Les actualités économiques de l’heure, démystifiées. C’est le rendez-vous que proposent nos experts Stéfane Marion et Nancy Paquet.
8 septembre 2026 Transcription
Marchés obligataires | Géopolitique | Énergie | Économie canadienne | Commerce
15 juillet 2026 Transcription
Dans cette capsule: Performance des marchés | Énergie | Chaînes d’approvisionnement mondiales | Inflation | Économie canadienne
10 juin 2026 Transcription
Dans cette capsule: Perspectives économiques | Emploi | Balance commerciale | Inflation | Performance des marchés
28 avril 2026 Transcription
Dans cette capsule: Chaînes d’approvisionnement mondiales | Performance des marchés | Devises | Perspectives économiques canadiennes
Catégories
Envie de creuser les actualités économiques?
Nos experts analysent pour vous les tendances et vous conseillent afin d’éclairer vos décisions.
Restez informés
Soyez les premiers informés de nos plus récents conseils : inscrivez-vous à notre infolettre.
Bonjour, bienvenue à Impact économique. Nous sommes mardi le 8 septembre 2026. Stéfane, un plaisir de te voir aujourd'hui et donc aujourd'hui, on aborde l'angle géopolitique à travers le prisme du marché obligataire.
Je pense que c'est important de le faire. Nancy, c'est peut-être une un début différent, que d'habitude, mais ça vaut la peine parce que regarde ce qui se passe sur le marché obligataire, on n'a pas vu ça en une génération, la remontée des taux d'intérêt long terme. C'est généralisé Nancy, donc tous les pays en font les frais. Évidemment la locomotive de tout ça c'est les États-Unis. Lorsque les taux montent aux États-Unis en général ça monte partout, cette fois-ci c'est très très très évident qu'il semble avoir un certain questionnement du marché obligataire.
Tout à fait. Puis on voit que le Canada est au centre, pourquoi on se situe dans le milieu du peloton?
En fait c’est une bonne question on monte. Remarque en passant, pour la première fois depuis très très longtemps de ma carrière, j'ai pas vu ça, c'est que les taux d'intérêt long terme au Canada, sont peut-être même moins élevés qu'en Allemagne et au Japon donc on a une bonne réputation par rapport aux États-Unis, nos taux d'intérêt à long terme sont près d'un point de pourcentage plus bas qu'aux États-Unis, donc on monte comme tout le monde, mais on monte moins vite. Bon ça nous donne un peu de répit au niveau de l'économie, faut pas être complaisant. Non, absolument pas. Mes remarques, que la réputation du Canada est toujours intacte, donc déficit budgétaire moins important qu'ailleurs, puis aussi le fait, faut pas oublier, qu'on bénéficie aussi lorsqu'il y a choc énergétique pour l'économie, plus d'entrée fiscale, donc moins de détérioration.
Tout à fait, le portrait est vraiment différent aux États-Unis.
Ouais parce que là ce qui se passe c'est que quelle est la source de frustration du marché obligataire aux États-Unis? C'est l'incompréhension du marché par rapport à l'environnement géopolitique, t'en faisais état tout à l'heure. Donc les investisseurs demandent une compensation plus élevée que ce qu'on a connu dans les dernières années par rapport à la prime à terme, donc le minimum que j'exige du gouvernement américain avant d'acheter des obligations, historiquement c'est à peu près : j'ai besoin d'un point de pourcentage avant même de penser en acheter. Dans les 10 dernières années je subventionnais le gouvernement américain, j'avais une visibilité par rapport à l'inflation de base, finances publiques qui se détériorait peut-être moins rapidement. Or tu remarques c'est une remontée vers, on est en train de converger vers la moyenne historique, donc cette incertitude-là se reflète par une demande accrue des investisseurs pour une prime à terme plus élevée.
Et donc systématiquement nos voisins du Sud surprennent, d'un mauvais côté, avec leurs dettes.
Ben l'incertitude c'est une façon de l'illustrer, c'est je regarde la dette au PIB, donc la ligne noire ici, puis année après année, à chaque fois qu'on a dit que ça va baisser, ça monte toujours plus, puis là les nouvelles prévisions, finalement on dit bon on a lancé la serviette, ça va être le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis la 2e Guerre mondiale, donc clairement une augmentation importante qui amène certaines inquiétudes au niveau du marché obligataire.
Et entre autres, tout ça est lié aussi à ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz.
Donc j'ai l'indiscipline budgétaire aux États-Unis, qui plus est, je dois composer avec une incertitude par rapport à l'inflation, l'incertitude par rapport à remonter ou pas des taux d'intérêt aux États-Unis au niveau de la Banque centrale, puis, remarque Nancy, c'est incertitude, là ça coïncide avec la remontée des taux, c'est que les probabilités que le détroit d'Ormuz reviennent à la normale d'ici la fin de l'année, qui avait toujours été au-dessus de 50 %, s'est effondré, puis on est à peine à 25 %. Donc le retour à la normale c'est pas pour demain Nancy à ce niveau-là.
Et dans le détroit d'Ormuz, c'est surtout des produits non raffinés, bruts qui transitent. C'est quoi le lien avec le produit de raffinage?
Ben le produit de raffinage, l'économie ne fonctionne pas au pétrole brut, ça fonctionne au produit raffiné. Or j'ai dans le détroit d'Ormuz, je bloque le transport de produits bruts, mais en plus de ça j'ai des raffineries qui sont impactées. Puis j'ai aussi une guerre en Europe, l'Ukraine qui détruit les capacités de raffinage en Russie, de sorte que les pressions sur le prix des produits raffinés, c'est ça qui fait fonctionner une économie atteint des records inégalés, donc, puis ça, ça peut se retrouver dans l'inflation, c'est le produit raffiné qui se retrouve dans l'inflation, pas le pétrole brut. Donc attendez-vous à des frustrations au niveau des consommateurs, des industries, au niveau planétaire et des pressions sur la chaîne d'approvisionnement. On est à cinq écarts types de la moyenne historique, donc c'est du jamais vu Nancy, donc c'est un choc d'offre important qui pourrait durer plus longtemps.
