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Comment calculer votre taux horaire comme entrepreneur

12 juin 2017 par Banque Nationale
It’s time to set aside your emotions to rationally calculate your hourly rate.

C’est le temps de laisser vos émotions de côté pour calculer rationnellement votre taux horaire.

«Quel est votre tarif horaire ?» La question qui tue pour l’entrepreneur tiraillé entre demander un montant peu élevé pour s’assurer d’obtenir le contrat et demander un tarif assez élevé pour réaliser une part intéressante de profit. Et si vous calculiez simplement votre taux horaire optimal ?

C’est ce qu’a fait, environ cinq ans après s’être lancée en affaires, Valérie Parizeault, derrière le Studio Rose Flash spécialisé en sites web et image de marque. Elle a décidé de partager sur son blogue la stratégie de calcul qu’elle a utilisée.

«L’argent, c’est une question émotive, mais à un moment donné, il faut regarder la question sous l’angle mathématique», affirme l’entrepreneure.

1- Évaluer ses coûts d’entreprise

D’abord, on calcule combien il faut débourser d’argent pour être en affaires. Selon la forme juridique qu’on choisit pour son entreprise, les coûts varient.

Par exemple, si vous décidez de créer une compagnie, il faut prévoir plus de 325$ comme frais initiaux d’incorporation, puis près de 100$ de frais annuels pour maintenir votre compagnie en règle. Il faut aussi allouer davantage à la comptabilité puisqu’il faudra réaliser les états financiers de l’entreprise en plus de ses impôts personnels.

Ensuite, demandez-vous si vous ferez affaire avec des consultants à l’occasion, ou si vous aurez besoin d’employés, avec les charges sociales que cela signifie, comme le Régime des rentes du Québec et l’assurance-emploi.

Il faut compter également tout le reste : les coûts pour son espace de travail, les frais de déplacement, l’équipement, le mobilier, les fournitures de bureau, les télécommunications, les assurances, les coûts liés à la publicité et au développement d’affaires, etc.

À fin d’exemple, disons que vous ne prévoyez pas embaucher de personnel pour le moment et que vos dépenses sont d’environ 25 000$ annuellement.

2 – Évaluer vos dépenses personnelles

Il faut ensuite se demander combien on veut gagner par année.

«Je suggère à l’entrepreneur de se mettre un montant avec lequel il peut survivre et un autre avec lequel il peut être heureux pour avoir une bonne idée de sa marge de manœuvre», indique David Decary, conseiller-formateur

Pour y arriver, on ne s’en sort pas : il faut analyser ses dépenses annuelles. On compte bien sûr sa résidence et le coût de son épicerie. Mais aussi, son transport, ses vacances et ses autres dépenses personnelles comme les sports et les sorties. À ne pas négliger non plus : ses cotisations à son régime enregistré d’épargne-retraite (REER).

À titre d’exemple, disons que vous survivez avec 40 000$, mais que pour être vraiment confortable, vous visez davantage 60 000$.

3- Ne pas oublier l’impôt sur vos revenus

L’erreur à ne pas faire ici : oublier de penser aux impôts à payer ! Le montant dépend de la situation de chacun, mais David Décary conseille de prévoir qu’environ 20% de ses revenus iront en impôts. Ainsi, pour avoir 60 000$, vous devez viser gagner environ 75 000$.

Le conseil de l’entrepreneuse aguerrie Valérie Parizeault : prévoyez aussi une marge de profit que vous pourrez réinvestir dans votre entreprise. Par exemple, pour refaire votre site web, vous procurer un nouvel ordinateur, réaliser un voyage d’affaires, ou pour travailler quelques mois sur un projet qui vous rapportera peu, mais qui est important pour vous ou qui vous donnera une belle visibilité.

Disons que vous évaluez que 15% de profit est suffisant. Vous êtes donc rendu à 86 250$ par année pour être un entrepreneur heureux.

David Decary, qui donne le cours Prévision financière dans le programme de formation Lancement d’une entreprise à l’École des entrepreneurs | MTL, conseille toutefois de mettre cet argent de côté pour éviter de le dépenser dans n’importe quoi.

