Comment réussir un transfert d’entreprise?

03 novembre 2026 par Banque Nationale
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La réussite d’un transfert d’entreprise ne se résume pas à obtenir le meilleur prix de vente. Trouver la bonne relève, assurer le financement nécessaire, faciliter l’intégration et préserver l’héritage de l’entreprise sont autant d’étapes essentielles pour créer une valeur durable pour le personnel, la clientèle et les parties concernées par le transfert.

Au-delà du prix de vente : comment réussir un transfert d'entreprise

Dans cet épisode du Pouvoir du conseil, Nancy Paquet reçoit Vincent Landry, premier vice-président, Entreprises et Gestion privée 1859, pour le Québec et l’Atlantique. Leur échange met en lumière les principaux facteurs à considérer pour assurer un transfert d’entreprise réussi.

Le duo se penche d’abord sur la situation de Daniel, un entrepreneur qui a consacré plus de 30 ans à bâtir son entreprise avec l’espoir de la léguer à ses enfants. Toutefois, la relève familiale a d’autres projets. Daniel doit donc trouver une nouvelle avenue pour assurer la pérennité de son entreprise. Et au moment d’évaluer ses options, il se demande que vaut réellement son entreprise au-delà du prix de vente.

Paquet et Landry discutent ensuite de deux jeunes entrepreneurs qui souhaitent acquérir l’entreprise de Daniel. Ensemble, ils expliquent comment le financement, l’évaluation des scénarios, la culture d’entreprise et l’intégration peuvent contribuer à la réussite d’un transfert. 

Visionnez l’épisode complet pour mieux comprendre les enjeux liés au transfert d’entreprise.

17 min 24 s Transcription

Transférer une entreprise est une décision très importante qui exige une préparation rigoureuse. Au-delà du prix de vente, cet article présente les éléments à considérer à chaque étape pour favoriser un transfert réussi et créer de la valeur à long terme, tant pour les personnes qui achètent que pour celles qui vendent.

Quels sont les facteurs de réussite d’un transfert d’entreprise?

Pour réussir un transfert d’entreprise, il faut d’abord bien arrimer les objectifs financiers et personnels de la personne qui vend aux capacités de la personne qui prend la relève. Celle-ci doit notamment pouvoir obtenir le financement nécessaire, gérer les activités courantes et à long terme et bien s’intégrer à l’entreprise.

La véritable réussite d’un transfert se mesure après la transaction, dans l’évolution de l’entreprise au fil du temps.

Trois facteurs à considérer pour évaluer la réussite d’un transfert d’entreprise :

  • La progression de la personne qui achète vers ses objectifs stratégiques et de croissance
  • L’intégration et la rétention du personnel
  • La réaction de la clientèle et le rendement de l’entreprise

Un nouveau chapitre après la transaction

Un transfert d’entreprise ne se termine pas à la conclusion de la transaction. Sa réussite à long terme dépend de la capacité de l’entreprise à s’adapter à sa nouvelle direction, à conserver ses personnes clés et sa clientèle, et à continuer de créer de la valeur pour la personne qui achète comme celle qui vend.

« [Une transaction réussie] crée de la valeur pour l’ensemble des parties concernées. Pour le personnel, elle se traduit notamment par une continuité au sein de l’entreprise. »

- Vincent Landry

Que faut-il savoir avant de transférer son entreprise?

Quand faut-il commencer à planifier le transfert?  La planification devrait commencer bien avant la date prévue du transfert. Comme la vente ou le transfert d’une entreprise peut s’échelonner sur plusieurs années, il est important de s’y préparer.
Quelles sont les principales options de transfert?  Plusieurs options peuvent être envisagées, notamment le transfert à un membre de la famille, la reprise par l’équipe de direction ou le personnel, la vente à une autre entreprise ou à une société d’investissement, ainsi que la vente d’une partie de l’entreprise.
Quelles spécialistes ou quels spécialistes peuvent vous accompagner durant un transfert?  Selon la situation, des spécialistes en fusions et acquisitions, en évaluation d’entreprise, en fiscalité, en droit, en comptabilité et en gestion de patrimoine peuvent contribuer au processus. 

