Finances pour elles

Oser s’investir : notre série de contenus dédiés aux femmes

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Mesdames, améliorez votre bien-être financier grâce à notre série Oser s’investir. Au menu, des articles et conférences qui abordent une tonne de notions importantes — allant bien au-delà de l’argent — pour traverser chaque événement de votre vie avec confiance. 

Des conférences pour accroître votre confiance financière

Prenez des décisions plus éclairées sur le plan financier grâce aux précieux conseils de nos experts.

Préparer sa retraite

1:02:07    Transcription

Découvrez l'importance d'épargner pour votre retraite ainsi que quelques astuces pour y arriver. Osez investir maintenant.

Protéger son patrimoine

1:01:23    Transcription

Séparation, divorce, succession : déchiffrez les lois qui peuvent avoir une influence sur vos finances personnelles et celles de vos êtres chers. Osez investir en vous.

Le rendez-vous des femmes

1:00:45    Transcription

Mesdames, prenez vos finances en main. Visionnez les conseils de nos expertes sur l’équité financière dans le couple, les impôts, la gestion des imprévus et bien plus! 

Des articles pour gérer activement vos finances

Approfondissez vos connaissances financières grâce à ces articles de conseils et de leadership d’opinion.

Des conseils pour le quotidien

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Unies pour vaincre la maladie

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Les petits détails pour tout savoir

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[Musique]

 

- Bonjour, tout le monde. Bienvenue à ce premier Oser s'investir présenté par la Banque Nationale. Alors, Oser s'investir, c'est une initiative de littératie financière spécialement conçue pour les femmes. Alors, pour ceux qui me connaissent pas, mon est Isabelle Racicot. Très contente d'être ici avec vous pour la prochaine heure. Puis même si mes garçons trouvent que je suis vieille, je suis quand même pas rendue à la retraite. Sauf que je sais que ça se prépare. Et donc, peu importe à quel stade vous êtes de la planification financière pour votre retraite, que vous ayez pas commencé, que vous soyez au début ou, au contraire, vers la fin, bien, dites-vous que pour la prochaine heure, on va avoir de super conseils pour vous avec des experts qui sont merveilleux, et je vous les présente à l'instant, en commençant par Angela D'Angelo. Bonjour.

 

- Salut, Isabelle.

 

- Angela, on me dit qu'il y a environ 3 000 femmes qui sont à l'écoute en ce moment.

 

- Qui sont inscrites pour nous écouter, absolument vrai.

 

- Aïe, aïe, aïe. Bien, ça va être intéressant. Alors, Angela est vice-présidente Développement et Expérience Client à la Financière Banque Nationale. On a aussi Hélène Belleau. Bonjour, Hélène.

 

- Bonjour, Isabelle.

 

- Alors, Hélène est sociologue et professeure à l'Institut national de la recherche scientifique. On l'appelle aussi INRS. Bien contente que vous soyez parmi nous. De l'autre côté maintenant, on a Daniel Laverdière. Bonjour, Daniel.

 

- Bonjour, Isabelle.

 

- Ça se pourrait que son visage vous dise quelque chose. On le voit parfois dans les médias. Il est expert-conseil chez Banque Nationale Gestion Privée 1859. Et on a aussi avec nous Nancy Paquet. Nancy, ça va bien?

 

- Salut, Isabelle. Très bien, merci.

 

- On va parler d'argent. C'est excitant.

 

- Tout à fait.

 

- Alors, Nancy, elle est première vice-présidente Stratégie Épargne et Investissement à la Banque Nationale. Avant d'aller plus loin, je vous invite à nous envoyer des questions au cours de l'émission, parce qu'on s'est réservé un moment à la fin pour y répondre. Alors, on va faire ça un peu plus tard donc. Mais pour l'instant, Angela, moi, j'aimerais ça savoir pourquoi c'est pertinent, en 2020, de parler de finances, mais spécifiquement pour les femmes?

 

- Bien, justement, les femmes ont un pouvoir économique grandissant, si on pense à tout ce qui se passe depuis longtemps. On est plus diplômées. On est sur le marché du travail plus. On contribue nous-mêmes à notre propre patrimoine à cause de ça. Et souvent, il y a beaucoup d'argent qui va être en motion. On va hériter de nos parents. On va hériter de nos époux parce qu'on va vivre plus longtemps qu'eux. Et toutes ces raisons-là font qu'on doit être plus impliquées plus tôt dans notre vie. Dans la prochaine décennie, 90% des femmes auront à prendre des décisions en matière de planification financière seules. Et ça, c'est une très bonne raison pour commencer tôt : se sentir en contrôle. Je me fais souvent poser la question de mon entourage d'amies femmes : « Mais qu'est-ce qu'il faut que je fasse? ». Et l'important, c'est de se faire accompagner, c'est d'être curieuse, puis de le faire en amont. Pas juste quand on arrive dans des événements de vie qui nous demandent d'être curieuses puis de se préparer en amont.

 

- Absolument.

 

- Et c'est pour ça qu'on fait cet événement-là aujourd'hui, Isabelle. Il y a vraiment une demande pour ça, puis je suis très fière d'être là avec vous aujourd'hui.

 

- Bon, bien, c'est super. Maintenant qu'on a mis la table, on va passer à notre premier sujet. Alors, je l'ai dit, Hélène Belleau est sociologue et professeure à l'INRS, mais elle est aussi autrice du livre L'amour et l'argent: Guide de survie en 60 questions. Alors, vos sujets de prédilection, Hélène : les couples, la famille et l'argent. Bon, pourquoi l'argent est encore un sujet aussi tabou?

 

- En fait, ce qui est tabou, c'est pas tant l'argent comme la gestion de l'argent au sein des couples. Ce qu'on s'aperçoit quand on regarde les magazines, quand on regarde les émissions télé, on parle beaucoup d'investissements, de bons investissements, etc. Mais on parle à peu près jamais de la manière dont les deux conjoints gèrent l'argent ensemble. En fait, il y a plus de magazines ou d'émissions qui vont porter sur la sexualité que sur cette question-là. Donc, c'est vraiment très tabou. Et quand on demande aux gens : « Est-ce que vous avez parlé de votre organisation financière? », bien, il y a à peu près 40 % des gens qui disent qu'ils l'ont jamais fait. Et en fait, on va parler des dépenses quotidiennes, ce genre de choses, mais rarement, justement, les questions d'organisation, puis l'impact aussi de l'organisation à court, moyen, puis long terme.

 

Et la raison de ça, en fait, pour laquelle, justement, c'est si tabou, c'est que ça fait entrer en jeu deux choses différentes. Alors, la question de la logique du marché, l'argent et tout ce qui touche justement les questions financières. Et là, dans la logique du marché, on est vraiment dans du donnant-donnant. On est aussi dans une logique de défendre ses intérêts personnels. Mais il y a aussi la logique de l'amour. Il y a vraiment une logique. L'amour ne rend pas aveugle, là. Il y a vraiment des codes de conduite, des manières de faire qu'on adopte quand on est en amour. Et deux de ces codes ont un impact bien important sur la manière dont les conjoints vont gérer l'argent. Alors, le premier, un des codes, c'est l'idée que l'autre et le couple devraient passer avant les intérêts personnels. Et donc, quand on se met à parler d'argent, souvent, on se met à parler de nos besoins, de ce dont on a besoin, puis on défend nos intérêts personnels. Puis ça, ça va un peu à l'encontre justement de ce code. Puis on a l'air intéressé, donc souvent, le conjoint ou la conjointe apprécie pas beaucoup.

 

Et l'autre code qui est important, c'est la fiction de la durée. En fait, c'est l'idée que, quand on est dans une relation, c'est que ça va durer longtemps, que ça va durer même pour toujours, on l'espère. Alors, ce qui est particulier, on parle bien d'une fiction. Parce que si je vous demandais par exemple c'est quoi le taux de divorce, probablement que la majorité d'entre vous, au moins 90 %, serait capable de dire qu'au Canada, c'est à peu près un mariage sur deux qui se termine en divorce. Si je vous demandais, par contre : « Personnellement, vous, allez-vous vous séparer? », j'aurais probablement 90 % d'entre vous qui diraient la même chose, qui diraient : « Bien non, je vais pas me séparer ». Et donc, ç'a une fonction sociale très importante, c'est que quand on pense que la relation va durer, on investit du temps, on investit de l'argent, de l'énergie, puis c'est ça qui va permettre à la relation de perdurer. Ce qu'on appelle une « prophétie autoréalisatrice ». Quand, au contraire, on pense que la relation est sur le point de se terminer ou on pense que notre conjoint va nous quitter ou qu'on va quitter notre conjoint, on désinvestit la relation. Puis le fait de mettre moins d'énergie, moins de temps, va précipiter la fin de la relation.

 

- Ah, OK!

 

- Et donc, c'est pour ça qu'on a tendance à croire. Alors, quand on comprend la mécanique... En fait, je vous l'explique pour qu'on arrive à la déjouer, cette mécanique. C'est là-dedans qu'on est actuellement. Mais je pense que quand on l'a compris, on arrive justement à éventuellement essayer de voir les choses autrement.

 

- Est-ce que, de façon générale, on n'est pas sincères en couple par rapport à nos finances? Est-ce qu'on cache des choses à son conjoint, sa conjointe?

 

- C'est une belle question, ça, parce qu'on a posé la question dans une grosse enquête auprès de 3 250 répondants. Donc, le livre est basé justement là-dessus. Et on a appris, en fait, qu'à peu près 12 % des gens disent avoir caché délibérément, consciemment de l'argent par rapport à leur conjoint. Alors ce qui était assez intéressant dans ce truc-là, c'est qu'en fait, on a questionné des gens sur Internet. Donc, justement, ils répondaient à l'ordinateur, puis d'autres répondaient au téléphone. Alors, ceux qui répondaient au téléphone, il y en a moins, je pense c'est 8 %, qui disaient que... Alors que sur Internet, c'est plutôt 15 %, donc c'est la moyenne entre les deux. C'est difficile d'avouer ce genre de choses-là.

 

- Absolument.

 

- Et comme le dialogue existe moins ou existe, des fois, pas du tout, Hélène, ça pourrait peut-être expliquer qu'une femme sur quatre aujourd'hui est réellement engagée en matière décisionnelle, sur des décisions de planification financière.

 

- Tout à fait. Oui, oui, tout à fait. Parce qu'en fait, surtout à l'intérieur des couples, justement dans la dynamique conjugale. Oui.

 

- Bien, parlons-en justement des couples. Au Québec, est-ce qu'on a tendance à planifier notre retraite ensemble ou séparément?

 

- Alors, ça, c'est intéressant comme question, parce que les gens gèrent, au quotidien, au jour le jour, les gens gèrent majoritairement ensemble. Ils vont trouver des façons de compenser les revenus de l'un de l'autre. Alors, que ce soit en gérant au pro rata ou en mettant leur argent ensemble et tout ça. Mais quand on parle de planification à long terme, c'est une minorité de gens qui gèrent ensemble. Alors, c'est à peu près 25 % des gens qui vont vraiment mettre leur argent ensemble. Et donc, ce qui est très particulier, c'est que parfois, dans un couple, il peut y en avoir un qui va penser que c'est géré ensemble, mais l'autre pas. Alors, on sait que plus les écarts de revenus sont grands, plus les couples gèrent séparément. Alors, même aussi quand ils gèrent au quotidien, qu'ils disent tout mettre ensemble au quotidien, la majorité gère séparément. Puis autant dans les couples mariés que les couples en union libre. Et ce qui est particulier, c'est que souvent ce qui se passe dans la mécanique, c'est que les femmes justement, quand arrivent les enfants, elles réduisent leur temps de travail. Souvent aussi, elles ont de moins grands revenus, puis elles passent plus de temps à s'occuper des enfants. Mais elles se sentent moins légitimes de faire des dépenses ou de revendiquer une part du revenu, parce qu'il y a une chose qui est extrêmement importante, puis que je vais sûrement redire dans la prochaine heure plus qu'une fois, c'est qu'on n'oublie jamais d'où vient l'argent. Alors, ce qui est important, en fait, je pense, pour les femmes, c'est de réaliser que le temps qu'elle passe à s'occuper de la famille et tout ça, ç'a un prix. Le temps, l'argent. Ça fait partie des choses, puis il faut négocier éventuellement ces questions-là. Et donc, les femmes ont tendance à dire : « Bien, justement, je me sens moins légitime. Je vais moins m'investir justement dans les placements à plus long terme. ». Mais dans les faits, les gens gèrent plus séparément.

 

- Donc, c'est important d'avoir la discussion, d'avoir le dialogue plus qu'une fois. C'est pas une discussion qu'on a une fois, mais en continu. Et souvent, j'imagine, ça peut aider, Hélène, si on a l'accompagnement d'un conseiller ou d'une conseillère, ou un expert qui peut nous accompagner dans ces conversations-là pour éclaircir des fois des choses quand on peut, des fois, fabriquer nos propres scénarios. Alors, le conseil est de mise, j'imagine, ici aussi.

 

- Oui, certainement d'en parler, puis d'en parler avec le conseiller en finance. C'est très, très clair, oui.

 

- Bien, Hélène, tantôt, vous avez parlé du fait que 50 % peut-être vont se séparer. Fait qu'on parle de séparation, divorce. C'est pas quelque chose qu'on prévoit. Alors, comment prévoir le coup financièrement?

 

- En fait, moi, je dirais aux gens quand... Alors, si c'est très clair, il faut que les conjoints en discutent. Alors, si c'est très clair qu'il y a une gestion séparée, bien à ce moment-là, il faut s'assurer, en fait, les femmes devraient s'assurer qu'elles gèrent la partie qui, justement, leur appartient d'une certaine façon, puis qu'elles aient ce dialogue, cette conversation à la fois avec leur conjoint, puis à la fois avec leur conseiller financier. Et si, au contraire, le couple, les conjoints décident vraiment de gérer ensemble, bien, encore une fois, c'est important que les femmes restent investies là-dedans, parce qu'elles ont des intérêts aussi qui peuvent être différents, mais de s'assurer que sur les papiers, le nom des deux conjoints est inscrit, que vous soyez mariés ou non, que le nom des deux conjoints soit inscrit puis que vous ayez aussi cette conversation avec le conseiller financier.

 

- C'est incroyable qu'en 2020, on soit encore obligés de préciser ces choses-là. C'est fou.

 

- Oui, mais c'est tout le rapport amoureux, encore une fois, je pense, qui se mélange là-dedans, puis on veut pas avoir l'air intéressé, puis on se dit : « les choses vont s'équilibrer à plus long terme, etc. ». Il y a toutes sortes d'éléments.

 

- Tu as raison, Isabelle. C'est incroyable, mais 75 % des femmes aujourd'hui, au moment du décès d'un conjoint ou l'autre, découvrent des éléments négatifs.

 

- Des dettes?

 

- Des éléments négatifs. Ça peut être des dettes. Ça peut être plein de choses. Ça peut être un manque de préparation au décès d'un ou l'autre des conjoints. Et ça, il faut le préparer. Il faut pas être rendu au moment, dans l'événement de vie, où on est devant l'inconnu. Et l'une des pratiques les plus portantes, c'est de rencontrer un conseiller des fois en couple, mais aussi séparément. Et là, on parle beaucoup de couples, mais ces rencontres-là de conseil avec des experts sont vraiment là pour aller nourrir votre curiosité puis pour préparer ces événements de vie là qu'on pense qui nous arriveront jamais, comme le divorce ou le décès. Puis ce qui est encore plus triste, ou ce qui m'attriste beaucoup encore, c'est qu'il y a beaucoup d'études qui démontrent que les milléniaux vont déléguer davantage, les femmes vont déléguer davantage ces décisions-là à leur époux ou à leur conjoint de fait. Il faut prendre le contrôle de ces moments-là, puis il faut les connaître.

 

- Ah wow! Mais en même temps, j'ai appris avec le temps à aimer parler de finances, mais c'est pas quelque chose qui est naturel pour tout le monde. Puis on n'a pas tous envie d'avoir une éducation financière importante, mais à chaque fois qu'on en parle, je me rends compte de l'importance. C'est peut-être aussi une éducation – si vous êtes des parents à l'écoute en ce moment –, c’est important aussi à faire très tôt déjà chez vos jeunes ados, parce que si déjà les milléniaux qui sont jeunes ont tendance déjà à déléguer, ça pourrait être problématique plus tard. Est-ce que les hommes et les femmes ont tendance à négocier en couple, entre eux?

 

- Alors, la négociation, en fait, ça dépend de ce qu'on appelle négociation. Des fois, des silences pourraient passer pour de la négociation. Ce qu'on s'aperçoit, en fait, c'est que souvent, les hommes et les femmes ne négocient pas de la même façon. C'est ça. Alors, je disais tantôt que justement, dans le ménage, il y a du temps puis il y a de l'argent. Alors, les hommes ont tendance à négocier en silo. Ils vont négocier les tâches domestiques, puis ils vont négocier les questions d'argent. Et les femmes, elles, ont tendance à négocier en vases communicants. Si je fais moins d'argent, je vais faire plus de tâches domestiques, puis ça va peut-être compenser tout ça. Le problème, c'est pas tant... En fait, il y a pas de problème à négocier d'une manière ou d'une autre. Le problème, c'est quand les deux conjoints ne négocient pas de la même manière. Un exemple de ça, c'est justement quand les femmes gagnent plus que leurs conjoints. Alors, plutôt que les conjoints fassent plus de tâches domestiques, on s'aperçoit, en fait, que le couple va plutôt avoir tendance à embaucher une femme de ménage pour compenser. Alors, moi, si j'ai un conseil à vous donner, je vous dirais, ce soir, quand vous allez être à table avec votre conjoint, posez-lui la question : « Si tu travaillais à temps partiel, est-ce que tu ferais plus de tâches domestiques? ». Et vous allez probablement avoir la réponse à votre question. Ce qui est important, c'est d'en parler. Puis si votre conjoint tient à négocier en silo, bien, restez en silo, mais que les deux le fasse en silo. Donc, je pense c'est extrêmement important d'avoir cette conversation.

 

- Ce serait quoi la bonne réponse qu'on veut entendre de notre conjoint? « Je ferais beaucoup, beaucoup de ménage. »?

 

- Oui, oui, probablement. Non, sérieusement, en fait, c'est qu'il risque de répondre ça, mais il faut éventuellement que les revenus s'inversent pour avoir la preuve, donc je suis pas certaine que je me fierai à ça. Oui.

- Puis il faut pas juste penser que ça va arriver dès le premier essai. Je pense, ce qui est important, c'est d'avoir cette discussion-là en continu. Je pourrais pas le dire assez.

 

- Est-ce que c'est juste de dire que la plupart des femmes qui vivent en couple s'intéressent pas tant que ça aux questions de finances puis aux investissements? C'est peut-être une très grande généralité, là.

 

- Mais c'est très vrai. Je pense qu'Angela le soulignait tantôt. C'est vraiment... En fait, c'est pas qu'elles manquent d'intérêt. À mon sens, en fait, ce qui se passe, c'est vraiment encore une fois dans la question du partage des tâches. Alors...

 

- La charge mentale.

 

- Et la charge mentale. Alors, au niveau de la gestion quotidienne, ce sont les femmes généralement qui gèrent le quotidien. Et c'est une tâche domestique qui donne pas beaucoup de pouvoir. Parce qu'en fait, on a de l'information pour éventuellement pouvoir négocier, mais c'est une tâche qui revient quotidiennement ou à toutes les semaines, puis qui peut être très lourde. Puis justement, elles ont tendance à déléguer, même les jeunes femmes, surtout quand arrivent les enfants. Elles ont tendance justement à déléguer à leurs conjoints toute cette partie-là. En fait, moi, si je pouvais donner un conseil, je dirais aux femmes : « Mais écoutez, essayez de trouver une tâche domestique que vous pouvez refiler, en fait, déléguer à votre conjoint. ». Pensez aux rendez-vous médicaux avec les enfants, aux communications avec l'école, en fait, ou même le money work, le travail quotidien de gestion, puis prenez ce temps-là pour vous intéresser à la gestion de l'argent à plus long terme, aux investissements, à votre retraite. Puis à ce moment-là, vous allez pouvoir vraiment y consacrer le temps que ça prend pour bien comprendre ce qui se passe.

 

Il y a tout l'enjeu aussi de la littératie. Puis là, je pense que c'est aussi l'industrie au complet qu'il y aurait à réfléchir des choses. Je pense qu'il faut... pour comprendre ces questions financières, il faut pouvoir y consacrer un peu de temps, mais je pense que ça serait important aussi qu'on simplifie l'information comme on le fait en droit, comme on le fait en d'autres domaines, pour que les gens puissent s'y intéresser simplement, surtout quand on n'est pas dans le domaine. Donc, je pense que ça se joue des deux côtés. Mais s'il y a une chose que je peux dire aux femmes : « Essayez justement de prendre une tâche domestique ou une partie de cette charge mentale que vous avez, déléguez-la à votre conjoint, puis prenez ce temps-là pour vous intéresser à vos finances. ». Ce qui est important de savoir, c'est que les femmes, avec l'arrivée des enfants, réduisent leur temps de travail. Puis c'est vrai en 2020, mais de façon très importante encore, alors que les hommes l'augmentent. Et ç'a des conséquences à long terme. On le voit pas quand on gère au quotidien puis quand justement les deux mettent leur argent ensemble, mais les conséquences pour la retraite des femmes sont énormes, puis ça se fait tout le long de la vie. Donc, c'est vraiment important, puis de commencer jeune à se préoccuper de ces questions-là.

 

- Pourquoi là ça me stresse davantage en ce moment à écouter tout ça?

 

- Ça devrait pas te stresser, Isabelle, parce que lorsqu'on va trouver ce temps-là, parce qu'on va négocier un peu plus de temps pour s'intéresser à nos finances, l'idée, c'est pas que vous deveniez experte. C'est pas qu'on devienne des expertes dans le domaine. Parce que des experts comme des comptables, des conseillers, des conseillères en placement, il y en a partout et sûrement que vous êtes déjà bien entourées. C'est de faire appel à ces gens-là, mais c'est aussi de préparer vos questions. C'est pas de connaître tout ce que vous avez à connaître avant de rentrer dans la rencontre. C'est surtout de vous poser, d'être curieuse, d'aller faire de la recherche, d'aller poser les bonnes questions, puis il y en a pas de mauvaises questions. Mais c'est d'aller poser des questions. C'est ça que ça veut dire. Donc, stresse pas. [Rires]

 

- Merci, mais je suis contente d'être ici aujourd'hui. Merci à toutes les deux. On va maintenant passer au prochain sujet avec Nancy et Daniel. Daniel, tantôt Hélène en a fait mention, mais juste d'être une femme a des conséquences sur la retraite.

 

- Oui, effectivement, à cause de la carrière qui a souvent été amputée pour les raisons d'avoir... on s'est occupées des enfants plus longtemps. On voit par exemple deux statistiques qui peuvent nous refléter cet état de fait là. Si on regarde, par exemple, les statistiques de contribution au REER dans les statistiques fiscales. Les contributions au REER, on s'aperçoit que les hommes font plus de cotisations au REER chaque année que les femmes en général. Et l'écart peut être de l'ordre de 1 000 $ par année, donc 4 500 $ versus 3 500 $. Et les femmes sont un peu sauvées pour les cotisations aux Régimes enregistrés de retraite comme les RPA, les REER qu'on parlait, les RVER. Elles sont sauvées par le fait qu'elles ont des régimes de retraite d'employeurs. Et s'il y avait pas de déductions à la source faites par les employeurs, on peut s'imaginer que probablement que leur quotidien les emporte et les empêche d'épargner.

 

Donc, on le voit par les statistiques, moins d'épargne‑retraite chez les femmes. Ensuite, on le voit aussi au niveau de la rente du Régime de rentes du Québec. Il y a deux régimes de retraite importants pour la retraite. Il y a la pension de Sécurité de la vieillesse et le Régime de rentes du Québec. Et pour profiter des rentes maximales au Régime de rentes du Québec, il faut avoir cotisé une certaine partie de notre carrière, un certain nombre d'années. Et on s'aperçoit finalement qu'encore une fois, lorsqu'on regarde la carrière d'une femme moyenne ou d'un homme moyen, on s'aperçoit que la rente que la dame va avoir en moyenne est plus petite que celle d'un homme. Donc, on parle peut-être d'une rente moyenne pour un homme de 7 200 $. 7 200 $, c'est bas puisque la rente maximale à 65 ans, c'est à peu près 14 000 $. Mais il y en a qui la prennent plus tôt, avec pénalité. On va en parler tantôt. Mais, alors que les hommes ont une rente moyenne de 7 200 $, les femmes ont une rente moyenne à peu près de 5 200 $. Fait qu'en partant, moins d'économies, moins de rentes qui les attendent pour les aider. Mais heureusement, les régimes de retraite d'employeurs parfois ont été la bouée de sauvetage pour ces femmes-là qui ont épargné un peu forcé, puis ont pas pu mettre cet argent-là pour payer des dépenses peut-être d'épicerie par exemple.

