Martin, que c'est une bonne partie de l'explication de ce qui se passe avec l'inflation. Fermeture de l'économie chinoise, on a commencé à réouvrir il y a quelques semaines et là on referme, et ce que ça fait, ce que ça entraîne, ça entraîne un problème au niveau de la chaîne d'approvisionnement. Martin, on peut voir les pressions sur cette diapo un indice de pression sur les chaînes d'approvisionnement qui demeure extrêmement élevé. En fait, pas si loin des niveaux records qu'on avait vus en 2020 dans le contexte où la Chine referme son économie. Donc, je pense qu'une façon rapide de ramener l'inflation à des niveaux plus acceptables sera cette fameuse réouverture de l'économie chinoise. Mais je pense que ça c'est un scénario pour un petit peu plus tard cet été, Martin, mais il semble y avoir quand même une lueur d'espoir à l'horizon avec cette fameuse réouverture.

Il y aurait quand même des possibilités là pour l'administration Biden de donner un petit peu de lest, n'est-ce pas ? C'est un bon point parce qu’au niveau géopolitique, on sait que les Américains ont mis en place une structure tarifaire extrêmement agressive sur les produits chinois, donc 300 milliards de produits chinois qui sont impactés par des tarifs importants. Une façon d'enrayer l'inflation rapidement, ça serait d'abaisser ces tarifs ou complètement les enlever Martin et ça, ça aurait un impact presque immédiat sur l'inflation. Ce qui ferait en sorte de rabaisser les anticipations de hausse de taux, donc à surveiller. Le géopolitique aussi a son rôle à jouer au cours des prochains mois.

Et Stéfane, tout ça a un impact très important sur le consommateur et ça, c'est vraiment, ça fait partie de notre thèse et on pense que c'est un petit peu ignoré par le marché en ce moment.

Mais moi, ce qui m'interpelle Martin, c'est qu'on parle maintenant d'une Réserve fédérale qui pourrait rehausser ses taux de façon très, très agressive. Puis c'est comme si les gens se disent, il n’y a pas de ralentissement économique en vue aux États-Unis. Moi je n’aborde pas dans ce sens-là Martin, parce que si on regarde cette diapo au niveau de la confiance des consommateurs aux États-Unis, bien elle est à son plus bas depuis les années 50, donc clairement, c'est vrai que le marché du travail tient bien le coup, la ligne rouge, le taux de chômage est bon aux États-Unis. Clairement, les consommateurs sont impactés par la remontée du prix de l'énergie, de la nourriture, les loyers Martin, la structure de taux hypothécaires aussi, qui impacte les paiements, le service de la dette. Tout ça pour dire, c'est qu'avec un indice de confiance aussi bas qu'il est présentement Martin, moi je m'attends à un ralentissement palpable en 2e moitié d'année, qui pourra freiner les ardeurs de la Réserve fédérale au niveau de la remontée des taux. Donc, encore une fois, je pense qu’il faut bien comprendre qu'il y a déjà un ralentissement qui est en cours États-Unis. Ralentissement ne veut pas dire récession Martin mais ralentissement c'est la première façon de faire, de stabiliser l'inflation donc je pense que ça c'est en cours, au cours des prochains mois.

Un excellent point qui est d'ailleurs peut être un petit peu trop ignoré en ce moment quand on parle des perspectives. Maintenant, la situation au Canada est meilleure. Stéfane parle nous du Canada.

Ça fait plusieurs mois qu'on dit que si les gens vous craignez un environnement plus de stagnation, donc une inflation plus élevée avec un ralentissement économique, le Canada est une façon défensive d'aborder l'investissement en bourse. Puis les surprises économiques demeurent bonnes au Canada. Martin, il ne faut pas être complaisant, ça va ralentir aussi, mais là résilience du Canada que l'on voit au niveau des surprises économiques, ça explique la résilience qu'on voit au niveau de l'indice boursier canadien, qui est en baisse d'à peu près 10 % versus 20 % ou plus pour les autres indices. Donc, surprise économique positive au Canada qui reflète la structure de notre économie, de la composition de notre indice boursier.

Puis c'est la même chose pour le marché de l'emploi? Le marché de l'emploi Martin, ça va très bien à ce niveau-là et si vont les profits des entreprises ainsi vont aussi le marché de l'emploi, donc un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 1974. Donc clairement, il y aura au Canada des hausses de taux qui pourraient être sensiblement plus élevés qu'aux États-Unis, étant donné ce différentiel de croissance qu'on voit entre le Canada et les États-Unis.

Un mot sur le pouvoir d'achat?

