Les actualités économiques de l’heure, démystifiées. C’est le rendez-vous que proposent nos experts Stéfane Marion et Nancy Paquet.
18 mars 2026 Transcription
Dans cette capsule: Énergie | Inflation | Performance des marchés | Chaîne d’approvisionnement | Démographie
18 février 2026 Transcription
Dans cette capsule: Performance des marchés | Rotation sectorielle | Investissements en IA | Or | Réindustrialisation canadienne
22 janvier 2026 Transcription
Dans cette capsule: Performance des marchés | Relations commerciales | Inflation | Énergie | Perspectives économiques
9 décembre 2025 Transcription
Dans cette capsule: Performance des marchés | Emploi | Politique monétaire | Dollar canadien | Perspectives économiques américaines
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Bonjour, bienvenue à Impact économique. Nous sommes mercredi le 18 mars 2026. Bonjour Stéfane, un plaisir de te revoir aujourd'hui.
Bonjour Nancy.
Stéfane, la dernière fois qu'on s'est vu il y a un peu près un mois, c'étaient les événements au Venezuela qui avaient marqué notre conversation. Et aujourd'hui, un autre événement majeur à l'échelle internationale se produit, c'est-à-dire le conflit en Iran qui malheureusement s'étend à plusieurs pays du Moyen-Orient. Donc d'abord, on veut dire que on est de tout cœur avec les populations qui sont touchées de près ou de loin par ces événements et beaucoup plus difficile pour nous de sentir à distance ce que les gens vivent. Toutefois, grâce à toi aujourd'hui on va comprendre un peu plus quels sont les impacts économiques de ces événements-là, donc je te passerai la parole.
Donc je peux pas parler de tragédie humaine mais je peux parler de peut-être l'impact économique Nancy puis parler que c'est un choc pétrolier qui arrive presque jour pour jour après, 4 ans après.
L'Ukraine.
L'Ukraine.
Qui était en février 2022.
Donc pour aider les gens à comprendre, ce qu'on a fait aujourd'hui c'est qu'on a exprimé le prix du dollar, ben le prix du baril de pétrole en dollars 2026, ce qui nous permet de remonter aux années 70. Remarque qu'à 100 $ le baril, présentement autour de 100 $ le baril, ben on est bien en deçà du 130 $ le baril de 2022. Bien en deçà aussi du choc pétrolier des années 80.
Qui est souvent l'événement auquel on se réfère actuellement.
Oui.
Tout le monde parle de ce choc-là.
C'est un équivalent de pétrole de 160 $. Mais ce que je dirais Nancy, ce qui est important, c'est le premier choc d'offre pétrolier qui émane du Moyen-Orient depuis les années 90 donc.
C'est quand même un événement majeur.
36 ans, donc c'est un événement qu'on essaie de comprendre. Les règles de pousse normalement utilisées par les économistes ne s'appliquent peut-être pas totalement comme ils l'ont fait du passé. Surtout que le détroit d'Ormuz c'est très très important pour l'économie mondiale.
Tout à fait. Et les prix du pétrole c'est une chose, mais il faut les mettre en contexte aussi. Est-ce que tu peux-tu nous aider à voir un peu plus clair?
C'est ça qui rend difficile l'analyse Nancy parce qu'un choc pétrolier ça dépend aussi d'où il se produit dans le cycle économique. Ce qui était particulier de celui de 2022, c'est quoi s'est produit à la sortie de la COVID alors que l'inflation était déjà à 9 %, donc les banques centrales ont pas eu le choix que de réagir. Il dit mon Dieu, l'économie va bien, l'inflation 9 %, je n'accommode pas le choc pétrolier, je monte les taux d'intérêt, les taux d'intérêt à long terme montent aussi. Or présentement l'inflation est autour de 2.5 %, donc il y a un certain degré de patience des banques centrales auxquelles on est en droit de s'attendre. Par contre, il faudra voir pour les prochains mois parce que les droits de remous c'est pas juste du pétrole.
Il y a du soufre.
Gaz naturel liquifié, de l'hélium, ça ça fait partie de la chaîne de production manufacturière. Puis ça ça existait pas dans les années 90 lorsqu'il y a eu le dernier choc pétrolier, donc on verra pour la Réserve fédérale. Tout ce que je peux dire Nancy pour l'instant, c'est que les banques centrales peuvent se permettre d'être un peu plus patientes que 2022, mais encore faut-il composer avec l'impact des tarifs imposés par les États-Unis. Donc il y a de l'incertitude par rapport à la Réserve fédérale.
Effectivement, mais on a vu d'ailleurs ce matin la Banque du Canada a pas bougé ses taux. Faudra voir cet après-midi ce qui se passera pour les États-Unis. Mais t'es déjà assez confiant de nous dire ben je ne devrais pas bouger.
Oui parce que n'oublie pas que dans les années 2022, la raison pour laquelle la Fed majorait ses taux, c'est que l'emploi carburait à une croissance d'emplois de 400 000 postes par mois. Le taux de chômage à 3.2 % présentement. Ça fait 6 mois que les Américains ont pas créé d'emplois, puis le taux de chômage à 4.4 %. N'oublie pas la Réserve fédérale a un mandat double: le marché du travail de même que l'inflation. Donc il y a fort à parié qu'elles vont demeurer sous les lignes de côté, du moins pour les 2 à 3 prochains mois, de façon à voir ce qui se passe avec l'impact du choc pétrolier.
Tout à fait. Et tout ça a un impact sur les rendements boursiers.