 

- Puis on sait aussi que, de façon générale, les femmes gagnent moins en termes de salaire que les hommes pour une même position, alors ce qui explique aussi qu'on cotise moins.

 

- Ça impacte la rente du Régime de rentes du Québec, puisque c'est en fonction du salaire, et ça impacte aussi pour la limite fiscale reliée au REER, donc la capacité budgétaire de faire l'épargne également.

 

- Donc, à cause des événements de la vie, les femmes épargnent moins. Mais qu'est-ce qu'il en est de leur espérance de vie? Parce qu'on a une espérance de vie plus grande que les hommes.

 

- Effectivement, c'est un bon point de parler d'espérance de vie, parce que primo, on entend souvent parler d'une espérance de vie de 85 ans pour une femme, 81 ans pour un homme, mais dans le cadre de la planification de la retraite, c'est totalement inutile, cette information-là.

 

- Ah oui?

 

- L'espérance de vie à la naissance. Parce qu'à la naissance, c'est quand on a encore le nombril... On n'a pas le nombril sec, comme on dit. Et c'est pas là qu'on fait la planification de la retraite. Mais si on regarde l'espérance de vie, une fois rendu à 65 ans par exemple, là, l'espérance de vie, elle nous emmène beaucoup plus loin. Là, si on regarde à partir de 65 ans quelle est la probabilité, mettons à 50 %, que les gens survivent, un homme peut se rendre à 89 ans, et une femme, 91 ans. Donc, l'écart devient deux ans, mais deux ans, lorsqu'on a eu moins d'épargne, deux ans de plus à vivre. Donc, le risque à la retraite, c'est pas de décéder. Alors que souvent, quand on parle de risque, c'est de décéder dans un couple quand on est jeune. Mais le risque à la retraite, c'est de vivre plus longtemps. Ce qu'on appelle le risque de longévité. Puis une façon, un conseil qu'on peut donner aux gens, aux dames qui ont une plus longue longévité, c'est de reporter les programmes gouvernementaux. On parlait tantôt de la pension de Sécurité de la vieillesse, le Régime de rentes du Québec. Ces deux programmes-là, on peut les reporter, mais pour les reporter, il faut avoir eu un peu d'épargne pour vivre entre temps, du moment que ces montants-là ont été reportés. Pourquoi c'est plus avantageux pour les dames? C'est que la majoration qu'on nous donne, on nous bonifie du fait qu'on retarde, c'est la même majoration pour un homme et pour une femme. Sachant que la femme vit plus longtemps, quelque part, elle est gagnante un peu dans cette formule-là. Donc, oui, on devrait reporter. Mais pour reporter ces sommes-là, en premier, ça prend de l'épargne, sinon il n'est pas question. Bien entendu, quelqu'un qui aurait une espérance de vie réduite pour des raisons de santé très, très connues, on demanderait pas de reporter, mais règle générale, pour la retraite, décaisser les REER avant la retraite, puis repousser, c'est sûrement un bon conseil pour les dames.

 

- Oui. Puis Daniel, tu parles de longévité. Les femmes, on le sait, sous-estiment le temps qu'elles vont vivre à la retraite. Puis il existe des tables qu'on appelle des tables de mortalité et qui permettent de voir, selon la situation de vie, l'âge, la naissance, l'état de santé, est-ce que vous êtes fumeur, non-fumeur, avez-vous de bonnes habitudes de vie. On est capable d'estimer le temps où une personne va vivre. Et il faudrait, dans un monde idéal, faire en sorte qu'on ait 80 % de chances de survivre à notre épargne, donc d'essayer de se rendre le plus loin possible. Tantôt, tu disais 91 ans. Donc, d'essayer de se rendre le plus loin possible avant de déterminer... On sait que les femmes qui aujourd'hui sont en couple et ont 65 ans, une sur quatre peut se rendre à 96 ans. Donc, si on a fait notre planification de retraite avec le chiffre de 85 tout à l'heure, ça fonctionne pas du tout. On va avoir un trou de 11 ans à prévoir, ce qui a un impact énorme.

 

Donc, c'est pour ça qu'il faut aller travailler avec des experts. C'est pour ça qu'il faut aller voir les gens qui ont ces outils-là, puis on n'a pas encore parlé du risque de survivre à notre conjoint, donc je sais qu'on est encore dans les statistiques, mais statistiquement, les conjoints sont quelques années plus âgés que les conjointes. Et en plus, madame va vivre plus longtemps. Donc, si on fait notre planification de retraite avec notre conjoint et que celui-ci nous prédécède, et là, quand vous travaillez avec un conseiller, il peut même faire la statistique sur « Qu'arrive-t-il si mon conjoint décède à 70 ans, alors qu'on pensait qu'il se rendrait dans les 80? ». Pour voir l'impact sur notre retraite, parce que si le conjoint avait une pension qui était réversible à la conjointe à 50 %, est-ce que je l'ai encore? Est-ce que de l'avoir à 70 ans m'amène aux 85, 91 ou 96 ans qu'on a espéré tantôt? Donc, c'est pour ça que c'est important de se projeter dans le futur, même si ce futur-là semble lointain. Je dis pas qu'il faut faire ces calculs-là à 24 ans. À 24 ans, il faut probablement maximiser nos REER, nos CELI en vue. Mais quand on arrive à quelques années de la retraite, au moins cinq à dix ans avant la retraite, on doit faire ces calculs-là pour être capable de se projeter.

 

- Et c'est important de rappeler une deuxième fois que l'âge qu'on doit prévoir la retraite, tu parlais de 80 % de survie. Souvent, si on regarde les gens qui ont de bonnes habitudes alimentaires, qui font l'exercice physique, qui font pas une consommation d'alcool exagérée, souvent ils vont se retrouver dans les 10 % plus lointains de survivants, et ce 10 % là nous amène à des 97 et 99 ans, donc plus on est en santé, plus on prend soin de nous, la retraite peut être très longue. On en parlait, le risque, c'est la longévité à la retraite.

 

- Fait que faut que j'arrête de m'entraîner et de faire attention. Finalement, c'est ça qu'on en déduit? Oh non, j'ai pas compris! J'ai pas compris! On parle depuis tantôt de l'importance de comprendre puis de planifier sa retraite quand on est une femme. Il y en a qui sont à l'écoute en ce moment, puis qui sont dans l'action ou qui veulent se mettre dans l'action. Qu'est-ce qu'on peut leur donner comme conseil concret?

 

- Bien, c'est sûr qu'une des premières choses, je pense c'est Hélène qui parlait de littératie. Je pense qu’ÉducÉpargne a un excellent guide de planification de la retraite, donc je vous invite, c'est facile, sur le web. Guide de planification de la retraite. Et bien entendu, de rencontrer un conseiller, puis de faire faire comme un genre de projection de retraite, une simulation de notre retraite, et la faire en deux modèles. Un modèle célibataire. Donc, je suis en couple, mais je veux quand même voir qu'est-ce que ça donne les chiffres pour moi avec les actifs que j'ai accumulés. Déjà, on va avoir des signaux, là. Puis pourquoi qu'on le ferait nous tout seul? Bien, il peut peut-être arriver un décès. Puis on sait que si on est un conjoint de fait puis qu'il y a un décès sans testament, alors on n'est pas couvert. On n'est pas bénéficiaire, on n'est pas héritier de notre conjoint, donc c'est important de faire une projection de retraite seul pour voir un peu qu'est-ce que ça donne les résultats.

 

- Y a-t-il un âge minimum? Parce que je me dis, à 30 ans, faire ça, c'est un peu trop tôt. Est-ce qu'on se dit : à partir de 45, ça serait le fun de...

 

- Oui, ça peut être un bel âge, parce que plus on se rapproche de la retraite, plus on voit un peu où on travaille. Est-ce qu'on a un régime de pension agréé, tout ça? Sauf que pour ces âges-là où on fait pas ces calculs-là, ça veut pas dire de pas épargner pour autant.

 

- Non, non, non. Non, non.

 

- Mais c'est de bien épargner. Et lorsqu'on va arriver à 45 ans, on va prendre les premières photos, elles vont être belles. Lorsqu'une personne est toute seule, elle a un peu deux choix, qu'on disait. Reporter les rentes du gouvernement pour se permettre d'avoir un petit filet de sécurité pour la retraite. Et ensuite, de s'assurer de décaisser ces sommes pour niveler tout seul dans notre vie les montants imposables. Par exemple, si j'ai un compte CELI puis je fais des retraits, c'est pas imposable les retraits de CELI, mais si je fais un retrait de REER, c'est taxable. Il faudrait pas que les cinq, six premières années de notre retraite, on retire que des sommes non taxables et qu'on paye pas du tout d'impôt. Il faut un peu étaler l'impôt. Et ensuite, bien sûr, on est en couple, il faut pas faire exprès de pas se servir de la fiscalité qui est avantageuse dans un couple. Donc, on referait une projection de retraite en considérant effectivement la présence du conjoint, mais en ayant en background : « Qu'est-ce qu'il pourrait m'arriver si je suis seule? ». Ça peut être en raison d'une rupture. Et c'est sûr que lorsqu'on prend des décisions financières, on veut pas juste étaler nos impôts sur la vie, mais on veut peut-être aussi étaler les impôts sur chacune des déclarations fiscales de monsieur et de madame pour avoir un taux moyen d'impôt le plus bas. Et effectivement, on va faire des petites transactions financières comme peut-être cotiser au REER du conjoint. En passant, lorsqu'on cotise au REER du conjoint, à des gens qui sont soumis au patrimoine familial, des gens mariés, ça paraît bien à la Saint-Valentin, c'est la période des REER, d'avoir une cotisation au REER du conjoint, mais en réalité, en cas de rupture, on y a droit chacun moitié-moitié.

 

- J'adore cette idée-là. C'est la première fois que je l'entends.

 

- C'est pas vraiment un cadeau, parce que de toute façon, je le donne, mais s'il y a une rupture, je le reprends. Par contre, si vous êtes un conjoint de fait et votre conjoint fait ça, oh, l'amour est plus grand, parce qu'un conjoint de fait, à ce moment-là, c'est vraiment un don. Même chose pour le CELI. CELI, théoriquement, c'est pas partie du patrimoine familial, donc si je cotise au CELI ou j'aide le conjoint à cotiser à son CELI, c'est une plus grande preuve d'amour ici. Donc, c'est important vraiment de regarder différents éléments pour planifier notre retraite de couple.

 

- Oui, puis si je peux construire sur ce que Daniel a dit, puis sur ce que Hélène a dit aussi tantôt. Puis là, je vais être un petit peu rationnelle dans l'amour. Je pense qu'il faut commencer à avoir des discussions tôt dans la vie. Même si à 28, 30 ans, on pense pas encore à la retraite, si on pense avoir un enfant avec notre conjoint et qu'on n'est pas mariés, qu'on n'a pas de contrat de vie commune, et que, comme Hélène disait tantôt, on parle pas beaucoup de finances parce qu'on a l'air intéressé face à l'amour, bien, on se met un petit peu à risque. Parce que si... alors que ça va bien, qu'on se construit une maison, qu'on s'achète un condo, puis qu'on pense avoir un enfant, on n'est pas capable d'avoir cette discussion-là, puis de dire à notre conjoint : « Écoute, je vais avoir ton enfant. On va avoir notre enfant, donc je vais être un an ou deux avec moins de Régie des rentes. ». Puis là, si c'est deux et trois enfants, bien, c'est deux ans, quatre ans, six ans. Donc, d'avoir cette discussion-là, d'être capable de dire, si après, quand l'enfant a 2, 3 ans, de dire : « Écoute, on a des vies de fous. Moi, je vais travailler quatre jours/semaine, parce que toi, tu continues à progresser dans ta carrière, donc je vais ralentir quelques années. ». Si on n'est pas capable, à ce moment-là, d'avoir ces discussions-là avec notre conjoint avec qui on pense fonder une famille, puis qu'on n'est pas mariée, puis qu'on n'est pas documentée, bien, on se met vraiment à risque comme femme, financièrement. Fait que je sais que c'est difficile d'entendre ce que je dis, puis que c'est difficile de mettre le rationnel au-devant de l'amour, mais pour briser les patterns dont on parlait tantôt, il faut qu'ensemble, on ait cette discussion-là.

 

Tu sais, maintenant, il y a un tiers des femmes qui gagnent plus que leurs conjoints, donc ça peut être une discussion de couple aussi. Parce que ça pourrait être monsieur qui choisirait de travailler à temps partiel plus tard. Donc, je pense que l'amour, ça fait en sorte qu'on doit avoir de la communication ouverte. Puis que même si c'est pas le fun ce que je dis, quand on est jeune, on doit avoir ces discussions-là pour que quand on arrive à 45 ans puis qu'on planifie, on sait déjà où on se situe. Fait que pour moi, c'est très important.

 

- Je suis tellement d'accord, puis j'aime ça entendre ça. Parce que souvent, je dis à mes amies de fille : « Gérez vos finances comme si vous étiez seules. Même si vous êtes en couple, apprenez à être autonomes par rapport à ça parce qu'on sait pas ce qui va arriver. ». Puis d'ailleurs, on n'arrête pas de parler de couples, mais qu'est-ce qui en est pour les femmes qui sont célibataires ou pas d'enfants?

 

- Oui. Alors, une femme célibataire, évidemment, quand elle arrive à la retraite, elle a pas, entre guillemets, de diminution de revenus. Parce que si elle a été célibataire toute sa vie, c'est les revenus avec lesquels elle a vécu. Toutefois, il y a le risque que si t'es seule dans la vie puis t'as eu des enfants, mais que t'étais monoparentale, peut-être que t'as pas vraiment économisé non plus. Donc, il y a pas autant de changements quand on arrive à la retraite, parce que ç'a été notre vie financière à nous, mais il y a quand même les stratégies dont Daniel parlait tout à l'heure. Donc, est-ce qu'on a maximisé nos REER? Est-ce qu'on a maximisé nos CELI? Quel est l'ordre de décaissement qu'on va prendre pour justement niveler nos revenus? Donc, tout ça qui se regarde d'un point de vue célibataire et individuel. Pour une femme célibataire, c'est encore plus important parce qu'il y a personne pour nous rattraper s'il arrive quelque chose. Il faut penser à l'invalidité, donc regarder aussi notre assurance invalidité. On pense souvent au décès, mais l'invalidité peut avoir un impact phénoménal sur ce qu'on peut accumuler à la retraite. Donc, c'est très important de le regarder. Puis moi, je vous dirais, chaque fois qu'il arrive un gros événement dans une vie, un enfant, un divorce, un mariage, un héritage, une promotion, on doit aller voir notre conseiller financier parce que ça peut avoir un impact positif ou négatif sur notre projection de retraite, notre projection de vie. Donc, il faut aller le voir. Puis si jamais vous êtes chanceuse puis que petit train va loin, qu'il se passe pas grand-chose, de gros événements dans votre vie, il faut quand même, une fois par cinq ans, prendre le temps de revoir notre situation, parce qu'il peut y avoir des choses qui ont changé. Le CELI n'existait pas jadis, s'est mis à exister, ç'a eu un impact sur la façon dont on pouvait économiser. Donc, vraiment, de se tenir à jour et d'aller voir ce qui est possible. Et, à y aller souvent, ça fait en sorte aussi qu'on apprend. Ça devient moins épeurant, et donc qu'on peut peut-être même aimer ça parler de finances personnelles.

 

- Ça se pourrait, ça se pourrait. Daniel?

 

- Et c'est sûr aussi, quand tu parlais tantôt de statistiques, les dames ont des enfants, s'occupent des enfants. Tantôt, quand je donnais les statistiques de la Régie des rentes du Québec, c'est important de reconnaître que déjà, malgré que la dame a eu une moins belle rente, malgré le fait qu'on a pu épargner certaines périodes où la dame avait des enfants. Donc, si la Régie ne prévoyait pas, Retraite Québec ne prévoyait pas l'extraction de ces années-là, la rente serait encore plus petite. Et c'est sûr qu'en période, lorsqu'on parlait de CELI, de REER, et tout ça, lorsqu'on est en présence d'une dame monoparentale, par exemple, qui a des enfants, des frais de garde, à ce moment-là, lorsqu'on a des frais de garde et tout ça, lorsqu'on cotise au REER, curieusement on a un retour d'impôt, mais aussi on se qualifie parfois pour des allocations pour enfants plus grandes. Donc, parfois, une cotisation au REER peut nous donner un remboursement très, très élevé. Alors, on pense que la dame monoparentale, elle peut pas cotiser au REER, mais lorsqu'elle s'assoit avec son conseiller puis il lui dit : « Hé, le fait que tu cotises, tu réduis ton revenu, tu vas pouvoir avoir de plus grands montants d'allocations pour enfants, des frais de garde plus élevés. ». Donc, c'est vraiment très important de faire le tour, de regarder l'ensemble des finances de la personne.

 

- Puis, Isabelle, tu sais, il y a un chiffre important à connaître si on n'a pas économisé. Donc, une personne qui va avoir travaillé, qui va avoir maximisé sa Régie des rentes du Québec, donc qui a travaillé vraiment toutes les années qu'il fallait et qui a travaillé en amenant le salaire maximum, du maximum de gains admissibles, donc si on a aucune épargne à la retraite dans le meilleur des mondes, c'est 20 000 $ à peu près qu'une personne va avoir qui combine le régime fédéral et le régime provincial. Donc, quand on dit qu'il faut prendre charge, c'est important, parce que je suis pas sûre qu'il y a beaucoup de gens qui comprennent que si on le fait pas à la retraite, on n'aura que 20 000 $ pour vivre.

 

- Et ce, pendant...

 

- Bien, on pense souvent à la retraite, mais la retraite, quand on y arrive, c'est le début de 25, 30, 35, peut-être 40 ans. Donc, c'est long, la retraite. Donc, il faut pas non plus faire l'erreur que quand on tombe à la retraite, on se met seulement dans les placements garantis puis on protège tout ce qu'on a parce que 40 ans, c'est le temps qu'on va avoir travaillé pendant lequel on va vivre à la retraite, donc très important de prendre le temps de bien s'approprier ces notions-là.

 

- Et même à la retraite, on parlait de longévité, mais il y a un autre bouquin qui existe sur le web qui s'appelle L'inflation et l'espérance de vie : une combinaison dangereuse. Parce que justement, l'inflation, souvent, c'est 2 %, 2 %, 1 %, 2 %. Mais lorsqu'on vit 85, 90, 95 ans, la petite goutte là devient très lourde, et finalement, ce qui était notre pouvoir de dépenser de 30 000 $ peut-être ne vaut que 15 000 $ après plusieurs années. Donc, le jeu de l'inflation a encore plus d'impact négatif, donc vraiment prévoir les calculs comme il faut.

 

- Oui, puis le dernier conseil que je donnerais sur ce point-là spécifiquement, c'est : on le sait que c'est plate. C'est pas le fun de faire un budget. Personne se réveille un matin en disant : « Surprise! Aujourd'hui, ça va être une journée merveilleuse, je dois faire mon budget. ». Mais c'est ce qui nous permet de voir c'est quoi notre réelle capacité d'investir, d'épargner. C'est ce qui nous permet aussi de voir : « Est-ce que j'ai vraiment besoin de ma quatrième télé flat screen dans ma maison? Ou je peux pas m'en passer puis faire en sorte que j'économise? ». Donc, il y a des principes de base d'économies systématiques qui sont là, parce que si on l'ancre dans notre habitude de vie comme payer les comptes courants, si se payer soi-même, on devient un compte courant pour notre investissement, on va avoir l'habitude d'épargner. Et ça, c'est le plus beau conseil qu'on peut donner aux jeunes. Puis qu'on continue à la retraite, jusqu'à la retraite, et même à la retraite, certains concitoyens ont encore une capacité d'épargner, et donc de laisser pour les survivants.

 

- T'as raison de dire que le budget, c'est vraiment un élément qui a l'air pas sexy lorsqu'on parle à notre conseiller, mais si on veut trouver de l'espace pour l'épargne, c'est vraiment en regardant où va notre argent. Et deux, ce même budget-là qu'on a pendant notre vie active, ça va être le repère de notre budget de la retraite. À la retraite, peut-être qu'on va dire : « Bien, ça, je n'ai plus à payer ça. Je n'ai plus à épargner à mon REER. Je suis rendu à la retraite. Je n'ai plus à payer telle affaire et je voudrais faire plus de dépenses. ». Et les dépenses à la retraite, souvent c'est flou un peu, mais en ayant un budget aujourd'hui, on peut deviner lequel des postes qui va changer à la retraite.

 

- Exactement.

 

- Puis ça, il y a quelque chose qu'on a compris cette année avec... Il y a une petite affaire appelée la pandémie qu'on a vécue. C'est l'importance d'épargner. On s'en est tous rendu compte. Et d'ailleurs, bon, il y en a pour qui ç'a été dramatique. Il y en a d'autres qui, à cause du télétravail ou toutes sortes de raison, ont réussi à épargner pendant la COVID, pendant notre pandémie. Est-ce qu'ils devraient justement prendre cet argent-là puis garrocher ça dans leur plan de retraite?

 

- En fait, tant mieux s'ils ont épargné. Ce qu'on a vu malheureusement, c'est qu'au début, il y en a qui avaient pas de fonds d'urgence, qui étaient pas capables d'épargner, mais effectivement, on a moins de petits cafés, on ne "lunche" plus au restaurant le midi et tout ça. Fait que oui, il faut épargner ça pour d'abord se constituer notre fonds d'urgence qui est très important. Une fois le fonds d'urgence constitué, oui, il faut voir après ça comment on maximise soit le REER, soit le CELI. Peut-être un compte au comptant aussi si les autres véhicules sont maximisés. Et c'est là où la stratégie devient importante, parce que tout dépendant d'où on est dans notre « bracket » d'impôt aujourd'hui, peut-être que de cotiser à un REER sera pas avantageux parce qu'à la retraite, ce décaissement-là va me faire perdre des crédits d'impôt, et peut-être que c'est mieux le CELI, ou peut-être que c'est mieux de faire le REER, et avec le retour d'impôt, de cotiser au CELI ou de recotiser au REER pour l'année suivante. Donc, c'est toutes ces stratégies-là que votre conseiller va pouvoir faire avec vous. Que ce soit un conseiller en placements ou un planificateur financier. Et en faisant ces différentes hypothèses, va trouver la meilleure solution pour vous. Parce que le risque là-dedans, c'est souvent : « Bien, toutes mes amies font ça, donc pour moi, c'est ce que je dois faire aussi. ». Peut-être pas dans votre situation, donc d'être accompagné fait vraiment une différence.

 

- Daniel, au début de l'émission, j'ai dit peu importe où vous en êtes dans votre planification financière, on a des conseils pour vous. Pour celles qui nous écoutent puis qui sont très avancées, qui ont déjà commencé leur planification, qui ont des investissements, est-ce qu'on a des conseils à leur donner aussi?

 

- Pour les gens, c'est sûr que s'asseoir, avec tout ce qu'a mentionné Nancy, c'est beau dire : « Ah, les taux d'impôt aujourd'hui, plus tard... ». Mais pour l'évaluer, ça prend vraiment un outil de projection de retraite qui... À la Banque Nationale, on a un outil tout à fait neuf, qu'on vient de rénover, qui est vraiment puissant, où on peut évaluer toutes sortes d'éléments au niveau de la volatilité dans les marchés financiers et dans l'optimisation des décisions fiscales, donc c'est vraiment important de viser un revenu qui... Avec l'outil, d'avoir réfléchi comme il faut à notre budget, qu'est-ce qu'on veut à la retraite, et peut-être de viser un objectif de 70 % du revenu par exemple. Mais faire le budget est beaucoup mieux que de voir un objectif de 70 %.

 

- Super. On va passer bientôt aux questions du public, mais on a eu beaucoup, beaucoup d'informations jusqu'à présent. Alors, la bonne nouvelle, c'est que si vous avez pas réussi à prendre toutes les notes, l'événement va être disponible en réécoute dès cet après-midi au même endroit que votre lien d'inscription. Alors, on va regarder les questions qui vont rentrer de façon sporadique. Peut-être que c'est des questions qui vous sont venues en tête dès le début. Peut-être qu'elles viennent d'arriver. Mais chose certaine en tout cas, je pense que ce qu'on comprend, c'est l'importance vraiment d'avoir des discussions avec son conjoint et sa conjointe, de prendre vraiment acte de nos finances. Puis je le sais que c'est pas toujours agréable. Je le sais que c'est pas évident. Puis des fois, on veut même pas voir la réalité en pleine face. Mais de pas le faire, ça va vous causer beaucoup plus de problèmes à la fin. Là, on a un problème technique qui fait en sorte que je vois pas les questions arriver pour l'instant, mais je pense qu'on est capable de m'en envoyer ici. « J'ai travaillé toute ma vie. À quel âge devrais-je prendre ma retraite? » Daniel?

