L'importance de se libérer des préjugés inconscients

13 mai 2021 par Annamaria Testani
Photo d’un collage de visages en papier de couleurs différentes représentant la diversité

Par Annamaria Testani, première vice-présidente, Banque Nationale Investissements 

On se fie aux premières impressions pour se faire une idée, mais sans le savoir, il s’agit-là d’un biais inconscient. Dans le monde d’aujourd’hui où tout va à un rythme effréné, où le temps est synonyme d’argent et où les gens sont malheureusement plus remplaçables que jamais, le fait de porter des jugements rapides peut nous coûter de précieuses relations et possibilités, dans le monde des affaires et même au-delà. 

À travers ma propre expérience, j’ai appris que les préjugés inconscients influençaient la façon dont je communiquais avec mes équipes, mes clients et même mon réseau personnel. Pour partager mon expérience et appuyer mes pairs dans leur réflexion et leur croissance, j’ai élaboré des formations sur différents sujets qui peuvent influencer les relations, comme l’écoute active et les préjugés inconscients. Notre approche s’est bonifiée au fil du temps, entre autres, mais abordons plutôt les avantages d’essayer de passer à une approche consciente. 

Les avantages de laisser nos préjugés à la porte 

Nous aimerions tous créer des milieux de travail plus équitables, mais une intention positive à elle seule n’entraîne pas un changement. Pour véritablement changer notre culture de travail, je pense que nous devons nous poser des questions difficiles, exiger des données et mettre en place des processus qui mèneront à des résultats différents. À mon avis, le changement doit aussi se faire à partir de la base, en commençant par nos employés, qui sont le fondement de toute entreprise. 

J’ai appris que, lorsque nous encourageons nos employés à prendre conscience de leurs préjugés, nous contribuons à créer un milieu de travail plus tolérant et inclusif. Cela a tendance à les aider à acquérir de meilleures capacités d’écoute, et mène habituellement à une réflexion plus diversifiée. En effet, les employés se sentent moins jugés et, par conséquent, plus disposés à s’exprimer, à partager des idées et à prendre des risques. Cela ouvre la voie à une meilleure collaboration et à une meilleure créativité au sein de l’entreprise. D’après ce que j’ai constaté, cela se traduit par une amélioration de l’engagement, de la loyauté et du rendement, ce qui, en retour, contribue au succès de toute l’entreprise. 

L’entreprise a également le devoir d’élaborer des séances de formation et d’aller plus loin en mettant en place des séances de mentorat pour mobiliser les employés et cibler les domaines où ils ne se sentent pas à l’aise. C’est lorsque les gens sont mis au défi (de façon positive) qu’ils tendent à apprendre le plus. 

Mais les avantages ne s’arrêtent pas là. Prendre des mesures pour éliminer les préjugés inconscients a aussi une incidence positive sur les futurs employés et clients. 

Nous avons constaté que le fait de modifier le processus de recrutement tout en étant conscient des préjugés inconscients du recruteur et du gestionnaire permet d’attirer et recruter de meilleurs candidats qui partagent les valeurs de l’entreprise. Nous favorisons également une plus grande diversité et une plus grande parité en ce qui a trait à l’origine ethnique, au genre, à l’âge et plus encore, ce qui mène à des visions complémentaires qui se reflètent dans leur travail et leur créativité.

En ce qui concerne les clients, nous les aidons à se sentir écoutés et compris tout en établissant des relations plus solides à long terme. Nous créons plus d’occasions à mesure que les clients deviennent des ambassadeurs de l’entreprise en fonction de leurs propres expériences positives. 

La malédiction des préjugés inconscients 

Pour mieux comprendre les préjugés inconscients (et pourquoi ils sont si profondément ancrés dans notre culture), nous devons d’abord en examiner la cause profonde. Les préjugés inconscients sont quelque chose que nous partageons tous. C’est la façon dont notre cerveau trie et traite l’information en prenant des raccourcis, et il fonctionne de cette façon depuis des millions d’années. Nous sommes programmés pour porter des jugements et mettre les gens et les situations dans des cases, la plupart du temps, sans même nous en rendre compte. 

Les préjugés inconscients ont tendance à s’étendre bien au-delà des coupables habituels que sont le racisme, le sexisme et l’âgisme dans notre société. Par exemple, il y a le préjugé d’affinité, c’est-à-dire que nous gravitons vers les personnes qui sont comme nous en ce qui a trait au genre, au statut socioéconomique, au niveau de scolarité, etc. Il y a aussi le préjugé de confirmation, selon lequel nous avons tendance à chercher des indices et des données qui appuient nos idées préconçues. Et ce n’est que le début de la liste. La plupart d’entre nous ne sont pas conscients du fait que nous avons ces préjugés. 