L’offre la plus élevée est-elle toujours la meilleure?

La personne qui propose le prix le plus élevé n’est pas nécessairement celle qui représente le meilleur choix. Il est important d’évaluer la solidité et les modalités de l’offre, mais aussi la capacité de financement de la personne qui achète, son approche de gestion, ses projets pour l’entreprise et leur adéquation avec les priorités non financières de la personne qui vend.

Définir vos priorités : que souhaitez-vous préserver lors du transfert?

Si vous vendez votre entreprise, prenez le temps de déterminer ce qui compte le plus pour vous quant à son avenir. Vos priorités vous aideront à choisir la bonne personne pour prendre la relève et déterminer si l’atteinte de vos objectifs peut justifier un prix de vente moins élevé.

Voici quelques questions à considérer pendant la planification :

  • Dans quelle mesure est-il important d’obtenir le meilleur prix de vente?
  • Souhaitez-vous continuer à participer aux activités de l’entreprise?
  • Quels aspects de la culture d’entreprise souhaitez-vous préserver?
  • Dans quelle mesure est-il important de maintenir les emplois?
  • Que souhaitez-vous pour votre clientèle et vos fournisseurs?
  • Quelle importance accordez-vous à la présence de l’entreprise au sein de la communauté?
  • Qu’est-ce qui vous donnerait l’assurance que votre entreprise est entre bonnes mains?

Prenons l’exemple de Daniel. C’était important pour lui de transmettre son entreprise à ses enfants plutôt que de la vendre à une autre entreprise ou à une société d’investissement. Même si le transfert familial ne s’est finalement pas concrétisé, il a pu préserver la culture de l’entreprise et son apport à la communauté. Avant de vendre une entreprise, il est donc essentiel de prendre le temps de définir ses priorités et de déterminer ce que l’on souhaite préserver au-delà du prix de vente.

→ Comment évaluer une entreprise : ce que les propriétaires et la relève achète doivent savoir

Comment trouver la bonne relève pour votre entreprise?

Un transfert d’entreprise réussi passe souvent par une relève qui partage votre vision de l’avenir et qui saura tenir compte de ce qui vous tient à cœur. Cela comprend notamment la culture d’entreprise, son personnel, sa clientèle et sa croissance à long terme.

Pour évaluer les différentes options de relève, reprenez les priorités que vous avez définies et utilisez-les comme points de discussion avec les personnes ou les entreprises intéressées par l’acquisition. Voici quelques questions à poser :

  • Quelle est votre vision à long terme pour l’entreprise?
  • Quels changements prévoyez-vous apporter?
  • Comment comptez-vous financer l’acquisition?
  • Quelle expérience avez-vous dans l’intégration d’une entreprise semblable?
  • Quels éléments de l’identité de l’entreprise souhaitez-vous préserver?

Que faut-il considérer avant d’acquérir une entreprise pour la première fois?

Avant une première acquisition, il est important de définir les objectifs stratégiques visés, d’évaluer sa capacité à financer la transaction et de se préparer aux enjeux opérationnels et culturels qui suivront la conclusion de l’entente.

Voici quelques objectifs stratégiques peuvent motiver l’acquisition d’une entreprise :

  • Accélérer la croissance
  • Accéder à un nouveau marché
  • Développer son portefeuille de clientèle
  • Ajouter un produit, un service ou une expertise 
  • Réunir des entreprises dont les activités sont complémentaires

En reprenant l’exemple présenté dans le balado, pensons aux deux personnes qui souhaitent acquérir l’entreprise de Daniel. Elles voient cette acquisition comme une occasion de réunir leurs activités à celles de Daniel afin d’accélérer leur croissance. Il s’agit de leur première acquisition d’envergure, une décision stratégique qui vise à renforcer leur position pour la suite.