Oui parce que n'oublie pas choc pétrolier combiné avec un resserrement monétaire, c'est pas très bon pour la bourse. Puis c'est exactement ce qui s'est passé en 2022. Donc si on regarde au niveau mondial, 12 mois après le début de choc pétrolier, la bourse est en baisse de 17 %, aux États-Unis on est en baisse de presque de 21%. Puis remarque, comme c'est presque aligné jour pour jour, 3 mois après le début de l'année, la bourse est en baisse de 5 % cette fois-ci. Remarque que au niveau mondial pour 2026, donc cette année, on est à peu près inchangé. Donc faudra voir, mais sur 3 mois il y a très peu de régions qui sont en hausse. Le Canada fait très bonne figure avec l'Amérique latine, donc des pays producteurs de ressources naturelles. Donc pour l'instant il y a une certaine résilience. Faut que vous choisissiez géographiquement, les impacts seront pas les mêmes d'un pays à l'autre.
Et donc justement, on voit à chaque fois qu'on a la chance de se parler toi et moi un petit graphique qui nous démontre la performance boursière depuis le début de l'année.
En dollars canadiens.
En dollars canadiens toujours.
Rendement total, rendement total. Donc rendement total, la bourse canadienne 4.3 %. Remarque, aux États-Unis en baisse de 1.6 %, on a parlé le mois passé des inquiétudes au niveau de l'intelligence artificielle, les logiciels, et cetera, puis peut-être même l'inflation. Donc on verra pour la Réserve fédérale, mais pour l'instant le Canada tient le coup.
Oui tout à fait et on a la chance d'être aussi un pays producteur de pétrole.
Ben souvent les gens disent ben que le Canada on devrait avoir honte, mais non, faut pas avoir honte, il y a le contexte géopolitique avec lequel on doit opérer, puis tout le monde a besoin de ressources naturelles, même en 2026, Nancy. Puis la raison pour laquelle le Canada fait bonne figure, c'est que le dollar canadien fait bonne figure. Pourquoi? Parce que les investisseurs prennent un peu refuge dans l'indice canadien. Pourquoi? Parce que si on compare les principales monnaies réserves telles que définies par le Fonds monétaire international mais c'est le Canada qui est la plus grosse balance commerciale, le surplus balance commerciale attribuable aux produits énergétiques. Donc c'est ça qui amène les gens à dire, ben écoute, si je dois investir à la bourse, c'est que je dois être discriminé par région, ben le Canada c'est peut-être l'endroit où être présentement.
Et donc on est un pays producteur de pétrole oui, mais notre production a augmenté, mais celle-là aussi, mets nous la en contexte, parce que c'est pas juste parce qu'on en produit plus.
C'est le Canada depuis 2022 produit 1 000 000 de barils par jour de plus. C'est pas vraiment parce qu'on a rajouté plus de capacité de production, c'est que on a optimisé les pipelines existants qui nous a permis d'augmenter d'un 1 000 000 par jour. Bien sûr, on a ouvert récemment un nouveau pipeline. En fait, c'est une rénovation, un agrandissement si tu veux, du pipeline qui nous permet de passer de 300 000 à 800 000 barils d'exportation vers les pays asiatiques. Mais y a plus que ça parce l'augmentation était plus grande que ça. C'est vraiment l'optimisation, l'innovation.
L'innovation technologique.
Qui a permis à des pipelines de devenir plus performantes. Donc, nous sommes un important producteur mondial. Il y a beaucoup d'alliés qui disent, ben écoute est-ce que le Canada pourrait être ma solution pour mon approvisionnement futur. Puis je pense que le gouvernement fédéral est en train d'y penser que c'est peut-être logique parce que le géopolitique est beaucoup plus important qu'à l'époque.
Oui tout à fait. Et lors de notre dernière conversation on parlait du prix de l'or, mets-nous le donc aussi celle-là en contexte versus 2022. Ça pourrait être intéressant.
Dépendamment de votre vue par rapport au dollar américain, parce que le dollar américain avec le resserrement monétaire de la Réserve fédérale en 2022, s'est apprécié de à peu près 20 %. C'était pas une bonne nouvelle pour l'or parce que l'or a perdu 20 % à cette époque-là. Puis on en a parlé comme c'est important, parce que c'est une grosse capitalisation boursière du S&P TSX les aurifères présentement.
C'est le tiers.
Puis présentement le prix de l'or tient le coup. Ce même fait, il performe un peu après 3 mois comme il le faisait en 2022. Donc là où je niche présentement, Nancy, c'est de dire que je pense pas que le dollar américain peut s'emballer comme en 2022. Je pense pas que la Réserve fédérale va monter les taux. Puis je pense que les gens ont de plus en plus de méfiance par rapport à.
L'incertitude.
La stratégie de la Maison Blanche, si tu veux qui est: est-ce que je devrais accumuler des trésors américains dans le contexte actuel? Je vais pas vendre mon or. Donc, ma vision c'est qu'on a encore une vision de résilience pour les aurifères, donc de là notre vision un peu plus optimiste pour le dollar canadien en deuxième moitié d'année.
On aime ça. Et donc, peux-tu nous parler de notre population? On avait vu au dernier, à notre dernière conversation qu'on avait commencé à avoir une décroissance. La tendance se maintient.
Donc j'ai une bourse qui, encore une fois cette année jusqu'à présent, performe mieux que l'économie. Puis on en a parlé, une des raisons pour laquelle l'économie canadienne fait pas si bien que ça, c'est parce que ma population est en déclin, nouvelle politique d'immigration qui est déployée au fédéral depuis à peu près 6 mois.
Population vieillissante aussi.
Population vieillissante. Données publiées ce matin, donc c'est encore tout chaud. Deux trimestres consécutifs de contraction de la population. Ce qui est inédit en glissement annuel, la population est en déclin de 100 000 habitants. C'est la première baisse depuis la Confédération de 1867, donc il y a des impacts à moyen terme qui vont continuer pour le secteur résidentiel, mais en même temps une croissance plus modérée, Nancy.
Est aussi souhaitable.