 

- L'âge de prendre sa retraite. On parlait de durée de vie excessivement longue parfois, surtout chez les femmes. Donc, si on commence à avoir un revenu rémunérateur vers 25 ans et on voudrait rêver de prendre une retraite à 55, ça nous ferait 30 années de travail. Et là, il faudrait épargner assez dans ces 30 années de travail pour avoir une rente pendant peut-être 40 ans. Fait qu'on voit que sur la balance, là, épargner 30 ans pour 40 ans, c'est comme dépenser à peu près la moitié de notre revenu, donc c'est à peu près impossible. Donc, si par contre, on travaille de 25 à 60, 65, peut-être que là, on aurait une durée d'économie plus longue, donc c'est vraiment très important d'avoir un juste équilibre. Et c'est sûr que parfois, on peut avoir un coût de vie très modeste. Des fois, on dépense beaucoup moins que ce qu'on dépensait pendant notre vie active. Certains vont vendre leur maison, ils vont aller vivre au chalet. Ils vont faire de la peinture ou de la poterie. Ça leur coûte à peu près rien puis ils regardent leur lac tous les matins. Ils sont très heureux. Eux, leur coût de vie peut vraiment baisser. Et peut-être qu'eux pourraient se permettre, puisqu'ils ont vendu la maison, ils sont rendus au chalet, de prendre une retraite beaucoup plus tôt à ce moment-là.

 

- Super. Alors, on a une autre question qui vient de rentrer. « Qu'est-ce qui pourrait empêcher les femmes de s'impliquer dans leur éducation financière ou de participer de façon concrète? »

 

- Eh bien, ça revient un peu à ce qu'on disait. C'est que la charge mentale est toujours plus grande chez la femme. Et ça revient un peu à ce que tu disais, Hélène, sur la négociation.

 

- Oui, il y a la question de la négociation. Puis je dirais aussi, cette idée que... Tout à l'heure, je disais les femmes gagnent souvent moins dans un ménage que leur conjoint ou leur conjointe. Oui. Puis en fait, je pense que le fait de pas se sentir légitime de revendiquer une part d'argent. Alors, Nancy en parlait tout à l'heure, l'importance. Alors, quand on s'implique dans la famille, quand on prend en charge les enfants et tout ça, ça fait partie de l'économie domestique et ç'a un coût, ça aussi. Parce que quand vous vous occupez des enfants, vous êtes pas sur le marché du travail. Puis on a vu tout à l'heure justement comment on prend du retard dans l'épargne qu'on peut faire. Donc, je pense que c'est important d'avoir cette conversation avec son conjoint, de dire : « Bon bien, OK, je réduis mon temps de travail, mais il faudrait qu'il soit compensé. ». Alors, moi, j'ai l'impression, en tout cas, c'est un des gros éléments sur lesquels on a peut-être plus de réticences, mais qui est essentiel.

 

- Ouais, puis ce que je retiens aussi, c'est de le faire avec son conjoint et son conseiller aussi, de pas avoir peur. J'aime l'idée d'y aller en couple avec son conseiller, mais aussi d'y aller seule parce qu'il y a des choses aussi qu'on a peut-être plus... on serait plus ouverte à dire seule, ou des questions aussi. Des fois, on a peur de poser des questions devant son conjoint, devant sa conjointe, puis voilà. Alors, on a une autre question qui vient de rentrer. « Est-ce qu'il y a une espèce de check-list retraite? » Par exemple, les dix choses à ne pas oublier avant de prendre la retraite. Tiens, Nancy.

 

- Bien, oui. Elle existe peut-être pas formellement, mais il y a des concepts de base – je pense qu'on peut les citer ici – qui nous permettent de nous faire notre check-list. Donc, d'abord, rencontrer le plus tôt possible un expert justement pour pouvoir poser nos questions. Ensuite de ça, je dirais épargner dès qu'on peut épargner. On a 18 ans, on a 19 ans, on a 21 ans ou on a 30 ans. Dès qu'on peut commencer à épargner, faisons-le pour développer le muscle, développer l'habitude. Évidemment, de cotiser le plus possible à ce qui est disponible. Donc, la Régie des rentes, c'est automatique, mais si on travaille pour un employeur qui offre un REER collectif, qui offre un fonds de pension, bien, de signer le plus rapidement possible et de maximiser les investissements qu'on fait là-dedans. Je vous dirais aussi de lire les guides qui existent. Donc, Daniel parlait tantôt d'ÉducÉpargne. Il y en a d'autres aussi, donc de s'informer, de s'intéresser, puis de pas oublier aussi que dans toute la préparation de la retraite, il y a l'assurance invalidité, il y a l'assurance‑vie, il y a de plus en plus de familles reconstituées. Donc, ça veut dire quoi, le décès de mon conjoint si mon conjoint a une ex-conjointe à qui il paye une pension, puis deux enfants de ce couple-là et un enfant avec moi. Donc, il faut vraiment avoir une planification, parce que tous ces éléments-là vont avoir un impact sur la retraite. Le budget, oui on sait que tout le monde déteste ça, mais le budget est important. Puis le dernier point, je dirais, la rencontre constante. Donc, de regarder, même si c'est le plan financier, puis qu'on veut pas aller voir notre conseiller, une fois par année, de le ressortir. Sinon, c'est un plan qui est dans notre tiroir ou sur notre ordinateur, on le suivra pas.

 

- Ou si tout ça est trop fatiguant, on a juste à travailler jusqu'à 97 ans.

 

- Bien, ça peut être ça, mais c'est un peu long.

 

- Non, écoutez pas mes conseils. Je suis pas experte. OK. « Quelle est la meilleure façon de gérer un prêt hypothécaire? ». Une autre question du public. Vous avez de bonnes questions.

 

- Oui, effectivement, c'est une bonne question. Dans le fond, c'est une question qui touche le volet finances. Dans le fond, planification financière, on a beaucoup parlé de retraite. On a parlé d'investissement. Mais il y a d'autres côtés, on a parlé un peu de légal. En cas de divorce, les impacts. Les successions. Est-ce que je suis héritier ou pas de mon conjoint? Et le volet finances. On a aussi la fiscalité et la gestion des risques. T'as abordé la notion. Donc, ici, on parle gérer le prêt hypothécaire, la question finances. Et lorsqu'on a une dette, primo, il faut identifier qu'il y a certaines personnes qui vont être vraiment en appartement, donc il y a une dépense de loyers toute leur vie. Donc, quelqu'un qui aurait une hypothèque au lieu d'avoir un loyer toute sa vie, ça peut aussi être correct, mais c'est important que le montant dédié à ce paiement-là soit tout à fait en accord dans le budget, et que ça prenne pas une place disproportionnée parce qu'on a emprunté sur notre maison continuellement et c'est rendu trop lourd. Donc, avoir encore une partie de prêt hypothécaire à la retraite, quand c'est contrôlé dans le budget puis qu'on a des revenus clairs à la retraite, c'est pas péché. Mais bien entendu, en présence de compte CELI, de compte REER et de comptes taxables, parfois, on peut se poser la question : si je compare mon taux de rendement de mes placements versus le coût de la dette, assurément, si j'ai un compte de placement taxable, donc un compte non enregistré. À ce moment-là, on peut sérieusement se poser la question de rembourser une partie de notre dette plus rapidement. Mais en avoir, c'est pas péché, mais assumer entière l'hypothèque entièrement avant la retraite, c'est comme se garantir un revenu. Parce que si je n'ai plus 400 $ à payer par mois, c'est comme si tout à coup j'avais un revenu de 400 $ qui se libère. Donc, oui, beaucoup de discussions avec le conseiller sur cet élément-là.

 

- Ça peut être une belle paix d'esprit. Là, aujourd'hui, les taux d'intérêt sont tellement bas qu'on pense que ça va nous coûter 2 % pour le restant de nos jours, mais on sait pas dans cinq ans, huit ans, si l'inflation embarque puis les taux remontent à... Moi, je me rappelle ma première hypothèque, j'étais toute fière parce que c'était juste 7,67 %. J'avais négocié à la baisse. Donc, si on retourne là puis qu'on est à la retraite, c'est là où ça peut avoir un impact. Donc, dans un monde idéal, effectivement, on devrait la payer. Puis sinon, bien, de faire en sorte qu'on est capable de l'assumer. Puis peut-être déménager dans quelque chose de plus petit aussi. On le voit souvent.

 

- Nancy, tu viens de dire que t'es plus jeune que moi parce que moi, ma première hypothèque, j'étais tout content d'avoir en bas de 10 %.

 

- Ah bien oui, c'est ça!

 

- Juste en bas de 10 %, donc...

 

- Ça peut revenir, ça.

 

- Effectivement, de gérer la dette, c'est un bon point.

 

- Absolument. On continue avec les questions. « Quels sont les ouvrages que vous nous conseillez de lire pour démystifier les investissements et les finances? »

 

- Malheureusement, je peux pas vraiment répondre à cette question. Je vais relancer la balle à mes collègues. Mais ce que je peux vous dire, par contre, c'est que l'ouvrage qu'on a écrit, L'amour et l'argent: Guide de survie en 60 questions, c'était vraiment pour montrer l'imbrication entre tout le rapport amoureux et les questions financières. Il y a plein d'exemples, d'histoires, de cas vécus et tout ça. Et une chose qui est extrêmement importante, qu'on a peu abordée jusqu'à maintenant, c'est la question juridique. Alors, d'une province à l'autre, le droit est différent, et c'est fondamental de connaître c'est quoi les différences entre être marié et en union libre. Pour le Québec, on l'explique justement dans notre Guide de survie, mais pour les autres provinces, je vous invite vraiment à vous informer parce que c'est extrêmement important dans la gestion des finances.

 

- Est-ce qu'il y en a qui avaient des livres à... Oui.

 

- Pour ce qui est des ouvrages, oui, c'est ça. L'autorité des marchés financiers, encore une fois sur le web, a plusieurs beaux guides qui sont faits. Mais habituellement, les institutions financières aussi, on a beaucoup de fiches qui expliquent beaucoup de principes de base sur les investissements, sur la retraite. Retraite Québec, bien entendu, a plein d'informations disponibles sur le web où on peut s'informer. Et le premier volume dont j'ai parlé, Le guide de la planification de la retraite d'ÉducÉpargne parle d'énormément de sujets à l'intérieur.

 

- Oui, puis pour les plus jeunes, un des livres qui, moi, m'avait marqué alors que j'étais à l'université, c'était Le barbier riche, The wealthy barber. Et là, ils ont refait une réédition. Parce qu'évidemment, ça fait quelques années que je ne suis plus à l'université. Donc, ils l'ont remis au goût du jour. Et ce qui est intéressant de cet ouvrage-là qui s'adresse beaucoup plus aux jeunes, c'est vraiment le concept de se payer en premier, donc pay yourself first. Alors, si on économise 10 % dès qu'on commence à travailler pour le restant de nos jours, quel sera l'impact sur notre retraite. Souvent, on y arrive sans qu'on ait eu aucune douleur. Parce qu'on a toujours vécu avec 80 % ou 90 % de notre revenu net. Donc, ça, pour les plus jeunes, je pense que ça peut être... Puis c'est un peu une fable pour adultes, fait que c'est un très bon livre à lire.

 

- Super. Merci. On n'oublie pas les hommes qui nous écoutent. « Comment peut-on aider, en tant qu'époux, père, frère, oncle? » J'adore l'homme qui a écrit cette question-là!

 

- Moi aussi.

 

- Bravo. Bien, qui veut la prendre? Angela?

 

- Je peux la prendre. Alors, c'est une excellente question. Je crois qu'une des premières choses, ça serait d'accompagner votre épouse dans ce processus-là, puis de lui faire aimer un peu plus la finance personnelle. Mais pour ça, il faut l'aider à enlever un peu de la charge mentale familiale et l'aider à créer du temps. C'est du donnant-donnant. Alors, si vous faites une tâche de plus dans le foyer, peut-être qu'elle pourrait prendre ce temps-là pour aller faire un peu de littératie financière, puis aller peut-être sur le site de bnc.ca/femmes de la Banque pour s'éduquer, puis pour aller chercher un peu plus d'infos. L'autre chose, c'est quand vous êtes en rencontre avec votre expert ou votre conseiller financier, ce que j'entends beaucoup de nos conseillers financiers, c'est que la femme souvent ne se présente pas au rendez-vous, ne vient pas parce qu'elle va déléguer la rencontre à son époux, parce qu'elle lui fait pleinement confiance. Il faut l'encourager à venir à ces rencontres-là. Il faut qu'elle soit engagée à poser des questions, mais pour ça, il faut lui faire de la place. Donc, laissez-lui de la place pour poser toutes les questions qu'elle a, et souvent, allons la chercher si on n'entend aucune question venir sur la table. Je pense que c'est vraiment important de l'engager dans ces rencontres-là et je souhaiterais qu'elle vous accompagne.

 

- Oui, bonne réponse. Nancy.

 

- Moi, j'ajouterais, si on est un homme puis qu'on a une fille qui a 16, 18, 20 ans, pourquoi pas l'amener avec nous à ces rencontres-là? Pour que justement, la démystification se fasse quand on commence dans notre vie financière. Donc, ça va devenir beaucoup moins épeurant. Tu sais, nos enfants ont la chance d'avoir des parents qui font ça tous les jours, donc j'imagine que depuis qu'ils sont tout petits, ils ont les conseils de base. C'est sûr que les miens aussi. Mais d'amener... donc si tu es l'oncle, amène ta nièce, puis allez rencontrer ensemble un conseiller financier. C'est le plus beau cours de littératie financière et c'est neutre. Donc, il y a rien de menaçant là-dedans.

 

- Puis, Messieurs, les femmes, lorsqu'elles sont en rencontre devant les experts, leur préoccupation, c'est pas autant le rendement que ce que le rendement peut lui procurer à sa retraite ou à long terme dans leur planification. Tandis que les hommes, on est souvent plus accrochés sur le rendement de notre portefeuille. Donc, Mesdames, mon message est pour vous. Si vous avez des questions par rapport à votre confort, aux événements de vie que vous vivez, puis qui n'a rien à voir avec le rendement, c'est correct aussi.

 

- Ah oui. On n'a pas les mêmes inquiétudes. Oui.

 

- J'ajouterais peut-être, Angela, sur ce point-là qu'effectivement, les hommes et les femmes, face au rendement, ont pas le même comportement. Souvent, les hommes ont tendance à transiger beaucoup plus, et finalement, les dames transigent un peu moins. Elles sont un peu moins portées à faire des transactions pour aller chercher des petits gains. Et la réponse, je pense qu'il y a une étude qui s'appelle Boys will be boys qui montre que les femmes qui transigent moins, à long terme, restent plus dans les marchés et ont un meilleur rendement. Donc, si les dames peuvent participer à ces rencontres-là, l'avantage est parfois de dire : « Bien, regarde, essaie pas de trop deviner le marché. ». Elles peuvent contribuer également à cette réflexion-là de pas jouer avec le marché.

 

- De ne rien faire, souvent c'est une décision. On choisit de ne rien faire. C'est pas de l'inaction. On choisit de ne rien faire et ça peut être tout à fait correct, particulièrement en période de turbulence.

 

- Euh, je vais aller avec une autre question un peu longue. « Je suis en cours de séparation. » Désolée de l'entendre. « Ça va certainement se solder par un divorce à l'amiable. Reste que je ne possède rien. Ni retraite ni placement. Le cas classique donc de l'homme qui travaille et la femme à la maison. Quelle devrait être ma priorité, maintenant que je dois, pour la première fois, m'intéresser à mes finances dont je ne sais rien? » Oh oui. Euh, Nancy.

 

- Oui. Écoute, je dirais deux choses importantes. D'abord, venez nous rencontrer. Allez rencontrer un conseiller parce que c'est important d'avoir un portrait global de votre situation. Deuxième chose, rapidement, un médiateur familial. Parce que les médiateurs sont formés pour justement encadrer ces discussions-là dans la neutralité. Et même si aujourd'hui, vous ne possédez rien, ça veut pas dire que monsieur ne voudra pas vous laisser quelque chose. Parce qu'il y a la loi. Si on est mariés, on a le patrimoine familial, puis après ça, il y a les régimes matrimoniaux. Et il y a les conjoints de fait où, théoriquement, madame n'a rien. Mais je connais plein de gens où, même si madame, légalement, n'avait pas droit, monsieur veut faire en sorte que les enfants soient bien même quand ils sont avec maman. Donc, de travailler vraiment avec un conseiller financier pour votre portrait; d'aller rapidement voir un médiateur. Vous avez droit à cinq heures de rencontre gratuites si vous avez des enfants. Donc, rapidement, allez-y pour faire un portrait avant de vous engager à quoi que ce soit. 

 

- Et je dirais, de façon préventive à cette situation-là, parfois... Des fois, il y a des couples qui ont tendance à vouloir devenir des couples pour s'aider financièrement à la retraite. Et souvent, ces couples-là qui s'unissent pour que ça soit bon financièrement, à la fin, ça va être voué à un échec possiblement.

 

- Bien voyons, les gens font ça pour de vrai?

 

- Il y a des gens qui se côtoient depuis des années, puis que là, à un moment donné : « Regarde, on va mettre en commun puis on va avoir juste une maison. Ça va être moins cher. ». Puis finalement, on se trouve des raisons financières de devenir un couple. Mais rapidement, ça va rebondir que, non, si ton plan de retraite marchait pas avant, il marchera pas plus après ta nouvelle séparation. Donc, c'est vraiment important. On parlait tantôt de s'assurer que la retraite puisse marcher comme personne seule, et ensuite faire le couple. Sinon, je crois qu'Hélène va être d'accord qu'on va juste mélanger les choses de jumeler les finances et l'amour juste pour faire « fitter » les finances.

 

- Oui, Hélène voulait dire quelque chose là-dessus.

 

- Oui, j'ajouterais, moi, un petit peu à ce que Nancy venait de dire justement. Il y a des séparations qui se passent bien. Puis souvent, même quand on n'anticipe pas la rupture, on se dit : ça fait tellement longtemps qu'on est en amour et tout ça ou qu'on se connaît puis qu'on se fait confiance. On se laissera pas dans la misère l'un ou l'autre. Mais si je peux donner un conseil, malheureusement, c'est ça, les séparations souvent ne se terminent pas bien, puis quand on commence la médiation, des fois, les aspects plus négatifs ressortent. Un conseil que je donnerais, moi, aux femmes particulièrement :  quand vous êtes en médiation, si vous voyez que ça commence à aller un peu moins bien, prenez-vous une avocate, votre ex-conjoint n'a pas besoin de le savoir, qui va vous coacher pour la médiation. Un médiateur, en fait, doit prendre en compte les deux parties. Il ne peut pas prendre un parti ou l'autre. Mais prenez-vous une avocate. Ça vaut son pesant d'or. En tout cas, on a vu plusieurs cas où, franchement, ça avait fait la différence pour réussir, justement, à bien négocier ces choses.

 

- Merci. Est-ce qu'il me reste le temps pour encore... Oui, il me reste d'autres questions qui rentrent. « Bonjour, je travaille dans le domaine des arts, donc travailleur autonome. Quels sont vos conseils niveau épargne et retraite considérant que mes revenus sont différents d'une année à une autre? »

 

- Alors, ça, c'est intéressant ici. Je peux la prendre, celle-là.

 

- Absolument, Daniel. On dirait que ça vous excite.

 

- Oui. La première des choses, il faut épargner un pourcentage de notre salaire. Et les REER, c'est 18 %, donc 18 % de pas gros, ça peut être pas gros, mais ça demeure 18 %. Donc, c'est important de le faire. Lorsqu'on cotise aux REER, on peut décider... On cotise, mais on peut décider de déduire à une autre année. Donc, je cotise mon 18 %. J'ai pas trop de revenus. Donc, mon retour d'impôt pourrait ne pas être grand. Mais c'est pas grave, je peux décider, lorsque j'ai une grosse année, parce que la personne qui posait la question disait « j'ai des revenus irréguliers ». Donc, lorsque les années sont meilleures, là, on peut déduire puis avoir un peu plus gros retour d'impôt. Et également, c'est sûr que faire certains arbitrages avec le CELI ou le REER également va être un élément à considérer. Donc, toujours mettre un montant régulier, peu importe le niveau de revenus qu'on a, mais peut-être jouer sur le type de compte. Et si on cotise au REER, le moment de la déduction, c'est un élément qui peut augmenter nos revenus futurs à la retraite.

 

- Super. Hé, merci. C'est déjà tout le temps qu'on avait. Angela, on a beaucoup parlé au cours de la dernière heure. Qu'est-ce qu'on devrait retenir, là, le plus important?

 

- Ouf! Il y en a plusieurs choses, mais je vais essayer d'y aller rapidement. La première chose, c'est qu'il faut que vous trouviez quelqu'un en qui vous avez confiance et avec qui vous pouvez discuter de ces choses-là. Il y a des conseillers, des planificateurs financiers, mais il faut le faire. Puis il faut être capable, si vous avez aimé entendre notre panel aujourd'hui, c'est le genre de rencontres sur lesquelles vous allez pouvoir compter. C'est similaire. Daniel, Nancy, on a tous des expertises. On travaille là-dedans à la journée longue et on va être capables, non pas de faire des expertes de vous, on veut pas que vous deveniez des expertes dans le domaine, mais on veut que vous soyez en train d'appliquer les mesures fiscales qui vous sont dues. Je sais pas pour vous, mais moi, j'aime beaucoup moins en donner au gouvernement, puis en garder plus dans ma poche. Mais pour ça, il faut être bien accompagnée. Deuxièmement, il faut commencer à s'y intéresser, donc Mesdames, trouvez les moyens de créer un petit peu de temps et un peu de curiosité, un peu plus d'intérêt. Je vous invite encore une fois à aller visiter notre nouveau site bnc.ca/femmes. On va commencer à le « populer », à vous déposer beaucoup de documents qui vont vous aider et vous accompagner. Soyez sûres et certaines de regarder les sites qui sont fiables aussi. Lorsqu'on essaie de trouver de la recherche ou de la littératie financière, c'est important d'aller vers des sites fiables. Alors, tout ça, je dirais c'est à peu près ce qui fait la conclusion de notre rencontre aujourd'hui, mais il faut passer à l'action. On peut faire mieux, Isabelle, et je souhaite que ça commence aujourd'hui pour vous.

 

- Merci, Angela. Merci aussi, Hélène, Daniel, Nancy. Vous avez été d'excellent conseil aujourd'hui. Je vous rappelle que vous allez pouvoir revoir l'événement qui va être disponible pour une réécoute dès cet après-midi sur votre lien d'inscription. Puis j'en profite pour vous donner rendez-vous pour le deuxième... Bien, en fait, la deuxième rencontre qui va avoir lieu le 23 mars prochain, donc 23 mars 2021, alors que là, on va parler de la protection de son patrimoine financier. Hé, merci d'avoir été là, tout le monde. Bye!

 

[Musique]

Transcription vidéo 2

[Musique]

 

- Bonjour, tout le monde. Bienvenue à ce deuxième direct d'Oser s'investir présenté par la Banque Nationale. Bien, mon nom est Isabelle Racicot. Très contente de passer la prochaine heure avec vous. Et qu'est-ce que c'est, donc, Oser s'investir? Bien, c'est une initiative de littéracie financière qui est conçue spécialement pour les femmes. Aujourd'hui, on va parler de la gestion du patrimoine et aussi de comment protéger son patrimoine. Je vous le dis, ça se pourrait que vous ayez quelques palpitations au cours de la prochaine heure, puis que vous vouliez appeler votre notaire tout de suite après la conférence. Ça se pourrait et ce serait tout à fait normal. Mais dites-vous qu'on va avoir de l'information extrêmement pertinente. Et là, peu importe votre âge, que vous soyez célibataire ou mariée, avec ou sans enfants, vous êtes concernée par ce dont on va parler au cours de la prochaine heure. Et on va le faire avec quatre panélistes fantastiques que je vous présente à l'instant. Alors, on a Angela D'Angelo, vice-présidente, Développement et Expérience client, Financière Banque Nationale. Bonjour, Angela.

 

- Bonjour, Isabelle.

 

- Et on peut le dire aussi, l'instigatrice d'Oser s'investir. Contente de vous retrouver.

 

- Merci.

 

- Et on a aussi avec nous Hélène Belleau, sociologue et professeure à l'Institut national de la recherche scientifique. Bonjour, Hélène.

 

- Bonjour, Isabelle.

 

- On se retrouve. La dernière fois, on a parlé de retraite. Et là, tout aussi important aussi, les relations hommes-femmes quand on parle de patrimoine et gestion du patrimoine.

 

- Tout à fait.

 

- Et on a aussi avec nous Sophie Ducharme, notaire, vice-présidente Culture et conseil spécialisé chez Banque Nationale Gestion privée 1959. Me Ducharme, bonjour.

 

- Bonjour, Isabelle.