Évaluez si l’entreprise que vous souhaitez acquérir est prête pour le transfert en vous posant les questions suivantes :

  • L’équipe de direction a-t-elle la capacité de mener la transaction à bien?
  • Quels talents, quelle clientèle et quelles compétences clés faut-il absolument conserver?
  • Quels processus et quelles structures sont essentiels au bon fonctionnement de l’entreprise?
  • La clientèle accueille-t-elle favorablement le transfert?
  • Dans le cas d’une fusion ou d’une acquisition, dans quelle mesure les cultures organisationnelles et les modes de fonctionnement sont-ils compatibles?

Comment financer une acquisition et en évaluer la résistance financière?

Avant de financer l’achat d’une entreprise, il est essentiel d’évaluer les effets de la transaction sur ses finances. Il faut notamment tenir compte des liquidités disponibles, du niveau d’endettement et des coûts liés à l’intégration. L’objectif est de vérifier non seulement si l’achat est réalisable, mais aussi si l’entreprise pourra respecter ses obligations financières et demeurer solide en cas de conditions moins favorables.

Au moment d’examiner les options avec des spécialistes en financement, il est notamment important d’évaluer :

  • les effets d’une dette supplémentaire sur l’endettement et la santé financière de l’entreprise
  • la capacité des flux de trésorerie prévus à soutenir confortablement le remboursement de la dette
  • le moment où les synergies attendues pourraient se concrétiser, leur probabilité et leur valeur
  • l’incidence potentielle de la perte d’une cliente ou d’un client important ou d’une source de revenus majeure
  • comment les changements économiques, la volatilité des marchés ou des changements dans le secteur d’activité peuvent affecter le rendement de l’entreprise
  • la capacité de l’entreprise à conserver une marge de manœuvre financière suffisante pendant la période d’intégration

Pourquoi l’intégration est-elle importante après la conclusion de la transaction?

La réussite d’un transfert d’entreprise ne s’arrête pas à la conclusion de la transaction. L’intégration consiste à harmoniser les équipes, la culture, les activités, la clientèle, les technologies et les pratiques financières afin de former une seule organisation, plus solide. Même une acquisition soigneusement planifiée sur le plan stratégique et adéquatement financée peut ne pas produire les résultats attendus si le plan d’intégration n’est pas bien exécuté.

Au cours de la première année suivant la conclusion de la transaction, il est important pour l’acheteuse ou l’acheteur de mettre en œuvre des actions clés pour favoriser une intégration harmonieuse, notamment :

  • communiquer efficacement avec les membres du personnel et veiller à conserver les talents clés
  • définir clairement les responsabilités de l’équipe de direction et les processus décisionnels
  • tenir compte des différences de culture entre les entreprises ou les équipes de gestion
  • maintenir de solides relations avec la clientèle après la transaction
  • harmoniser les processus opérationnels, les systèmes et les plateformes technologiques
  • intégrer les pratiques en matière d’information financière, de contrôle et de gestion de la trésorerie
  • suivre la concrétisation des synergies attendues
  • surveiller le niveau d’endettement, la performance financière et les liquidités

Quel rôle la personne qui vend l’entreprise devrait-elle jouer après la transaction?

Le rôle de la personne qui vend l’entreprise dépend de la nature de la transaction. Elle peut se retirer complètement dès la conclusion de celle-ci, demeurer en fonction pendant une période de transition ou conserver une participation dans l’entreprise. Les attentes, les pouvoirs décisionnels, la durée de la transition et les modalités relatives à la participation dans l’entreprise devraient être établis à l’avance.

Pour bien définir le de la personne qui vend l’entreprise, posez-vous les questions suivantes :

  • Quelles connaissances ou relations doivent être transmises?
  • Combien de temps la période de transition devrait-elle durer?
  • Quels pouvoirs décisionnels la personne qui vend l’entreprise conservera-t-elle après la transaction?
  • Comment son rôle évoluera-t-il au fil du temps?
  • Le maintien de son implication sera-t-il avantageux ou désavantageux pour l’entreprise?