Est aussi souhaitable mais, bien que nous devons lever l'incertitude pour l'investissement des entreprises, donc renégocier l'accord de libre-échange avec les américains c'est important cet été. En attendant, je peux pas monter les taux si je suis au Canada dans ce contexte-là, d'autant plus que l'inflation est à 1.8 %. Grosse différence avec les États-Unis, donc plus de latitude d'être patient pour la banque du Canada dans le contexte actuel. Donc, en résumé Nancy, bien malin qui peut prédire avec précision l'impact d'un choc pétrolier émanant du Moyen-Orient. Peut-être qu'il y a trop de complaisance au niveau des anticipations de croissance des bénéfices. Soyez prêts à vivre avec beaucoup de volatilité au cours des prochaines semaines.
Merci Stéfane. Et à ceux qui nous écoutent, si jamais cette volatilité vous inquiète, ben vous avez le privilège de pouvoir parler à vos conseillers qui sont là pour justement répondre à vos questions. Et aussi, les émotions sur 3 mois ne sont jamais un bon guide. Donc si jamais vous êtes inquiet, appelez ou contactez vos conseillers qui se feront un plaisir de remettre tout ça dans votre propre contexte. Stéfane, merci beaucoup pour cette conversation aujourd'hui.
À la prochaine.
À bientôt.
Alors bonjour, bienvenue à Impact Économique, nous sommes mercredi le 18 février 2026. Stéfane, quelle semaine. Salut, contente de te voir.
Bonjour.
Alors dis donc, il s'en est passé des choses, entre autres hier. Avant qu'on aille dans le vif du sujet, dernière fois qu'on s'est vu, tu nous parlais du marché, toutes nos réglettes étaient positives. Peux-tu nous dire qu'est-ce qui se passe actuellement?
Donc tu veux une revue du mois?
Je veux une revue du mois, même si ça fait même pas un mois.
Enfin je te dirais, c'est un changement de classement au niveau de la performance des indices. Les marchés boursiers en général font mieux, marchés obligataires en hausse aussi parce que les gens anticipent des baisses de taux. Mais remarque, la performance des pays émergents, de l'Europe même du Canada dans un contexte où il y a encore l'incertitude politique. Puis note que la S&P 500 va un petit peu moins depuis le début de l'année, donc année à date, les marchés boursiers toujours en hausse, pas trop inquiet de l'environnement géopolitique pour le moment.
Excellent. Et autant que l'an dernier on parlait des Magnificent 7, aujourd'hui la performance aux États-Unis s'explique encore par une surconcentration.
Ben ce qui blesse aux États-Unis présentement, c'est qu'il y a beaucoup de questionnements par rapport aux dépenses afférentes au déploiement de l'intelligence artificielle. Je m'explique. Les 4 plus gros, si tu veux.
Créateurs.
Créateurs d'Internet parce que je veux pas les nommer ici, représentent maintenant, investit à eux seuls, 680 milliards de dollars pour 2026 qui est 2.1 % du PIB. Tu sais Nancy lorsqu'on regarde les grands projets aux États-Unis du secteur privé, ça dépasse même le déploiement des chemins de fer à la construction du système de chemin de fer aux États-Unis entre 1850 puis 1859. Puis à ceux qui s'interrogent, comment l'IA se compare par rapport à l'Internet, bien c'est presque, c'est 2 fois et demi plus gros, donc c'est important. La question des gens ils disent mais mon Dieu, est-ce qu'ils en déploient trop? Est-ce qu'il y a un rendement marginal qui devient négatif pour le déploiement de l'investissement? Puis aussi ce que ça déplace d'autres gens? Donc si j'avais à te le décrire, c'est que le marché boursier américain il est négatif, oui depuis début de l'année à cause des TI, mais remarque que tout ce qui est afférant ce dont on a discuté la dernière fois, la réindustrialisation des États-Unis, des croissances quand même importantes, 16 %, 21 %, 12 %. Donc il serait faux de dire que la faiblesse des Américains, du marché boursier américain est généralisée. C'est vraiment l'interrogation par rapport au secteur des TI, est-ce qu'on en met trop de capital.
Qui peut être aussi sur le court terme parce qu'on parle depuis le début de l'année, puis on a même pas 2 mois de complétés, alors à voir ce que les prochains mois.
Mais t'as raison de dire que ça a été tellement bon pour les TI l'année passée, c'est que les gens se font une rotation sectorielle, ils ont peut-être trop de concentration TI. Donc t'as absolument raison. Ça veut pas dire qu'ils vont pas livrer la marchandise au niveau des profits, mais les valorisations sont élevées, puis les gens en ont beaucoup dans leur portefeuille.
Tout à fait. Et chez nous? Ben au dernier appel tu nous avais dit que l'or serait à 5000 $, puis je pense que 2 jours après qu'on ait fait notre Impact économique, l'or était à 5000 $.
Ben ça va vite. Donc si on regarde au niveau des actions aurifères au Canada, donc le S&P TSX en hausse de 4.3 %, remarque les matériaux font bien, 18 %. Donc on sait que ça c'est dominé par l'or, mais note que le secteur énergétique va bien aussi. Mais t'as raison de dire que l'or fait bien puis ça impacte plein de choses avant qu'on parle du prix parce que je sais que tu veux savoir le prix, mais ça fait en sorte de même biaiser les perceptions qu'on a du Canada. Il y a des politiciens qui disent clame haut et fort que, regardez, on est en train de se diversifier au Canada par rapport à notre secteur d'exportation et à preuve, les exportations vers les États-Unis sont en baisse de 10 %, ce que tu vois jamais en dehors de récession. Note hors États-Unis, c'est en hausse de plus de 20 %. Donc, les gens me demandent qui sont nos nouveaux meilleurs amis. Ah, je peux pas vous en donner, je peux pas vous les nommer, mais je peux vous nommer une chose, le prix de l'or explose présentement. Près de 5000 $ l'once. Note Nancy que la moyenne historique en dollars de 2025 pour que tu puisses la comparer depuis 1791, c'était 650 $ l'once.
Et ça il y avait un dicton jadis que tu peux nous partager, parce que c'est afférant au complet des Messieurs à l'époque.