 

- Et, bon, c'est peut-être bien niaiseux ce que je vais dire là, mais c'est la première fois que je vois une femme « matcher » sa bague à ses lunettes. On est à un autre niveau.

 

- J'ai travaillé tellement fort pour ça. [Rires] Bon, ce sera le seul moment de mode de l'heure. Et on a aussi avec nous Suzanne Pringle, avocate et fondatrice du cabinet Pringle et Associés. Me Pringle, c'est un honneur.

 

- Merci. Bonjour, Isabelle.

 

- Bonjour. Alors, si vous avez des questions qui vous viennent pendant l'heure, hésitez pas à nous écrire parce qu'on s'est gardé un moment pour répondre à vos questions un peu plus tard. Mais pour tout de suite, je pense que c'est important, Angela, d'expliquer pourquoi en 2021, c'est pertinent de parler des finances au féminin.

 

- En fait, Isabelle, c'est que les femmes ont un pouvoir économique de plus en plus grandissant. Elles sont plus éduquées. Elles travaillent plus. Plus de 60 % des femmes sont sur le marché du travail. Et ce que ça fait, c'est qu'elles contribuent à leur richesse, à l'accumulation de leur richesse et elles contribuent à leur patrimoine. Pourtant, elles sont pas encore assez impliquées à prendre des décisions. Lors de la première édition, on a parlé de retraite, on a parlé du manque d'implication souvent des femmes à prendre des décisions plus à long terme. Et ce qui est aussi vrai, c'est qu'à peu près 75 % des femmes regrettent de pas avoir été plus impliquées lorsqu'arrive un événement de vie. Et c'est de ça qu'on va parler aujourd'hui. C'est lorsque ces événements de vie là se présentent, souvent, ils s'annoncent pas. Ça arrive, exemple, décès d'un conjoint ou la rupture d'une relation, il faut qu'on soit préparées. Fait qu'aujourd'hui, on va parler de gestion de patrimoine, on va parler de testament, on va parler des différents régimes matrimoniaux qui peuvent être appliqués dans les différents cas. Et on va surtout vous aider à alimenter les questions que vous devriez poser. Si vous êtes seule ou nouvellement en couple parce que ma collègue Sophie va partager des conseils importants sur comment rédiger son testament et les choses essentielles à garder en tête.

 

- Merci, Angela. Alors, c'est parti.

 

[Musique]

 

Bon, je pense que la première question devrait être : « C'est quoi, le patrimoine? ». Tu sais, si on veut établir, définir. Angela.

 

- Eh bien, le patrimoine, c'est tout ce qu'on accumule tout le long de notre vie, hein. On peut accumuler des actifs qui sont tangibles ou intangibles, mobiliers ou immobiliers. Ça comprend les héritages, ça comprend plusieurs choses. Le patrimoine, il faut pas confondre avec le patrimoine familial. Ça, il y a certaines lois qui dictent qu'est-ce qui fait partie du patrimoine familial puis je vais laisser ma collègue Suzanne nous en parler un peu tantôt. Donc, ce qui est important, c'est de savoir que son patrimoine, tout au long de sa vie, peut évoluer, hein. Il y a des moments dans notre vie où on vit des événements où il peut croître, exemple si on se marie et qu'on est deux à avoir un revenu, souvent, notre patrimoine peut croître à ces moments-là ou il peut être en décroissance lorsqu'on a une rupture. Donc, il faut garder en tête que c'est évolutif. Puis, surtout garder en tête qu'il y a des choses qu'on peut faire aujourd'hui pour protéger ce patrimoine-là, et c'est de ça qu'on va parler.

 

- Puis, à quel âge on commence à contribuer à son patrimoine?

 

- C'est une excellente question. Je te dirais que lorsqu'on a... Ça devrait commencer dans les écoles. Malheureusement, c'est pas encore rendu à être un cours obligatoire, mais je dirais qu'au moment où on a un revenu, ou tout de même qu'on s'intéresse à l'épargne ou à mettre systématiquement de l'épargne en place, on devrait commencer. Mais dès qu'on a un emploi à temps partiel puis qu'on est capable de mettre un peu de sous de côté, comme étudiant ou qu'on ait un revenu, ça serait le bon moment.

 

- Super. Hélène, on sait que quand on parle de salaire, femmes et hommes, on est pas à la même place. On est où comparativement aux hommes en ce moment en 2021? Puis, c'est quoi l'impact, donc, que ça a, ça, sur notre patrimoine?

 

- Alors, les hommes et les femmes gagnent pas encore tout à fait le même salaire. On dit souvent que les femmes gagnent maintenant, je pense, autour de 90 % du salaire des hommes. Puis, on entend aussi souvent qu'il y a de plus en plus de femmes qui gagnent plus que leur conjoint. Autour de 25-30 %, là. Mais ces chiffres-là, il faut les regarder attentivement parce qu'ils cachent une réalité qui est un peu différente. Quand on parle des femmes qui gagnent plus que leur conjoint, on imagine des femmes professionnelles qui ont réussi leur carrière, etc., mais ce qui est important de voir, c'est que quand on parle des femmes qui ont des enfants, on tombe à 17 %, donc, de celles qui gagnent plus que leur conjoint. Mais surtout, il faut regarder c'est quoi leur salaire. C'est quoi leur niveau de revenu. Et dans le 17 %, là, il y en a seulement que 5 % qui gagnent plus de 40 000 $ par année. Alors, les femmes qui gagnent plus que leur conjoint, encore aujourd'hui, ont souvent des plus petits salaires. Et donc, ça a un impact tout au long de la vie.

 

On peut s'attendre, d'ailleurs, qu'au niveau de la pandémie, comme les femmes ont réduit beaucoup leur temps de travail et plusieurs ont quitté leur emploi, l'écart entre les conjoints risque d'être encore plus grand dans les prochaines années. Et donc, ça a un impact direct, justement, sur la question du patrimoine, l'accumulation de la richesse. On sait aujourd'hui que les femmes ont 40 % de moins de revenu de retraite que les hommes. C'est énorme. La différence est vraiment extrêmement importante. On sait aussi que les femmes qui ont pas eu d'enfants ont une richesse équivalente à celle des hommes. Et donc, ce dont on parle, là, c'est pas juste des questions individuelles. Il y a un phénomène social derrière ça. Le fait d'avoir des enfants... En fait, ce qui se passe souvent, c'est que les femmes vont réduire leur temps de travail, les hommes l'augmentent avec l'arrivée des enfants et les écarts se creusent entre les deux. Puis, je dirais, il y a aussi une question de socialisation. Les femmes sont socialisées à garder l'harmonie dans un couple. Et souvent, quand arrive un divorce, elles vont négocier à la baisse pour s'assurer qu'il y a une bonne relation qui est maintenue entre le père, par exemple, et les enfants. Puis, de la même façon, au niveau des héritages, les femmes ont moins tendance à contester l'héritage. Elles le font aujourd'hui de plus en plus, surtout quand il s'agit non seulement de défendre leurs intérêts personnels, mais aussi ceux de la fratrie ou de leurs proches.

 

- Oui. Ah, c'est intéressant.

 

- Hélène, ce que j'entends, c'est que probablement, on prend des décisions parfois dans des événements de vie de façon inconsciente, mais il faut être plus conscientes des impacts que cela peut avoir à long terme, hein. Lorsqu'on arrive à des moments où on veut être en mode retraite, etc., puis qu'on a moins d'avoirs que notre conjoint parce qu'on a pris la lourdeur des décisions pour nous.

 

- Bon, fait que si je comprends bien, s'occuper de son patrimoine, c'est non seulement de s'assurer que nos avoirs grandissent à travers le temps, mais c'est aussi savoir comment protéger ses avoirs s'il arrive une maladie grave, le décès d'un conjoint ou une séparation.

 

- Oui, tout à fait. Puis, idéalement, il faudrait s'en occuper avant que ça arrive, là. Malheureusement, la plupart des gens, en fait, n'ont pas envie de penser entre autres à la séparation.

 

- Bien, premièrement, il y a rien de sexy à parler de séparation ou d'argent quand on est en amour.

 

- Non, exactement.

 

- Hein, on n’a pas envie de le faire.

 

- Tout à fait, puis, oui, c'est très juste. D'ailleurs, si on demande aux gens c'est quoi le taux de séparation, la plupart des gens savent qu'un mariage sur deux se termine en divorce. Mais si on demande aux gens : « Vous, personnellement, allez-vous vous séparer? », bien là, c'est 95 % qui pense qui se séparera pas. Alors, on aime pas faire ça, justement... Penser à ça. Et d'ailleurs, c'est intéressant parce que c'est plus facile de faire un testament, il semble, en fait, que c'est beaucoup plus fréquent que les gens vont faire un testament qu'un contrat de vie commune. Un testament, ça peut être vu comme un acte d'amour. Alors, on prend soin de l'autre même au-delà de la mort. Alors qu'un contrat de vie commune, on s'entend, c'est un contrat de séparation. Alors, pour bien des gens, c'est plus simple de le faire.

 

- Mais c'est comme si on plante dans la tête de l'autre une méfiance. Tu sais, il y a quelque chose dans ce geste-là... Alors que c'est pas ça, mais c'est un peu l'impression qu'on donne.

 

- Oui, en amour aussi, en fait, on veut... Il y a cette idée qu'il faut que l'autre et le couple passent avant les intérêts personnels. Puis, de parler d'argent et de parler de défendre ses intérêts si jamais on se séparait, c'est quasiment avoir l'air intéressé. Alors, il faut passer par-dessus ces idées-là, puis vraiment mettre les choses à plat et en parler. Puis, comme je vous dis, c'est pas juste une question de choix personnel, c'est une question aussi de phénomène social. Mais au Québec particulièrement, on a énormément de couples qui sont en union libre. Alors, c'est plus de la moitié maintenant des moins de 50 ans... La plupart des gens, en fait, beaucoup de gens ne se marient pas, tout simplement, durant leur vie. Mais ça a un impact au niveau du patrimoine, ça, au niveau de l'héritage. Alors, vous vivez depuis 20 ans avec votre conjoint, vous êtes en union libre, vous avez des enfants, si vous avez pas de testament, là, au moment du décès de votre conjoint, bien, malheureusement, c'est les enfants, en fait, qui vont hériter puis ça va être les proches du défunt. On va en parler tout à l'heure avec Suzanne.

 

Alors qui sont les personnes qui font leur testament? Généralement, c'est les gens qui ont des enfants. Alors, on sait que c'est à peu près 50 % des gens qui ont des enfants qui vont avoir fait leur testament avant 50 ans. C'est aussi les gens qui sont dans une longue durée de vie commune. Donc, qui ont, justement, c'est ça, vécu quand même un bon moment. Chez les gens qui n'ont pas d'enfants et qui sont seuls, c'est à peu près 20 %. Alors, c'est quand même, bon, c'est très peu. Et en fait, ce qui est important, c'est ça, c'est de réfléchir au testament, de penser le faire, qu'on soit mariés ou en union libre, c'est extrêmement important, et surtout dans des situations qui sont extrêmement, de plus en plus complexes et de de plus en plus fréquentes, c'est les ménages recomposés. Et dans un ménage recomposé, par exemple, s'il y a un des conjoints qui était marié dans la précédente union, c'est extrêmement important que cette union-là soit réglée avant. Parce que s'il arrive un décès, les choses se compliquent énormément puis encore une fois, Suzanne va nous en parler tout à l'heure.

 

- Ah oui. Et comme tu dis, Hélène, c'est tellement une décision difficile à prendre de faire son testament parce qu'on a tendance, surtout avec des situations plus complexes, famille reconstituée, on a tendance à remettre, remettre jusqu'à tant qu'on arrive à un idéal. Mais faire son testament, c'est évolutif, hein. Aujourd'hui, en 2021, ce que je déciderais n'est peut-être pas la même chose que dans cinq ans. Donc, l'important, c'est de prendre des décisions et de rédiger son testament, le faire parce que ça protège nos proches, ça protège les gens qu'on aime et ne pas s'en faire s'il faut le changer. Nous, on recommande de le revoir ou le relire aux trois à cinq ans, mais je vais laisser ma collègue Sophie nous en parler.

 

- Eille, trois à cinq ans. J'ai tellement pas fait ça depuis quelques années, là. Mais c'est sérieux, trois à cinq ans? C'est quand même très court comme laps de temps.

 

- Je sens qu'on est après vivre un de ces moments dont tu nous as mis en garde.

 

- Je suis en train d'hyperventiler, mais tout va bien. Tout va bien. Mais une statistique, en fait, qui m'a aussi très étonnée, c'est qu'il y a beaucoup de femmes, ou la plupart des femmes décident de quitter le planificateur financier qu'ils avaient en couple après la séparation ou le décès du conjoint. Pourquoi?

 

- Oui. Alors, en fait, très souvent, c'est l'homme qui va choisir ou qui va faire les premières démarches pour trouver un conseiller financier. Puis, ce qu'on sait ou ce qu'on voit, c'est que les femmes vont être présentes au moment des premières rencontres, mais assez rapidement, elles délaissent, en fait, elles délèguent à leur conjoint. Et ce qui se passe, en fait, c'est que statistiquement, on s'est aperçu qu'à peu près 70 % des femmes, au moment d'une séparation ou au moment du décès de leur conjoint, découvrent, en fait, ont des très mauvaises surprises. Et c'est ce qui amène 80 % des femmes à quitter leur conseiller financier. La relation de confiance entre le conseiller financier et la conjointe ne s'est pas faite pendant toutes ces années. Puis, c'est pas nécessairement parce que le conseiller financier est pas bon, mais n'ayant pas la conjointe dans le dialogue, bien, il a peut-être pas pris en compte ses intérêts autant, ses besoins particuliers et tout ça dans cette relation. Puis, je vous dirais, ça joue beaucoup. En fait, il faut voir la mécanique à l'intérieur des ménages, là. Souvent, en fait, les femmes vont s'occuper de ce qu'on appelle le money work. Alors, faire le budget, payer les comptes, tout le quotidien qui est associé souvent avec une tâche domestique. Puis, quand il y a les enfants et tout ça, un moment donné, il y en a trop, puis elles vont déléguer à leur conjoint, justement, la prise en charge. Puis, une des raisons pour lesquelles les femmes ont tendance à faire ça, c'est... Ce qui est particulier, c'est que même dans des couples qui disent tout mettre ensemble au quotidien : « On a un revenu familial. ». Tous les revenus sont dans le pot commun et tout ça, ce qu'on voit, là, c'est que pour le long terme, très souvent, les couples vont le faire séparément. Et les femmes ont tendance à dire : « Oui, mais là, il gagne plus. ». Alors, je vous dirais qu'on oublie jamais d'où vient l'argent puis ça, là, c'est vrai, vrai, vrai. On oublie pas d'où vient l'argent. Puis souvent, les femmes ont tendance à penser que leur conjoint a plus de légitimité par rapport à l'argent. Moi, j'ai envie de vous poser une question, puis je vous invite à la poser ce soir à votre conjoint : « Est-ce que, si c'est monsieur qui gagne plus et qu'il a plus de légitimité, est-ce que ça veut dire que les enfants vous appartiennent plus ou pas? ». Parce que la raison pour laquelle les femmes réduisent leur temps de travail, c'est à cause des enfants. Et donc, les enfants sont communs. Mais à ce moment-là, si on fait un pot commun par rapport à l'argent, bien, de la même façon, il faudrait prévoir en couple, justement, toute la question des placements. Puis, comme je le disais tantôt, les femmes paient le prix de cette vie familiale très, très cher.

 

- Ah oui. D'où l'importance, j'imagine, Angela, de vraiment faire partie des décisions quand on décide de choisir un planificateur financier puis pas laisser ça, justement, à cause de la charge mentale.

 

- Tout à fait. Puis c'est là que le conseil prend tout son sens, mais ça se prépare, hein. Il faut se faire connaître. Souvent, moi, ce que j'entends — parce que je travaille avec de nombreux conseillers, conseillères, planificateurs, planificatrices —, c'est que souvent, on invite les femmes à venir aux rencontres, puis elles vont déléguer parce qu'elles ont totalement confiance, et c'est correct, parce qu'elles ont une plus grande charge mentale. Fait qu'à choisir entre la rencontre avec mon conseiller puis mon conjoint ou amener les enfants à leur partie de soccer, des fois, c'est un choix qu'on fait. Et je dis pas que c'est le mauvais choix, là, je veux juste dire qu'il faut parfois prendre le temps de se faire connaître par son équipe de conseillers en placement, de conseillers financiers et de le faire en amont et non pas quand l'événement de vie frappe.

 

- Et peut-être, en fait, à choisir qu'est-ce qu'on délègue, là. C'est peut-être le lavage qu'il faudrait déléguer. C'est peut-être autre chose qu'il faudrait déléguer, mais cette tâche-là est très coûteuse quand on la délègue au conjoint, malheureusement.

 

- Super intéressant et super pertinent, Mesdames. Merci beaucoup parce que ce qu'on est en train de faire aujourd'hui, avec tous les outils qu'on vous donne, c'est dans le fond vous permettre d'être en contrôle, d'avoir le pouvoir, ce qui est hyper important. Alors maintenant, on va passer à l'étape, on va parler du légal.

 

[Musique]

 

Donc, on parle de l'importance de faire la protection de son patrimoine, mais légalement, là, parlons-en. C'est quoi les différences majeures entre les couples qui sont mariés et ceux qui sont ce qu'on appelle « conjoints de fait »?

 

- Les différences sont énormes dans les deux scénarios. Tout d'abord, quand on est mariés, du seul effet du mariage, il y a des effets extrêmement pertinents qui vont se concrétiser non seulement durant le mariage, mais à la rupture. Tout d'abord, on bénéficie de ce qu'on appelle la composition d'un patrimoine familial. Qu'est-ce que c'est, ça, le patrimoine familial? Le patrimoine familial, c'est la résidence principale, les résidences secondaires, les voitures, les meubles qui ornent les résidences, les REER et les différents fonds de pension qui sont définis par la loi pour en faire partie. Et ça, ce que les gens ne comprennent pas parce qu'ils ne le savent pas, c'est que ça compose le patrimoine indépendamment de qui est propriétaire de ce bien-là. OK? Ça, c'est super pertinent. Et à la dissolution du régime, enfin, du mariage, on partage la valeur qui a été accumulée de ces biens-là pour moitié.

 

- 50-50.

 

- Ça visait à créer l'égalité économique. Aussi, si on se marie, du seul effet du mariage, on a un régime... Si on a pas choisi par exemple un régime matrimonial de séparation de biens pour les autres biens qui ne sont pas dans le patrimoine familial, on a un régime matrimonial légal qui est la société d'acquêts. La société d'acquêts, ce sont les autres bien qui sont acquis, « acquis », « acquêts », durant le mariage.

 

- Ah oui.

 

- OK? Et qui vont être partagés pour moitié à la rupture aussi. Un effet extrêmement important, de l'obligation de secours et d'assistance qui vient avec le mariage, on a la possibilité de réclamer des aliments, ça, c'est dans notre langage, mais ça, c'est la pension alimentaire entre ex-époux. Ça, c'est une différence extrêmement importante parce que, qu'on se le dise, les gens mariés peuvent réclamer des aliments, mais les conjoints de fait ne créent aucun patrimoine commun qui va être susceptible d'un partage quelconque. Pour moitié, pour dixième, pour n'importe quoi, ça n'existe pas. OK?

 

- Aïe, aïe, aïe, oui.

 

- On sort, entre guillemets, avec les biens qu'on a à notre nom à la fin de l'union. OK? La pension alimentaire entre ex-conjoints n'existe absolument pas, entre conjoints de fait. Ça n'existe pas, ça. Les gens qui vous disent, et je veux pas prendre les gens pour des ignares, mais les gens qui nous disent : « Oui, mais nous, on est en, ouvrez les guillemets, common law. Ça fait trois ans qu'on est ensemble, donc on est considérés comme mariés. ». Ça n'existe pas au Québec, ça. Oubliez ça, ça n'existe pas. Il y a pas d'accumulation d'un patrimoine commun et il n'y a pas de droit aux aliments au bout de X années.

 

- Mais est-ce que ça existe dans le reste du Canada d'abord? C'est-tu de là qu'on a l'impression que...

 

- Certaines provinces, oui, oui. Tout à fait, tout à fait. Ça existe dans d'autres provinces de façon différente. Certaines provinces, on peut avoir droit aux aliments et pas au partage de biens. Certaines autres provinces, c'est les deux. La Colombie-Britannique est la province la plus libérale sur cette question. Enfin, ce sont les grosses différences.

 

- Et d'où l'importance, Suzanne, ici au Québec, comme on est, je crois, la province qui a le plus haut taux d'unions de fait et que le conjoint de fait n'est jamais reconnu, d'où l'importance, on le répétera jamais assez de, quand ça va bien, de prévoir ensemble, le couple, une convention de vie commune, une convention entre conjoints de fait. Et dans cette convention-là, on peut prévoir à peu près tout ce qu'on veut si c'est pas contraire à l'ordre public. Les exemples les plus fréquents qui se retrouvent dans les conventions de vie commune, on peut penser en cas de rupture, à la garde des enfants, aux aliments. Alors, comme Suzanne vient de l'expliquer, ça existe que pour les gens mariés au Québec. Donc, si on veut avoir cette protection-là ou cet engagement-là l'un envers l'autre, on peut prévoir dans une convention que le conjoint qui sera en mesure de le faire pourra verser un montant pour des aliments au conjoint s'il y a une rupture. On parle aussi, dans cette convention-là, on peut prévoir les obligations de chacun pendant la vie commune, le qui paie quoi. Et dans le qui paie quoi, et Suzanne, tu le répétais juste avant qu'on entre en ondes, si on pense à la résidence familiale, il y en a un qui dit : « Écoute, moi, j'ai la maison, je suis propriétaire de la maison. Fait que je vais payer l'hypothèque. Toi, paie l'épicerie, le téléphone, les dépenses courantes. ». Bien, il faut savoir à ce moment-là que le conjoint qui va payer son hypothèque s'enrichit parce qu'il est le propriétaire de la résidence. Alors que l'autre, ce sont des dépenses courantes qu'on revoit jamais. Et dans cette convention-là, on peut se faire accompagner par exemple par un notaire. On accompagne les clients à réfléchir à ces questions-là.

 

On peut prévoir aussi, puis je peux pas passer à côté, la majorité des familles au Québec, l'actif principal, c'est la maison. C'est la résidence familiale. Alors, on est conjoints de fait, on va le répéter ad nauseam ce matin, il y a pas de droits reconnus. Donc, comment on peut tenter de se protéger ou de prévoir le coup encore de façon commune dans la convention entre conjoints de fait? On peut prévoir par exemple que lors de la séparation, s'il y a une séparation, la résidence familiale qui appartient peut-être à un seul des conjoints de fait, bien, il y a peut-être un droit d'habitation qui pourra être prévu pour le conjoint qui va l'habiter s'il a la garde exclusive.

 

- OK, un instant. Un droit d'habitation. Ça, ça veut dire que techniquement, s'il y a une séparation, on est conjoints de fait, on peut ne pas pouvoir avoir accès à cette maison-là? On peut pas rester dans sa propre maison?

 

- Si on est ensemble, toi, t'es la propriétaire de l'immeuble, moi, j'ai payé les dépenses courantes tout au long de notre vie commune, au moment de la séparation, la résidence t'appartient, je n'ai aucun droit, et tu peux dire : « Bien, c'est dommage, mais il faut que tu partes. ».

 

- Si tu me permets, on peut aller encore plus loin que ça. On parle de conjoints de fait et de résidence familiale. Là, je veux crever la balloune de personne. Ce n'est pas une résidence familiale, c'est une résidence. La résidence familiale est définie dans le Code pour les gens mariés. Alors, si en plus, on est copropriétaires, le droit d'usage d'une résidence suivant une rupture n'est accordé qu'à des gens mariés. Ce n'est pas accordé à des conjoints de fait. Tu ne peux pas dire : « Je veux demander l'usage exclusif de la résidence avec mes X enfants comme conjoint de fait. ». Ça n'existe pas.

 

- D'où l'importance de la convention. Il faut le prévoir parce que ça existe pas.

 

- Est-ce qu'on sait si en ce moment, la plupart des couples ont des conventions ou c'est encore très rare?

 

- Malheureusement, peu de couples en ont.

 

- C'est moins de 5 % des couples en union libre.

 

- OK. Donc, en ce moment, prenez des notes, s'il vous plaît, s'il vous plaît. Donc, on parle de la maison, de ce qui arrive entre conjoints de fait. Y a-t-il d’autres choses qu'on n'a pas dites à propos de la maison?

 

- Il y a peut-être deux choses qui seraient importantes à apporter. En fait, la première, c'est qu'est-ce qu'on prévoit. Puis on l'a mentionné tantôt, on est en amour, on achète une maison, mais voilà qu'un des conjoints fait une mise de fonds supplémentaire à l'autre. On voit ça souvent.