Comment mesurer la réussite d’un transfert d'entreprise?

La conclusion de la transaction devrait être considérée comme une première étape. Un transfert d’entreprise réussi continue de créer de la valeur pour l’entreprise, son personnel, sa clientèle ainsi que les parties qui achètent et vendent l’entreprise.

Après la conclusion de la transaction, il est important d’effectuer un suivi des différents aspects de l’entreprise afin de s’assurer que les activités se déroulent comme prévu.

Perspective Indicateurs de réussite
Entreprise L’entreprise progresse efficacement et progresse vers l’atteinte de ses objectifs.
Personnel Les talents clés demeurent au sein de l’entreprise et les membres du personnel s’intègrent harmonieusement à la nouvelle entreprise. 
Clientèle La clientèle continue de recevoir le soutien nécessaire et accueille favorablement le changement de propriétaire. 
Partie acheteuse L’acquisition contribue à l’atteinte des objectifs stratégiques et de croissance de la partie acheteuse.
Partie vendeuse La partie vendeuse a reçu les fonds prévus et a confiance que l’entreprise et son héritage sont entre bonnes mains.

Vous songez à vendre votre entreprise ou à en acquérir une? Notre équipe spécialisée en transfert d’entreprise vous accompagne grâce à une expertise approfondie pour favoriser une transition harmonieuse.

Quand on parle de repreneuriat on pense souvent à une transaction : un acheteur, un vendeur, un contrat à signer. Mais derrière chaque transfert d'entreprise, il y a d'abord des histoires d'humains, des histoires de confiance, de préparation et parfois même de discussions difficiles à avoir. Bienvenue au Pouvoir du conseil, un balado où on vous parle de conseil, des histoires de vie et de patrimoine. Je suis Nancy Paquet, première vice-présidente à la direction, gestion de patrimoine à la Banque nationale du Canada et j'ai le privilège aujourd'hui d'être accompagnée de mon collègue Vincent Landry, premier vice-président, entreprise et gestion privée 1859 pour le Québec et l'Atlantique. Salut Vincent.

 

Salut Nancy, merci pour la belle invitation.

 

Ben merci d'être là. Donc aujourd'hui Vincent, on parle de Daniel, un entrepreneur qui a mis plus de 30 ans à construire son entreprise. Il a une belle notoriété en région, 100 employés, et vient un moment où il doit vendre son entreprise et, malheureusement, son rêve de léguer à ses enfants, ça n'arrivera pas. Parce que ses enfants ont d'autres rêves, d'autres projets. J'imagine que ça arrive assez souvent que tu vois des histoires comme ça, et il se dit à ce moment-là : est-ce que je vends à un compétiteur et là, quels sont les risques? Est-ce que je vends à un fonds d'investissement ou est-ce que je peux trouver quelqu'un, un entrepreneur, qui va reprendre mon entreprise et préserver ma culture? Donc, on fait quoi avec ce scénario là?

 

Ben merci Nancy. Premièrement, c'est un scénario quand même assez fréquent là, tu sais on estime que 60 % des entreprises vont devoir changer de main dans la prochaine décennie.

 

C’est important.

 