Tout à fait. Et donc le Canada malgré tout nous a surpris au 2e trimestre.
Ben le Canada c'est pas le plus gros perdant dans un environnement comme ça, parce qu'on fait du pétrole brut, on livre du pétrole brut, puis on fait aussi des produits raffinés, de sorte que ça nous amène à avoir une économie qui est un peu plus résiliente qu'on aurait pu penser. Donc croissance au 2e trimestre qui excède les anticipations 3,3 %, puis remarque c'est première fois depuis 2025 qu'on a une croissance la ligne rouge au-dessus de la ligne bleue des États-Unis, donc on a surperformance. Puis là tu peux voir que la surperformance ça vient aussi des commodités, des produits énergétiques, parce que la façon de regarder si tu regardes le revenu intérieur brut, ça montre l'effet richesse dégagée de pouvoir vendre des prix énergétiques plus élevés puis c'était une croissance de 8 % donc lorsque tu as l'effet richesses positifs, plus de profits, t'as des embauches qui ont été quand même résilientes, capacité de revenus supplémentaires des gouvernements. Donc l'économie canadienne a bien tenu le coup à cause de son secteur énergétique.
Et tu nous l'avais dit qu'il n'y avait pas eu de récession malgré les deux trimestres consécutifs donc le graphique te donne raison.
Ah bon point on avait dit que deux trimestres négatifs c'était pas une condition nécessaire pour une récession je pense on avait raison à ce niveau-là mais remarque l’historique a été révisé donc il y a plus de deux trimestres négatifs en plus donc je pense qu'on a levé hors de tout doute le fait que l'économie canadienne était pas en récession le trimestre passé.
Oui et comment ça se traduit tout ça sur le marché boursier?
Ben c'est tellement fort, revenu intérieur brut c'est tellement
puissant au niveau des bénéfices que le secteur énergétique, secteur
aurifère aussi a bien fait, mais ce qui amène à S&P/TSX qui est
une bourse qui surperforme les autres au 3e trimestre, donc ça te
montre que l'impact sur la bourse s'est reflété sur l'économie. Un
certain lien quand même, Nancy. Tout à fait. Mais faut juste faut pas
être trop gourmand puis extrapoler pour les prochains trimestres.
Bon et minuit une la nuit dernière, vraiment on est à propos de tourner cette capsule ce matin! Les tarifs sur les produits américains sont entrés en vigueur, qu'est-ce que ça veut dire dans ce contexte?
On verra, donc les tarifs sont entrés en vigueur parce que le Canada voulait faire des contre tarifs par rapport au tarif américains qui sont entrés en vigueur au mois d'août, qui font en sorte que le Canada a perdu l'avantage tarifaire par rapport à l'ensemble de la moyenne mondiale. OK il en existe encore un légère avantage, mais il a fondu de moitié à peu près Nancy, donc le Canada a dit non, ce n'est pas acceptable, je mets mes propres contre tarifs, donc on verra au cours des prochains mois. Moi je pense qu'il faut faire attention parce que l'impact de tout ça, si ça devait persister, va avoir un effet négatif sur l'économie, les profits, peut-être sur la bourse canadienne autant que mondiale, à vérifier. On peut pas continuer avec des tarifs à 50 % trop longtemps, donc il va falloir trouver un terrain d'entente avec nos partenaires commerciaux.
Et plusieurs États américains vont souffrir de cet État.
Ben je pense que c'est un bon point de dire que la stratégie d'y aller avec des contre tarifs le Canada parce que sachant que ça peut même nous nuire aussi, c'est le fait qu'on peut peut-être compter maintenant sur l'appui de plusieurs gouverneurs d'États américains. Faut pas oublier qu'il y a 27 États aux États-Unis pour qui le Canada est le principal marché d'exportation. Donc je pense que la logique canadienne de dire je mets des contre tarifs, dollars, dollars par rapport à ce que les Américains ont fait au mois d'août, c'est une façon d'amener. Puis note que le Canada c'est 27 États qui transigent le plus avec le Canada à travers de ça c'est beaucoup plus qu'au Mexique qui est une dizaine d'États. Donc je pense que les contre tarifs canadiens amènent plusieurs États américains peut-être à s'immiscer dans la discussion et ne pas laisser ça uniquement à la Maison Blanche parce qu'il y aura des impacts négatifs sur l'emploi aux États-Unis si ça devait perdurer. Donc peut-être que les contre tarifs amènent un dénouement ou accélèrent un dénouement pour trouver un terrain d'entente. Ça va être important Nancy, parce qu'encore une fois on peut pas maintenir 50 % de tarifs des deux côtés de la frontière. Donc je pense que c'est peut-être.
Ce contrepoids.
Ce contrepoids-là. Puis donc c'est faux de dire que le Canada n'a aucun impact aux États-Unis. Dites pas ça au gouverneur des États qui exportent davantage au Canada qu'ailleurs dans le monde. Donc je pense que souhaitable je pense dans notre prévision qui aura un terrain d'entente au cours des prochaines semaines. C'est ce qu'on doit rechercher pour les deux côtés de la frontière.
Ben merci beaucoup Stéfane, je pense que les personnes qui nous écoutent vont lire avec attention toutes les recherches qui vont être publiées par toi et tes équipes au cours des prochains jours parce que ça va certainement bouger. Donc merci à tous d'avoir été là. Encore une fois on essaie de faire de la lumière sur des situations qui bougent à tous les jours donc merci de partager avec nous tes connaissances Stéfane.
Merci.
Merci à tous.
Bonjour à tous, nous sommes mercredi le 15 juillet 2026. Mon cher Stéfane, un plaisir de te recevoir. Alors dis donc, est-ce que le marché boursier commence à s'essouffler ?
Géopolitique, prix du pétrole et détroit d’Ormuz
Si je te présente le graphique Nancy, tu pourrais voir que il semblerait que oui. Donc le dernier sommet du marché boursier c'est début juin donc on perçoit un certain essoufflement t'as absolument raison.
