Réunir votre banquier et comptable pendant la période des impôts

20 février 2026 par Banque Nationale


Votre conseillère ou conseiller financier et votre comptable jouent des rôles cruciaux et complémentaires dans la santé financière de votre entreprise. Au moment de faire votre déclaration de revenus, vous obtiendrez de meilleurs résultats si vous partagez l’information, élaborez ensemble un plan solide et maintenez une bonne coordination entre vous. Pour vos états financiers ou votre déclaration de revenus personnelle, l’essentiel est d’être sur la même page.

Photo d’un propriétaire d’entreprise en discussion avec son comptable et son conseiller financier pour trouver des solutions pour son entreprise

Comment harmoniser le travail de votre comptable et de votre conseillère ou conseiller financier avant la production de vos déclarations?

  • Prenez l’habitude de communiquer à trois : la communication entre votre comptable et votre conseillère ou conseiller financier devrait être fluide. Une brève rencontre tripartite annuelle est idéale pour faciliter ces échanges, car elle permet à vos deux spécialistes de passer en revue vos états financiers, d’analyser la structure de votre entreprise et de bien saisir vos objectifs globaux. Une collaboration étroite entre votre comptable et votre conseillère ou conseiller financier permet d’anticiper les difficultés et de veiller à ce que vous atteigniez vos objectifs fiscaux tout en maintenant une bonne relation avec votre institution financière.

    Lisez cet article pour en savoir plus sur la comptabilité d’entreprise.

  • Précisez le rôle que joue chaque spécialiste dans la préparation de vos déclarations de revenus : votre comptable assure la conformité et l’efficacité fiscale de votre entreprise. Concrètement, cette personne gère les détails techniques de votre déclaration et s’assure que tout est soumis en bonne et due forme. Cela implique de préparer vos déclarations de revenus personnelles et d’entreprise, de calculer le montant d’impôt à payer et de s’assurer que vos documents sont conformes aux exigences de l’Agence du revenu du Canada (ARC). En plus de préparer vos états financiers et de maintenir vos registres, votre comptable veille à repérer des déductions et des crédits d’impôt pouvant réduire le montant d’impôt que vous aurez à payer. Advenant une vérification fiscale, votre comptable agit comme premier point de contact auprès de l’ARC.

    Pour sa part, votre conseillère ou conseiller financier s’occupe de planifier votre avenir financier. Cette personne vous aide à gérer vos liquidités afin que vous puissiez respecter vos obligations fiscales sans que cela nuise à vos opérations. De plus, elle assure le suivi de vos ratios financiers et de vos clauses restrictives en lien avec vos facilités de crédit. Elle évalue également l’incidence de vos décisions fiscales sur votre capacité d’emprunt, votre plan de financement et vos liquidités. Si vous planifiez recourir à un prêt ou une marge REER, votre conseillère ou conseiller financier s’assure, avec un préavis raisonnable, que les fonds sont disponibles au moment voulu.

Bon à savoir

Les clauses restrictives financières sont des conditions inscrites à votre accord de prêt. Ces clauses vous obligent à respecter certains ratios, tels que le ratio emprunt-capitaux propres ou le ratio de couverture des intérêts, afin que la banque puisse évaluer la stabilité de votre situation financière.

  • Fiez-vous à vos déclarations de revenus préremplies pour déceler les enjeux potentiels : vous obtiendrez de meilleurs résultats si vos deux spécialistes communiquent ensemble avant toute prise de décisions importantes. Un examen préventif de vos déclarations préliminaires permet de signaler les risques liés aux clauses restrictives avant même la production de vos déclarations. Une bonne coordination entre la structure de vos revenus, vos opérations intersociétés et votre planification de fin d’année garantit que vos stratégies fiscales ne limiteront pas par inadvertance votre accès au crédit. En travaillant de concert, vos spécialistes veillent à ce que vos stratégies fiscales soutiennent vos ambitions financières à long terme. 

Comment vos stratégies fiscales peuvent-elles influencer votre financement et vos clauses restrictives?

  • Les transactions intersociétés et celles avec vos actionnaires peuvent affecter votre financement : même si elles sont avantageuses d’un point de vue fiscal, les opérations intersociétés et les transactions avec vos actionnaires peuvent nuire à vos relations bancaires si elles ne sont pas bien structurées. De nombreux accords de prêt limitent le remboursement des prêts aux actionnaires ou le versement de dividendes importants sans l’autorisation de la banque au préalable. Pour votre institution financière, ces retraits peuvent fragiliser votre capacité à honorer vos engagements ou nuire au respect de vos ratios financiers. Le remboursement d’un prêt à un actionnaire peut parfois entrer en conflit avec vos accords de subordination, qui accordent la priorité à la banque tant que son prêt n’est pas remboursé. 