Donc c'est un énorme, c’est un raz de marée qui s'en vient et qui est déjà en cours depuis quelques années déjà avec les facteurs de vieillissement de la population qu'on connaît et tout. Fait que, tu sais pendant, tu l'as dit tout à l'heure, pendant plusieurs décennies, dans les dernières années, souvent les entrepreneurs souhaitaient léguer ou souhaitent léguer d'abord à leur famille ou leur famille proche, leur entreprise. Ben aujourd'hui, souvent les enfants veulent faire leur propre chemin, tu sais ils veulent faire leurs études, ils ont d'autres intérêts tout ça, donc c'est assez fréquent quand même que cette avenue là ne soit pas disponible et que on doive, l'entrepreneur doive se retourner vers d'autres alternatives, d'autres solutions. Donc on voit effectivement beaucoup ça dans le marché, il y a beaucoup évidemment y a encore de la relève familiale, mais y a aussi des rachats par des employés clés qu'on voit fréquemment, des équipes de direction qui ont de l'intérêt à racheter l'entreprise de leur patron, si je peux dire comme ça de l'actionnaire principal. On voit aussi beaucoup de joueurs stratégiques, donc des compétiteurs qui veulent agrandir leur marché, acquérir une nouvelle liste de clients et des joueurs financiers aussi qui se sont développés énormément depuis 10, 12 ans là je dirais dans le marché, donc on voit énormément ces différents types de transactions là. Il y a beaucoup plus, la bonne nouvelle pour nos entrepreneurs, il a beaucoup plus de possibilités. Et beaucoup plus également de possibilités de faire grandir son patrimoine, donc beaucoup d'alternatives. Puis évidemment la Banque, on joue un rôle prépondérant dans ces différentes initiatives là qui sont très porteuses.

 

Donc on pourrait croire que tout repose sur l'obtention du meilleur prix puis c'est sûr que c'est une préoccupation, mais il y a sûrement d'autres facteurs qui entrent en ligne de compte pour justement choisir les différentes alternatives que tu viens d'énumérer.

 

Ouais, ben dans ce cas-ci, tu parles du cas de Daniel, Nancy, c'était pas seulement la valeur de l'entreprise qui l'intéressait évidemment on veut maximiser le montant lors de la vente de l'entreprise, mais aussi souvent les entrepreneurs au Canada souhaitent que leur entreprise ait une certaine pérennité après leur départ, donc ils ont créé des emplois depuis souvent plusieurs décennies, ils ont des bonnes relations avec leurs clients, avec leurs fournisseurs.

 

Ils veulent pas que ça disparaisse.

 

Non ils veulent pas que ça disparaisse, ça devient une belle et grande famille là tu sais pour lui fait que c'est important ces considérations là aussi. Puis tu sais je vous dirais que le patrimoine qu'ils laissent derrière eux est très très très prépondérant dans leur réflexion lorsqu'ils doivent choisir à qui ils doivent céder leur entreprise.

 

Et donc dans la situation actuelle, comment pendant sa réflexion tu l'accompagnes justement pour évaluer les options. Qu'est-ce qui serait meilleur pour lui? Respecter ses objectifs, ses valeurs? Parce qu'on sait que des petites et moyennes entreprises comme ça après 30 ans, c'est l'extension du fondateur. Donc comment vous accompagnez là-dedans?



Ben je pense que ça revient à l'écoute, qu'est-ce qui est plus important pour lui. Tu sais, est-ce que c'est de maximiser la valeur de sortie, est-ce que c'est de préserver les emplois comme je parlais tantôt, ou est-ce que c'est maintenir l'entreprise dans sa région? Est-ce que c'est d'assurer une certaine continuité au niveau culturel. Donc à partir de là, on peut explorer lorsqu'on a écouté les besoins, on peut explorer différents scénarios avec l'entrepreneur, il peut explorer lui-même différents scénarios. Souvent, quand on parle de rachat par des employés clés, ça peut être une belle solution également parce que tu fais vraiment, c'est dans la continuité.

 

Tout à fait.

 

Par son équipe de direction aussi. Il y a aussi des modèles hybrides qu'on peut voir là où la famille demeure impliquée, les enfants demeurent impliqués, mais avec un joueur financier par exemple, ce qui vient assurer qu'il y a un certain patrimoine qui est transféré au propriétaire, au fondateur. Puis tu sais je vous dirais que la participation au capital aussi, ce qu'on voit beaucoup, c'est comment la participation au capital de l'équipe de direction, des employés clés, souvent du 2e niveau de de gestion de l'entreprise est un incitatif pour faire croître l'entreprise, parce que tout le monde est objectivé vers un même but.