Aïe Aïe Aïe. Et donc ça c'est lié entre autres à ce qui se passe macroéconomique bien entendu.
Ouais donc il y a la canicule, puis en plus il fait plus chaud dans le détroit d'Ormuz, ce qui fait en sorte que le prix de l'énergie est en hausse. Puis remarque que au niveau du prix du baril de pétrole on est allé au-dessus de 100 $ sur le prix du Brent, mais là on a baissé beaucoup. Puis avec ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz, ça remonte de façon quand même importante au cours des dernières semaines.
Tout à fait. Puis on voit déjà ce matin aussi là qu'il y avait encore certains bombardements. Donc on n'aura pas une réponse aujourd'hui sur est-ce que ça va réouvrir ou pas ?
La certitude qu'on a c'est que le détroit d'Ormuz, nonobstant les dire des politiciens, mais il est pas ouvert. Puis ce que ça fait Nancy, c'est que il y a un impact sur le prix du baril de pétrole. Mais il y a plus que ça dans le dernier mois parce qu'il y a aussi une autre guerre qui se déroule ailleurs en Europe en particulier, où là il y a des destructions d'infrastructures, de raffinerie de pétrole auxquelles on assiste, de sorte que ça a amené la Russie même à interdire les exportations de diesel autour au niveau mondial. Puis ça c'est un fournisseur à peu près 11 %. Donc j'ai le pétrole brut qui est impacté. Puis au niveau des produits raffinés, de la destruction des capacités de raffinage, elle est au niveau mondial présentement. Ce qui fait en sorte que les coûts de raffinage ont explosé à un niveau inédit. Nancy, on surpasse même ce qu'on avait vu en 2022.
Mon Dieu, alors c'est sûr que ça a un impact à la pompe ?
Ben c'est ça, parce que là tu pourrais dire mais non mais là le pétrole il est pas à 100 $, pourquoi le prix de l'essence va remonter à un niveau record ? Ben c'est à cause de ce qui se passe au niveau du raffinage. Puis remarque, le prix de l'essence ou du diesel est en hausse de plus de 45 %. Donc il y a le prix du brut, mais il y a le prix des produits raffinés. Puis en bout de ligne l'économie fonctionne avec des produits raffinés non pas le brut donc c'est pour ça qu'il faut être prudent pour les prochains mois.
Pressions sur les chaînes d’approvisionnement et risques d’inflation
Ouais tout à fait. Et quelles sont nos prévisions de retour à la normale dans le détroit d'Ormuz ?
Bien elles sont pas très intéressantes je dois t'avouer parce que si tu regardes au niveau des marchés, genre la firme Polymarket où les gens peuvent s'exprimer sur leur vision de réouverture ou pas. Écoute, c'est tout nouveau qu'on utilise ça Nancy. Mais bon les probabilités de réouverture en 31 juillet 2 % d'ici septembre 27 % ça va faire 6 mois en septembre que le détroit d'Ormuz est impacté négativement, donc ta chaîne d'approvisionnement elle va s'en ressentir. Puis on voit pas pour l'instant de capacité de réouvrir le détroit d'Ormuz d'ici la fin de l'année donc il est faux de penser qu'il y aura pas des ramifications sur la chaîne d'approvisionnement au cours des prochaines semaines.
Ben justement parce que même si on rouvrait le 31 décembre, le lendemain, tout ne se retrouve pas dans nos paniers d'épicerie ou à la pompe dans nos marchés mondiaux.
Ben t'as raison, faut reconstituer les inventaires de tout ça. Fait que ce que ça veut dire, c'est que pour l'instant, c'est que les pressions sur des chaînes d'approvisionnement mondiales sont à des niveaux qu'on n'a pas vu depuis la récession COVID. Historiquement Nancy ce que ça veut dire, c'est que tu peux avoir des surprises d'inflation à la hausse au cours des prochains mois. Bon je sais que le rapport d'inflation aux États-Unis semblait pas pointé vers ça, mais l'IPC c'est une façon de mesurer l'inflation. Après il y a ce qui se passera au niveau des coûts de production au niveau des entreprises, puis c'est là où ça pourrait augmenter au cours des prochains mois. Donc faut pas être complaisant. On doit composer avec cette incertitude là qui devrait perdurer pour encore plusieurs semaines.
Des attentes de bénéfices ambitieuses malgré l’incertitude
Et malgré tout ça toute cette incertitude dont on parle depuis qu'on a commencé notre conversation les marchés boursiers sont encore, les attentes des marchés boursiers sont encore à des sommets.
T'as raison, fait que pourquoi on fait du sur place et que ça baisse pas à la bourse et c'est seulement du sur place. Mais t'as raison, c'est parce que les attentes de croissance des bénéfices par action au niveau mondial presque toutes les régions du monde sont encore prévues ou les anticipations c'est encore pour des des croissances des bénéfices de plus de 20 %, 20 % ou plus dans presque toutes les régions du monde. Donc tu vas me dire Ouais c'est pas fait partout Stéfane c'est vrai que l'Europe puis le Japon c'est un peu plus faible.
Mais t'as aucun négatif ?
Non.
C'est déjà assez surprenant.
C'est du 2 chiffres, ce qui serait exceptionnel dans le contexte actuel. Donc pour la bourse, on va si tu veux carburer, si tu m'excuses d'utiliser l'expression, on va carburer à la saison des bénéfices qui est à nos portes aux États-Unis, mais ce qui se produira au cours des prochains mois, moi je pense que on peut avoir des surprises qui pourraient être un peu plus négatives en 3e et 4e trimestre. 2e trimestre, on sait déjà qu'il démarre quand même bien.
Oui.
Mais 3e, 4e trimestre si ma chaîne d'approvisionnement demeure bouchée ou bloquée.
Ça va avoir un impact potentiel.
Ouais.
Banque du Canada, taux d’intérêt et rebond du PIB
Et ce matin, nouvelles de la Banque du Canada, donc on ne bouge pas les taux d'intérêt.