La bonne nouvelle? En prenant conscience de nos préjugés et en prenant des mesures concrètes pour les combattre, chacun en profite. 

Mesures concrètes pour réduire les préjugés en milieu de travail 

Voici quatre mesures concrètes que nous pouvons tous implémenter pour reconnaître et surmonter nos préjugés inconscients dès maintenant : 

Étape 1 : Accepter l’existence des préjugés

Nous avons tous des préjugés. C’est dans la nature humaine. Plus vite nous l’admettrons, plus vite nous pourrons commencer à les corriger. Prenez le temps d’observer vos pensées et vos comportements. Essayez de repérer les jugements familiers qui surgissent, et réfléchissez deux fois avant de vous exprimer ou d’agir. 

Étape 2 : Cultiver la curiosité 

L’une des meilleures façons d’établir des liens solides et durables avec vos employés et vos clients est de prendre le temps d’apprendre à les connaître. Soyez curieux, posez des questions et évitez la tentation de tirer des conclusions en vous fondant uniquement sur vos premières impressions. De cette façon, vous venez de créer une occasion d’apprentissage enrichissante pour vous-même, tout en faisant en sorte que votre client se sente écouté et compris. 

Étape 3 : Reprogrammer le cerveau 

Une fois que vous avez pris l’habitude d’observer les jugements et les préjugés qui surgissent, vous pouvez commencer à vous adapter et à reprogrammer votre cerveau pour penser différemment. Mettez-vous au défi de sortir de votre zone de confort et d’aborder de nouvelles personnes. N’ayez pas peur de faire des erreurs (ou présentez des excuses si vous vous trompez).

Étape 4 : Appliquer des filtres 

Au lieu de vous fier à votre instinct et à vos vieilles croyances, essayez de semer de nouvelles idées et pratiques dans votre cerveau. Une règle que je me suis fixée est que je dois rencontrer une personne trois fois dans trois contextes différents avant de pouvoir me faire une opinion à son sujet. 

Faire le premier pas 

Le monde ne sera jamais complètement exempt de préjugés. Mais en nous sensibilisant, en nous éduquant, nous-mêmes et les personnes qui nous entourent, et en mettant en œuvre des stratégies pour surmonter nos préjugés, nous commençons à faire un pas dans la bonne direction et à inspirer de véritables changements. 

Notes légales 

©2021 - Toute reproduction totale ou partielle est strictement interdite sans l’autorisation préalable écrite de la Banque Nationale du Canada.

Les articles et renseignements accessibles sur ce site Internet sont protégés par les lois sur le droit d'auteur en vigueur au Canada ou dans d'autres pays, le cas échéant. Les droits d’auteur dans ces articles et renseignements peuvent appartenir à la Banque Nationale du Canada ou à d'autres personnes. Toute reproduction, rediffusion, communication par télécommunication, incluant par référence via un hyperlien, ou toute autre utilisation non explicitement permise, de la totalité ou d’une partie de ces articles et renseignements, est interdite sans le consentement préalable et écrit de leur titulaire respectif.

Le contenu de ce site ne doit en aucune façon être interprété, considéré ou utilisé comme s’il constituait des conseils d’ordre financier, juridique, fiscal ou autre. La Banque Nationale et ses partenaires en contenu ne peuvent être tenus responsables des dommages que vous pourriez subir dans le cadre d’une telle utilisation.

Nous tenons à vous informer que l'information présentée sur ce site web, qu'elle soit d'ordre financier, fiscal ou réglementaire, pourrait ne pas être valable à l'extérieur de la province du Québec.

Cet article est offert par la Banque Nationale, ses filiales et les entités de son groupe à titre informatif seulement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour la Banque Nationale, ses filiales et les entités de son groupe et le contenu des programmes et des conditions qui y sont décrits est sujet à changement.

Les hyperliens contenus dans cet article pourraient rediriger vers un site externe qui n’est pas administré par la Banque Nationale. La Banque ne peut être tenue responsable du contenu de ce site externe ni des dommages résultant de son utilisation.

Les opinions présentées dans ce texte sont celles de la personne interviewée. Elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque Nationale ou de ses filiales.

Pour tout conseil concernant vos finances et celles de votre entreprise, veuillez consulter votre conseiller de la Banque Nationale, votre planificateur financier ou, le cas échéant, tout professionnel (comptable, fiscaliste, avocat, etc.).

 

Catégories

Catégories