 

Oui.

 

C'est-à-dire faire grandir l'entreprise, maximiser la valeur de l'entreprise dans le temps. Fait que je te dirais, ça revient beaucoup à l'écoute de ce que l'entrepreneur voit pour la suite, pour son entreprise et lui.

 

Bon et pour notre Daniel en question. Dans la situation actuelle, on a été en mesure d'identifier deux jeunes entrepreneurs qui voudraient acheter l'entreprise et y voient une opportunité de croissance. Donc pourquoi deux jeunes entrepreneurs comme ça décident d'acquérir, sont déjà en affaires, décident d'acquérir une entreprise comme celle de Daniel plutôt que de continuer leur croissance organique?

 

En fait c'est pour accélérer la croissance. Fait que, je rencontre beaucoup d'entrepreneurs, ça leur a pris souvent 10, 15 ans, 20 ans à bâtir leur entreprise, puis soudainement ils se disent, ben si je vais aller plus vite, je fais quoi? Fait que l'opportunité d'acquérir un compétiteur, une autre entreprise qui peut être dans un secteur un peu différent mais lié à leurs compétences.

 

Complémentaire.

 

Ouais, complémentaires, liées à leurs compétences clés qu'ils ont développées au cours des dernières années, c'est une façon d'accélérer la croissance rapidement. Oui, ça coûte des sous, ça coûte parfois un peu plus cher, mais tu fais un bond en avant souvent que ça a pris peut-être 20 ans à faire. Donc c'est pour ça que l'opportunité d'acquérir une entreprise, ça peut être définitivement intéressant. On a déjà une base de clients, on a déjà une base de fournisseurs, on a déjà des compétences clés, puis ça nous permet d'accélérer tout simplement.

 

Donc évidemment c'est une première transaction de vente et d'achat, autant pour Daniel que pour les deux acheteurs potentiels. Quelles sont les inquiétudes que tu entends le plus souvent? Du vendeur oui, mais aussi des acheteurs, les repreneurs de l'organisation.

 

Ben une intégration comme ça, ça change complètement le focus de l'équipe de direction donc il y a plusieurs dimensions. Tu sais on veut s'assurer qu’au niveau des flux de trésorerie, souvent on va devoir endetter la compagnie davantage. Donc certains montages financiers derrière ça. Donc on veut évidemment que les flux de trésorerie soient adéquats pour assurer la bonne suite des choses. La continuité évidemment là fait que ça c'est super important. Puis je te dirais aussi, il y a plusieurs synergies souvent dans des acquisitions qui doivent, surtout lorsqu'on a deux compétiteurs qui, s'allient pour faire une une transaction. Donc il y a des synergies qui sont anticipées qui doivent arriver donc si souvent si ces synergies là n'arrivent pas ben ça peut créer des enjeux. Donc il a focus là-dessus également. On a également souvent on doit laisser de la place pour continuer l'expansion de l'entreprise. Donc si on avait par exemple des dépenses en immobilisations qui étaient nécessaires pour assurer la continuité de l'entreprise, on ne doit pas freiner les investissements pendant deux, trois ans pendant qu'on fait l'intégration. Fait que c'est plusieurs éléments qui retouchent beaucoup je te dirais aux flux de trésorerie, puis je te dirais aussi Nancy que les employés doivent adhérer au projet fait que ça c'est très important aussi les 90 premiers jours, les premiers six mois. Donc il y a un plan d'intégration qui doit être mis en place. Puis les nouveaux acquéreurs doivent être sur place avec leurs équipes évidemment.

 

Comprendre, c'est qui nos nouveaux patrons. Effectivement, ça préoccupe l'humain. Une transaction, évidemment, ça peut être compliquée pour un client qui a jamais vraiment vécu ça. Et nous on est chanceux à la Banque nationale, on a une équipe de spécialistes qui accompagne nos clients. Donc c'est quoi le rôle des spécialistes pour rendre le processus plus simple, plus fluide, plus compréhensible?