Bien tu m'en avais, tu m'avais questionné le mois passé, je disais je pense pas, puis en fait ils ont passé leur tour, donc on demeure dans une structure au Canada où tu sais la zone euro ils ont monté leur taux là il y a à peine un mois. Donc au Canada on demeure dans une juridiction où les taux d'intérêt demeurent relativement bas.
C'est intéressant. Puis t'as une autre bonne nouvelle au niveau de l'emploi.
Mais j'en ai 2, avant ça oublie pas la Banque du Canada a révisé à la hausse sa prévision pour le 2e trimestre.
T'as raison.
Ils sont à 2,5 %. Donc tu sais les gens avaient beaucoup parlé des 2 trimestres négatifs donc il y a eu un rebond.
Tu nous disais que c'était pas une vraie récession malgré les 2 trimestres.
L’emploi au cœur de la résilience canadienne
Puis que le rebond semblait se propager ou se confirmer pour le 3e trimestre ce qui est fait. Mais l'autre chose t'as absolument raison. Ce qui est important, c'est que c'est vrai que la population est en baisse au Canada, mais l'immigration permanente continue d'entrer au Canada. Puis c'est important parce que ça, c'est surtout les gens de 25 à 54 ans qui ont une incidence importante sur le site de crédit. Puis sache Nancy que les travailleurs ou le nombre de travailleurs de 25 à 54 ans a augmenté de 88 000 au cours des 2 derniers mois. Oui, c'était moche les mois précédents, mais on a fait un rebond important, puis on attend un nouveau record au Canada.
Puis effectivement, ce sont ceux qui vont consommer davantage, les instruments de crédit de consommation.
C'est vrai que c'est dommage pour les 15 à 24 ans, les étudiants étrangers qui sont frappés par la politique d'immigration. Mais encore une fois, l'immigration permanente, elle continue de demeurer positive au Canada, même si la population chute à cause des étudiants étrangers, les travailleurs temporaires pour la plupart, mais pour l'impact sur l'économie, les 25 à 54 ans, ça c'est important Nancy, donc ça veut dire que ça confirme tes chances d'avoir une meilleure performance économique au Canada en 2e moitié de l'année.
Pétrole, diversification et dollar canadien
Puis on se donne aussi les moyens de pouvoir assurer notre croissance au Canada.
Ben c'est important. Nancy, c'est que la grosse annonce lapsus, grosse annonce avec au niveau du fédéral pipeline entre l'Alberta et la Colombie britannique pour se donner de nouveaux débouchés au niveau de la production totale de pétrole, qui devrait passer bientôt à 6 000 000 de barils par jour. Le pipeline n'est pas construit, il y a déjà des des optimisations qui étaient en cours Nancy, mais c'est important parce que c'est aussi un effet levier pour l'économie, diversification mais autre chose, c'est que c'est aussi un effet levier pour des négociations avec la, tu m'avais expliqué là au niveau du CUSMA, je m'excuse, j'ai oublié la traduction française, là.
Le Oh mon Dieu.
L'accord de libre échange Canada-États-Unis, puis le Mexique donc on pourrait peut être entériner une une réouverture de l'accord ou une signature positive d'ici les prochains mois, dans un contexte où le pétrole est un atout névralgique pour, le pétrole canadien est un atout et névralgique pour les Américains. Donc j'ai toujours bon espoir que des nouvelles positives à ce niveau-là au cours des prochaines semaines, même si les Américains l'ont pas entériné début juillet.
Ouais puis de toute façon on sait que c'est pas parce qu'il est pas entériné que tout tombe, tu nous avais expliqué à la dernière rencontre aussi, donc business as usual pour l'instant tu nous donnes la belle nouvelle que t'as espoir que ça va se signer.
C'est reconduit, c'est juste que j'ai mon incertitude par rapport à est-ce que je me lance dans un investissement à long terme si j'ai pas accès au marché américain. Mais encore une fois, je pense que les nouvelles en provenance d'Ottawa demeurent positives. Oubliez pas, on a un symposium sur l'investissement au Canada d'ici Septembre. Puis je pense que il y aurait lieu de penser qu'on aura de meilleures nouvelles avant que le symposium se réalise, puis qu'il vienne au Canada là.
Merci Stéfane. Alors malgré toute cette incertitude macroéconomique, tu nous a communiqué quand même de bons messages positifs. C'est l'été, on doit quand même se reposer. Donc malgré tout ça, continuez à faire confiance à votre investissement, continuez de faire confiance à votre conseiller et on vous souhaite de bonnes vacances pour ceux qui en prennent. Et on se revoit au mois d'août. Merci Stéfane.
Merci.
Bonjour, bienvenue à Impact économique. Nous sommes le 10 juin 2026. Stéfane, merci d'être là.
Bonjour Nancy, j'ai peur des questions que tu vas me poser aujourd'hui.
C'est ça là aujourd'hui je vais commencer avec un gros mot, je vais commencer avec le mot récession, est-ce que on est en récession ou pas?
Non.
Bon! Belle nouvelle.
C'est parce que tu sais, faut démystifier Nancy, la façon de faire de la vieille époque, puis de regarder simplement le PIB deux trimestres de suite puis de clamer haut et fort que c'est une récession. Faut faire attention. Il y a beaucoup plus de nuances dans une économie globalisée dans laquelle on opère présentement. Cela étant dit, je ne vais pas te cacher qu'on a une croissance décevante au Canada, puis sur une base annuelle tu remarqueras que ben on est en train de stagner présentement.
C'est pas loin de zéro.
T'as raison. Puis tu sais, il y a une grosse différence avec les Américains présentement, donc clairement moi je te dirais que l'économie canadienne sous performe au premier trimestre.
Effectivement, et donc ça explique la décision de la Banque du Canada de ce matin, on n'a pas bougé les taux.
On n'a pas bougé les taux, on ne les a pas baissés parce que si on était en récession ils auraient baissé les taux, on s'entend là-dessus.