Ben je peux pas me prononcer pour les femmes, mais historiquement, une once d'or, sa valeur d'équilibre était associée à la capacité des Messieurs de s'acheter un costume relativement bien.
Alors aujourd'hui à 650 $ je pense qu'on peut s'acheter un costume encore très bien. À 5000, t'as vraiment un vêtement griffé.
Ben ceux qui ont de l'or à la maison, c'est le temps de vous habiller les Messieurs. Tu pourrais le voir comme ça, mais clairement c'est peut-être pas, c'est un prix bien au-delà de sa valeur d'équilibre, Nancy. Ça veut pas dire que tu peux pas rester là longtemps mais ça veut dire qu'il faut aussi que tu prennes en considération, que il y a des choses qui peut revenir à la normale. Tout ça pour te dire que la cible qu'on s'est mis en tête pour les prochains 12 mois, c'est plutôt une cible entre 4000 et 6000 $ pour l'or. Pourquoi? Parce que j'ai encore des politiques déployées aux États-Unis qui sont porteuses ou qui limitent le potentiel baissier. Et on s'entend, je peux pas rester indéfiniment au-dessus de la valeur d'équilibre, on va revenir converger, mais pour le moment ça demeure porteur.
Ça demeure porteur. Et donc sans l'or on aurait l'air de quoi aujourd'hui? Parce que c'est un meilleur ami à qui on peut pas vraiment donner un nom.
Ben c'est à dire que la balance commerciale canadienne c'est un déficit de 30 milliards de dollars. Si j'excluais l'or on serait à un déficit de 80 milliards de dollars, donc ça serait 2 fois et demi pire. Ça demande l'impact que ça a eu. Ça a aidé à supporter le marché boursier bien évidemment, la devise, mais aussi même l'économie canadienne au niveau du secteur des exportations. Donc c'est pas un nouvel, on s'est pas trouvé de nouveaux amis, c'est que c'est un vieil ami qui en fait beaucoup pour nous présentement étant donné son prix.
D'où l'importance de la diversification. Avoir plusieurs amis, tu vois, chacun à son tour vient faire la différence.
Ça nous en prend plus, mais pour l'or présentement, ça nous amène une situation aussi où la capitalisation boursière des aurifères, pour la première fois de l'histoire Nancy, est plus élevée que le secteur énergétique.
Et ça c'est du jamais vu. Donc probablement que c'est pas quelque chose qui va être durable à long terme.
On peut demeurer là longtemps, on peut durer là encore un bout de temps, c'est juste d'avertir de dire aux gens, bon, on est quand même une situation, on n'est pas à l'équilibre, donc les pondérations sont importantes. Ça montre aussi pourquoi il y a des intérêts internationaux pour acheter la S&P TSX parce qu'on a une grosse composante aurifère. Tout ça pour dire encore une fois, soyez conscient lorsque vous prenez des choix sectoriels, il y a des secteurs qui sont plus étirés que la normale.
Exactement. Et donc hier matin, conférence de Monsieur Carney sur le nouveau projet pour soutenir la défense nationale.
T'as raison. Donc on a besoin de nouveaux amis, donc des vrais nouveaux amis, pas juste une commodité. Puis c'est là qu'intervient Ottawa hier. Moi je suis encouragé Nancy parce que ça fait longtemps qu'on en parle, qu'il faut réindustrialiser le pays, puis si on doit se fier uniquement aux aurifères, au pétrole puis aux produits agricoles, on ira pas loin en termes de diversification de partenaires commerciaux. De là l'engagement de Monsieur Carney, une grosse annonce là. On veut utiliser un changement de cap partiel par rapport aux États-Unis, mais ce qu'on veut faire c'est réindustrialiser via le secteur de la défense nationale. Ça Nancy, on n'a pas fait ça depuis au moins 60 ans au Canada.
Réindustrialiser point et encore plus par rapport à la défense nationale comme moyen de support.
T'as raison, on a une urgence de réindustrialiser notre secteur manufacturier est trop petit, puis on veut diversifier. Bon maintenant on met en place des sommes colossales, on veut passer de 2 % du PIB à 5 % du PIB, c'est beaucoup d'argent ça. Puis on se dit on va avoir un système d'approvisionnement fait au Canada qui pourrait favoriser les entreprises domestiques, mais aussi en même temps on veut mettre un contenu canadien. Tu peux attirer du capital de l'étranger qui viendrait un transfert technologique. Je pense c'était la façon de faire, c'est important, c'est beaucoup d'argent. Puis je pense que enfin on a un plan de match qui nous amène sur la bonne piste au niveau de la diversification et la réindustrialisation surtout Nancy.
Puis tous ces investissements-là évidemment risquent de créer des emplois, des emplois de qualité, des emplois bien rémunérés, des emplois spécialisés.
Oui puis tu sais c'est important de le déployer parce qu'avec l'incertitude qui a présentement par rapport à l'accès au marché américain, bon le secteur manufacturier continue de s'atrophier, puis ça vient impacter les emplois au Québec ou en Ontario où la majorité du secteur manufacturier est localisé. T'as raison de dire parce qu'il y a un aspect régional. La création d'emplois au cours des 12 derniers mois, c'est surtout dans l'Ouest lorsque je regarde les 4 grosses provinces, alors que dans l'Est c'est plus difficile. Donc la politique de réindustrialisation devient porteuse, même pour stabiliser ton marché de l'emploi. Donc c'est la raison pour laquelle je dis mon Dieu, on a un plan au Canada axé sur quelque chose de lucide au niveau de la réindustrialisation.
Et on a regardé beaucoup le Canada, on s'est beaucoup concentré sur nous-mêmes. À l'échelle mondiale, qu'est-ce que tu vois qui s'en vient?