 

- Ça, c'est l'essence de nos procès, les gens étant surtout conjoints de fait présentement. C'est exactement ça. « Mais voyons donc, j'ai mis 80 %, il a mis 20 %. » Mais ils ont signé l'acte chez le notaire, et c'est écrit qu'ils achètent en copropriété et il y a rien de défini. Alors, il y a une présomption d'égalité au niveau des copropriétaires. C'est dans le Code, là. Alors, c'est pas vrai qu'en bout de ligne, vous allez récupérer juste parce que c'est l'amour et qu'on l'a acheté ensemble, là. Dans le Code civil, là, c'est pas écrit « amour vaut tant ». [Rires] Il y a pas de contrepartie, c'est pas écrit.

 

- Alors, tous ceux qui disent : « On va s'en souvenir que t'avais mis 35 000 $ ou 40 000 $ de plus », ce qu'on vous dit, c'est : « Encore une fois, par convention, prévoyez. ». Ça peut être soit le remboursement de cette dette-là, quand, de quelle façon ou encore, ce qu'on voit souvent, c'est qu'on s'entend qu'au moment, et par écrit quand je dis « on s'entend », on s'entend qu'au moment de la revente de cette maison-là. Bien, chacun va récupérer sa part de profit sur la maison proportionnelle à sa mise de fonds et le restant sera divisé en deux. La deuxième chose que je veux pas oublier, c'est qu'une convention entre conjoints de fait, c'est bon en cas de séparation et de vie commune. Mais en cas de décès, ça prend absolument un testament et donc, encore là, un couple qui n'est pas marié ou uni civilement, il y en a un qui décède sans testament, l'autre n'a rien. Et ça, ça aussi, on le répétera jamais assez. C'est la dévolution légale. Donc, si je décède sans testament, c'est la loi qui décide à qui iront mes biens, selon la filiation et les degrés d'affection présumés. Mais le conjoint de fait n'apparaît jamais dans le Code civil. Donc, même si ça fait 10 ans, 20 ans, 30 ans, on a des enfants ensemble, j'aurai rien, les enfants auront tout, si j'ai pas de testament. Alors, on en reparlera un petit peu plus tard, mais le testament en cas de décès, convention entre conjoints de fait pendant la vie commune et en cas de séparation.

 

- Et je veux revenir un peu plus tard au testament aussi, parce que tu sais, il y a probablement des gens qui sont célibataires qui nous écoutent et ça, ça vous concerne tout autant. On a beaucoup parlé de la maison, maintenant, on l'a abordé rapidement, mais je veux voir s'il y a autre chose à dire. Encore une fois, la différence entre un couple marié et ceux qui sont conjoints de fait, après une séparation, si mon ex fait plus d'argent, est-ce que je peux, dans les deux cas, réclamer une certaine pension?

 

- La pension alimentaire entre conjoints, les enfants sont traités partout de la même façon avec une nuance que je pourrais apporter après, mais on ne peut pas, entre conjoints de fait, avoir une pension alimentaire pour soi. Alors que du seul effet du mariage, et c'est une obligation d'ordre public... Vous pouvez pas écrire : « Nous autres, on n'en veut pas plus tard de pension alimentaire. ». Quand on se marie, c'est un effet du mariage. Ça fait partie de l'obligation de secours et d'assistance entre époux qui se perpétue par les aliments et c'est régi par la Loi sur le divorce.

 

- Celle au Québec ou partout ailleurs?

 

- La Loi sur le divorce, c'est pancanadien. C'est une loi fédérale. Alors, on a droit aux aliments en fonction des critères qui sont définis dans la loi. Mais pas conjoints de fait. Zéro.

 

- OK, parlons maintenant des lois qui entourent le partage du patrimoine. Parce qu'il y a différentes lois, hein?

 

- Bien, en fait, c'est le Code civil. Le partage du patrimoine familial, c'est assez simple. On accumule à compter du moment du mariage jusqu'à la date d'évaluation. OK, ça, c'est soit... Normalement, c'est l'introduction des procédures ou la séparation ou le décès, hein, ça arrive. On accumule le patrimoine familial qui sont les biens que j'ai nommés tantôt. Qui est propriétaire, c'est pas grave. Le patrimoine familial, supposons que nous deux, on achète cette table-là ensemble, ça fait partie du patrimoine. Je deviens pas copropriétaire de la table. J'ai un droit à la moitié de la valeur marchande de la table au moment de l'évaluation des biens. Alors, on évalue tous les biens. Ça prend quelquefois des évaluateurs agréés, bon, pour les résidences surtout. Les REER, évidemment, ça, c'est plus facile à déterminer parce qu'on a des états de compte. Et on évalue tous ces biens-là et ça doit être séparé pour moitié. Les biens que j'appellerais avant impôt, les REER, ça, on fonctionne par un partage par roulement qui n'est pas imposé. Donc, un roulement, c'est un phénomène par lequel on transfère des REER d'un conjoint à l'autre. OK? Mais à partir du moment où on évalue, on a la valeur marchande de nos biens, on a le droit de déduire certaines dettes et c'est le produit net, donc la valeur nette du patrimoine familial qui est partagée pour moitié. En gros, ça fonctionne comme ça.

 

- Bien, parlons-en des dettes. Quelles sont les dettes? Parce que tu sais, tantôt, Hélène a dit : « Tu sais, avec le planificateur financier, des fois, les femmes arrivent après une séparation ou un décès et ont des mauvaises surprises. ».

 

- De très mauvaises surprises.

 

- J'imagine que ça, ça rentre là-dedans, donc parlons des dettes.

 

- Tu sais, la résidence familiale, en mariage, elle est vraiment bien protégée, et les règles du patrimoine voient à ça aussi. Vous savez, les seules dettes qui peuvent être déduites, ce sont les dettes qui ont servi à l'acquisition, l'amélioration, l'entretien ou la conservation des biens du patrimoine. Alors, je vais vous donner un petit exemple facile. On a une hypothèque pour l'acquisition de la maison, un prêt hypothécaire évidemment qui est garanti par la maison. Ça, c'est facile à compter. La maison vaut tant, on déduit l'hypothèque, ça va bien. Un conjoint décide de démarrer une nouvelle entreprise, met la maison en garantie et il y a une dette de... Ça, en bout de ligne, ça va être écarté. Ça va être comme si ça n'existait pas. OK? Là, où ça se corse, c'est quand les gens décident d'avoir une espèce de marge de crédit que je qualifie de « tutti frutti ». [Rires] C'est-à-dire : on met un petit peu d'épicerie, on met un peu de voyages, on met un peu de niveau de vie là-dedans. On met un peu de l'entreprise d'un des deux, on met un peu des études des enfants. Là, c'est difficile. Il faut être conscient de ce qu'on fait quand on encourt des dettes semblables, parce qu'en bout de ligne, quand on demande une déduction, que ce soit un héritage, parce que quelquefois, on prend de l'argent qu'on investit dans un bien du patrimoine. Alors, que ce soit un héritage, que ce soit le fait que votre conjoint ou votre conjointe ait utilisé l'argent à autre chose que ce pour quoi c'est prévu, il faut savoir qu'il faut conserver toutes les preuves de tout ça. Il faut être certain d'être capable de le prouver parce qu'en bout de ligne, c'est une question de preuves. Est-ce que j'ai le droit de déduire? C'est de la preuve. Ça dépend de la qualité, de la nature de cette dette-là.

 

- Je suis fille d'avocate et mon père m'a toujours dit : « Il faut toujours que tu t'assures d'avoir tout par écrit. ». Et là, je vous écoute parler et je me dis que c'est encore plus important qu'on fasse ça avant une union, avant un mariage et qu'on suive les dossiers pendant aussi alors que, hein, les choses changent.

 

- Oui. D'ailleurs, ce qu'on conseille beaucoup, c'est de faire un inventaire de ses biens et de ses dettes avant l'union. Que ce soit le mariage, l'union civile ou même une union de fait, là. Ce qu'on suggère, c'est que... Parce que ça va prendre des pièces justificatives, parce que ça prend des preuves, bien, établissons ensemble déjà ce qui est à moi : biens, dettes; ce qui est à toi : biens, dettes. On signe ça tous les deux et au moins, après ça, ça va être plus facile de faire le suivi. Mais Suzanne le mentionnait, puis je pense qu'Hélène disait : « On n'oublie jamais d'où vient l'argent. ».

 

- Oh non.

 

- Et c'est tellement vrai. Donc, suivez la trace des remplois. Tu parlais de...

 

- L'autoroute de l'argent, là. Et aujourd'hui, savez-vous pourquoi c'est d'une importance capitale? À cause des familles recomposées. On a des situations où on est en deuxième mariage. Il paraît qu'il y en a des troisièmes aussi dont le mien. [Rires] Quatrième, etc.

 

- Félicitations!

 

- Bien oui, toi. Pas pour moi, mais enfin. Il y a ces situations-là où on doit savoir en début de relation qui a quoi et ça vaut combien. Puis ceci dit gentiment, c'est pas parce qu'on a un bien d'écrit dans une liste, et Sophie va approuver ça, je suis convaincue, qu'on a la valeur. Il faut mettre les valeurs.

 

- Oui, il faut mettre les valeurs.

 

- Il faut mettre les valeurs. Ça vaut combien au moment du mariage ou du début de l'union? Parce qu'en bout de ligne, si tu sépares la moitié de quelque chose et tu l'as pas écrit ce que c'est, la valeur au début, bien, c'est moins facile à gérer.

 

- Eille, quel excellent conseil!

 

- Combien!

 

- Combien!

 

- Oui.

 

- Et j'ai comme l'impression, peut-être que ce serait une question pour Hélène, en écoutant ça, j'ai comme l'impression, et peut-être que c'est un stéréotype, mais que les femmes, on a peur d'y aller, on a peur de faire ce genre de... Bien, pas manœuvre, mais de se protéger de cette façon-là. On a peur de la réaction de l'autre.

 

- Oui, bien, en fait, comme je le disais tantôt, dans le rapport amoureux, il y a cette idée que l'autre et le couple doivent passer avant les intérêts personnels. Tu sais, il y a quelques décennies ou quelques générations, je dirais, quand un couple se formait, un bon parti pour une femme, c'était quelqu'un qui pouvait prendre soin d'elle économiquement. Aujourd'hui, ça, ça ne compte plus du tout.

 

- Bien, on peut pas être encore là en 2021.

 

- Puis on se considère aussi égalitaires complètement, et dans les faits, quand on regarde les chiffres, là, je suis fascinée de voir, quand on rencontre des couples, c'est comme si les conjoints et les conjointes mettent plus d'énergie à dire qu'ils sont égalitaires ou à construire une histoire qu'ils sont égalitaires qu'à le faire concrètement.

 

- OK. Bien là, c'est ça. On passe des dires aux actions, et j'espère qu'aujourd'hui, tout ça est en train de se former dans votre tête parce que je pense que plus on a ce pouvoir-là, bien, un, mieux on est protégée, mais il y a rien de mal à avoir ce pouvoir-là entre les mains parce que, en bout de ligne, tout le monde va être gagnant. Moi, je crois beaucoup, beaucoup à ça.

 

- Parce que, tu sais, Hélène disait : « C'est pas sexy parler de ça au début d'une union. ». Mais imaginez : si c'est pas important et c'est pas sexy au début de l'union, quand arrive la rupture, d'essayer de faire changer les choses rétroactivement, écoutez, pensez-y, ça a pas de sens parce que les gens sont en harmonie au début normalement, ils sont en amour, etc. Et c'est à ce moment-là qu'on peut parler des effets des choix de vie sur les finances.

 

- Oui, puis j'ajouterais, moi, que c'est le genre de décision dans la mesure du possible où il faut... en fait, le genre de discussion qu'il faut avoir avant l'arrivée des enfants. Une fois que les enfants sont arrivés, on est piégés d'une certaine façon, parce qu'on se dit : « Bien, je vais pas quitter mon conjoint, on a des enfants ensemble. ». Et les gens mettent quand même beaucoup d'efforts à rester ensemble. Mais donc, avant l'arrivée des enfants, je pense que c'est vraiment le bon moment dans la mesure du possible.

 

- On a beaucoup parlé de protéger son patrimoine en cas du décès d'un conjoint ou d'une séparation ou d'une maladie grave. J'aimerais qu'on parle de ce qui arrive quand c'est notre propre mort, hyper important. Que vous soyez donc célibataire ou en couple, je pense que c'est majeur. Donc, qu'est-ce qui arrive si on n'a pas de testament avec nos avoirs?

 

- Et là, les conseils sont bons qu'on soit homme, femme, célibataire, en couple, marié, uni civilement, conjoint de fait. C'est bon pour tout le monde. Alors, ce qui arrive si quelqu'un décède sans testament, donc c'est la loi qui va décider à qui va aller ses biens. On le rappelle, on l'a mentionné, mais on le rappelle, le conjoint de fait n'est jamais reconnu dans la loi à ce sujet-là. Alors, si on est conjoints de fait et qu'on a des enfants, tout ira aux enfants. Si on est conjoints de fait, toujours si on décède sans testament et qu'on n'a pas d'enfants, ça ira à ce moment-là à la famille de mon ou ma conjointe. Alors, ça, on revient tantôt puis je continuerai, mais si on revient tantôt à l'exemple de la maison, bien, tu sais, je suis copropriétaire avec toi, on a des enfants ensemble et tu décèdes sans testament, bien moi, je deviens copropriétaire avec nos enfants. Si t'as pas d'enfants, si on n'a pas d'enfants ensemble, bien, je peux devenir copropriétaire, là, je dirais encore pire, avec la belle-famille.

 

- Oh, bonne chance avec ça! [Rires]

 

- On parlait de famille recomposée. La loi reconnaît que la filiation, ses enfants à soi. Donc, on peut être en conjoint de fait avec quelqu'un qui a ses enfants. Je décède sans testament. Ses enfants à lui ou à elle ne seront jamais reconnus. Donc, de là aussi l'importance de faire son testament, puis même pour les personnes mariées, parce que si on est mariés ou unis civilement, on décède sans enfants, ou avec enfants, mais, disons, on décède sans enfants, deux tiers iront au conjoint marié, et le tiers ira aux père, mère, frères, soeurs. Et même si on est mariés et on a des enfants, le conjoint n'hérite pas de tout. Le conjoint aura un tiers, les enfants deux tiers. Puis là, je parle toujours ici de conjoints mariés. Alors, si on ne veut pas laisser le choix au législateur pour nous de voir à qui iront nos biens, c'est très important de faire son testament. Puis on pourra en reparler un petit peu plus tard, mais il y a pas juste des legs dans le testament. Il y a d'autres choses.

 

- Oui, c'est ça. On va y revenir.

 

- Donc, encore là, parlons-en aussi quand ça va bien. Parlons-en ouvertement. Et un autre conseil aussi, soyons accompagnés pour le faire. Donc, d'un notaire ou d'un avocat, mais d'un professionnel qui va nous accompagner dans ce cheminement-là, dans les méandres juridiques, fiscaux et financiers.

 

- Puis ce qui est super important de comprendre, vous savez, les gens comprennent que la médiation, c'est un mécanisme incroyable pour régler par exemple un divorce. J'ai vu des dossiers où les gens ont été mariés pendant plusieurs années et décident d'aller en médiation s'entendre sur quelque chose. Ils signent rien, mais ils se sont entendus, tout est correct.

 

- Verbalement.

 

- Oui. Ils ont procédé au partage de la maison. Tout le monde s'entend. Les enfants, il y a une pension alimentaire, tout va bien, tout ça. Là, deuxième union qui est conjoints de fait, mais ils ont pas besoin de faire de divorce, les premiers, parce que, tu sais, ils s'entendent. C'est correct. Alors, là, ils ont un nouveau conjoint ou une nouvelle conjointe de fait. Ils sont ensemble pendant quelques années, et arrive, comme j'ai vu dans une situation, dans un dossier qu'on a dû traiter, un décès subit, un accident, sans testament. Alors, le divorce n'est pas réglé. Le conjoint de fait, qui avait en copropriété une résidence, se retrouve exactement dans la situation qu'a décrite Sophie. C'est la première épouse qui hérite avec les enfants, et elle n'existe pas, la conjointe de fait, là-dedans. Elle n'existe tout simplement pas. Alors, il faut y penser pour vrai. Il faut consulter pour ça. C'est pas en lisant le Code par soi-même qu'on va être capable de régler cette situation-là.

 

- Mais de façon générale, qu'est-ce qui est important de mettre, qu'est-ce qu'on doit considérer à mettre dans un testament, parce que c'est pas juste ce qu'on a envie de léguer.

 

- Non, exactement. Et aussi parce qu'il y a encore très peu de monde, très peu de gens qui ont des testaments. Nous, on a l'impression qu'on se répète, mais je pense qu'on se répétera jamais assez dans ce message d'importance du testament. Et, je dirais, le premier enjeu, c'est d'accepter d'envisager son décès. C'est encore très tabou. C'est difficile. On a la pensée magique. On est encore jeune. On est en santé. Toutes les raisons sont bonnes pour repousser. Maintenant, il faut comprendre que trouver le bon notaire dans ce cas-ci, le notaire, on accompagne le client dans cette réflexion qui est profondément humaine avant tout. Oui, il y a un cadre juridique, légal, fiscal, mais c'est profondément humain, parce qu'on regarde sa propre dynamique familiale, ses proches et quels sont les besoins de ces gens-là. Donc, je dirais, la première roche ou le premier enjeu, c'est de trouver confiance en un conseiller, en un notaire qui va nous accompagner dans cette réflexion-là. Non seulement dans la réflexion, mais on a dit tantôt, depuis le début, on en jase, on en discute, mais il faut passer à l'action. Ça prend des écrits. Donc, le notaire va faire une rédaction claire. Parce que si vous avez un testament écrit.

 

- Comme dans les films, écrit à la main. Une heure avant son décès.

 

- Oui. Et qu'il y a matière à interprétation, parce qu'au moment du décès, il va y avoir des enjeux financiers et des émotions. Et ça fait souvent cocktail explosif dans les meilleures familles, là. Et si le testament est pas clair, bien là, on peut commencer à se chicaner pour savoir : « C'est ça qu'il a voulu dire? Non, c'est ça qu'il a voulu dire. ». Pour l'avoir vécu avec des clients des centaines de fois, il faut pas laisser d'interprétations possibles pour les héritiers et les légataires suite au décès, parce que ça facilite le deuil de pas se faire des scénarios pour rien. Alors, notre rôle, c'est effectivement d'accompagner ces gens-là dans ce processus très personnel, et à la fois, c'est sûr, financier, légal et fiscal, parce qu'on veut tenter de payer le moins d'impôt possible ou d'en reporter le paiement. Alors, on est là aussi pour prévoir tout ça.

 

- Puis, j'avoue, pour l'avoir vécu avec un notaire, c'est que je trouve qu'il y a des questions auxquelles on n'avait même pas pensé, mon conjoint et moi, et là, on est devant le notaire, puis on parle de ça, puis je fais : « Heureusement. Heureusement qu'on est allés voir quelqu'un. ». Et le sentiment du devoir accompli après est énorme.

 

- Ça, c'est la récompense.

 

- Il y a vraiment quelque chose qui se passe une fois qu'on a quitté.

 

- La paix d'esprit.

 

- Oui, c'est ça. C'est qu'on se dit on a fait ce qu'on avait à faire.

 

- Ouais. L'autre chose qu'on voit souvent, souvent, le couple, les parents ont un immense souci d'équité envers les enfants. Je prends cet exemple-là. Et l'équité fait référence à des notions ou des valeurs qui sont très personnelles. Ce qui est équitable pour moi peut être très différent de ce qui est équitable pour Suzanne. Donc, équité ne veut pas toujours dire égalité dans les legs. Et ça, c'est important. Je vous donne l'exemple qu'on a vécu récemment. Les clients veulent faire leur testament. Ils ont deux enfants. Un qui est super bien nanti. Ça va bien dans la vie. Il a accumulé un patrimoine important. Et l'autre qui a plus de difficultés, il a un métier qui est beaucoup moins payant. Alors, la question qui se posait, c'est est-ce que, pour maintenir une harmonie à tout prix, on garde l'égalité des legs, 50-50, ou si on a un souci de sécurité financière pour l'autre, on en lègue plus à celui qui en a le plus besoin. Bien malin qui peut juger de ça. Alors, c'est vraiment des décisions qui sont personnelles, qui font référence à nos valeurs personnelles. On pense à un enfant qui peut être impliqué dans une entreprise familiale, les autres le sont pas. Il y a des façons de ramener l'équité et de faire des legs.

 

- C'est ce qu'on appelle du custom made. Euh, je vois que le temps file, puis je veux qu'on y aille avec des questions du public, mais je veux absolument qu'on adresse l'idée du mandat en cas d'inaptitude. C'est quoi...

 

- Maintenant, il s'appelle le mandat de protection, mais c'est la même chose.

 

- Parce que ça aussi, c'est important, qu'on soit célibataire, marié, conjoint de fait, peu importe.

 

- Peu importe. Et ça, des fois, c'est le grand oublié, parce que la mort, c'est certain. L'inaptitude, une chance, c'est éventuel, donc personne a le goût de penser qu'il va être malade ou va avoir un accident. Mais le mandat de protection, donc le mandat en cas d'inaptitude, permet à la personne de choisir lui-même qui va s'occuper de moi, de ma personne, et qui va s'occuper de la gestion de mes biens. Ça peut être les mêmes personnes. Ça peut être des personnes différentes. Il faut aussi penser à des remplaçants de ces gens-là. Faites attention aussi à leur en parler avant. Parce que souvent, tu sais, on nomme soit un liquidateur dans notre testament ou un mandat dans notre mandat, mais on leur en a pas parlé.

 

- Ouais, c'est ça.

 

- Puis on leur a pas dit où étaient nos mots de passe. On leur a pas dit où était notre bilan. Donc, pensez, parce que personne n'est obligé d'accepter. Pensez à leur en parler, et dans le mandat, de mettre le plus d'informations possibles. Est-ce que je veux aller en hébergement? Est-ce que je veux rester chez nous le plus longtemps possible? Est-ce que je veux que la famille continue d'utiliser le chalet familial? Bref, je pourrais continuer longtemps, mais je pense qu'on est...

 

- Moi, ce que j'ai trouvé super intéressant que Sophie nous a apporté comme point de discussion quand on préparait tout ça, c'est que les choses changent. Tu sais, quand on dit que nous, on devrait se parler avant de se marier, comment on va régler les choses, comme conjoints de fait aussi. Elle nous disait que maintenant, les gens commencent à discuter de leur succession, de l'héritage, de ce qu'ils vont laisser d'avance. Moi, évidemment, avec notre formation d'avocat litige, on dit : « Oh mon Dieu! Y a-t-il des dangers de captation? ». Moi, j'ai dit : « Est-ce qu'il y a des dangers de captation? Voyons donc! ». Mais plus j'y réfléchis, plus c'est comme le reste. On devrait commencer à discuter de ces choses-là aussi pour établir une certaine possibilité de paix sociale.

 

- Il faut pas que ce qu'il y a dans le testament idéalement soit une surprise pour les gens qui restent.

 

- Non. C'est ça. Idéalement. Je sais qu'on a beaucoup, beaucoup d'informations qu'on vous donne depuis le début de cette conférence-là, mais sachez que vous pouvez toujours aller la réécouter à partir de demain sur le même lien. Alors, hésitez pas. Et on a aussi la première conférence qu'on avait faite il y a quelques mois sur comment bien préparer sa retraite, alors hésitez pas à aller faire un tour. Je pense qu'on pourrait maintenant passer aux questions du public.

 

[Musique]

 

Alors, la première question, je pense qu'elle est pour Sophie. « Est-ce que la succession du conjoint de fait fait obligatoirement partie de mon patrimoine? » Donc : « Est-ce que la succession du conjoint de fait... »

 

- Non, du conjoint.

 

- Du conjoint. Voyons! Conjoint. « Est-ce que la succession du conjoint fait obligatoirement partie de mon patrimoine? » OK, là, je l'ai lue comme il faut. Bravo, Racicot!

 

- Conjoint de fait, on l'a dit tantôt, le conjoint de fait qui décède sans testament. On oublie ça. On n'aura rien. Ça fera jamais partie de mon patrimoine. Conjoint de fait qui aura fait son testament, si je suis nommée héritière, ça pourrait faire partie de... Sa succession pourra faire partie de mon patrimoine. Maintenant, pour les conjoints mariés, bien, là, faut voir. Il y a dissolution du régime matrimonial, donc il y a partage du patrimoine familial, partage du régime matrimonial, et ensuite les volontés testamentaires. Donc, avant que la succession de mon conjoint fasse partie de mon patrimoine, il y a plusieurs choses à vérifier.

 

- OK.

 

- C'est pas automatique.

 

- C'est pas automatique. C'est bon à savoir. Tiens, une question pour Hélène. « Est-ce qu'on observe la même différence de revenus entre les hommes et les femmes pour les jeunes professionnels qui rentrent actuellement sur le marché du travail? » Bonne question.