Mais là, c'est le premier trimestre qui était décevant. Le 2e trimestre, Nancy, tu sais une récession, c'est la diffusion, le nombre d'entreprises qui vont mal mais aussi ce qui se passe au niveau du marché de l'emploi. Or au mois de mai, on a un rebond spectaculaire de l'emploi à temps plein qui nous ramène à un sommet de tous les temps donc pour avoir une récession digne de ce nom, faut que j'ai un marché du travail qui continue de s'affaisser plutôt que d'afficher un rebond.
Ça c'est une belle nouvelle.
C'est une excellente nouvelle. Puis tu sais Oh en passant Nancy, 158 000 emplois créés à temps plein au mois de mai c'est la meilleure performance à vie pour le Canada sauf pour la période COVID bien évidemment, donc c'est un rebond spectaculaire.
Puis ces emplois-là privés, publics? Parce qu'on sait quand c'est public, souvent tu sais ce sont des subventions déguisées un petit peu, donc la qualité de la donnée.
Je te rassure il y a plus de privé que de public.
Excellent donc merci à nos entrepreneurs qui continuent, qui continuent d'investir et il se passe quoi sur sur notre balance commerciale?
Ben le PIB selon que c'est tributaire de la consommation des consommateurs qui était positive au premier trimestre qui devrait rebondir au 2e trimestre, mais aussi la composante exportation est importante pour le Canada. Puis tu sais, on en avait parlé avec le choc énergétique, choc pétrolier, est-ce que le Canada va en profiter un jour, est-ce que ça va doper la croissance. Je te confirme, les exportations nettes d'énergie atteignent un record de tous les temps au 2e trimestre, ce qui ramène notre solde commercial en territoire positif. Donc j'ai deux composantes extrêmement importantes pour la croissance économique qui affichent une tenue très respectable, en fait un gros rebond au 2e trimestre donc le PIB va être beaucoup plus fort au 2e trimestre qu'au premier.
Ben c'est intéressant, mais malgré toutes ces bonnes nouvelles, tu nous as commencé avec une slide un peu épeurante qui finalement s'avère favorable, deux beaux graphiques de suite, mais malgré tout notre devise à l'aube des vacances d'été de nos familles canadiennes, notre devise qui est dans le fond du baril.
Ben je t'ai épargné parce que t'es partie en vacances avec un dollar canadien qui était pas mal plus fort de là où on est présentement. En fait on est revenu Nancy au plus bas niveau du mois de mars qui coïncide avec la plus grande inquiétude par rapport aux événements du détroit d'Ormuz qui n’est pas encore réouvert soit disant.
Effectivement.
Donc oui le dollar canadien c'est la moins bonne performance des devises réserves autour de la planète.
Et pourtant Stéfane, quand moi j'étais à l'école, là on appelait le dollar le pétrodollar. Et là tu viens de nous montrer que nos exportations d'énergie sont bonnes. Qu'est-ce qui a changé?
Ben on est devenu un oréo dollar si tu veux. Donc l'or est devenu une déterminante importante. Puis remarque le prix de l'or qui est qui passé de plus de 5 000 $ à en deçà de 4 400 $, on est autour de, même de près de 4 000 $ aujourd'hui, puis ça c'est important Nancy, parce que les corrélations inter marchés ne sont pas stables dans le temps. Or tu remarqueras que la variable qui est la plus corrélée avec le dollar canadien présentement, c'est l'or. Puis en fait je te dirais c'est pire que ce que tu pensais par rapport au pétrole, parce que on est corrélé, corrélation inversée par rapport au pétrole, ce qui est inédit.
On n’a jamais vu ça donc mes notes d'école étaient encore bonnes, c'est juste que là on est dans un autre environnement.
Mais tu sais dans un environnement géopolitique incertain que les corrélations peuvent changer, donc faut composer avec ça. Puis je ne pense pas que le dollar canadien a beaucoup plus de potentiel baissier à partir d'ici, mais si je devais expliquer ce qui s'est passé dans les dernières semaines, c'est la corrélation or/dollar canadien qui a primé.
Puis t'avais des belles diapositives là dans certaines présentations qu'on a fait ensemble aussi sur notre notre besoin d'électricité. Parce que si on veut avoir de l'intelligence artificielle, si on va être capable d'avoir des centres de données, ça nous prend de l'électricité et donc t'as une bonne nouvelle encore pour nous.
C'est tellement important ce qui s'est passé. Tu sais qu'au mois de mai, le gouvernement fédéral a déposé une entente de principe avec l'Alberta, et en même temps pour déposer une nouvelle stratégie d'électrification pour le Canada. À savoir que si on veut participer à la révolution industrielle qui est l'intelligence artificielle, j'ai besoin de doubler le réseau électrique canadien d'ici 2050. Donc je m'explique, les gens ont dit bon c'est peut être pour faire plaisir à l'Alberta tout ça. Absolument pas, penses y Nancy en Ontario, au moment où on se parle, le gaz naturel maintenant dépasse l'hydroélectricité comme source, 2e source de génération d'électricité en Ontario. Tout ça pour te dire qu'il n'y a pas de capacité excédentaire sur le système électrique canadien si on n’utilise pas le gaz naturel.
Et ce n’est pas un désaveu de notre de notre besoin à long terme d'avoir quelque chose de plus éco-responsable.
T'as totalement raison, la réalité c'est que la transition énergétique dans les anciennes politiques était beaucoup plus rapide par rapport à la capacité d'adaptation du Canada, là en rendant le gaz naturel comme énergie de transition, je permets à rebâtir le nucléaire ou l'hydro électricité en Ontario tout en assurant aux ménages et aux entreprises canadiennes une capacité électrique et une certaine abordabilité qui va nous permettre de compétitionner avec le reste. C'était majeur parce que y a aucune autre politique de réindustrialisation du Canada qui s'appliquait. Si on avait pas la permission d'utiliser le gaz naturel comme énergie de transition. C'est majeur, puis ça me rend beaucoup plus optimiste par rapport au prochain trimestre pour l'économie canadienne.
C'est excellent, puis nos marchés ont l'air de quoi ces temps-ci?