Je pense que les gens craignent que dans un contexte de remontée de taux, la confiance ou la consommation au Canada va fortement baisser. Or, le marché de l'emploi est tellement bon au Canada présentement que les hausses de salaires dépassent celles de l'inflation. Donc, contrairement aux États-Unis où les salaires en termes réels stagnent depuis quelques mois, au Canada on demeure sur une tendance haussière. Donc le pouvoir d'achat au Canada est impacté moins négativement qu'on voit aux États que ce qu'on voit aux États-Unis, de la, la capacité de la Banque du Canada de remonter ses taux un petit peu plus rapidement qu'aux États-Unis.

Une des craintes qu'on a reçue des gens qui nous écoutent, Stéfane, c'est l'impact sur le marché immobilier au Canada.

Martin c'est évident qu'une remontée des taux hypothécaires va faire en sorte de ralentir le marché immobilier, mais en bout de ligne, un des éléments fondamentaux sur une perspective de plus long terme par rapport à la demande immobilière, c'est la démographie. Or, la population âgée de 25 à 54 ans au Canada connaît ses meilleurs moments en une génération. Croissance de 200 000 individus sur un an on n'a pas vu ça depuis 1994. Donc oui, il y a l'impact des taux d'intérêts, Martin, mais en même temps il y a un élément compensatoire avec une démographie qui est vraiment spectaculaire au Canada, qui est attributaire de l'immigration, bien évidemment, mais ce qui nous permet d'entrevoir une résilience au niveau de l'immobilier. Donc Martin, c'est sûr que l'activité va baisser. Par contre, la croissance démographique compense en partie très certainement pour la remontée des taux d'intérêt.

Alors Stéfane, en conclusion je pense qu'on peut dire que les politiques monétaires globalement ne sont pas encore stabilisés. Il y a beaucoup de craintes, d'inflation plus persistante. On avait parlé de 2 % des 2 côtés de la frontière lors des dernières capsules. Aujourd'hui, on est peut-être plutôt de l'ordre de 2 et demi aux États-Unis peut être aller jusqu'à 3 % au Canada, qui se tire mieux d'affaires. Par contre, l'impact sur les marchés boursiers selon toi Stéfane?

Martin les marchés continuent de penser que les banques centrales vont amener la politique monétaire en territoire restrictif, donc on parle de hausses de taux d'intérêt beaucoup plus importantes. Par contre Martin, c'est sans tenir compte du ralentissement économique qui se profile au cours des prochains mois. Moi j'ai bon espoir que la remontée des taux d'intérêt on y verra une lumière, une fin, un sommet au cours des prochaines semaines. Et je pense qu'il y a énormément de mauvaises nouvelles qui sont déjà intégrées, au niveau des marchés boursiers au niveau du ralentissement économique. Donc Martin le scénario de récession avec des politiques monétaires restrictives, pour nous c'est un scénario alternatif et non pas un scénario de base. Or, présentement, évidemment, les gens sont plus inquiets par rapport à ce scénario de récession là, mais pour nous ça demeure un scénario alternatif et non pas le scénario de base.

Excellent, merci beaucoup Stéfane d'avoir été avec nous. Merci tout le monde de nous écouter. Restez à l'écoute et on vous revient dans un mois. Soyez prudents. Au revoir.

© 2022 - Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale du Canada.

Interdiction d’utiliser ce contenu 

Le contenu diffusé sur cette plateforme est protégé par les lois sur le droit d'auteur en vigueur au Canada ou dans d'autres pays, si applicable. Les droits d’auteur dans ce contenu peuvent appartenir à la Banque Nationale du Canada ou à ses partenaires. Vous ne pouvez pas reproduire, rediffuser, communiquer ou utiliser ce contenu en tout ou en partie sans l’autorisation écrite de la Banque Nationale.

Contenu offert à titre informatif seulement 

Ce contenu est offert à titre informatif seulement et est sujet à changement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour la Banque Nationale. Il pourrait ne pas être valable pour votre situation. La Banque et ses partenaires ne seront pas responsables des dommages que vous pourriez subir si vous utilisez ce contenu à titre de conseil pour vous ou votre entreprise. Pour obtenir des conseils, vous devez consulter votre conseiller de la Banque, votre planificateur financier ou un professionnel (comptable, fiscaliste, avocat, etc.).

Aucune responsabilité pour le contenu externe et les opinions émises (si applicable) 

La Banque Nationale n’est pas responsable du contenu des sites Internet externes référés par hyperlien ou autrement, ni des dommages résultant de leur utilisation.

Les opinions des personnes interviewées ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque Nationale ou de ses filiales.