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Des trucs pour encourager les créateurs locaux sans dépenser une fortune

05 novembre 2017 par Banque Nationale
Des trucs pour encourager les créateurs locaux sans dépenser une fortune

Êtes-vous plutôt du type à épier vos designers préférés sur Instagram à la recherche de rabais, à louer des vêtements pour avoir toujours des nouveautés, ou encore, à investir dans de belles pièces de qualité que vous porterez pendant plusieurs années? Voici comment encourager les créateurs locaux sans dépenser une fortune

Les astuces d’une étudiante amatrice de mode

Yang Shi est étudiante en psychologie, mannequin et styliste à ses heures, de même que claviériste dans le groupe Ouragan. Passionnée de mode, elle a plus d’un tour dans son sac pour arriver à se composer une garde-robe avec plusieurs belles pièces locales sans y laisser sa chemise. Voici 5 de ses trucs.

1- Suivez vos designers et boutiques préférés sur les médias sociaux

«Vente d’atelier, liquidation d’échantillons : les designers locaux vont généralement annoncer leurs promotions et événements sur Instagram, affirme Yang Shi. Instagram est vraiment un incontournable dans le milieu de la mode. Et en local comme pour le reste, c’est toujours moins cher d’acheter des pièces de la collection de la saison d’avant.»

2- Devenez un habitué d’ Etsy

«Plusieurs designers locaux, la plupart en fait, n’ont pas les moyens d’avoir leur boutique, alors plusieurs se tournent vers la boutique en ligne Etsy, où on peut trouver des vêtements à bon prix.» Il s'agit d'un bon moyen pour faire affaires directement avec le créateur. En coupant les intermédiaires, on s'assure de payer le bon prix et plus d'argent revient dans les poches de l'artiste ou de l'artisan.

3- Soyez à l’affut des boutiques éphémères

«Les designers locaux vont souvent créer des boutiques éphémères, ou encore, participer à des événements comme des marchés éphémères qui mettent en valeur les créateurs locaux. Ça leur donne de la visibilité et c’est moins cher pour eux qu’avoir une boutique à l’année.»

4- Choisissez bien vos pièces

«C’est certain que des vêtements de designers locaux, c’est toujours plus cher que ce qu’on retrouve dans les grandes chaînes. Mais, les vêtements créés ici sont aussi souvent de meilleure qualité. Lorsqu’on prend le temps de bien choisir des pièces qu’on aime vraiment et qui dureront longtemps, c’est un investissement. C’est mieux pour l’environnement aussi et on évite de se retrouver avec une tonne de vêtements de mauvaise qualité.»

5- Faites le compromis de la fabrication à l’étranger

«Plusieurs créateurs québécois aussi, de la grande chaîne de magasins à la petite entreprise, font fabriquer leurs vêtements en Asie, ce qui permet de les vendre beaucoup moins cher. C’est un compromis aussi qu’on peut faire pour avoir un meilleur prix tout en encourageant les créateurs locaux.»

Station-Service : pourquoi ne pas louer vos vêtements de designers locaux ?

Vous aimez vous habiller avec des vêtements de designers locaux, mais vous souhaitez changer de garde-robe souvent sans avoir les moyens d’investir une fortune chaque saison ? C’est entre autres pour les femmes comme vous que Raphaëlle Bonin a créé l’entreprise stationservice.co.

«Étudiante, j’étais une grande consommatrice de vêtements parce que j’aimais avoir toujours de nouvelles choses, mais je me retrouvais avec une quantité importante de vêtements que je ne portais pas, ou très peu et que je finissais par donner», raconte-t-elle.

Après avoir écouté le documentaire The True Cost sur l’impact de la mode rapide sur les gens et sur la planète, elle a voulu trouver une solution pour acheter moins de vêtements tout en continuant à avoir souvent des nouveautés. En discutant avec une amie, elle a finalement eu l’idée de son service de location de vêtements locaux qui est en fait devenu son projet d’études dans un cours de création d’entreprise à HEC Montréal.

Pour quelques dizaines de dollars, on peut donc louer sur Station-Service une pièce d’un designer québécois pour une semaine. Le tout, livré à vélo !

«Notre service est idéal pour les femmes qui ont souvent des événements où elles doivent s’habiller différemment, comme les comédiennes et les animatrices, indique Raphaëlle Bonin. C’est intéressant aussi pour les femmes qui n’ont pas un gros budget, mais qui souhaitent avoir une belle robe pour un événement. Ou encore, pour quelqu’un qui veut oser une pièce plus funky pour une occasion.»

Lancé récemment, Station-Service souhaite offrir de plus en plus de tailles, de types de location, notamment des abonnements, ainsi que de plus en plus de vêtements créés exclusivement pour son service de location.

Vous connaissez mal le travail des designers locaux ? Station-Service est aussi un site de prédilection où l’on peut découvrir leurs créations.

«Personnellement, je ne connaissais pas bien les designers québécois avant de travailler sur mon concept d’entreprise parce que de toute façon, je n’avais pas les moyens pour m’acheter leurs vêtements, indique Raphaëlle Bonin. Depuis que j’ai commencé à m’y intéresser, j’ai découvert de grands talents et je suis heureuse de les mettre au cœur de mon entreprise maintenant pour rendre leurs créations accessibles à un plus grand public.»

Vêtements locaux – le juste prix

Pourquoi acheter une robe d’un designer local à trois fois le prix de ce qu’on retrouve dans une grande chaîne ? On en discute avec Karen Quirion derrière les créations KQK.

À quel point tes vêtements sont-ils fabriqués localement ?

«Je fais tout ici. J’achète des tissus à des fournisseurs ici, je fais mes designs, je fabrique mes patrons avec une équipe, puis j’ai mon atelier de production avec mes couturières à Thetford Mines, d’où je suis originaire. Il y a beaucoup d’heures de travail réalisées au Québec dans chaque pièce créée et produite en petite quantité. Ça n’a rien à voir avec la réalité des grandes chaînes.»

Quelles sont tes stratégies pour réduire tes couts de production ?

«Je choisis toujours les meilleurs matériaux possible : je ne fais pas de compromis sur la qualité. Par contre, je choisis des fournisseurs qui me permettent d’acheter en petite quantité pour éviter les pertes. Puis, maintenant, je ne tiens presque plus d’inventaire. Nous fabriquons les pièces principalement sur commande, excepté celles qu’on sait qu’on vendra rapidement en plusieurs exemplaires.»

Comment vends-tu tes créations ?

«Principalement sur mon site web. C’est bien, parce que tout le montant des ventes me revient directement, mais le défi en est un de visibilité. Je suis aussi présente sur le site international asos.com, explique celle qui a étudié en design de mode au Campus Notre-Dame-de-Foy dans la région de Québec, ainsi qu’à Milan en commercialisation de la mode et en relations publiques.

À Montréal, ma collection est au Cabinet éphémère du Centre Rockland, un espace où on trouve plusieurs designers québécois. Les boutiques qui vont prendre le risque d’acheter une collection à un designer québécois sont encore rares.»

On peut arriver à s’habiller avec des vêtements locaux sans y investir une fortune. Bien sûr, ça demande un peu d’effort et de créativité. Quelle sera votre stratégie pour y arriver ?

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