Je sais que tu voulais qu'on s'en reparle. Regarde, au 2e trimestre jusqu'à présent on a fait 23 % sur les pays émergents, le S&P 500. 2e trimestre, c'est quoi, c'est un mois et on est le 10 juin.
Un mois et 10 jours.
On fait que commencer, donc c'est une performance exceptionnelle. Tu vois normalement des rendements comme ça sur l'année au complet. Tout ça pour te dire Nancy, c'est que les gens ont
perçu qu'il avait à avoir une meilleure croissance cette année, peut-être qu'on pensait mais il y a beaucoup de bonnes nouvelles qui sont escomptées donc je ne peux pas vous garantir une aussi bonne performance pour la 2e moitié d'année. Faudra composer avec certains éléments d'incertitude.
Oui, puis entre autres incertitudes de créer encore par le détroit d'Ormuz qui n'est pas réouvert.
Non ce n'est pas fini. Puis en fait les récentes probabilités c'est que ça réouvre pas avant peut-être la fin de l'été, donc c'est 6 mois d'interruption sur la chaîne d'approvisionnement manufacturière mondiale. Puis tu remarqueras jusqu'à présent Nancy tout le monde disait Ouais mais.
On a des réserves.
Ouais on a des réserves ou les pénuries c'est tout ce qui est relié à l'IA. Mais non, là présentement on voit les résines, l'aluminium, les métaux, l'acier, on commence à détecter des pénuries au niveau du secteur manufacturier américain donc c'est pas fini le détroit d'Ormuz, plus il reste fermé longtemps plus j'ai des enjeux de pénurie puis la façon dont ça se résulte Nancy c'est que les enjeux de stress sur la chaîne d'approvisionnement mondial des États-Unis, Ben ils sont parmi les plus aigus qu'on a connus depuis la COVID donc c'est pas fini le détroit d'Ormuz puis l'impact sur l'inflation.
Ouais c'est ça, l'inflation américaine va continuer à monter.
Elle est sortie à plus de 4 % ce matin.
Aïe aïe.
Donc puis écoute, en début d'année on mettait seulement 15 % de probabilité à ce que l'inflation dépasse 4 %.
Et on y on est.
On est déjà là, on est au-dessus, on a 4.2 %.
Sans que la chaîne d'approvisionnement soit réouverte.
Avant même que la chaîne le soit, absolument.
Et t'as toujours une belle diapositive aussi sur la Chine, alors parle nous de ce qui se passe.
C'est parce que des compagnies qui vont venir au marché, il y a beaucoup d'engouement présentement hein pour tout ce qui est relié à l'IA. Puis les gens disent écoutez, c'est des profitabilités à escompter qui seront extraordinaires pour les compagnies américaines reliées à l'IA. Moi tout ce que je veux faire ressortir Nancy ici, c'est que bon, en 2023 les Américains avaient 35 % d'avance sur la performance des modèles IA. Mais en Chine, ce qu'ils ont dit pour faire leur rattrapage des États-Unis, moi je vais à un modèle open source donc ouvert.
Comme ça ils peuvent contribuer.
Puis Nancy ils ont rattrapé leur retard, qui plus est ils sont capables d'offrir leur modèle à 1/7 du coût des compagnies américaines. Donc tout ça pour dire Nancy c'est il y a beaucoup d'engouement, mais il n’est pas évident que les perspectives de profits sont aussi extraordinaires que ce qu'on présente présentement parce que j'ai un compétiteur formidable aux compagnies américaines en IA, on est très loin des années 2000, où les Américains avaient le monopole de la nouvelle technologie, ce n’est pas le contexte actuel, donc soyons prudents.
Et ça donc ça nous rappelle que c'est important de faire nos recherches avant d'investir. C'est important de parler à nos conseillers parce que on ne sait jamais, il ne faut pas juste embarquer sur le hype, sur la saveur du moment. Donc je vous invite dans ce contexte-là et de tout ce qu'on lit dans les journaux avec les les appels publics à l'épargne de prendre le temps de bien faire vos recherches, parlez avec vos conseillers pour être sûr que ça vous convient.
Puis tu sais Nancy on peut jouer l'intelligence artificielle, la révolution industrielle, l'intelligence artificielle de façon directe ou indirects dans certains secteurs. Donc vous pouvez faire cette recherche là, y'a pas juste ces compagnies là.
Ce n’est pas juste la compagnie, c'est toutes les matières premières qui entrent dans les composantes. Effectivement.
Absolument.
Stéfane comme toujours un plaisir de faire ces capsules là avec toi j'adore ça, j'espère que ça vous a plu. Beaucoup d'effervescence dans les prochaines semaines et vendredi de cette semaine dans les marchés et sur ce je vous souhaite bonnes vacances pour ceux qui prennent des vacances et on se reparle dans un mois. Merci Stéfane.
Merci.
Alors bonjour, bienvenue à Impact économique. Nous sommes mardi le 28 avril 2026. Stéfane, comme toujours un plaisir de te revoir. Un mois plus tard, qu'est-ce qui se passe?
Il y a de l'action partout.
Ok, dis-nous en plus.
Il y a plein d'action partout, mais c'est le statu quo par rapport au mois passé. Le prix du pétrole a varié mais on est revenu à 100 $ Nancy.
Alors on a connu de la variation durant le mois.
Oui, t'as raison, beaucoup de péripéties aussi. La raison pour laquelle on reste à 100 $ Nancy, c'est que nonobstant ce que les politiciens nous disent autour de la planète, il y a rien qui se passe dans le détroit d'Ormuz.
Ce qui est quand même inquiétant.
Ta chaîne d'approvisionnement manufacturière demeure bloquée puis là tu entres dans un 3e mois de blocage avec des inventaires qui se raréfient, donc.
Stéfane, est-ce que c'est pour ça que ce matin les Émirats arabes ont annoncé qu'ils sortaient de l'OPEP?