 

- Alors, encore une fois, quand on tombe sur le... Quand on regarde le taux horaire, les jeunes hommes et les jeunes femmes gagnent à peu près le même salaire. On disait tout à l'heure, le 90. Les femmes gagnent 90 % des revenus des hommes. Une des choses, je pense, qui est extrêmement importante à rappeler, par exemple. Ça, c'est une moyenne nationale, alors qu'il y a des différences importantes d'une région à l'autre, selon le type d'économie, selon le type d'emplois qui sont plus traditionnellement masculins ou féminins. Mais là où le bât blesse, puis c'est ça que les gens ne voient pas, c'est qu'à partir du moment où il y a des enfants dans le ménage, où justement la conjointe tombe enceinte ou on adopte ou peu importe, c'est là que se creusent les écarts de revenus entre les conjoints. Et je pense, vraiment là, c'est ce qui fait la grosse différence actuellement. Et je pourrais revenir sur une petite chose qu'on a dite à la fin. C'est difficile de parler de ces questions-là, que ce soit les questions financières, que ce soit justement le fait de faire un testament ou un contrat de vie commune, mais quand on va voir un notaire ou quand on va voir un conseilleur financier, cette personne-là a le rôle d'un tiers, puis il va nous amener à poser des questions, puis c'est beaucoup plus facile que de le faire entre soi.

 

- Oui, c'est vrai.

 

- Donc, ça peut être une bonne chose de dire : « Hé, on va aller voir un notaire pour régler telle chose. ». Puis ça va amener la discussion entre les conjoints. Donc, voilà. Mais oui, il y a encore des écarts de revenus entre les hommes et les femmes, surtout quand il y a des enfants.

 

- Et étrangement, on parle des jeunes qui entrent sur le marché du travail. Angela me disait que même pour les milléniaux, les femmes ont tendance encore à déléguer...

 

- Davantage.

 

- ... Les trucs sur les finances. C'est incroyable. Mais on va y arriver. On va y arriver, Mesdames. OK. « Qu'est-ce qui se passe avec les FERR et les REER lors d'une succession? Est-ce qu'ils iront automatiquement à ma fille ou seront-ils divisés entre mes frères et soeurs? » La question va à Sophie.

 

- Bien, encore là, c'est des régimes de retraite. Ce qu'il est bon de faire, c'est de le prévoir dans le testament. Suzanne le mentionnait tantôt. Il y a des possibilités de roulement en faveur du conjoint. Donc, pour le REER, si je le lègue à mon conjoint, j'aurais pas à payer l'impôt tout de suite, mais le REER va pouvoir se transférer dans le testament de mon conjoint. Donc, encore là, on vous dit : regardez quelle est votre situation familiale, qui sont vos proches, pour prévoir, oui, le FERR, le REER, mais tous les autres biens aussi. Et rappelez-vous que, surtout pour FERR et REER, il y a des options fiscales qui peuvent vous permettre de reporter l'impôt.

 

- Merci. OK, j'y vais avec une question pour Suzanne. Alors : « Mon conjoint est égalitaire et m'a dit, dès le début de notre couple, que c'est important un contrat de vie commune. Seulement voilà, ça fait cinq ans et on n'a toujours rien signé, parce qu'il a peur de la pension alimentaire pour ex-conjoint. Je fais évidemment moins de revenus que lui, alors comment convaincre un homme éduqué que je mérite d'être protégée financièrement quelques années, vu que je me suis occupée des enfants? ». J'adore cette question.

 

- Là, on est rendus après les enfants. C'est ça?

 

- Oui.

 

- Comment faire? Hé, crime!

 

- Ce n'est plus juridique, là.

 

- Ce n'est plus juridique. Ça, écoutez. Souvent, les présentations, honnêtement, je pense que... Ça, c'est intéressant. Parce qu'on devrait prévoir dès le début une espèce de présentation financière annuelle, d'un budget, d'un bilan. Tu sais, de se montrer ça, on devrait pas être gêné de ça. Mais là, si ça n'a pas été fait puis on est rendus au bout, bien, on peut voir quelqu'un justement spécialisé en finance qui va montrer les effets des choix qu'on a faits. On peut les montrer, ces effets-là, rétroactivement. Dire : « Regarde, pendant que toi, tu as accumulé tant dans ton fonds de pension parce que tu travaillais, évidemment, tu pouvais travailler plus parce que j'étais à la maison avec les enfants et je pouvais m'occuper de toute la charge mentale, etc. Toi, ton patrimoine a augmenté de tant. Le mien, mon fonds de pension, je n'y ai pas contribué telle année, telle année, telle année. J'ai pas pu faire de placements. J'ai pas pu faire d'épargne. J'ai pas pu faire ci. Ça me coûte tant en bout de ligne. ». Puis ça, ça se calcule, hein. Nous autres, on le fait en mariage, mais c'est pas pertinent de dire ça. On le fait avec des actuaires. Vous pouvez vous asseoir avec un actuaire, avec un conseiller financier, faire ces chiffres-là, puis dire : « Regarde en bout de ligne combien ça me coûte. ». La seule chose que je dois ajouter, qui est un « caveat » très important, c'est qu'il y a rien pour convaincre de façon plus coercitive, devrais-je dire. Parce qu'il est obligé de rien signer, vous en avez pas discuté avant. Mais ça peut être très convaincant.

 

- Ouais, mais si on le met devant le fait accompli, c'est-à-dire j'ai appelé, j'ai pris rendez-vous avec, là, je sais pas si c'est un planificateur financier, notaire, avocat, mais : « J'ai pris un rendez-vous, chéri. Un contrat, ça fait cinq ans qu'on s'en parle. On va aller s'asseoir. ».

 

- Oui, mais on peut aussi dire : « Écoute, on va le démontrer pour vrai, là. Ça t'intéresse qu'on le regarde ensemble? Moi, ça me valoriserait. Ça me ferait plaisir. ». Ça se peut, ça.

 

- OK. J'aime ça. J'aime ça. J'ai le temps pour une autre question. « Sophie, comment faire des changements sur un testament notarié sans passer par un ou une notaire? Je veux que mon testament soit tout de même valable. Est-ce que c'est vraiment avantageux de refaire un testament chez un ou une notaire? » Je pose la question à une notaire.

 

- Oui, oui, c'est beaucoup plus avantageux, puis, en fait, c'est parce que vous allez perdre tous les avantages du testament notarié. Donc, le testament notarié par exemple, au moment du décès, on n'a pas besoin de le faire homologuer. Là, vous allez avoir écrit un petit changement, et ça, il va falloir aller le faire homologuer. Tout à coup, ce petit changement-là, il vient un peu bousiller ou mélanger les legs que vous avez déjà faits. Vous pensiez pas, mais... Alors, oui, ça vaut vraiment la peine de retourner voir son notaire pour que le dernier papier, ça représente quand même nos dernières volontés, soit bien clair et bien à jour.

 

- OK. Dernière question. Une question pour Angela. « Est-ce qu'il y a pas un conflit d'intérêts si les ex ont le même conseiller? »

 

- Écoutez, je pense que c'est vraiment personnel rendu à ce point-là. Comme disait Hélène, 80 % décident de changer de conseiller, mais je connais aussi des clients qui restent avec le même conseiller, qui sont divorcés, parce qu'ils ont réussi justement à bâtir cette relation-là en amont. Tout d'un coup, ils se sont pas fait connaître au moment de la rupture, mais tout en amont de la relation. Donc, ça dépend. C'est vraiment personnel comme choix.

 

- Puis j'ajouterais, moi, en fait, on perd rien. Si vous êtes pas convaincu que le conseiller financier que vous avez jusqu'à maintenant prend en compte vos intérêts, rien ne vous empêche d'aller consulter séparément, puis d'essayer de voir est-ce que ça serait pas mieux qu'on le fasse séparément. Ça se peut aussi.

 

- Il faut se dire qu'un conseiller peut vous offrir le meilleur conseil par rapport à ses connaissances et ses compétences, que ça soit un ou l'autre. C'est ça qui est important.

 

- Et comme disait Me Pringle, ça dépend aussi s'il y a litige, tout ça. Donc, il faut tenir compte de bien de choses. Hé, moi, j'aurais envie qu'on y aille avec les derniers conseils.

 

[Musique]

 

Je vous laisse les derniers conseils, Angela.

 

- Écoutez, on a parlé de beaucoup de choses aujourd'hui. Beaucoup, beaucoup de choses. Les questions étaient bonnes. La dynamique et l'énergie étaient bonnes. Je sens que ç'a suscité beaucoup de questionnements. Et moi, ce que je souhaiterais, c'est que ce questionnement-là continue en vous. Ce qui est important, ce qu'on veut, c'est pas que vous deveniez des expertes aujourd'hui. C'est plutôt de vous encourager à participer dans ces décisions-là plus tôt que plus tard. On dit toujours « les écrits restent, les paroles s'envolent ». C'est important de créer cette relation-là de proximité avec les personnes expertes dans vos vies, qu'ils soient conseillers, planificateurs, peu importe, conseillères.

 

On a entendu parler beaucoup du testament, du mandat. On a entendu parler de reconnaître où on se situe dans les régimes matrimoniaux. Et on a parlé aussi, Hélène nous a partagé les raisons ou les impacts sociologiques qui font que, parfois, on pense différemment en tant que femme dans ces situations-là. Mais la chose la plus importante, c'est poser des questions, soyez curieuses, puis passez à l'action, comme dit ma collègue Sophie. Protégez son patrimoine. On travaille très, très fort tout au long d'une vie pour accumuler des actifs, et on ne peut pas prévoir ce qui va arriver. Je pense que tout le monde est toujours bien intentionné, mais quand ça arrive, assurons-nous d'avoir mis en place les bonnes choses pour se protéger.

 

- Merci, Angela. J'en profite aussi pour remercier Hélène, Sophie et Suzanne. Vous avez été de précieux conseils. Merci à toutes les quatre. Eh bien, merci à vous d'avoir été là, et je vous rappelle que vous pouvez retrouver toute l'information sur bnc.ca/femmes. Et si vous avez envie de revoir cette conférence, vous pourrez le faire à partir de demain sur le même lien qu'aujourd'hui. Merci d'avoir été là, tout le monde. Bye!

 

[Musique]

 

Transcription vidéo 3

[Musique]

 

- Bonjour, tout le monde. Bienvenue à cette troisième édition d'Oser s'investir. Eille, très contente de vous savoir nombreuses et nombreux avec nous aujourd'hui. On est rendus à plus de 4000 inscriptions et c'est tant mieux parce qu'on va aborder des sujets hyper pertinents. Alors, pour ceux qui me connaissent pas, mon nom, c'est Isabelle Racicot. Très contente de passer la prochaine heure avec vous. Et donc, on va parler, entre autres, de l'équité financière dans le couple. Alors, ça va peut-être vous forcer à avoir des conversations avec votre conjoint ou votre conjointe ce soir. On va faire ça avec Nathalie Bachand. Bonjour, Nathalie. 

 

- Bonjour, Isabelle. 

 

- On va aussi parler d'impôt et je m'attends à ce que Nathalie Hotte nous donne des trucs pour payer moins d'impôt. Bonjour. 

 

- Bonjour. Bonjour, Isabelle. 

 

- Et Angela D'Angelo va nous parler de comment prévoir et gérer les imprévus avec son histoire très personnelle et très touchante. Bonjour, Angela. 

 

- Bonjour, Isabelle. 

 

- On a envie que ce soit interactif aujourd'hui. Donc, on a des questions de sondage qu'on va vous soumettre tout au long de la prochaine heure. Alors, si vous êtes en mode plein écran, ça va vous demander de réduire votre mode plein écran parce que vous allez devoir aller sur l'onglet des sondages. Puis, on a aussi une période de questions. Donc, si tout au long de l'émission, vous avez des questions pour nos expertes ici, bien, allez les inscrire dans le chat puis à la fin, on a gardé un bon moment pour répondre à vos questions. Ça va nous faire amplement plaisir. Alors, j'ai envie déjà de tester votre capacité à répondre à nos questions de sondage en vous posant cette première question-là. Alors, pensez-vous que vous devriez en faire plus pour mieux comprendre et gérer vos finances personnelles? Alors, allez répondre "oui" ou "non". J'ai bien hâte de savoir ce que vous allez nous répondre. Entretemps, j'ai envie de vous entendre, mesdames, sur l'importance d'aborder des sujets sur les finances personnelles au féminin. Puis, je vais commencer avec Angela parce que je le sais que c'est ton cheval de bataille. Ça fait quelques années qu'on fait ça ensemble. 

 

- Tout à fait. Tu me connais bien, Isabelle. Écoute, c'est important. Pourquoi? Parce que les femmes ont un pouvoir économique grandissant, en croissance. Je vais te donner juste une image pour nous aider à mieux comprendre ça. 

 

- Oui. 

 

- Les femmes vont hériter de leurs parents, elles ont une espérance de vie plus élevée que les hommes, que leur conjoint souvent, et puis en plus, elles contribuent à leur propre patrimoine. Fait que pour ces raisons-là, tôt ou tard, il va falloir prendre tout ça en charge puis le comprendre. Et c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui. Mais en plus de comprendre ça, il faut être capable de préserver son pouvoir économique. 

 

- Tellement important. Tellement. Nathalie, pourquoi c'est important pour vous? 

 

- Bien, moi... On peut pas passer sous silence l'iniquité. Les iniquités... Quand on parle d'iniquité, souvent, on va penser à iniquité salariale. Mais il y a une autre iniquité qu'on oublie quelquefois qui affecte beaucoup les femmes, c'est les événements de vie. Pensons juste à une grossesse, à un congé de maternité. Ça, ça peut avoir des impacts dans plusieurs facettes. L'épargne, nos revenus. Donc, c'est important d'outiller les femmes, de les accompagner pour résorber cette iniquité-là. On peut pas le faire du jour au lendemain, mais avec une bonne planification, on peut certainement rééquilibrer cette iniquité-là. 

 

- Tellement important. Nathalie Bachand, quelque chose à ajouter? 

 

- En fait, ce sont tous de très bons points. Mais je dirais aux gens, aux femmes en particulier, qu'un éléphant, ça se mange une bouchée à la fois. 

 

- J'aime cette image. 

 

- Donc, il faut juste s'engager, commencer, petit pas par petit pas. Prendre rendez-vous avec quelqu'un, prendre une décision puis un moment donné, bien, on va finir par savoir où est-ce qu'on s'en va. Les femmes, il faut qu'elles soient parfaites en partant. 

 

- C'est ça qu'il faut enlever de sa tête. Puis, c'est vrai, ça peut avoir l'air d'une énorme montagne quand on regarde ça, mais quand on y va petit pas par petit pas, ça devient tellement plus simple. Puis, je vous le dis, là, parce que, tu sais, je me suis préparée pour aujourd'hui, moi-même, ça m'a forcée à me poser des questions, à me remettre en question sur certains points. Fait que je suis certaine que la rencontre d'aujourd'hui va vous outiller puis va vous forcer vous aussi à vous poser des questions. Et d'ailleurs, je suis contente de voir déjà des réponses à la première question qu'on a posée. Merci d'embarquer si rapidement. Alors, 93% disent que oui, elles veulent mieux comprendre et apprendre à mieux gérer leurs finances personnelles. Fait que l'heure va pas être passée pour rien, les amies, c'est une bonne nouvelle. On est tous ici ensemble. Bon. Je vais commencer avec le sujet qui est assez chaud. Il y a même un comptable très connu que je nommerai pas qui en a fait un livre récemment. On va parler de l'équité financière dans le couple. Mon Dieu que ça peut causer des chicanes de couple. J'en sais quelque chose. Nathalie... Nathalie, j'imagine que dans votre pratique, il y a souvent les couples qui se questionnent sur, justement, la répartition équitable des dépenses. 

 

- Oui, de plus en plus, j'ai des consultations pour des jeunes couples qui veulent savoir comment on démarre ça dans la vie. Des fois, c'est parce que ça a mal démarré aussi. Il y a aussi des parents qui se demandent parce qu'ils veulent donner à leurs enfants des sommes, mais ils veulent s'assurer que ça va être bien géré dans le couple. 

 

- Oui. 

 

- Donc, ça touche pas mal tout le monde. Puis, ce qu'il faut bien comprendre, c'est: l'égalité et l'équité, c'est deux choses. On est pas toujours obligés de répartir 50-50. On peut être équitable, mais il y a des façons d'arriver à une certaine équité puis c'est pas nécessairement 50-50. Dans le fond, tu sais, on peut prendre une situation d'un jeune couple par exemple où un des deux membres du couple a beaucoup plus de revenus que l'autre. Et comment on va répartir les dépenses entre les deux? Donc, si on fait 50-50, qu'est-ce qui va arriver? Bien, c'est qu'évidemment, la personne qui a moins de revenus va se retrouver à faire pas ou très peu d'épargne. 

 

- Bien oui. 

 

- Donc, quand on va arriver à un objectif ultime d'achat de maison ou même de retraite éventuellement, on aura pas la même disponibilité pour acheter ou pour rencontrer ce projet-là. Donc, il faut revoir ce processus-là et essayer de trouver une façon pour peut-être trouver un terrain d'entente, finalement, entre les deux. 

 

- Fait que ça devrait être quoi, l'objectif? Puis, je veux juste préciser parce qu'on parle de couple, mais tu sais, s'il y a des célibataires à l'écoute, c'est hyper important pour vous aussi parce que ça, c'est toutes des questions, je pense, qu'il faut qu'on se pose avant d'arriver en couple. Puis, peut-être que vous avez des amis en couple puis vous allez être probablement la personne qui va être une personne-ressource suite à ce qu'on va se dire. Donc, qu'est-ce qu'on devrait viser comme couple? Tu sais, ça devrait être quoi, l'objectif sur lequel on va baser notre stratégie? 

 

- Bien, ça peut pas être la même chose pour tout le monde. OK? Je dirais qu'il va falloir commencer par une discussion. Il va falloir commencer par en parler puis avoir cette discussion-là pour décider c'est quoi qui fonctionne pour nous comme couple. Un couple avec des enfants, un couple que c'est une deuxième union par exemple, qui ont déjà eu leurs enfants, on aura pas la même réalité, évidemment. Évidemment, tu sais. Donc, ça peut pas être la même chose pour tous. Mais ça pourrait être un projet de prendre notre retraite ensemble, par exemple. Et là, on voudrait trouver une façon d'avoir une épargne similaire pour pouvoir rencontrer nos objectifs. Fait qu'il faut juste avoir la discussion, en parler, trouver une façon d'équilibrer le budget, les dépenses de chacun, la part de chacun aux coûts de vie familiale pour arriver à un équilibre et arriver à rencontrer nos objectifs tout simplement, là. 

 

- Donc, il faut qu'on s'entende sur un objectif qui serait comment? 

 

- Bien, ça va dépendre de chacun, les objectifs de chacun. Tu sais, souvent, les gens... Le fameux 50-50, puis je l'entends surtout de la part des femmes. "Non, non, moi, je suis indépendante puis je vais payer mon 50%." C'est pas ça, l'idée. L'idée, c'est d'arriver à... Tu sais, si t'es en couple, l'objectif, c'est d'atteindre un certain équilibre commun, d'atteindre des objectifs communs. C'est ça que tu veux au bout de la ligne. Donc, c'est de voir. Chacun va avoir sa discussion. Puis, l'argent, c'est tabou, hein, dans le couple, particulièrement. C'est très, très tabou. Les gens vont glisser ça sous le tapis parce que ça peut amener de la confrontation. Mais il faut avoir cette conversation-là parce que sinon, on va se retrouver... En cas de séparation, ça va être l'horreur, là. 

 

- Fait que je comprends que: OK, on se trouve un objectif commun, on s'en va vers ça, mais pour quand même arriver à l'équité financière, le chemin peut être sinueux parce que tu sais, dans la vie de tous les jours, on a nos dépenses personnelles, dépenses familiales, on a les REER. Il y a tellement de choses qui rentrent en ligne de compte. Fait que comment on fait pour garder le cap là-dessus? 

 

- C'est sûr que ça peut prendre de l'aide professionnelle. C'est sûr que ça peut prendre... Tu sais, on peut arriver et consulter quelqu'un dans le domaine pour arriver à trouver une solution qui nous sied bien à nous. Donc, il faut commencer par la discussion, après ça, peut-être aller consulter. Parce qu'il y en a plusieurs méthodes. Tu sais, on peut partager en pourcentage du salaire, on peut partager, dire: "On va équilibrer l'épargne." Ça peut devenir complexe avec les régimes de retraite et tout ça. C'est pour ça qu'on peut avoir besoin d'aide éventuellement professionnelle pour aller vers ça. Mais c'est parce qu'il y a pas une méthode qui va plaire à tous et qui va être parfaite pour tous. 

 

- Puis, l'idée d'avoir, tu sais, d'avoir un objectif et de reculer, ça aussi, je pense que ça fait partie des stratégies intéressantes. J'aimerais ça qu'on en parle, Nathalie, l'idée de déjà se dire: "OK, nous autres, on va prendre notre retraite à tant, on veut avoir tant dans notre montant collectif. Qu'est-ce qu'on fait pour revenir?" 

 

- Dans le fond, c'est une planification financière qu'il faut faire. 

 

- C'est ça, le mot, planification financière. J'ai dit 40 phrases. 

 

- Il faut faire une planification financière, une planification de retraite. C'est sûr que si on parle à des gens qui ont 30 ans, ils vont me dire: "Bien là, Nathalie, peut-être que la retraite, c'est loin pour nous." Mais c'est d'avoir une espèce de vision d'avenir sur les 10, 20, 30, 50 prochaines années. Vers où on s'en va? C'est quoi, nos objectifs aujourd'hui? C'est sûr que ça va avoir à être révisé dans le temps, là. Je veux dire, tout ça, ça peut changer. Mais aujourd'hui, c'est ça, nos objectifs. Voilà vers où on s'en va. Voilà nos revenus. Parce que les revenus peuvent changer aussi. Bon, tout ça. Donc, on va essayer d'arriver à un plan équitable et on va réviser ça régulièrement, tout simplement. 

 

- Puis, est-ce que c'est aussi important pour les couples mariés que pour les conjoints de fait d'avoir une planification financière? Parce que tu sais, on entend toutes sortes d'affaires sur la protection ou non des conjoints de fait quand il y a une séparation. 

 

- Oui, c'est super important ce que tu dis. En fait, le plan, il doit être fait par tous. Ça, on peut commencer avec ça. Par contre, c'est sûr que quand on est mariés, dans un contexte de séparation, bien, il y a une meilleure protection que quand on est conjoints de fait. Quand on est mariés, on veut pas entrer trop dans le détail, mais on pourrait en parler longtemps, mais il y a le patrimoine familial qui existe qui va, au minimum, partager maison, régime de retraite, REER, voiture, bon, ce genre de choses là. Quand on est conjoints de fait, je donne toujours l'exemple de s'il y en a un qui paie les meubles et qu'il paie la voiture et qui achète tous ces biens-là et l'autre achète l'électricité et l'épicerie, bien, quand ils vont se séparer, la personne va repartir avec son épicerie et son électricité, là. 

 

- Oui, OK, on comprend. 

 

- Oui, c'est exactement ça. 

 

- C'est assez clair. (rires) 

 

- Voilà. 

 

- Mais c'est vrai qu'on pense pas nécessairement à tout ça. OK. Je vais y aller avec une autre question de sondage qu'on a, Nathalie. Si vous aviez 1000$ à épargner, OK, que feriez-vous? J'ai hâte de vous lire. Est-ce que vous mettriez ça dans un REER, dans un CELI, dans un REEE, un compte d'épargne à intérêt élevé ou un peu dans chaque pour profiter des avantages de chacun? Alors, on vous laisse répondre à ça. Et ça m'amène à poser des questions sur l'épargne. Tu sais, on va essayer de déboulonner certains mythes par rapport à l'épargne. Qu'est-ce que vous dites à ceux qui disent: "J'ai pas le temps, moi, d'épargner. J'ai pas le temps de m'en occuper"? 

 

- Bien, la façon la plus simple, c'est l'épargne systématique. Si on est capable de le faire sur notre salaire, c'est encore mieux. On va avoir la déduction fiscale immédiatement, quand on parle de REER. Donc, on va pas s'en occuper, on va pas avoir à le gérer, on va avoir un automatisme: l'argent qui entre dans mon compte, bien, est déjà net de mon épargne. Ça, c'est l'idéal. Tu peux le faire aussi directement, pas sur la paie, mais sur mon compte de banque, donc l'épargne systématique. C'est la base. Au-delà de ça, bien, peut-être se trouver un bon conseiller pour bien gérer nos choses et nous accompagner dans tout ça. Ça va être important aussi, là. Il y a des gens qui sont là pour ça. 

 

- Puis, qu'est-ce que vous avez à dire à ceux qui disent qu'ils ont pas l'argent pour épargner? 