À l'échelle mondiale, ben je pourrais te dire que ce phénomène-là, c'est le phénomène de la reflation dont on a parlé. Si tout le monde veut faire un processus de réindustrialisation, de remilitarisation, mais encore une fois je pense que nous on a avantage géographique pour attirer le capital ici puis faire des alliances. Mais au niveau mondial, c'est la raison aussi pourquoi les marchés émergents font bien, on l'a présenté tout à l'heure, c'est une question de prix, de commodité, et cetera, et cetera. Donc le processus de reflation qui en général bénéficie à l'économie canadienne, les secteurs boursiers, cette stratégie-là est toujours en place, puis on verra pour la 2e moitié de l'année là.
Excellent. Ben merci Stéfane, très hâte à notre prochain appel parce que ça va nous permettre de voir, jusqu'à maintenant tu es toujours sur la cible, alors essayons de voir ce que notre prochain mois va nous amener. Merci beaucoup d'avoir été là aujourd'hui, merci à vous.
Bonjour et bienvenue à Impact économique. Nous sommes le 22 janvier 2026 alors merci d'être là. Bonne année à tous. Stéfane, bonne année 2026.
Bonne année Nancy.
Et quand on s'est quitté le 9 janvier dernier, 9 décembre dernier, on se disait que l'année s'alignait pour être quand même assez remarquable, tu peux-tu nous donner un update final au 31 décembre? Qu'est-ce que ça a fait comme année 2025?
Remarquable est le bon adjectif parce qu'on a terminé l'année avec 20% de tous les produits qui sont transigés au niveau mondial qui sont maintenant assujettis d'un tarif ou d'une mesure protectionniste quelconque. 4.5 fois de plus en termes de milliards de dollars par rapport à l'année passée, Nancy. Puis malgré tout ça, on s'est retrouvé avec une bourse qui a eu une performance, je considérais extraordinaire parce que c'est plus de 20% pour une 3e année consécutive, la bourse au niveau mondial.
Puis on voit que ton graphique montre depuis 1990 ou retourne en 1990, du jamais vu.
Je pourrais pas retourner là, cet indice-là, il n'a pas été composé avant ça mais depuis ce temps-là, oui, c'est la meilleure performance en une génération. 3 fois à du 20% là.
Qui l'aurait cru? Et le Canada, lui, comment on a fait?
C'était pas le pire élève en 2000, on a beaucoup d'incertitudes au Canada, l'économie a pas très bien performé, en fait c'était une des pires du G7. Par contre la bourse c'est la 2e meilleure du G7, plus de 30%. 2e seulement après l'Italie puis, Nancy, je sais les gens vont dire y a tiers de la performance qui venait des aurifères, oui d'accord, mais le reste a quand même bien fait, les financières ont bien fait, puis on n'a pas à être gêné d'une performance de 32%. Donc excellente performance par rapport à l'économie pour le Canada.
Et là, 2026 est commencé depuis 3 semaines seulement et on est déjà tous essoufflés de l'actualité qui nous bouscule à tous les jours. On voit quoi pour 2026?
Là je vais t'interpeller parce que 32% c'est extraordinaire, puis ben écoute est-ce qu'on peut battre ça? Puis le début d'année, écoute, part tellement fort à 3.7% en même pas un mois. Si on extrapole ça sur l'année on va faire encore mieux mais je veux pas aller jusque-là. Tout ce que je peux dire Nancy, c'est que les marchés semblent dégager un optimiste important en ce début d'année. Puis pour un investisseur canadien libellé en dollars canadien, toutes les classes d'actifs font bien. Puis remarque la performance du S&P TSX est presque de 3, plus de 3 fois meilleure que celle du S&P 500.
Effectivement. Très, très intéressant. Très surprenant aussi en quelques semaines. Et comment se sentent nos voisins du Sud?
Par rapport au marché, parce que ta question est intéressante. Le consommateur lui est pas confiant du tout, mais.
Les consommateurs souffrent parce que le prix de l'alimentation, de l'essence, de l'électricité.
Toutes sortes de malaises. Peut-être ils sont inconfortables avec leurs politiciens, je sais pas. Mais au niveau des investisseurs par contre, eux, ils passent par-dessus tout ça puis ils disent, Ben moi je suis optimiste cette année. Au niveau américain, l'optimisme est le plus important par rapport aux perspectives boursières depuis 2024, en 2 ans, Nancy.
Puis donc les perspectives boursières mondiales, ça nous dit quoi?
Ben l'optimisme est pas confiné au États-Unis parce qu'il est mondial, parce qu’au niveau mondial, on s'attend à une accélération importante des profits de 10 à 15%. C'est 50% de mieux que l'année passée en termes d'appréciation. Puis, remarque, Canada, c'est bon, États-Unis. En fait.
Nos investisseurs sont forts optimistes.
Au niveau mondial.
Au niveau mondial.
Au niveau mondial, les gens ont des grandes attentes que c'est une année d'élections de mi-mandat aux États-Unis, le président ne voudra pas voir un ralentissement économique, il y a un processus de reflation qui devrait être porteur pour la bourse, pas juste aux États-Unis, au niveau mondial. Malgré toutes les incertitudes, l'intervention au Venezuela, les bisbilles avec l'Europe, et cetera, le marché passe par-dessus de ça, il dit non ça, nonobstant tout ça, ça devrait être une bonne cuvée.
Intéressant. Et donc les États-Unis nous font tous réagir et bouger. T'as une image que moi je trouve absolument spectaculaire, si tu peux nous la montrer, sur le pouvoir commercial des États-Unis. C'est une image incroyable.
Le changement, puis là tu comprends la politique américaine parce que eux en 2000, ils étaient le partenaire commercial le plus important pour la plupart des pays. De là la carte est tout en bleu. La plupart des pays ont les États-Unis comme principal partenaire commercial. 20 ans plus tard, la Chine a augmenté sa production manufacturière par plus de 13 fois. Puis remarque la carte a changé de façon radicale, il y a beaucoup plus de rouge. Donc ce que les Américains veulent faire, ce que Washington veut faire, puis là tu peux comprendre pourquoi ils veulent le faire vite, le plus vite possible je devrais dire. Mais ils voudraient avoir un petit peu plus de bleu sur la carte donc ils veulent se réindustrialiser. Donc, de là la perception que la bourse c'est un processus de reflation mondiale. On va faire une 2e chaîne d'approvisionnement en parallèle donc il va falloir investir, ça pourrait être bon pour les profits. Il y a beaucoup d'attentes positives, on verra Nancy à ce niveau-là mais je t'explique la stratégie américaine, on veut réindustrialiser.
