Aide aux proches aidants & perte d’autonomie

08 janvier 2021 par Banque Nationale
Comment accompagner ses proches en perte d’autonomie ?

Quand un accident, une maladie ou une incapacité survient, et qu’elle touche l’un de vos proches, vous n’avez pas envie de remplir de la paperasse ou d’entamer des procédures pour prendre soin de leurs affaires. Vous avez envie d’être à leurs côtés et de prendre soin d’eux. Voici quelques conseils pour vous faciliter la vie et obtenir de l’aide si l’un de vos proches perd son autonomie et ses aptitudes. 

C’est quoi, une perte d’autonomie?

Une « perte d’autonomie, ça peut mener à une incapacité à exprimer sa volonté ou à s’occuper de soi-même ou de ses biens », explique Chantal Lamothe, directrice de compte au Trust Banque Nationale.

« Mais attention, précise-t-elle d’entrée de jeu, c’est loin d’être noir ou blanc. Ça peut être temporaire, permanent, ou même cyclique. »

Les causes d’une perte d’autonomie qui mène à des incapacités sont multiples, et il n’y a pas d’âge pour subir ces contraintes. Si l’un de vos parents est victime d’un accident de la route, par exemple, et qu’il ne peut plus marcher, il aura une incapacité physique. Si la même personne a des troubles de santé mentale, et que ça dégénère, ou que des problèmes liés au vieillissement normal apparaissent, les enjeux et les mesures à prendre seront tous autres.

Comment juger de l’autonomie d’une personne?

Tant sur le plan pratique que sur le plan émotif, c’est très complexe de juger de l’état d’une autre personne. Surtout quand il s’agit d’un proche. On ne veut pas priver un proche parent de ses libertés, mais on veut le protéger.

Dans certains cas, un proche qui souffre d’une incapacité s’en rend compte de lui-même. Une personne qui se retrouve clouée au lit avec une blessure physique, par exemple, peut être tout à fait capable de comprendre et de donner un consentement libre et éclairé. Dans cette situation, elle pourrait donner une procuration à une personne de confiance pour qu’elle s’occupe de ses finances et de ses factures, par exemple.

Dans d’autres situations, plus complexes, l’un de vos proches qui souffre d’une incapacité pourrait ne pas s’en rendre compte. Comme dans certains cas de démence, par exemple, de coma ou de certains troubles mentaux.

Il faudra alors vous adresser au corps médical et aux autorités juridiques de votre province de résidence. Chaque province est dotée de son propre système de « curateur public » ou de « public trustee ». Pour connaître toutes les étapes, commencez par les contacter puisque les règles varient d’un endroit à l’autre.

Au Québec, par exemple, l’État ou une personne qui veut en protéger une autre (un proche ou un aidant naturel) peut demander au tribunal l’ouverture d’un régime de protection ou l’homologation d’un mandat de protection. La demande peut aussi se faire devant un notaire, dans la mesure où la personne qui souffre d’une incapacité ne conteste pas la requête. Ensuite, une évaluation psychosociale et médicale devra être effectuée. Puis, la décision sera rendue par le tribunal.

Quels types de protections existent?

Si votre proche a toutes les capacités pour décider d’elle-même, elle peut opter pour une procuration. C’est une permission qu'elle donnera à une personne pour la représenter et de prendre des décisions en son nom. La personne qui donne une procuration peut y mettre les limites qu’elle veut. Elle peut être générale ou limitée à certains aspects de la vie.

 Au Québec, elle couvre la gestion de biens. Ailleurs au Canada, une procuration pourrait également couvrir les décisions concernant les soins de santé. Dans tous les cas, il est fortement recommandé de vous faire accompagner par un juriste.

« Dans la plupart des provinces canadiennes anglophones, la procuration est un document qui peut évoluer en fonction de votre état, précise Chantal Lamothe.