 

- Bien, je peux comprendre que certaines personnes, certaines familles, c'est plus difficile, particulièrement, on vit de l'inflation, on vit des choses ces temps-ci. 

 

- Le budget tantôt. 

 

- Oui, le budget provincial tantôt. Faire un budget, établir notre coût de vie. C'est la recette plate, mais on commence avec ça pour essayer de dégager des petits montants d'épargne. On parle de REEE, là. Le REEE pour des familles avec un certain revenu, on tombera pas dans le technique, on peut se retrouver avec un bon d'études canadien de 500$ juste à ouvrir le REEE, j'ai même pas mis une cenne dedans. 

 

- Ah oui, hein? 

 

- Donc, c'est peut-être de s'informer un peu plus. Je vais revenir avec mon éléphant, d'y aller tranquillement et 10$ par semaine. On commence par la base. 

 

- On va aller voir les réponses. Bon, bien ça, c'est intéressant. Alors, 20% ont répondu "REER"; 52% le CELI; 6% le REEE; 7% "compte d'épargne à intérêt élevé" et 15% "un peu dans chaque pour profiter des avantages de chacun". Est-ce que vous êtes étonnées des réponses qu'on a reçues? 

 

- Oui. 

 

- Bien oui. 

 

- Pourquoi? 

 

- Bien nous, on se serait attendu à avoir beaucoup de "un peu dans chaque pour profiter des avantages de chacun". Parce que les gens, quand ils savent pas, c'est ce qu'ils font, ils en mettent 20$ là et 10$ là et 50$ là. Et c'est pas nécessairement la meilleure solution. 

 

- Non? 

 

- Non. Bien, il faut souvent trouver dans notre situation à nous qu'est-ce qui est à privilégier. Et je pourrais pas répondre à la question lequel est le meilleur. Je peux pas vous le dire. Ça dépend de la situation. Ça dépend où je suis rendu dans ma vie. Ça dépend de mon revenu, ça dépend de mes impôts, ça dépend des crédits sociaux, fiscaux pour certaines personnes qui sont avec certains revenus, monoparentaux. Tout ça va avoir une influence entre REER versus CELI. Une chose que je peux dire, c'est que les gens qui ont des enfants, le REEE, pour moi, c'est une priorité. Pour la raison que je viens de dire tantôt, le fameux 500$, mais au-delà de ça, c'est 30% de subventions. Il y a pas un placement qui va me donner 30% de rendement. Donc, il y a pas de raison de passer à côté du REEE. 

 

- Mais c'est parce que CELI égale on paie pas d'impôt dans notre tête et on peut le retirer à tout moment. C'est ça qui... Fait que c'est probablement pour ça que les gens ont répondu ça. 

 

- Mais ça dépend aussi de pourquoi on le fait. Si je l'épargne pour m'acheter une voiture l'année prochaine, c'est sûr que je le mettrai pas dans le REER. 

 

- Oui. 

 

- Fait que ça dépend de l'objectif de l'épargne aussi. 

 

- Oui. Eille, merci, Nathalie. C'était super intéressant. De toute façon, on vous garde avec nous. Et là, on va passer au deuxième sujet, qui est un sujet pas très sexy, mais ô tellement important. (rires) C'est les impôts. Et on est là-dedans en ce moment. Ih là là! On reçoit nos T4 et tout ça. Nathalie, bon, qu'est-ce que vous dites aux gens qui se disent: "Eille, pourquoi parler d'impôt. De toute façon, je vais être obligé d'en payer." 

 

- Bien, étonnamment, quand on explique aux gens la base de l'impôt, ils trouvent ça intéressant, de un, mais ça permet de démystifier un paquet de mythes. Puis surtout, ça permet de comprendre les stratégies qu'on a pour réduire nos impôts. Qui aime pas ça réduire ses impôts, payer moins d'impôts, hein? 

 

- Exactement. Fait que là, on va commencer par la base et essayer de le comprendre, là. Tu sais, comment je fais pour savoir combien d'impôt je paie quand je regarde mon talon de chèque? Parce qu'il y a tellement d'affaires que j'ai l'impression vraiment que je paie 50%, que je donne 50% au gouvernement. 

 

- Bien, un des mythes à défaire, un premier grand mythe à défaire, c'est: "On donne 50% au gouvernement. Je paie 50%." On entend souvent ça, hein. "Ça me donne rien." C'est complètement faux. Le taux réel d'impôt, là, si je donne un exemple, 50 000$ de salaire, on va payer peut-être 20% d'impôt. 75 000$, 25%, 100 000$, 30%. On est loin du 50%. On est pas du tout... Premier mythe à défaire. Quand on regarde le talon, bien, c'est vrai qu'on a l'impression, hein, que... Par contre, on regarde le brut et on regarde le net et il y a une grosse différence. La plupart des gens savent qu'il y a la Régie des rentes, l'assurance-emploi, mais ils regardent la ligne "impôt retenu", elle est élevée. C'est ça aussi qui est, je pense, confondant et qui laisse sous-entendre qu'on paie beaucoup d'impôt. La retenue sur notre talon, c'est pas l'impôt réel, ça. C'est l'impôt... C'est l'impôt qu'on a envoyé au gouvernement d'avance et on va rééquilibrer ça. Donc, il faut faire une analyse un peu plus poussée pour comprendre c'est quoi, notre impôt réel. 

 

- OK, donc, là, on vient de décortiquer vraiment ce qu'on nous retire de notre chèque de paie quand on le reçoit. Fait que si on veut aller un petit peu plus loin. Parce que tu sais, pour l'instant, ça va bien. J'espère que vous suivez vous aussi puis que ça va bien. Moi, ce que j'ai un peu plus de difficulté à comprendre, c'est le calcul qui détermine combien d'impôt je vais finir par payer. 

 

- Bien, on est dans un système de taux progressif. Ça veut dire que nos premiers dollars sont moins imposés que les seconds. Donc, on a divers paliers. Sommairement, c'est comme si on faisait une moyenne en fonction de nos revenus de chacun des paliers qui s'applique à nous. 

 

- Ça, nous, on appelle ça dans notre jargon le taux effectif. Donc, si vous allez dans Google et vous sortez des petites tables d'impôt, vous allez voir souvent une colonne "taux effectif", "taux marginal", bien, le taux effectif, c'est le taux réel que je paie sur l'ensemble des revenus. On a mis une petite table à l'écran. Je sais pas si on la voit. 

 

- Bon, alors, je pense que oui, effectivement, elle est là. Donc, on est capables de voir le taux d'imposition effectif. 

 

- Donc, on voit dans notre mythe de 50%, là... 

 

- Ah oui! 

 

- On voit qu'on l'atteint le 50%, mais à partir d'un million de revenu. Et ça, c'est une table qui considère juste le crédit de base. Donc, souvent, les gens ont d'autres crédits, d'autres déductions. Donc, techniquement, ça peut même être plus bas que ça, notre taux effectif. Donc, si on prend un 50 000$, on voit qu'à 50 000$ de revenu, on paie 19,4%, ça, juste avec le crédit de base. On paie pas 50%, là. 

 

- Ah oui, OK. 

 

- Oui. Donc, ça nous donne... C'est un petit outil pratique. 

 

- Puis, pourquoi on a quand même... C'est parce que, pourquoi on a quand même l'impression que c'est une surprise qui nous arrive à l'hiver, au printemps puis: "Oh mon Dieu! Je reçois un chèque du gouvernement!" On saute de joie ou: "Ah, OK, il faut que je paie." 

 

- Oui. Bien, comme je disais tantôt, dans le fond, nos déclarations de revenus, c'est ce qui permet de nous ajuster en fonction des retenues de l'argent qu'on a envoyé au gouvernement. Donc, ça va vraiment être notre portrait, notre impôt réel. Le fait de devoir de l'argent au gouvernement, c'est que dans le fond, on en a pas envoyé assez. On le paie. Si on a un remboursement, c'est qu'on a envoyé trop d'argent, on a payé trop d'impôt au gouvernement compte tenu de notre situation, on a un remboursement. Donc, souvent en fiscalité, on va dire: "Bien, on devrait quasiment être content d'avoir à payer", si on l'a planifié, bien entendu... 

 

- Pourquoi? 

 

- Bien, quand on doit de l'argent au gouvernement, dans le fond, c'est qu'on s'est payé en premier et qu'on rembourse au mois d'avril le gouvernement. Des fois, je dis que c'est comme un prêt sans intérêt dans le fond. Il faut juste le planifier puis pas avoir de surprises, avoir l'argent un peu de côté en disant: "Bien, je le sais que mes retenues à la source sont plus basses que ce que je devrais envoyer au gouvernement." Ça va arriver souvent plus vers la retraite, hein, où on a un paquet de revenus de fonds de pension, les retraits REER, un peu partout. Mais il faut le planifier. Ces tables-là souvent vont être pratiques pour dire: "Ah, je le sais que je vais devoir un peu d'argent au gouvernement. Je vais le mettre de côté puis je vais, dans le fond, récupérer, je vais profiter de l'argent du gouvernement." (rires) 

 

- OK, j'aime ça, mais moi, j'aurais eu tendance à croire l'inverse. Fait que je suis contente d'entendre ça. Et d'ailleurs, je vous rappelle, hein, qu'on va avoir une période de questions pour vous. Fait que si, pendant que vous entendez les Nathalie parler ou, tout à l'heure, Angela et que vous avez des questions qui vous viennent en tête, hésitez pas à les écrire. On va essayer de répondre au maximum de questions tout à l'heure. J'ai envie de rester sur l'imposition puis de parler de ce que j'ai l'impression, puis peut-être que c'est faux, mais quand on reçoit des bonis pendant l'année ou qu'on prend des contrats de plus ou qu'on a une augmentation de salaire, j'ai l'impression qu'on est plus imposé sur ça. 

 

- Oui. Bien, ça, c'est à moitié mythe, à moitié réel. Dans le fond, comme on l'a vu tantôt, c'est sûr que quand on a un boni par exemple, on l'a vu, on est dans un système de taux progressif. Donc, plus on a de revenus, plus ces revenus-là vont être imposés. Donc, c'est vrai que le revenu additionnel est imposé un peu plus. Par contre, quand on a la retenue, surtout sur les bonis ou les contrats, souvent, cette retenue-là, c'est un taux fixe et on regarde avec notre salaire, c'est beaucoup plus élevé que les retenues salariales. Donc, c'est ça qui nous donne l'impression qu'on paie plus d'impôt. Mais il faut pas oublier que la retenue, c'est un taux fixe, c'est pas notre taux réel. Par contre, si on veut se dire: "Bien moi, j'ai une augmentation de salaire" ou "J'ai un boni qui va m'être versé, j'aimerais ça savoir c'est quoi mon impôt sur ce boni-là", bien, là, on va utiliser l'autre taux qu'on voit dans les tables sur les sites, là, le taux marginal. Donc, il y a le taux effectif qu'on a vu tantôt qui est le taux réel. Il y a le taux marginal. Le taux marginal, c'est le taux qu'on va utiliser pour savoir l'impôt sur un revenu additionnel qui s'ajoute à nos autres revenus. 

 

- Ah! Fait que c'est ce qu'on voit, je pense, en ce moment à l'écran. 

 

- Tout à fait. Donc, si on fait environ 50 000$ de revenus, bien, on va à la ligne de 50 197$ et on reçoit un boni de 3000$, bien, on sait que sur le 3000$, on va payer 37,12%, mais juste sur le 3000$. Ça nous donne un aperçu aussi des fois pour dire: "Bien, j'ai-tu eu assez de retenues ou pas?" Mettre de l'argent de côté. Hein, on sait que... Donc, ça donne des trucs pour pas avoir de mauvaises surprises au mois d'avril. 

 

- Ça va aider à la retraite aussi quand on a beaucoup de sources de revenus d'essayer de voir combien d'impôt on va payer au total. 

 

- OK, OK! Fait que moi, je commence à comprendre davantage puis je me rends compte que les calculs sont assez clairs et assez simples. J'avais pas cette impression-là. Je veux qu'on parle aussi des trucs maintenant pour payer moins d'impôt. Parce que là, je sens que c'est la question que tout le monde attendait depuis tantôt. Là, on a parlé de, tu sais, il faut savoir comment calculer, comment bien préparer pour les impôts qu'on aura à payer à la fin de l'année. Mais comment on fait pour moins en payer? 

 

- Excellente question. Avez-vous un après-midi? (rires) 

 

- On a tout le temps, Nathalie, pour payer moins d'impôts. 

 

- Bien, si on se concentre... Si on se concentre sur les REER. Il y a trois notions importantes et qui peuvent être appliquées dans d'autres sphères. La première, les REER permettent de reporter l'impôt puis même des fois de le réduire. Hein, quand on contribue dans le REER, on paie pas d'impôt, on a une déduction. Ça veut dire qu'on ne paie pas d'impôt tout de suite. On va payer l'impôt plus tard quand on va le sortir. Donc, on le paie loin. Puis, souvent, le plus tard vient au moment de la retraite où on a moins de revenus, donc on est moins imposés. Donc, en fiscalité, notre façon de planifier, c'est souvent d'essayer de réduire l'impôt, ce qu'on fait, puis de le reporter à plus tard. Ce qu'on fait aussi avec le REER. Donc, le REER, c'est déjà une bonne source. Puis, à cet effet-là aussi, quand on contribue au REER, on contribue souvent, hein, au début de l'année pour l'année précédente. Donc, on a jusqu'au 1er mars pour faire notre contribution. 

 

- Puis, on se dépêche. 23 février! 

 

- Exactement. Donc, un truc, c'est ce dont Nathalie parlait, c'est aussi l'épargne systématique. Ça permet d'éviter ça, d'éviter de dire: "Oh, mon Dieu, j'ai pas l'argent pour contribuer à mon REER! Je vais emprunter." Beaucoup vont emprunter. Bien, l'épargne systématique, ça va nous éviter d'emprunter, donc réduire le coût. Donc, c'est un excellent point. L'autre élément des REER, et qui est aussi une planification, c'est comme on a une déduction, hein, le REER réduit nos revenus, bien souvent, il y a des crédits, il y a des prestations sociales, des allocations familiales ou autres qu'on a pas accès parce que nos revenus sont trop élevés. La déduction REER, bien, peut redonner accès à certains crédits. Donc ça, c'est une autre façon de planifier pour aller chercher des réductions d'impôt ou des crédits sociaux dont tu parlais tantôt. Et le dernier, bien, c'est le fractionnement. On parle souvent de fractionnement de revenus. Donc, le REER, on peut contribuer au REER de son conjoint, nous, prendre la déduction et le conjoint au moment de la retraite ou au moment du retrait, c'est lui qui va payer l'impôt dessus. Donc, on essaie de planifier notre retraite en équipe en nivelant les revenus qui vont être imposables au moment de la retraite. Quand on parle de fractionnement, pourquoi on sauve de l'impôt, bien, je l'ai dit tantôt, on est dans un système à taux progressif. Donc, une personne qui fait 100 000$ de revenus va payer plus d'impôt que deux personnes qui en font 50 000$ chacune. Donc, c'est pour ça qu'on essaie de fractionner. C'est la dernière façon. Là, on parle des REER, il y a d'autres façons de fractionner. Mais c'est l'autre façon où on réduit nos impôts. Par contre, pour les conjoints de fait, on en a parlé tantôt, hein, contribuer au REER de notre conjoint de fait, c'est une belle preuve d'amour. 

 

- Parce que tu vas rien gagner de ça. 

 

- On lui donne. C'est lui, le propriétaire. 

 

- Ah oui. 

 

- Donc, il faut y penser. (rires) 

 

- J'aime le: "Oui, c'est une belle preuve d'amour, ça." OK. C'est intéressant. J'aurais envie de vous demander. Tu sais, tantôt, on a dit: "On peut emprunter pour payer son REER." Est-ce que de façon générale, c'est une bonne chose à faire? 

 

- Généralement, non. Hein, on est d'accord. Non. Parce que c'est un coût. L'emprunt, il faut payer de l'intérêt. Donc, c'est beaucoup mieux de faire une épargne systématique et d'éviter ce coût-là. C'est sûr que des fois, on a pas le choix, on va vouloir emprunter. Si jamais on veut le faire, bien, il faut s'assurer de le rembourser le plus rapidement possible. Les intérêts, il faut les payer et ils sont pas déductibles. Donc, c'est vraiment pas une bonne idée. Mais quand on le fait, il faut le faire consciemment en ayant en tête de dire: "Bien, je vais rembourser cette dette-là." Qui paie ses dettes s'enrichit. Donc, il faut l'avoir en tête. 

 

- En fait, un exemple simple, c'est: on est le 23 février puis on pourrait emprunter sur notre marge de crédit 5000$ pour mettre dans notre REER en sachant qu'on va pouvoir avoir le retour d'impôt pour rembourser la marge, ça, ça peut être correct. 

 

- OK, être une bonne idée. Des bons trucs, merci. Je vais y aller avec la question de sondage. On a une autre question de sondage pour vous. Nathalie, merci beaucoup, c'était vraiment intéressant. J'ai comme l'impression qu'on va recevoir beaucoup de questions par rapport à tout ça. Préparez-vous, mesdames. Alors, quel serait votre principal enjeu si votre enfant de 25 ans vous demandait de l'aide pour la mise de fonds pour sa première propriété avec son conjoint? Alors, quel serait votre principal enjeu? L'impact sur votre plan de retraite, l'équité dans la fratrie, la séparation des biens entre conjoints en cas de rupture ou l'impact fiscal? On vous invite à y répondre. Et ça me permet, Nathalie, de parler un peu de l'accès à la propriété vu qu'on a une question qui s'y rattache. 

 

- Qui s'y rattache. Bien, j'apprendrai rien à personne, hein, si on parle de hausse des coûts de propriété. Donc, c'est certain que c'est un bon investissement de départ, acheter une propriété, mais ça va peut-être changer un peu le comportement le fait qu'il y ait eu de si grandes hausses. Avant, on achetait une maison, une grande maison et on vivait dedans toute notre vie. Là, on va peut-être aller, dire: "Bien, ce serait le fun de l'acheter peut-être un petit peu plus tôt, quelque chose de très petit, un condo, juste une chambre." Ça permet d'avoir un levier pour ensuite aller plus grand, faire une mise de fonds. Puis, l'autre conseil, c'est sûr que plus on est jeune, plus il faut quand même épargner. Donc, même dans les emplois d'été, là, avoir l'habitude de prendre un petit bout, l'épargne systématique, cette habitude-là, ça se prend jeune. De dire: "Si je le vois pas, je le dépense pas." Ça s'en va dans le CELI, ça s'en va dans un véhicule que j'ai un petit peu plus de misère à toucher. 

 

- Que mon compte de banque. 

 

- Oui. Moi, je trouvais ça intéressant, le CELI. J'ai été étonnée par la réponse de tantôt. Parce que tu sais, si tu sais pas trop quoi faire avec, honnêtement, moi, je trouve que le CELI, c'est le bon endroit. C'est assez flexible pour nous donner le temps d'aller consulter par la suite. Donc, le réflexe, le premier, c'est d'épargner. Le deuxième, c'est consulter. 

 

- OK, c'est bon, c'est bon. Bien, on va aller voir ce que les gens ont répondu. Alors, on est à 40% l'impact sur votre plan de retraite. C'est ça qui va être l'enjeu principal. L'équité dans la fratrie aussi, 20%. Et 25% pour la séparation des biens entre conjoints en cas de rupture. Bien, au moins, on est prévoyantes. On pense à la rupture. Comment on analyse ça? Qu'est-ce que vous, vous auriez répondu? Je serais curieuse. 

 

- Bien, moi, je trouve ça super intéressant. Super encourageant. Toutes les réponses sont bonnes, honnêtement. Mais il y a peut-être une priorité puis c'est le fun, c'est le 40%, c'est de voir: est-ce qu'on a la capacité d'aider nos enfants? Et jusqu'à combien? Donc, c'est la première chose qu'il faut regarder. Nos objectifs. Est-ce que je veux les changer, les réduire? On pourrait, mais est-ce que... On veut pas que nos enfants aient à nous supporter plus tard. Hein, Nathalie, tu disais ça tantôt. Donc, c'est le premier critère. Après, les autres, là, c'est sûr qu'ils sont super importants. L'équité, bien entendu, dans la famille, les parents, c'est souvent un volet qu'on regarde. La séparation, je trouve ça encourageant que les gens pensent ça parce qu'effectivement que lorsqu'on est mariés et qu'on donne des sous à notre enfant qui est marié, bien, il va falloir penser si lui se sépare, est-ce que c'est lui qui va récupérer les sous? Puis, l'impact fiscal, bien, il est moins là parce que peut-être que c'est moins connu, mais souvent avec les banques, on va demander aux parents d'être copropriétaires pour sécuriser l'emprunt. Donc, des fois, est-ce que ça va avoir un impact sur la résidence principale? Il faut se poser quelques petites questions comme ça. Mais le plus important, c'est ce que les auditeurs ont répondu, 40%, je trouve ça intéressant, oui. 

 

- Ah, bien, merci, merci. Franchement, très intéressant. Puis, on va passer au dernier sujet qu'on voulait aborder avant de passer à vos questions, c'est: comment gérer l'imprévu? Et je le disais en début, Angela D'Angelo a une histoire très touchante, qu'elle a la générosité d'en parler aujourd'hui. Parce que son histoire va sûrement vous faire réfléchir par la suite. Angela, je veux qu'on revienne sur l'année 2013, donc, ta situation financière puis l'imprévu qui t'est arrivé. 

 

- Absolument, Isabelle. Alors, on est, tu le dis bien, on est en 2013, c'est l'été, le 21 juin pour être plus précise, et j'avais 46 ans. Et je veux juste faire un aparté. J'étais vraiment dans une belle position professionnelle. Mon revenu était composé d'un salaire avec bonification puis les deux, conjointement avec le revenu de mon conjoint, étaient des facteurs importants dans le revenu familial. Ça allait super bien. J'étais avec mon conjoint dans une deuxième union et j'avais une grande fille qui allait avoir bientôt 16 ans. Et là, ça faisait dix jours que j'attendais et je me rends au bureau ce matin-là, et là, tu me vois venir... Je reçois l'appel que 25 000 femmes canadiennes reçoivent à tous les ans: j'avais un cancer du sein. 

 

- Ça a été quoi ta première réaction? 

 

- Étrangement, après que le choc des quelques minutes soit tombé, j'avais pas peur pour moi. J'avais plus de préoccupations pour ma famille. Qu'est-ce qu'il allait arriver pour nous dans le court terme si tout allait bien et que je m'en sortais, quel impact ça allait avoir financièrement sur nous? Est-ce qu'il allait falloir prendre des décisions pour arrêter des choses qu'on aimait faire? Les voyages, le sport, les loisirs. Et surtout, qu'est-ce qui pouvait arriver à long terme si je n'existais plus pour eux? 

 

- Ayoye! C'est fou que ce soit des questions très cartésiennes, pragmatiques qui sont venues tout de suite en tête. 

 

- Tout à fait. Puis, je me souviens, j'étais le lendemain dans le bureau du chirurgien et une de mes premières questions que je lui ai posées, c'était: "Est-ce que je peux continuer à travailler pendant les traitements?" 

 

- Oh my God! 

 

- Cherche-moi pourquoi, là, mais évidemment, pour les raisons que je viens de te dire, c'est ça qui était important dans ma tête. Bon, quand j'ai vu sa face, ça m'a tout de suite dit que c'était peut-être pas une bonne idée. 

 

- Donc, qu'est-ce qui s'est passé? 

 

- Fait que finalement, tout s'est bien passé. J'ai embarqué tout de suite dans un protocole. Et c'est ça qui était la priorité. La vraie priorité. Mais là, je tombais avec du temps. Beaucoup de temps. Et j'étais pas trop inquiète dans le court terme parce que dans le court terme, je savais que j'avais un super bon plan collectif, une assurance collective chez mon employeur. Et là, comme j'avais du temps, j'ai commencé à creuser voir c'est quoi que ça veut dire, mon plan collectif et c'est quoi l'impact que ça va avoir sur nous? 

 

- Parce que je vais faire un aparté, je sais pas pour vous, mais moi, je me suis rendu compte avec l'histoire d'Angela que j'avais signé ça il y a plusieurs années de: "Oui, l'assurance collective", mais que je sais même pas ce que ça représente, sur quoi ça me protège. Donc, et toi qui es en fiscalité, toi qui es en finances, devrais-je dire, t'avais pas non plus, tu savais pas non plus ce que ça représentait. 

 

- Non, tout à fait. Fait que là, quand je me rends compte que j'avais du temps et que je commence à creuser, j'ai vite compris que j'allais recevoir le deux tiers de mon salaire. Le problème, c'est que mon revenu total était composé d'un salaire et une bonification annuelle. Le problème, c'est que la bonification, c'est souvent lié à la performance. 

 

- Mais là, tu travailleras pas. 