Et donc ça ressemble à quoi réindustrialiser? On part d'où?
Ben c'est parce qu'en 2000, les Américains représentaient 24% de la production industrielle mondiale, ils sont tombés à 16%. Remarque la Chine sont passés de 8 à 32%, donc il y a du chemin à faire pour supplanter la Chine en Amérique du Sud mais aussi ailleurs dans le monde. Donc c'est là le défi des États-Unis, je veux réindustrialiser, je veux le faire rapidement.
Puis quand tu veux réindustrialiser, t'as besoin d'énergie pour réindustrialiser. Ça se fait pas avec juste le vent.
T'as raison, puis l'activité économique, bien tu peux faire une partie électricité avec du vent mais pas 24 h sur 24 puis pas 365 jours par année. Mais t'as raison que ça prend de l'électricité. Puis remarque que pour supplanter la Chine, les Américains vont devoir travailler fort parce que la grille électrique chinoise elle est plus grosse que celle des Américains et des européens combinés. Donc l'investissement qui devrait être fait pour remettre à niveau la grille électrique américaine est colossale.
Tout à fait, tout à fait. Et donc quand on veut faire de l'électricité aussi on a besoin de matières premières dont le cuivre.
Il y en a qui sont faits au Canada. Puis, oui bon le cuivre va bien. Le cuivre qui atteint un niveau record, Nancy. Puis lorsque le prix de l'intrant monte, ben le prix en bout de ligne. Parce que tu veux pas juste réindustrialiser de façon traditionnelle, tu veux faire de l'intelligence artificielle.
C'est sûr.
Ça prend de l'électricité, donc.
Les centres de données, tout ce qui est l'intelligence artificielle, l'électricité qui pousse tout ça. Donc, c'est sûr que l'électricité le prix va monter, ça peut pas faire autrement.
T'as tellement raison. Il y a la loi de la demande, puis de l'offre. Bon, la demande est tellement forte présentement qu'elle est industrielle au niveau du consommateur. Le prix de l'électricité est en hausse de plus de 42% aux États-Unis depuis 5 ans versus 17% au Canada. Ça montre ici aussi, mais aux États-Unis, c'est spectaculaire. Ça, ça frustre Washington. Le président doit absolument pour l'élection de mi-mandat, trouver une façon d'apaiser l'inflation, de ramener l'inflation plus basse, avec peut-être des méthodes non traditionnelles qui pourraient importer la bourse, on en parlera tout à l'heure. Mais le plan d'un politicien, puis on le sait, Nancy on s'en est dit avant, le pire ennemi d'un politicien c'est plus souvent qu'autrement, c'est pas l'autre parti.
C'est l'inflation. C'est clair, clair, clair. Et donc dans tout ça, quand il y a plein d'inconnus, plein de choses qui bougent de façon non traditionnelle, souvent les gens vont se réfugier vers l'or.
Ben lorsqu'on voit le cuivre monté à vitesse qui va plus, bien il y a peut-être des pressions inflationnistes puis l'électricité, c'est partout dans une économie, bien les gens veulent se réfugier. Il y a aussi l'incertitude politique, géopolitique, mais le prix de l'or qui semble se diriger allègrement vers les 5000$ ou plus, donc ça c'est un support à la bourse canadienne. Puis moi je pense, la bourse canadienne peut surperformer la bourse américaine encore une fois cette année avec cet environnement géopolitique.
Et donc avec tout ça, faut réinvestir, faut réindustrialiser, faut ramener la production chez nous, l'électricité coûte cher, faut investir dans le cuivre, les gens se cachent dans l'or, tout ça, ça veut dire que il va avoir des déficits à prévoir.
Ben c'est parce que le gouvernement doit s'immiscer dans le processus. Tu sais, si on veut rebâtir le secteur industriel vénézuélien, mais voir qu'il y a un apport du gouvernement. Puis avec l'élection de mi-mandat où déjà on a commis 400 milliards de dépenses pour essayer de gagner les élections, c'est des déficits américains qui vont devenir très très importants pour les années à venir. Puis tu peux voir que au Canada, bon, on est un petit peu plus élevé qu'avant, mais on est quand même en bien meilleure posture. Donc la discipline budgétaire va être importante, mais ce qui se passe aux États-Unis a un impact sur l'ensemble de la planète au niveau des taux d'intérêt à long terme.
Mais justement, parlons-en donc, bien que la Banque du Canada ait baissé les taux d'intérêt plusieurs fois depuis un an et demi, 2 ans déjà, à peu près plus d'impact sur les taux 5 ans.
Puis ça c'est important Nancy parce que les gens ont des fois la perception que si la Banque du Canada baisse les taux automatiquement, mon taux hypothécaire 5 ans ou à plus long terme va baisser. Mais non, tu dois gérer en fonction de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Or, le Canada est tributaire de ce qui se passe aux États-Unis donc. Puis remarque que même si la Banque du Canada a baissé les taux de 3.75 à 2.25 présentement, regarde le taux 5 ans a pas baissé. Encore une fois c'est la discipline budgétaire qui va être importante, faut pas qu'il y ait dérapage. Donc je pense que la Banque du Canada va devoir être sur la ligne de côté pour un bout de temps parce que tu veux t'assurer que t'es au long terme, commence pas à monter. Remarque la Banque du Japon. Elle veut pas monter ses taux, mais les taux long termes commencent à monter. Elle va être forcée de monter les taux. On veut pas être dans la situation-là, donc.