  • Attention aux transactions hâtives : selon l’ARC, un prêt à l’actionnaire doit généralement être remboursé selon un échéancier strict, sans quoi il pourrait être considéré comme un revenu imposable pour le particulier. Faire ce remboursement à la hâte pour satisfaire aux règles de l’ARC peut poser problème avec vos ratios si vous votre institution financière n’en est pas d’abord informée. Il est toujours préférable d’informer votre conseillère ou conseiller financier de vos démarches avant de finaliser toute transaction. Si votre comptable recommande de rembourser un prêt à un actionnaire ou d’effectuer un transfert intersociété, faites-en rapidement part à votre conseillère ou conseiller financier pour vous assurer que cela n’aille pas à l’encontre de vos clauses restrictives. Dans certains cas, le fait de régler les soldes par des dividendes ou des primes plutôt que par des remboursements en espèces permet de respecter les règles fiscales tout en limitant l’incidence que cela peut avoir sur vos finances. En prévoyant ces démarches bien avant la fin de l’année, vous vous donnez la marge de manœuvre nécessaire pour optimiser votre planification fiscale tout en honorant vos ententes avec votre institution financière.

  • Trouvez l’équilibre entre économies d’impôt et solidité de votre BAIIA : les banques s’appuient largement sur une mesure appelée le BAIIA – soit le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement – pour évaluer votre capacité à rembourser vos dettes et à respecter vos clauses restrictives. Lorsque vos stratégies fiscales réduisent considérablement vos bénéfices déclarés, elles peuvent également affaiblir le BAIIA que votre prêteur utilise pour évaluer votre entreprise. Bien que les versements de bonis de fin d’année ou de dividendes diminuent vos impôts, ceux-ci risquent d’affaiblir l’image de votre performance financière sur papier. Même si les activités de votre entreprise sont solides, un BAIIA moins élevé peut réduire votre capacité d’emprunt ou limiter votre accès à de nouvelles solutions de crédit.

    Trouver le juste équilibre nécessite une coordination étroite et un calendrier bien défini. Avant d’arrêter vos décisions fiscales, il est primordial de comprendre leur incidence sur les ratios financiers surveillés par votre institution. Les années où les affaires vont bien, vous disposez de plus de latitude pour adopter des stratégies fiscales audacieuses. Toutefois, lorsque les affaires vont moins bien, il est plus important de vous concentrer sur la préservation de votre BAIIA. En partageant vos objectifs de rémunération, de distribution et de croissance avec votre comptable et votre conseillère ou conseiller financier, vous vous assurez que vos économies d’impôt d’aujourd’hui ne limiteront pas vos options de financement de demain

Comment planifier vos décisions fiscales personnelles et celles de votre entreprise?

  • Réfléchissez stratégiquement à votre déclaration de revenus personnelle : la façon dont vous vous rémunérez a une incidence directe tant sur vos impôts que sur votre accès au crédit. Le versement de salaire et les dividendes sont traités de façon distincte; chacun de ces modes de rémunération présente des avantages et des inconvénients. Le salaire réduit le revenu imposable de l’entreprise et génère des droits de cotisation au REER, alors que les dividendes sont versés à partir des bénéfices nets après impôts et offrent plus de souplesse, mais moins de prévisibilité. Pour votre institution financière, un revenu stable et bien documenté est un gage de confiance – surtout si vous prévoyez demander un prêt hypothécaire ou un crédit à titre personnel. Voilà pourquoi il est essentiel que vos spécialistes partagent une vision commune de votre structure salariale afin d’aligner vos stratégies fiscales et bancaires. 

    De nombreux propriétaires d’entreprise combinent salaire et dividendes pour optimiser leurs économies d’impôts tout en maintenant un profil de crédit attrayant pour la banque. Il est également utile de tenir compte de votre calendrier : si vous prévoyez faire un achat important, ajustez vos modes de rémunération afin de faciliter votre qualification au crédit. En alignant tôt vos stratégies en lien avec vos revenus personnels et d’entreprise, vous vous évitez des changements de dernière minute qui pourraient compliquer vos déclarations fiscales ainsi que votre financement.

  • Misez sur une gestion stratégique de vos cotisations et de vos prêts REER : pour optimiser votre REER, mieux vaut vous y prendre à l’avance. En préparant une déclaration de revenus préliminaire dès janvier, vous saurez exactement combien cotiser et si le recours à un prêt REER est avantageux pour vous. Si vous prévoyez faire un emprunt, vous devez en aviser votre conseillère ou conseiller financier à l’avance. Les prêts REER sont conçus pour combler des écarts de trésorerie temporaires, et non pour pallier un manque de liquidités de dernière minute juste avant la date limite de cotisation.