Oui, ben en fait je te dirais Nancy qu'à peu près - on estime que 2/3 des entrepreneurs n'ont pas nécessairement de plan de relève.

 

2/3 c'est beaucoup.

 

Ouais c'est beaucoup, et c'est quelque chose qui doit se planifier longtemps d'avance, des fois 10 ans à l'avance, 15 ans à l'avance.

 

Daniel est un peu dernière minute ici dans notre cas.

 

Oui mais il n'est pas tout seul.

 

Il y a 66 et 2/3.

 

C'est ça, il y a encore des alternatives, mais plus on le planifie d'avance.

 

Mieux c'est.

 

Mieux c’est évidemment. Fait que le rôle je pense de nos intervenants à la Banque, on a des directeurs transfert d'entreprise, nos équipes de directeurs de comptes, nos conseillers en gestion de patrimoine également. Le rôle c'est vraiment de bien accompagner leurs clients puis de poser les bonnes questions. Je dirais également du côté de la Banque, quand on fait l'analyse d'un dossier, quand on fait la révision annuelle d'un dossier avec un client, ben c'est un des éléments de risque qu'on doit regarder : qu'est-ce qui se passe le jour où tu ne seras plus là et qui va prendre la suite des choses? Qui va assurer la suite avec les clients de l'entreprise, les principaux fournisseurs? Donc la planification à long terme, on en parle beaucoup, puis c'est quelque chose qui doit revenir. Puis souvent c'est intimidant pour un entrepreneur de dire.

 

Je serai plus là.

 

Ouais, je serai plus là.

 

Puis je serai plus là ça veut pas dire je suis invalide ou je suis décédé, c'est je suis plus là parce que j'ai envie de vivre une retraite.

 

Exactement fait que ben il y deux choses, c'est intimidant de penser à ça parce que souvent on n'a pas la solution au bout des doigts. L'autre élément aussi, ça prend du temps.

 

Oui. Puis comme ils travaillent déjà 70-80 heures semaine dans leur entreprise, du temps pour réfléchir pour eux-mêmes.

 

Exactement.

 

C'est moins fréquent. Alors selon toi, quels sont les signes qui nous laissent à penser que dans deux, trois ans après la transaction, on se dit : transaction réussie, c'est une histoire à succès.



Ben Nancy, je pense que c'est quand tout le monde y a trouvé son compte. Ultimement, là tu sais, les employés voient une certaine continuité dans l'entreprise. Les acquéreurs ont réalisé leurs ambitions, évidemment, de devenir propriétaire d'une entreprise ou de faire croître leur entreprise. Les conseillers dans la transaction aussi, sentent qu'ils ont une certaine valeur ajoutée dans le processus, puis que le vendeur également est capable de regarder en arrière puis de dire, Wow, je suis fier de ce que j'ai, la continuité, ce que j'ai légué. Puis je constate que mon entreprise est en bonnes mains aujourd'hui.

 

J'imagine aussi de garder certains joueurs clés qui étaient importants, ça doit être, ils étaient là avant, ils sont là après, donc ça doit être un sentiment de succès et de réussite pour tout le monde.

 

Ben oui, on en parlait tout à l'heure là tu sais comment les entrepreneurs, souvent leurs employés, ils considèrent que c'est l'extension de leur famille.

 

Oui.

 

C'est une des considérations premières, c'est certain même des fois un petit peu plus même que le patrimoine qui est transféré.

 

C'est bon. Et avant de nous quitter, parce que c'est le thème de notre balado donner du conseil. Donc quel conseil tu veux donner aux entrepreneurs qui pensent vendre leur entreprise et aux repreneurs qui pensent acheter une entreprise?