On va rester prudent pour un petit bout. Et bien, on le sait il y a eu des changements à notre politique d'immigration donc t'as un graphique intéressant qui nous montre que on voit pour la première fois que notre population canadienne diminue.
Ben c'est juste pour tu sais, on a parlé de l'année passée, puis là où est-ce qu'on se situe cette année. Puis Nancy, bon on se dirige vers une année qui serait de population de croissance qui serait négative. C'est pas arrivé souvent.
Je vais juste dire ton graphique commence en 1970, puis on l'a jamais vu.
Puis même si je t'avais reculé ça en 1947, les données commencent à un niveau trimestriel, à ce moment-là, tu l'aurais jamais vu non plus. Donc on va devoir composer avec ça. Ça veut pas dire que c'est nécessairement trop négatif pour l'économie, pour la bourse. Il va falloir compenser par autre chose.
Ouais donc là, qu'est-ce qu'on fait en 2026 pour notre économie canadienne? Qu'est-ce que tu vois pour les marchés? Juste nous donner 2-3 indices.
C'est une question d'exécution. Le gouvernement fédéral a déposé un budget, il dit on va investir, on va ramener l'investissement des entreprises. Ben je vais devoir exécuter à ce niveau-là, je vais devoir trouver un accord avec les Américains. Je pense que le président sera ouvert à négocier parce qu'il a besoin d'une inflation plus basse, puis je pense que le Canada est une partie de solution. Investissement, ta question est excellente. Jusqu'à présent les gens disent, bien il y a pas d'alternative à la bourse, c'est un processus de réflexion. C'est vrai tant aussi longtemps qu'il y ait pas de dérapage au niveau des taux d'intérêt à long terme, Nancy, donc si le politique s'en mêle. Puis tu vois, pour avoir de l'inflation plus basse, le président pourrait dicter dire, bien écoutez les banques, vous allez baisser les taux des cartes de crédit, les compagnies TI, vous allez investir dans la grille électrique, les promoteurs immobiliers, vous ne pouvez pas faire de rachats d'actions, vous devrez construire. Donc, vous pouvez miner la marge bénéficiaire des entreprises américaines, ce qui aurait un impact plus important sur-.
La performance.
La bourse américaine.
Tout à fait.
C'est pour ça que j'ai un billet positif pour le Canada par rapport aux États-Unis, mais à surveiller. Pour l'instant, c'est la bourse, ça pourrait changer à plus tard cette année, dépendamment des politiques déployées.
Ouais. Mais merci Stéfane. Comme toujours, très éclairant. T'avais des graphiques spectaculaires aujourd'hui, toujours un plaisir. Messieurs-dames, j'espère que ça vous a plu. Un peu plus longue d'habitude, on le savait, mais en début d'année on peut se permettre ce petit anicroche. Donc, au plaisir de vous revoir le mois prochain, merci.
Bonjour tout le monde, bienvenue à notre capsule Impact économique. Nous sommes le 9 décembre 2025. Je veux remercier mon collègue Denis Girouard qui a mené cette capsule de main de maître avec Stéfane pendant 2 ans et lui souhaiter une bonne retraite après plus de 30 ans de carrière prolifique à la Banque Nationale. Denis, merci beaucoup pour tout ce que tu as fait pour nous. Je vais me présenter, Nancy Paquet. Je suis à la tête de Gestion de patrimoine à la Banque Nationale et aujourd'hui j'ai le privilège d'animer pour la première fois cette capsule avec Stéfane. Donc Stéfane, qu'est-ce que tu peux nous dire sur l'année 2025 qui vient de se terminer?
Ben je pensais attirer ton attention en parlant justement de Gestion de patrimoine et des rendements de marché. Nancy, une excellente année, une bonne cuvée. Toutes les classes d'actifs finissent en territoire positif pour le moment, il reste à peine 2 semaines, mais on pense que ce sera le cas. À noter la performance du S&P/TSX, un rendement total de 30%.
C'est incroyable.
Oui, oui.
Incroyable.
Bonne cuvée.
Très bonne cuvée.
On la met en perspective.
Certainement, allons-y.
2009.
Wow.
Pour retourner à 2009 mais ça c'est un rebond de crise financière. Donc en dehors d'une période de récession, le comportement du S&P/TSX, Nancy, faut retourner dans la fin des années 90 là. Boom économique, productivité en Amérique du Nord donc. Puis Nancy, on a pas fini l'année-là, il est encore possible qu'on batte.
C'est encore possible qu'on fasse encore. Et ce qui est intéressant, c'est que, rappelle-toi, qu'en janvier, quand on a commencé l'année, on n'aurait jamais cru que les marchés seraient aussi performants.
Ben non, parce qu'on avait l'incertitude de la guerre tarifaire. On avait aussi beaucoup d'inquiétudes par rapport à l'économie canadienne.
Tout à fait.
Puis Nancy ce qui est quand même un peu formidable, c'est que en date du dernier rapport d'emploi pour le mois de novembre, le taux de chômage au Canada est maintenant plus bas qu'en début d'année, donc moi je m'attendais pas à ça.
On se disait mon Dieu il va avoir des pertes d'emplois massives et c'est absolument incroyable. Mais tu sais des fois les chiffres de l'emploi c'est pas nécessairement toujours vrai, on sait pas trop c'est-tu les bons emplois, des moins bons emplois, t'as-tu des données?
Ben c'est ça parce que ça peut être des gens qui ont quitté la.
La recherche d'emploi.
Exactement. Mais ce coup-là, je veux te rassurer Nancy, ce sont, c'est une création d'emplois de plus de 360,000 postes cette année. Note des emplois à temps plein représentent la majorité des emplois. Puis l'autre chose, Nancy, on remarque bon c'est plus le secteur public qui domine la création d'emplois. Puis ce qui est intéressant c'est qu'au niveau du soutien du consommateur canadien, mais c'est des emplois qui ont été des industries où la rémunération est au-dessus de la moyenne. Donc c'est quand même.