    Bien utilisé, le prêt REER se rembourse en grande partie par lui-même : la déduction génère souvent un remboursement d’impôt qui peut être appliqué au prêt, limitant ainsi les frais d’intérêt. Par contre, il est essentiel de bien planifier votre mode de rémunération, car seul le versement d’un salaire génère des droits de cotisation au REER. Autrement dit, votre mode de rémunération influence directement vos droits de cotisation. Produire vos déclarations tôt et ajuster votre stratégie REER en fonction des conseils de vos spécialistes permet de mieux gérer vos flux de trésorerie et d’éliminer les pressions de dernière minute lors de la préparation de vos déclarations de revenus.

  • Partagez vos objectifs à long terme avec votre comptable : votre comptable doit comprendre votre vision pour pouvoir établir un plan efficace. Des objectifs comme l’achat d’une propriété, la vente de votre entreprise ou la préparation de votre retraite influencent la manière de structurer vos revenus et le moment choisi pour déployer vos stratégies fiscales. En informant dès le départ votre comptable de vos objectifs, vous lui permettez de concilier vos économies d’impôt immédiates avec vos besoins de croissance et de financement à long terme. En bref, cela garantit que vos choix d’aujourd’hui ne limiteront pas vos options plus tard.

Comment bien vous organiser pour éviter les mauvaises surprises?

  • Commencez à rassembler vos documents dès la fin de votre exercice financier : dès le début de janvier, commencez à réunir les documents essentiels dont votre comptable aura besoin, tels que vos états financiers de fin d’année, vos relevés bancaires, vos reçus et vos accords de prêt. En fournissant ces documents rapidement, vous donnez à votre comptable le temps d’évaluer votre position fiscale. Vous saurez ainsi à quoi vous attendre pour vos impôts et pourrez déterminer si une cotisation REER demeure avantageuse pour vous.

    Portez une attention particulière aux éléments qui suscitent souvent des questions de suivi, notamment les opérations intersociétés, tout mouvement dans les prêts aux actionnaires et les versements de dividendes. Votre comptable a besoin de ces informations pour assurer votre conformité fiscale, tandis que votre conseillère ou conseiller financier pourrait les exiger lors de la révision de vos clauses restrictives ou de la mise à jour de votre dossier de crédit

    Pour éviter le stress de dernière minute, maintenez un dossier pour vos dépenses déductibles tout au long de l’année pour vos déductions, telles que les honoraires, les registres de kilométrage et les frais de bureau à domicile. Tenter de regrouper vos justificatifs au moment de produire vos déclarations est stressant et risque de vous faire passer à côté de déductions fiscales importantes.

  • Planifiez vos besoins de fonds avant de finaliser votre déclaration : prenez le temps de bien comprendre votre solde d’impôt à payer et l’impact qu’il aura sur vos liquidités avant de clore votre dossier fiscal. En connaissant l’ampleur de votre solde à payer, vous pouvez, le cas échéant, anticiper les sorties de fonds, échelonner vos versements ou modifier votre stratégie financière pendant qu’il est encore temps. Finalement, en analysant vos dépenses à venir, vous garantissez que le paiement de vos impôts ne nuira pas à vos activités courantes et ne créera pas de pression évitable sur vos réserves de liquidités.

  • Vérifiez comment vos décisions fiscales seront reflétées dans vos états financiers : avant de transmettre vos états financiers à votre institution bancaire, demandez à votre comptable de vous expliquer comment vos décisions fiscales y sont présentées. Bien que les primes de fin d’année, les dividendes ou les ajustements aux prêts aux actionnaires puissent réduire votre revenu imposable, ils peuvent également avoir une incidence sur votre rentabilité et vos liquidités. Bien comprendre certains écarts temporels – par exemple, les primes comptabilisées une année et versées à la suivante – permet d’éviter toute confusion lors de la révision de vos clauses restrictives. En offrant des précisions dès le départ, vous permettez à votre institution bancaire de situer vos résultats dans leur contexte réel au lieu de s’inquiéter de variations soudaines de vos états financiers.

    Planifier plutôt que réagir : voilà le secret d’une préparation de déclarations de revenus réussie. Maintenir votre comptable et votre conseillère ou conseiller financier à jour tout au long de l’année permet d’éviter les mauvaises surprises, de protéger votre financement et de vous assurer que vos stratégies fiscales en place soutiennent vos objectifs globaux.

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Les petits détails pour tout savoir

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