Au Québec par exemple, la procuration cesse toujours d’exister dès que vous êtes déclaré inapte. Bref, la procuration n’est plus valide. »

À ce moment-là, dans l’absence d’un mandat de protection, le tribunal va souvent consulter une assemblée d’amis, de proches ou d’alliés afin de faire un choix parmi trois scénarios. Il peut adopter le régime de conseiller au majeur (pour soutenir une personne dans le cas d’une inaptitude légère ou temporaire), de tutelle (pour de plus grandes responsabilités en cas d’une inaptitude légère ou temporaire), ou de curatelle (inaptitude totale et permanente).

Comment se préparer à une perte d’autonomie?

En fait, tout le monde, même en pleine santé, devrait être préparé au cas où une inaptitude survient. À l’instar du choix de votre résidence pour aînés, faites-le quand il est encore temps.

« On sous-estime souvent le temps et la difficulté que ça représente pour prendre soin d’un proche, croit Chantal Lamothe. Si vous êtes prêt, vous facilitez la vie des aidants naturels qui vont s’occuper de vous, dit-elle, et ça peut éviter des conflits dans les familles ».

Pour être mieux préparé, pensez à préparer un document qui dicte vos volontés, notamment les directives médicales.

Dans certains endroits, comme dans le cas du Québec, un mandat de protection déjà informé et signé vous fera gagner du temps, évitera bien des soucis à vos proches, et tiendra compte de vos choix. « Sinon, la décision pourrait ne pas vous revenir, affirme Chantal Lamothe. »

Pensez à choisir une personne de confiance pour gérer vos biens et votre santé, ainsi qu’à clarifier ce que vous voulez si un malheur devait survenir. Aussi, ajoute Mme Lamothe, « choisissiez quelqu’un de compétent et de disponible. Si vous avez une entreprise, par exemple, vous voudrez un mandataire ou un détenteur de procuration de biens qui comprend les rouages des affaires ».

Et tant que vous être apte, vous pouvez modifier ou révoquer vos plans.

Pensez aussi à donner à votre conseiller ou planificateur financier une autorisation de communiquer avec un tiers. Ainsi, si le professionnel se rend compte que des opérations bancaires dues à des inaptitudes surviennent, comme une grave perte cognitive, par exemple, il pourrait alors en informer un proche.

Par ailleurs, ne misez surtout pas sur le compte conjoint pour se préparer à gérer les affaires de votre codétenteur, tranche l’experte. « Ce compte bancaire peut faire l’objet de saisies si l’autre personne qui le détient fait faillite, par exemple. En plus, dans certaines provinces, ces comptes pourraient ne pas faire partie de la succession en cas de décès ».

Un proche aidant a-t-il de l’aide et un salaire?

C’est possible. Vous pouvez même déterminer vous-même la rémunération de votre aidant naturel dans un document, comme un mandat de protection. Vous pouvez aussi demander qu’un aidant familial et naturel agisse gratuitement.

Cependant, que le proche aidant soit rémunéré ou pas, il y a toute une gamme de prestations et de crédits d’impôt disponibles au fédéral ou au provincial. Bien qu’ils puissent parfois représenter plusieurs milliers de dollars, ils sont trop souvent méconnus. Dans tous les cas, votre conseiller financier peut vous aider.

Sachez que seulement 14% des proches aidants ont reçu un soutien financier de la part de la famille et d’amis, 8% ont reçu des crédits d’impôts fédéraux, et 6% ont reçu des fonds d’un programme gouvernemental, selon des données de Statistique Canada publiées en janvier 2020.

Personne n’est à l’abri de subir une perte d’autonomie qui mène à des inaptitudes. Personne n’est à l’abri non plus de devoir se transformer en aidant naturel pour soutenir un proche. La clé, c’est de planifier pour mieux contrôler l’imprévisible. Heureusement, de l’aide est disponible. Et peu importe ce qui se produit, nous sommes là pour vous.

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