Ben Nancy je te dirais, il faut débuter la réflexion avec ses conseillers, puis avec la Banque évidemment sur le plan de succession le plus rapidement possible. J'en parlais tout à l'heure, si quelque chose devait vous arriver, qui va prendre le leadership de l'entreprise, leadership de l'équipe de direction, qui va contacter les clients, les fournisseurs pour les rassurer. Fait que ça c'est un processus qui prend du temps là qui se fait pas du jour au lendemain. C'est quoi les options de sortie? Quand on amorce cette réflexion là, c'est quoi nos options de sortie, c'est quoi nos différentes alternatives? Est-ce qu'on a des enfants d'impliqués dans l'entreprise? Puis souvent, si on a des enfants d'impliqués dans l'entreprise, ben faut, ça prend un plan sur plusieurs années pour s'assurer qu'ils sont prêts à prendre la relève. Donc également, tu sais si on n'a pas les enfants nécessairement qui prennent la relève, est-ce qu'on a une équipe de direction forte? Est-ce que on doit la renforcer? Puis cette équipe de direction-là pourrait tu racheter l'entreprise? Évidemment, après ça prend un montage financier parce que souvent l'équipe de direction n'a pas nécessairement les moyens.

 

Exactement.

 

Donc la valeur de notre entreprise, si on décide plutôt de la vendre à l'extérieur du périmètre de l'équipe de gestion ou de la famille. La valeur de l'entreprise, elle est où? Est tu dans la propriété intellectuelle? Est ce qu'elle est dans la valeur de l'immobilier qu'on détient des bâtisses, des usines, parce que souvent il y a beaucoup de patrimoine qui est là dans les entreprises. Est-ce qu'elle est plutôt dans la clientèle, donc dans l'intangible. Donc c'est important de s'arrêter sur ces éléments là, d'en discuter avec nos spécialistes à la Banque avec les conseillers du client également. Fait que si il y a un projet à réaliser dans les prochaines années, il faut le planifier, puis ça nous permet vraiment, ça permet aux entrepreneurs de maximiser la valeur à la sortie lorsqu'il y a une vente de l'entreprise. Donc encore une fois important de bien s'entourer là il y a plusieurs considérations, pas juste la valeur de l'entreprise, mais la fiscalité, la succession, le patrimoine, la retraite aussi, fait que ça change le mode de vie. Fait que plusieurs dynamiques ici à regarder.

 

Je suis tellement contente que tu dises ça Vincent, parce que on pense souvent une vente d'entreprise, ben c'est un prêt, puis les équipes d'entreprise à la Banque nationale font des prêts, mais quand je t'entends vous faites tellement plus. Le financement c'est vraiment quelque chose qui permet de faire le rêve, mais tous les exemples de conseils que tu viens de donner c'est vraiment une valeur ajoutée incroyable pour nos clients. Merci de nous avoir partagé ça.

 

Merci Nancy.

 

Et donc si je résume ce que je retiens du transfert d'entreprise, c'est pas juste une question d'argent en fait même c'est souvent pas la considération première, ça prend un fit de valeur, il faut une bonne préparation, il faut se sentir en confiance pour pouvoir transmettre ce qu'on a créé, on a besoin de conseils. On doit être accompagné par les meilleurs. Il faut s'entourer d'une équipe d'experts et vous travaillez aussi d'ailleurs avec les experts des entrepreneurs, pas juste les nôtres à l'interne. Donc merci encore. Et je voudrais préciser que l'exemple qu'on donne de Daniel aujourd'hui c'est un exemple de nature générale, c'est vraiment pas du conseil dans votre situation à vous en particulier, mais c'est une invitation à venir rencontrer nos équipes, les équipes de Vincent pour amorcer ces conversations là pour qu'on puisse vous guider dans votre situation à vous. Donc merci à tous d'avoir été à l'écoute du Pouvoir du conseil et nous serons de retour le mois prochain pour découvrir une nouvelle histoire de vie et surtout de patrimoine, merci.