C'est de l'argent qui va rester circuler dans notre économie.
Oui c'est, autant la bourse surpris, autant le marché du travail surprend aussi en 2025.
C'est intéressant. Et donc demain, mercredi, c'est la Banque du Canada et son annonce. Qu'est-ce que ta boule de cristal nous dit?
Ben Nancy avec des gains d'emploi comme ça, puis un taux de chômage qui est en baisse, ben la Banque du Canada va demeurer sur les lignes de côté. Par contre, je peux te dire que la Réserve fédérale a l'intention de baisser encore ses taux, mais pour le Canada, je pense qu'on est sur pause puis on devra confirmer si oui ou non la résilience de l'économie canadienne demeure au rendez-vous avant de même de penser à des baisses de taux. Donc présentement, le marché est en train de se dire « Peut-être que la Banque du Canada peut peut-être même monter les taux en 2026, en supposant un accord avec les États-Unis, activement libre-échange ».
Ça va être intéressant de voir ça. Et donc est-ce qu'il y a un impact sur tout ça, sur notre dollar, parce que là, décembre, on a plusieurs de nos concitoyens qui veulent aller au chaud. Alors comment va se situer notre dollar canadien?
Ça va être un peu moins cher cette année. Note que le dollar canadien est à un niveau déjà, on était plus fort au printemps. Mais là, autour de 138.5, c'est quand même mieux. Le dollar canadien s'est apprécié de 3 sous depuis les dernières semaines, ce qui reflète, bon, la nouvelle, les nouvelles attentes par rapport à la Banque du Canada, mais aussi des meilleures nouvelles quant au budget fédéral, puis des ententes avec l'Alberta qui pourrait relancer l'économie canadienne.
Tout à fait. Et pour relancer l'économie canadienne, il y a nos entrepreneurs à nous qui peuvent se lancer, mais il y a aussi des investissements étrangers qui seraient requis.
Oui, puis pour soutenir le dollar canadien, t'as raison Nancy, il suffit, il faut ramener de l'investissement direct au Canada. Les flux nets présentement, ils ont été négatifs pendant les 10 dernières années. On a 2 trimestres positifs, mais là on revient négatif. C'est pour ça, de là l'importance de l'accord avec l'Alberta pour lancer un message aux investisseurs que, si vous voulez faire des centres de données pour venir au Canada, si vous voulez acheminer de l'énergie ailleurs ou transformer ressources naturelles, peut-être venir au Canada, il y a de l'énergie, donc il y a une perception maintenant que le secteur énergétique canadien n'est plus un secteur des actifs échoués. Donc ça peut ramener une valorisation, ramener un intérêt pour le Canada et amener un support au dollar canadien en 2026.
Très intéressant. Puis du côté américain, là c'est le fun, on voit le Canada, très excitant. Puis encore une fois, j'en reviens pas parce qu'en janvier, quand c'était la journée un de l'administration américaine, le niveau de mobilisation puis de motivation dans les équipes était assez bas parce que tout le monde était inquiet. Là, ça va mieux au Canada. Nos voisins du Sud, comment ils se sentent?
Bien tu t'attendrais à ce que ce soit ça au Canada, pas aux États-Unis, mais là, la confiance des consommateurs est vraiment dans les talons présentement aux États-Unis, parce que veut, veut pas, là, les politiciens peuvent dire ce qu'ils veulent, mais la réalité, c'est que l'inflation demeure au-dessus de 3% aux États-Unis. Il y a des incertitudes puis de la frustration au niveau des consommateurs, le marché de l'emploi carbure un peu moins bien parce que les entreprises connaissent mal leur structure de coûts. Donc, de là la frustration au niveau des consommateurs. Puis je pense que le Président va prendre bonne note de ça parce que on sait que l'année 2026, c'est une année d'élections de mi-mandat donc on peut pas aller en élection de mi-mandat et prétendre gagner avec une confiance aussi basse.
Il reste juste 11 mois pour se revirer donc pas facile comme mission.
T'as raison. Donc on peut dire qu'il y aura des baisses de taux aux États-Unis, ça s'en vient. Par contre, la frustration des consommateurs, c'est que les taux hypothécaires parce que les taux de 30 ans aux États-Unis demeurent élevés. Puis c'est ça, c'est un phénomène.
Ils se font squeezer par l'inflation, ils se font squeezer par les taux hypothécaires, donc ils sont pas heureux.
Contrairement à un propriétaire canadien, il y a pas de répit au niveau de son budget hypothécaire. Ça n'a pas baissé aux États-Unis, donc de là la frustration je pense.
On comprend. Et qu'est-ce qui en est pour les taux d'intérêt?
C'est pas juste aux États-Unis qu'il a des enjeux Nancy. Je te dirais que s'il un phénomène mondial en 2025, c'est que, partout sur la planète, les gouvernements ont décidé de dépenser pour relancer leur économie. Puis ça c'est un phénomène d'entraînement. Puis c'est pour ça que la bourse a bien fait cette année parce qu'il a dit « Bon ben écoute où je vais mettre mes billes dans un contexte où le marché obligataire demeure incertain? ». La réalité Nancy, c'est à quel niveau on va? Puis y'a des niveaux aussi à moment donné qui pourraient faire en sorte que la bourse fait moins bien au niveau de la valorisation, ça c'est à surveiller. C'est un phénomène à surveiller pour l'année 2026, l'impact d'un marché obligataire avec des taux en hausse planétaire. Comment ça va impacter l'économie ou aussi les marchés financiers?
Tout à fait tout à fait. Mais écoute Stéfane, je veux te remercier. Je pense que 2025 a été une année exceptionnelle. Merci de toujours être là puis de nous éclairer, c'est vraiment important et intéressant. Puis à vous tous, merci de nous écouter, de nous faire confiance. On vous souhaite une bonne période du temps des fêtes et on se revoit avec de nouvelles prévisions en janvier. Merci.
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