«Si on sait qu’il faudra acheter de nouveaux équipements, ou réaliser un agrandissement, on prévoit des fonds en conséquence, dit-il. C’est plus facile de mettre de l’argent de côté lorsqu’on a un objectif tangible.»

On peut aussi simplement déposer ces sommes dans son fonds de roulement, qu’on s’assure ainsi de toujours réapprovisionner.

Vous devez donc gagner un salaire de 86 250$ + 25 000$ pour les frais de votre entreprise calculés au point #1. Vous êtes maintenant rendu à 111 250$.

4- Évaluer vos heures facturables

C’est bien beau de gagner un bon salaire, mais il faut aussi s’assurer qu’on ne bossera pas 80 heures par semaine pour y arriver. Il faut donc évaluer ses heures travaillées par année.

Même si bien des entrepreneurs se lancent en affaires sans prendre de vacances au départ, cela fait un temps ! Un mois de vacances par année, ce n’est pas un luxe. Puis, disons une autre semaine pour les jours fériés. Parce que oui, vous aurez envie, vous aussi, de profiter de ces journées à un moment donné.

Vous êtes donc rendu à 47 semaines de travail par année. Disons que vous souhaitez travailler 40h par semaine. Comptez au moins 5 heures qui ne sont pas facturables, par exemple pour réaliser du développement d’affaires et un peu de comptabilité. Vous êtes rendu à 35 heures. Parce qu’on a toujours tendance à faire plus d’heures que prévu, donnez-vous une chance en évaluant à la baisse. Disons 30h hebdomadaires pendant 47 semaines. C’est 1410 heures de travail par année.

Le calcul final

Pour gagner 111 250$ en 1410 heures de travail, c’est donc environ 80$ l’heure que vous devrez demander.

Si on compare avec votre minimum pour survivre, soit 40 000$ dans vos poches plutôt que 60 000$ à la fin de l’année, ce serait plutôt autour de 58$ l’heure.

Vous devez maintenant vous demander si c’est réaliste dans votre marché et combien vos compétiteurs chargent à leurs clients. Si votre résultat est trop loin de cette réalité d’offre et de demande, vous pouvez tenter de voir si vous pouvez couper dans les dépenses de l’entreprise, ou dans votre train de vie. Ou envisager de travailler plus d’heures.

«Faire ces calculs peut faire peur aux entrepreneurs au départ parce qu’ils réalisent que ça leur prend beaucoup d’argent pour arriver, mais rapidement, ça vient les libérer parce qu’ils sont capables de voir les choses telles qu’elles sont et ils peuvent travailler concrètement à régler des problèmes», constate David Decary.

Rassurez-vous toutefois si votre modèle d’affaires n’est pas encore optimal ! Au départ, bien des entrepreneurs ont demandé des tarifs trop bas. Ce fut le cas de Valérie Parizeault qui passait souvent le double d’heures que ce qu’elle avait évalué pour un projet lors de ses premières années en affaires.

«Mais, après plusieurs essais et erreurs, on acquiert de l’expérience et on arrive mieux à évaluer son temps, explique-t-elle. À un moment donné, on veut une maison, une famille, alors c’est important d’arriver à avoir un modèle d’affaires qui fonctionne.»

«Il ne suffit pas d’avoir une entreprise rentable, affirme David Decary. Il faut que le salaire généré réponde aux besoins de l’entrepreneur.»

Ensuite, il faut apprendre à communiquer son taux horaire sans en faire un drame.

«Il ne faut pas être gêné, ou dire qu’on ne le sait pas, ou que ça dépend, affirme Valérie Parizeault. L’argent, c’est une des choses les plus importantes si on veut durer en affaires.»

Aide-mémoire

    • A) Calculez les frais d’exploitation annuels de votre entreprise.

    • B) Calculez le salaire brut, incluant impôt, dont vous avez besoin par année.

    • C) Calculez une marge de profit sur votre salaire pour réinvestir dans l’entreprise.

    • D) Calculez vos heures facturables par année.

    (A+ B+ C) ÷ D = le taux horaire d’un entrepreneur heureux

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