Il y a certainement un lien. Ça fait plusieurs, plusieurs années qu'ils étaient frustrés, mais là, il y a un processus plus c'est fermé longtemps, moins j'ai de revenu. Moi je vais devoir reconstruire les infrastructures détruites au cours des derniers mois. Pour ce faire, je vais devoir produire plus. Donc les États arabes unis se sont dit, ben moi je ne veux plus faire partie d'un club qui restreint ma liberté de pouvoir produire pour me reconstruire. C'est très certainement relié à ça Nancy, mais ça revient à ce qu'on disait avant. Il y a un changement structurel qui s'opère au niveau de la chaîne d'approvisionnement qui va même impacter la soi-disant cohésion qu'il y avait avec l'OPEP depuis quelques années.
Oui.
Oui.
Tout à fait.
Oui.
Et quelles sont nos espoirs de voir le détroit d'Ormuz rouvrir rapidement? Je sais que t'as pas de.
Ben premièrement de faire une lecture quotidienne, puis en passant sur notre site Internet on fait la lecture, la vigie de ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz. Donc encore une fois, pour l'instant, rien qui se passe mais, puis les probabilités que ça réouvre à court terme, écoutez pour la fin du mois c'est 1.8 %.
Ça arrivera pas.
Pour le 31 mai c'est 39 %, c'est à peu près les mêmes probabilités qu'on donne présentement sur Polymarket pour les Canadiens de Montréal gagnent la série contre Tampa Bay donc juste. En passant en passant. Donc rien avant la fin juin pour le moment. Puis encore une fois Nancy, ça ça impacte la chaîne d'approvisionnement parce que j'insiste là-dessus, c'est pas juste l'énergie qui est bloquée, c'est l'approvisionnement en hélium, en aluminium. L'aluminium en fait les alumineries ont été détruites donc on peut pas les rouvrir du jour au lendemain.
Non ça va être long.
C'est la raison pour laquelle les prix sont un record de tous les temps. La production d'engrais chimiques, le plastique encore une fois. Donc, il y a une raréfaction des inventaires, puis ça va commencer à frapper dans les prochaines semaines.
Et ça ça veut dire donc l'épicerie, les fruits et légumes cet été malheureusement pour les Canadiens risquent de coûter plus chers.
Les probabilités sont plus à ce que ce soit plus haut que plus bas. Tu as absolument raison, je peux pas impacter une chaîne d'approvisionnement avec le coût d'énergie sans avoir un impact sur le prix de la nourriture, c'est corrélé, Nancy.
Et pourtant, malgré tout ce que tu nous dis ici, on voit des records.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La preuve: la bourse est à un record de tous les temps. Ce qui est inédit dans un contexte de choc pétrolier, parce que comme on en avait parlé, historiquement, choc pétrolier ça entraîne souvent, en fait plus souvent, en fait toujours accompagné d'un choc d'un environnement baissier pour la bourse, donc une baisse d'au moins 20 %. Cette fois-ci c'est particulier, c'est un record de tous les temps pendant même que le choc n'est pas complètement résolu. Ça c'est vraiment inédit.
Ouais donc on navigue maintenant dans des eaux jamais naviguées.
Mais une raison pour laquelle la bourse est à ce niveau-là, c'est pas que c'est les gens sont complaisants, c'est que, en passant, petite parenthèse avant qu'on parle à l'autre sujet. C'est toutes les classes d'actifs qui sont en hausse, c'est pas juste la bourse hein. Toutes les classes d'actifs depuis le début de l'année sont en hausse. Donc, imagine toi Nancy, j'ai un choc pétrolier qui en général amène énormément de volatilité sur les classes d'actifs, puis je me retrouve à un sommet avec des classes d'actifs qui offrent un rendement positif depuis le début de l'année.
Oui et on voit ici le marché émergent donc on sait que du côté de l'Asie c'est, écoute, dithyrambique les attentes des marchés.
C'est ce qui se passe au niveau des marchés, c'est que les marchés montent. Pourquoi? Parce qu'au même moment que le choc pétrolier, j'ai les révisions des bénéfices les plus positives depuis plusieurs années au niveau mondial. Mais dans l'Asie émergente, la région du monde qui est soi-disant la plus négativement impactée par le détroit d'Ormuz, sa fermeture, ben l'Asie émergente maintenant enregistre ses meilleures révisions à la hausse des bénéfices. Oui il y a des histoires comme ah la Corée, les semi-conducteurs ça va, les puces informatiques ça va bien, mais il y a plus que ça Nancy. Il y a aussi la capacité de produits manufacturiers, de puissance manufacturière comme la Chine qui ont une capacité d'augmenter leur prix aussi. Donc.
Tout à fait.
À voir.
Tout à fait. Et donc si on regarde nos estimés ou nos prévisions de marché. En janvier dernier, toi et moi on regardait ça pour dire mon Dieu, ils vont doubler. Ce qu'on avait fait en 2026, on trouvait déjà que c'était beaucoup.
Ben on disait en janvier, 15 % c'est 50 % d'augmentation.
Ouais.
C'est agressif.
Ouais.
Là on est rendu à doubler, t'as raison 22.1 %, donc c'est des révisions de bénéfices exceptionnelles. On s'attend maintenant à une croissance des bénéfices par action à 54 % dans la zone asiatique. Toutes les régions du monde à part le Japon voient une amélioration au niveau des marges bénéficiaires. C'est ça qui est un peu la contradiction par contre. Donc je peux comprendre que les révisions à la hausse au niveau des bénéfices, mais est-ce que les compagnies vont vraiment pouvoir livrer la marchandise sur ce qu'on indique présentement, donc doubler la croissance des bénéfices par rapport à l'année passée?
Beaucoup d'attente dans le marché.
Tout est possible mais c'est de plus en plus ambitieux. Faut pas surprendre les gens à la baisse là, à négativement au cours des prochaines semaines.
Et pourtant le dollar américain.
Ben c'est cohérent avec ce qui se passe Nancy, parce que si les gens se disent ça va bien dans le meilleur des mondes, ben le dollar américain.
On se refuge moins.