 

- Et la performance, c'est souvent lié à être à l'emploi et d'être activement à l'emploi. Et il y a beaucoup de plans qui font en sorte que si t'es chanceuse, tu reçois un montant proactif, mais comme j'ai été arrêtée 14 mois, ça a eu des impacts sur deux années fiscales. Des impacts importants. Et comme le revenu de ma bonification contribuait aux dépenses du budget familial, c'est sûr qu'il y avait un manque à gagner quelque part. 

 

- Alors, donc, tu te retrouves avec, tu sais, un arrêt de travail, tu te retrouves avec les trois quarts de ton salaire. Fait que forcément, t'es obligée de refaire le budget. Comment tu t'y es prise? 

 

- Oui. Effectivement. Puis, tu sais, à ce moment-là, il aurait fallu que je regarde toutes les dépenses, toutes les obligations financières qu'on avait et peut-être qu'on prenne des décisions sur les dépenses discrétionnaires. Puis, c'est sûr qu'une des premières choses qui sautent dans ces moments-là, c'est l'épargne systématique. Hein? Parce que c'est pas un paiement comme payer un compte, l'épargne systématique. C'est se payer et c'est important, Nathalie l'a dit tantôt, s'autopayer, c'est la chose qui est importante, mais il aurait fallu que je revoie tout ça. Et ça, ça aurait pu... Et souvent ce qui arrive aussi, c'est qu'on va peut-être piger dans notre marge de crédit, peut-être avoir un prêt personnel pour pallier à l'écart qu'on a. Et pendant 14 mois, si on pige dans notre marge de crédit, bien, un moment donné, il va falloir la repayer cette marge-là. Et ça, ça veut dire qu'on s'appauvrit encore plus pendant plus longtemps. Fait que si on parle que du début à la fin, là, 14 mois un revenu beaucoup en baisse, beaucoup moins que 70% dans mon cas, et dans plusieurs des cas, puis en plus, après avoir fini les traitements et rétabli mon travail à temps plein, il aurait fallu rembourser, mais on parle ici de peut-être quatre, cinq ans, là. On a un pouvoir économique qui est en souffrance. 

 

- Ah oui. Puis là, qu'est-ce qui est arrivé dans ton cas? Qu'est-ce que...? 

 

- Heureusement, ça s'est pas passé comme ça pour moi parce que je me souviens qu'en 2001, j'avais eu un événement de vie où j'étais nouvellement divorcée. Et je tombais toute seule avec ma fille. J'étais monoparentale. Je vous ai pas mentionné, mais je suis actuellement avec mon conjoint depuis plusieurs années, à ce moment-là, on était ensemble depuis sept ans, on était pas ensemble encore, mais aujourd'hui, on est ensemble depuis plusieurs années. Le problème, c'est que je voulais préserver mon pouvoir économique. 

 

- Mais c'est pas un problème, c'est bon. (rires) 

 

- Mais j'avais un problème et il fallait trouver la solution. 

 

- Oui, c'est ça. 

 

- C'est ce que je voulais dire. Donc, je me suis assise avec mon conseiller et mon spécialiste en assurance, qui ont tout de suite fait une analyse de ma situation et qui m'ont expliqué que mon plan collectif était excellent, qu'il allait préserver mon pouvoir économique sur mon salaire, mais non pas sur mon boni. Et c'est là que j'ai pris une assurance privée d'invalidité. 

 

- Ah! Assurance invalidité. 

 

- OK? Et cette assurance invalidité là m'a permis de combler l'écart. Et je me souviendrai tout le temps quand j'ai eu à réexaminer parce que comme je t'ai dit, j'ai eu du temps. Puis, tout ce que je savais, c'est que je l'avais pris. Je savais que ça passait dans mon compte à tous les mois et je trouvais que la prime était donc bien chère. Il y a eu quelques occasions où je me suis dit: Ah, j'ai-tu vraiment besoin de ça? Surtout que j'étais nouvellement en couple et je me disais: S'il m'arrive de quoi, le revenu de mon conjoint va servir à nous dépanner. Mais c'est pas comme ça que ça se passe. 

 

- Ayoye! Donc, ça, c'est venu compenser le manque à gagner du salaire original. Fait que finalement, t'as été capable de vivre et la famille a été capable de continuer pendant ces 14 mois-là comme si de rien était, en tout cas, du moins, sur le plan financier, alors qu'il faut se concentrer sur autre chose. On veut vivre aussi ce qu'on a à vivre émotivement. 

 

- Tout à fait. Puis, on dit toujours que l'argent fait pas le bonheur, mais ce que ça fait, et ça, je tiens à le dire haut et fort, ça nous donne le choix. Puis, quand on a le choix, bien, on peut se permettre de mettre nos énergies à la bonne place. Et pour moi, à ce moment-là, les énergies, il fallait que je les mette sur ma guérison. Puis aujourd'hui, soit dit en passant, tout va très bien. D'ailleurs, je suis dans ma neuvième année et l'année prochaine, je célèbre ma dixième année. 

 

- Ah, bravo! Bravo! 

 

- Merci. 

 

- Donc, qu'est-ce que tu dirais à celles qui, comme moi, je l'avoue, on est pas au courant totalement de nos assurances? Je sais même pas si j'ai une assurance invalidité, pour être parfaitement honnête. 

 

- Bien, je dirais que c'est important d'être curieux et curieuse. C'est important de se plonger dedans et de poser des questions. "Est-ce que je serais capable, s'il m'arrive quelque chose?" Hein, des fois, c'est pas juste une maladie, bien que 50% des Canadiens vont avoir une maladie grave un moment donné. OK? Et pour les femmes, c'est encore plus important de conserver son pouvoir économique et de le protéger parce qu'on a une espérance de vie plus longue. Ce qui veut dire que notre argent, il faut qu'il travaille pour nous encore plus longuement. Et ce que je dirais, c'est: "Posez-vous la question: qu'est-ce qui arriverait? Ça aurait quoi comme impact? Est-ce qu'il faudrait que je fasse des choix, des choix difficiles?" Pour moi, le choix le plus difficile, ça aurait été d'avoir à couper des choses auxquelles on avait du plaisir dans la famille. Des voyages... 

 

- Qui est dans la guérison, en passant. 

 

- Qui est dans la guérison, tout à fait, ça faisait partie... Pour moi, la chose la plus importante, là, c'était que la vie soit normale autour de moi. Que ma fille, mon conjoint, que tout le monde profite pleinement comme si on était avant la maladie. Ça, c'était vraiment une partie essentielle de ma guérison, t'as raison. La deuxième chose, je dirais, c'est commencer à être curieuse maintenant. Regardez votre plan collectif si vous en avez un. Si vous êtes travailleur autonome, regardez c'est quoi qui s'offre à vous. C'est quoi les options qui s'offrent à vous? Faites des scénarios. "Et s'il m'arrivait quelque chose demain matin, qu'est-ce qui arriverait sur mon pouvoir économique?" Et dernièrement, je suis toujours un peu surprise que lorsque vient le temps de renouveler nos assurances maison ou auto, on hésite pas deux secondes. Hein? 

 

- C'est vrai. C'est vrai. 

 

- Puis même, on magasine, on investit du temps puis on cherche le meilleur deal qu'on peut. Mais quand il vient le temps de s'assurer et de s'assurer de son propre pouvoir économique, bien, on hésite. Et souvent, on hésite très longtemps. 

 

- Eille, merci parce que moi, ça m'a vraiment fait réfléchir. Tu sais, je te l'ai dit, je savais même pas si j'avais une assurance invalidité. Et parce que je me préparais et que je savais qu'on allait en parler, j'ai été forcée d'aller voir. Je suis très contente de l'avoir fait, en passant. Mais tout ça pour dire que j'espère que ça va vous donner le même réflexe et le désir vous aussi d'être curieuse et d'en savoir davantage parce que vraiment, ça fait une différence. Puis, ce que j'aime, c'est le pouvoir économique. Ce terme-là, je le trouve tellement important. Merci, mesdames. Un beau 45 minutes déjà qui vient de s'écouler. Fait qu'on va vous laisser du temps pour poser vos questions. Mais j'ai une dernière question pour vous dans la section sondage. Donc, on veut savoir si la conférence d'aujourd'hui vous a donné la motivation et le désir de vous informer davantage et de poser plus de questions. Puis surtout, poser des gestes concrets dans la gestion de vos finances personnelles. Alors, je vous invite à aller répondre. Puis nous, bien, on va passer à une première question qui nous vient du public. Alors, ça va s'adresser à Nathalie Bachand. "Quel serait un pourcentage raisonnable de notre salaire à épargner pour commencer?" 

 

- Ça commence fort! (rires) Hum... C'est très difficile à répondre, cette question-là. Souvent, on a parlé de 10% historiquement. C'est tellement variable d'une situation à l'autre et d'un cas à l'autre. Je vous dirais: "Commencez donc par savoir où va votre argent puis combien vous êtes capable de dégager comme épargne et commencez par cette épargne-là. Puis après ça, bien, ça pourra faire..." Parce que l'épargne va changer, hein, dans le temps. Je veux dire, plus jeune, on peut épargner plus, un moment donné, des jeunes enfants, une hypothèque, bla, bla, bla, c'est plus difficile. Tu sais, tout ça... 

 

- Il faut faire attention de pas s'endetter aussi. Hein, Angela en parlait tantôt, si on fait de l'épargne systématique, mais en même temps, on utilise la marge de crédit, ça fonctionne pas. 

 

- C'est pas une bonne idée. 

 

- Donc, je devrais charger mes enfants 15 et 18 ans à la maison. 

 

- Tout à fait. 

 

- Parfait. (rires) Une autre question pour Nathalie. Encore Nathalie Bachand. "Pourquoi vous dites que le REEE devrait être la priorité? Est-ce que je peux encore l'utiliser si mes enfants sont plus vieux au secondaire?" 

 

- OK, le REEE, c'est un véhicule assez complexe, donc on pourra pas tout le démystifier, mais la priorité à cause de la subvention, tout simplement. C'est 30% de subvention, cotisation maximale subventionnée de 2500$ par année. Et c'est utilisé pour des études postsecondaires. Et on a les subventions jusqu'à l'année où l'enfant atteint 17 ans. Mais il y a beaucoup d'autres petits détails à fouiller, mais grosso modo, c'est ça. 

 

- OK. Nathalie Hotte: "Est-ce que c'est mieux de retirer son REER ou d'attendre qu'il devienne un 'FÉER'?" 

 

- (ensemble): FERR. 

 

- Un FERR qu'on dit. "Quels sont les avantages dans les deux cas?" On va expliquer ce que c'est qu'un FERR. 

 

- Oui, bien oui. Le FERR, dans le fond, c'est la continuité du REER où on va nous obliger à retirer un minimum. Donc, le REER, on a le droit de détenir ça sans être maximisé dans les retraits, on a pas besoin de retirer, mais si on veut retirer, on peut le faire, mais jusqu'à l'âge de 71 ans. À l'âge de 71 ans, là, on est obligé, le gouvernement va nous obliger d'aller vers le FERR pour nous obliger à commencer à faire des retraits minimums. Pourquoi on voudrait retirer d'un FERR plutôt que d'un REER? Il y a certains crédits, dont le crédit pour pension, qui peuvent donner droit à un petit montant, mais encore là, souvent, on entend: "Ah, je suis à la retraite, je veux retirer du REER." "Non, non, transfère. T'as plus que 65 ans, transfère un 2000$ dans ton FERR et retire-le, tu payeras pas d'impôt." C'est pas vrai. On va quand même en payer, mais on va avoir un petit crédit d'impôt. Donc, il faut regarder notre situation précise: "Est-ce que je serais mieux d'aller vers un retrait FERR plutôt qu'un retrait REER?" Mais il faut garder en tête qu'un FERR, lorsqu'on s'en va vers le FERR, bien, l'année suivante, on va être obligé de retirer un montant, peu importe l'âge qu'on a. Donc, cette obligation-là, on la veut peut-être pas. On est peut-être mieux de juste rester dans le REER, tout simplement décaisser le REER pour pas se forcer avec un minimum. Je sais pas, Nathalie... 

 

- Par contre, si on est certain qu'on est en décaissement et qu'on a besoin d'un certain minimum à chaque année, d'un montant à chaque année et que c'est au-delà du minimum FERR, qui est un pourcentage du solde en passant, bien, c'est correct aussi de le sortir du FERR aussi. Au bout de la ligne, on va payer le même impôt à la fin. Ça changera rien. 

 

- Ah, bien, en parlant d'impôt, le minimum FERR aura pas de retenue du tout. Donc, ça se peut qu'on doive un petit peu d'argent. 

 

- Un peu plus d'impôt à la fin. 

 

- Gardez ça en tête. 

 

- Une petite surprise. OK. Nathalie Hotte encore: "J'ai reçu un bel héritage de mes parents. Est-ce que cet argent fait partie du patrimoine familial?" Quelle bonne question. 

 

- Bien, l'héritage en tant que tel, si on l'utilise pour acheter un bien du patrimoine familial, Nathalie Bachand en a parlé un petit peu tantôt, par exemple acheter la maison, payer la maison, bien, il faut documenter. Oui, on peut conserver et exclure l'héritage du patrimoine familial, mais à ce moment-là, hein, Nathalie, t'es encore mieux que moi pour répondre. T'as cette question-là souvent, toi. 

 

- Bien, ça dépend vraiment d'à quoi on a utilisé l'argent, donc de l'héritage. Si j'ai mon héritage que je le mets dans un compte à part, bien, il est pas partageable, il est pas dans le patrimoine familial. Si je paie un voyage dans le Sud à toute la famille, on s'entend qu'il est perdu. 

 

- Oui. 

 

- Si je rénove ma cuisine, bien, ça va dépendre de ce que ça va avoir donné comme valeur à ma maison et tout ça. Donc, je pourrais récupérer, mais peut-être pas la totalité. Fait qu'il faut être très, très, très prudent dans ces situations-là. 

 

- Mais si je décide de payer l'hypothèque par exemple, ou acheter une maison, là, on peut le documenter et l'exclure. 

 

- Un don des parents a le même effet, en passant. 

 

- Ah, oui, c'est vrai. 

 

- OK. Ça peut être un excellent cadeau. 

 

- Pas besoin d'un décès. (rires) 

 

- OK. La question est: "Est-ce que c'est le bon temps pour investir dans notre CELI vu l'économie bouleversée par des événements hors du commun?" 

 

- Bien, que ce soit CELI, REER, REEE, compte régulier, c'est la même chose. Ça a aucun rapport ici que ça soit CELI. Les investissements qu'on met dans le CELI ou dans le REER ou dans le REEE, c'est le même type d'investissement auquel on a accès. 

 

- C'est peut-être pour l'accès plus rapide que la personne demande ça. Tu sais, "l'économie bouleversée par des événements hors du commun", d'après moi, il y a tellement d'imprévus en ce moment. 

 

- C'est sûr que si l'objectif, c'est pour m'acheter quelque chose l'année prochaine, bien, j'irai pas dans la bourse actuellement. Tu sais, je vais aller dans quelque chose de plus conservateur. Fait que ça dépend de... Mais j'arrêterais pas l'épargne à cause qu'on a des bouleversements actuels. En fait, plus c'est bas, mieux c'est le temps d'investir. 

 

- Oui, c'est vrai. 

 

- Puis, le CELI, bien, c'est plus flexible si on en a besoin par la suite de le retirer. C'est pas loin d'un compte régulier. 

 

- C'est ça. Je pense que c'est ça qui est derrière la question. 

 

- Donc, c'est sûr que là, en ce moment, il y a des inquiétudes. Si je veux aller vider avec mon guichet, c'est difficile d'aller le vider avec un CELI. Ça prend un petit peu plus de temps. Mais je pense que l'épargne, l'avantage du CELI, de pas avoir à payer d'impôt sur le revenu qui va en découler des placements, ça demeure un outil... 

 

- Clairement. 

 

- OK. Je vais continuer. Question: "À la retraite, est-il préférable de sortir le montant total de mon fonds de pension, de placer la somme x et de me verser moi-même une rente ou le laisser chez l'employeur?" Oh wow! 

 

- Grande question. Hum... Écoutez, ça dépend. J'aime les réponses. Ça dépend. Le gros, gros, gros point, c'est que de recevoir la rente... Je comprends que c'est un régime à prestations déterminées dont on parle ici, d'avoir une rente fixe, viagère, payable le restant de mes jours versus prendre l'argent, l'investir et prendre le risque moi-même de l'investissement et le risque de survivre à mon capital. Fait que c'est ça la différence entre les deux. Au-delà de ça, il y a des considérations fiscales, il y a des considérations de solvabilité du régime de retraite à regarder, il y a des considérations successorales. Donc, il y a beaucoup d'éléments à regarder ici. J'ai une petite propension à garder la rente, mais encore là, ça dépend des situations. 

 

- OK. Je trouve ça intéressant. Mais ça prouve encore qu'il faut s'asseoir avec quelqu'un et vraiment planifier tout ça. Puis, des fois, si vous avez des questions qui vous viennent au fur et à mesure et après ça, vous prenez rendez-vous et vous arrivez avec votre liste d'épicerie comme j'adore faire, ça peut être une belle façon aussi, tu sais, de rentabiliser son moment avec son planificateur ou sa planificatrice financière. On a une autre question, celle-là pour Angela: "Est-ce que prendre une assurance vie est utile lorsqu'on est retraité sans enfant ni conjoint?" 

 

- En fait, on prend une assurance vie justement pour assurer ceux qu'on aime. Si c'est pas le cas parce qu'on a pas des proches, bien, souvent, on peut vouloir faire un don de notre succession à des organismes à but non lucratif. Alors, il existe des stratégies pour lesquelles ça pourrait être intéressant si vous voulez en laisser moins au gouvernement et plus à l'organisme. Donc, ici, je vous inviterais à en parler avec votre spécialiste. 

 

- OK, super. Les questions continuent. C'est le fun parce que vous êtes intéressés et vos questions sont très pertinentes. Nathalie: "Pour le taux effectif, on en a parlé tantôt avec les impôts, est-ce qu'il est combiné fédéral et provincial?" 

 

- Oui, oui, tout à fait. Et la province est le Québec. (rires) Donc, oui, tout à fait, on a mis les deux. Par contre, si on veut avoir vraiment le divisé, facilement, en tapant dans recherche Google "taux d'impôt Québec", "taux d'impôt fédéral", la plupart des bureaux de comptable vont avoir ces tables-là aussi séparées, même les institutions financières. 

 

- Une question pour Nathalie Bachand: "Quelle serait la différence pour moi et mon conjoint de fait d'être mariés si nous avons fait un testament suite à l'achat de notre maison ensemble avec entente sur la séparation de nos biens, placements, REER, pension, montants qui iraient à nos enfants respectifs en cas de décès, etc.?" Ils sont extrêmement bien préparés. (rire) 

 

- Je suis super contente de la question parce que tantôt, j'ai oublié de dire quelque chose de super essentiel au début, c'est que si vous êtes conjoints de fait, que vous avez un testament, c'est parfait, ça va régler ce qui se passe en cas de décès. Mais ça règle pas ce qui se passe en cas de séparation. Donc, en cas de séparation, ce que ça prend, c'est une convention de vie commune. Donc, quand on est mariés, on va avoir des règles légales qui s'appliquent, mais quand on est conjoints de fait, pour régler les effets d'une séparation, ça prend une convention de vie commune qui stipule qu'est-ce qui va se passer, qui garde quoi puis comment on va partager les effets. Fait que je sais pas si dans la question, c'est ce que la personne veut dire: "entente sur la séparation de nos biens", j'imagine que oui. Donc, dans un contexte comme ça, se marier, bien... 

 

- C'est pour le party rendu là. 

 

- Peut-être que c'est pour le party, mais ça va compliquer les choses, en passant, le mariage un petit peu. (rires) 

 

- OK, bien, j'aime ça parce qu'il y en a qui sont extrêmement bien préparés à toute éventualité. Encore Nathalie: "Quelle est la meilleure façon d'épargner pour l'achat d'une maison?" Ça, en ce moment, c'est vraiment un gros tracas. 

 

- Oui, oui. Je dirais que deux véhicules: le REER permet de faire un régime d'accession à la propriété, donc le RAP, communément appelé, jusqu'à 35 000$ que je peux sortir de mon REER à titre de RAP. On "rap" le REER et on remet dans notre REER sur 15 ans, là, après l'achat de la maison sans intérêt. En passant, c'est sans intérêt, mais je perds l'intérêt dans mon REER. Il faut juste comprendre ça aussi. Mais c'est limité à 35 000$. Donc, l'épargne additionnelle devrait peut-être être concentrée dans un CELI pour pouvoir avoir une mise de fonds plus intéressante parce que je vais être limité à 35 000$. 

 

- Faire attention peut-être aux placements, hein. Si on sait qu'à court terme qu'on va acheter... Et d'ailleurs, le RAP, plusieurs ne le savent pas, mais depuis peu, lorsqu'il y a une séparation, on peut utiliser notre REER pour une mise de fonds pour acheter... Utiliser le RAP. Donc, on peut retirer 35 000$ de notre REER pour repartir et acheter une seconde maison en cas de séparation. C'est depuis deux, trois ans. 

 

- En fait, c'est parce que ce qu'on a pas dit dans tout ça, Nathalie, c'est que quand on est déjà propriétaire d'une maison depuis moins de cinq ans, on a été propriétaire depuis moins de cinq ans ou que notre conjoint l'a été, on peut pas faire un RAP. Sauf dans un contexte de séparation, c'est nouveau. Quand on se sépare, même si on était propriétaire l'année passée, dans la période de cinq ans ou présentement, on pourra réutiliser le RAP. 

 

- Ça donne beaucoup de flexibilité parce que c'est difficile, on le sait, une séparation, de pouvoir... juste le financier, gérer l'émotion et le financier en même temps. 

 

- Bien oui. Donc, dépêchez-vous à vous séparer en bas de cinq ans? (rires) C'est pas ça qu'on est en train de dire? 

 

- Non, non. 

 

- Parfait. OK. OK, j'en ai une autre. "Si on ne cotise pas le maximum au REEE, peut-on bénéficier de la subvention du gouvernement?" 

 

- En fait, il y a le fameux BEC, le bon d'études de 500$ pour des gens à plus faible revenu. Sinon, bien, il faut cotiser pour avoir la subvention de 30%. C'est 30% du montant qu'on cotise au REEE, et on peut... 

 

- OK, c'est 30% du montant qu'on cotise. Fait qu'on est pas obligés d'être sur le maximum. 

 

- Non. 

 

- Non, c'est 30%... Ah non, OK, je comprends la question. Si je mets 2000$, je vais avoir 30% de 2000$; si je mets 1000$, je vais avoir 30% de 1000$. Et je peux récupérer... En une année, je peux récupérer une année précédente où j'aurais pas eu le maximum de subventions. Donc, par exemple, j'ai pas cotisé l'année d'avant, je mets 5000$ cette année, je vais pouvoir avoir une subvention sur mon 2500$ de cette année et mon 2500$ de l'année précédente. 

 

- OK, parfait. Ça, c'est clair. Merci. Et dernière question. Déjà? Bien oui. "Est-ce qu'un grand-parent peut acheter un REEE et profiter du 30%?" Attends, est-ce que c'est le grand-parent qui profite ou c'est le parent qui profite du 30%? 

 

- C'est le REEE qui profite. 

 

- C'est le REEE. 

 

- Oui. Bien, c'est une bonne question. Puis, c'est vrai que le 30% va aller dans le régime épargne études. Mais la question à se poser, c'est: est-ce qu'on veut que le souscripteur soit le grand-parent ou on préférerait pas que ce soit le parent? Parce que par la suite, si l'enfant va pas aux études ou, bon, qu'il arrive quoi que ce soit, le parent peut utiliser une partie du revenu, des revenus qui auront été gagnés, pas la subvention, mais des revenus qui ont été gagnés pour le transférer dans son REER s'il a des droits REER, ce qu'un grand-parent a généralement pas parce qu'il est à la retraite, il n'a plus vraiment le droit de mettre de l'argent... Donc, des fois, on va se poser cette question-là. Il y a une question de contrôle aussi, hein. Je veux-tu que ce soit les parents, les deux parents qui sont ensemble, dans le régime ou un seul des deux? Donc, il faut en discuter. 

 

- Souvent, les grands-parents se posent la question: comment je peux aider mes enfants? J'aimerais ça leur faire un cadeau. Ça, c'est vraiment une belle façon. Une belle façon d'aider ses enfants et ses petits-enfants. 

 

- Absolument. Merci. C'est vraiment tout le temps qu'on a. Vous avez été extraordinaires, Nathalie Hotte, Nathalie Bachand, Angela D'Angelo. Merci à vous d'avoir été là. Et moi, je vous invite à aller faire un tour sur bnc.ca/femmes. Vous allez y voir toutes sortes d'informations pertinentes, surtout des informations aussi complémentaires de ce qui s'est dit aujourd'hui. Puis, je vous souhaite de poser plein de questions et surtout de poser des gestes concrets. Merci d'avoir été là. Bye. Super! 

 

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