C'est moins la valeur refuge, donc je reviens où j'étais au même niveau qu'au début de la guerre, donc ça c'est cohérent à ce niveau-là. Encore une fois ce que je dis Nancy, c'est est-ce que vous pourrez les compagnies livrer ce que vous promettez au marché présentement si je demeure fermé même encore un mois sur le détroit d'Ormuz, il y a certainement quelqu'un qui va se faire prendre au niveau des marges bénéficiaires, mais on va tester cette hypothèse là au cours des prochaines semaines.
Et pourtant malgré qu'on voit ça, puis là toi et moi on n'est pas d'accord là-dessus puis c'est correct, mais il y a pas une appréciation si grande du dollar canadien par rapport à la devise américaine. Je sais que tu vas me contredire.
On se maintient quand même. Tu vois on est autour de 1.36. Moi j'aurais pensé que dans le contexte du choc pétrolier, le dollar canadien a été 5 sous déprécié plus qu'il l'est présentement donc.
Alors qu'il y a une légère amélioration.
Quand tu te compares, tu le consoles, ça je comprends la frustration des gens, surtout ceux des gens qui veulent voyager.
Exact.
Mais c'est savoir, moi je pense que si tu commences à décevoir au niveau des bénéfices, dollar américain pourrait commencer à se réapprécier. Puis là tu vas être encore moins contente avec moi parce que dire le dollar canadien il va se déprécier au lieu de s'apprécier.
Oh tout à fait.
Mais cela dit Nancy, j'ai bon espoir que d'ici la fin de l'année, on continue à voir une appréciation du dollar canadien. Pourquoi? Parce qu'on bénéficie quand même de la fermeture du détroit d'Ormuz, puis de l'impact sur le prix des commodités étant donné que nous sommes un exportateur de commodités.
Tout à fait. Et d'ailleurs le Canada, plusieurs de nos classes d'actifs performent.
Oui, puis au niveau des commodités, puis ça c'est important. 52 % de tout ce que le Canada exporte en commodité, c'est de l'énergie en général. Mais n'oubliez pas, il y a des métaux qui sont à un record de tous les temps, des produits agricoles, tu sais, oui, c'est dommage, le prix de la nourriture va coûter plus cher au Canada, mais il y a des agriculteurs quand même qui en bénéficient au Canada, donc ça ce sont des grosses composantes. Fait que, quand je le mets tout ensemble Nancy, puis tu sais, on va avoir une mise à jour économique cet après-midi d'Ottawa, ça amène que y a des perspectives budgétaires qui étaient peu reluisantes en début février qui deviennent soudainement beaucoup plus reluisantes. Je t'explique, donc en février le gouvernement fédéral ils avaient la croissance des revenus va être de 3 % cette année, mais avec ce qui passe auprès des commodités t'es à 5 %. Pour des provinces comme l'Alberta, l'Alberta était la plus pessimiste de toutes les provinces au Canada cette année. Ils disaient, moi j'aurais juste 1.9 % de croissance des revenus, tu te retrouves à plus de 7 %, puis pour la Saskatchewan qui exporte aussi de la potasse.
Oui.
C'est à 9 %. Donc note que le Québec, l'Ontario en bénéficie un peu, mais il y a une composante importante. Puis avec la manne de revenus plus importante qui peut être générée avec le prix des commodités, ça amène au gouvernement fédéral d'explorer davantage les façons d'attirer des capitaux vers le Canada. Avec l'annonce d'hier, là peut-être un fond souverain.
Tout à fait.
Créé au Canada. Oui.
Tout à fait. Donc, ton mot de la fin, Stéfane?
22 % en attente de croissance, c'est très ambitieux, je veux y croire Nancy, mais tu dois me le prouver dans les prochaines semaines que la fermeture du détroit d'Ormuz n'a aucun impact sur les marges bénéficiaires, donc je m’attends peut-être avec un peu plus de volatilité. C'est certain qu'il y a certains secteurs qui pourront pas livrer la marchandise donc soyez pas surpris, choisissez vos zones géographiques, choisissez votre tolérance au risque, puis on verra au cours des prochains mois si vraiment j'ai des perspectives aussi reluisantes que escomptées présentement au niveau des valorisations.
Ben merci beaucoup Stéfane, toujours éclairant comme toujours. Puis je nous invite tous à suivre justement le site sur notre site web. Le lien va être mis pour voir toutes les mises à jour économiques que vous faites. Les recherches qui sont publiées peuvent nous aider à réfléchir et surtout parlez à vos conseillers pour avoir la chance de prendre tout ce contenu-là et de l'attacher à votre réalité pour vos objectifs financiers. Merci beaucoup d'avoir été là, merci encore Stéfane et on se revoit le mois prochain.
© 2022 - Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale du Canada.
Interdiction d’utiliser ce contenu
Le contenu diffusé sur cette plateforme est protégé par les lois sur le droit d'auteur en vigueur au Canada ou dans d'autres pays, si applicable. Les droits d’auteur dans ce contenu peuvent appartenir à la Banque Nationale du Canada ou à ses partenaires. Vous ne pouvez pas reproduire, rediffuser, communiquer ou utiliser ce contenu en tout ou en partie sans l’autorisation écrite de la Banque Nationale.
Contenu offert à titre informatif seulement
Ce contenu est offert à titre informatif seulement et est sujet à changement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour la Banque Nationale. Il pourrait ne pas être valable pour votre situation. La Banque et ses partenaires ne seront pas responsables des dommages que vous pourriez subir si vous utilisez ce contenu à titre de conseil pour vous ou votre entreprise. Pour obtenir des conseils, vous devez consulter votre conseiller de la Banque, votre planificateur financier ou un professionnel (comptable, fiscaliste, avocat, etc.).
Aucune responsabilité pour le contenu externe et les opinions émises (si applicable)
La Banque Nationale n’est pas responsable du contenu des sites Internet externes référés par hyperlien ou autrement, ni des dommages résultant de leur utilisation.
Les opinions des personnes interviewées ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque Nationale ou de ses filiales.