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Je suis Français et j’ai adopté le Québec

23 septembre 2015 par Banque Nationale

Près de 30 000 Français ont choisi de s’établir pour de bon au Québec dans la décennie. Si certains sont devenus Québécois d’adoption par choix bien réfléchi, d’autres en sont arrivés là un peu par hasard. Comment savoir si cette aventure est pour vous ?

Trois Français qui l’ont fait pour différentes raisons et de différentes façons partagent leur histoire, brossant ainsi un portrait de l’immigration française au Québec. Leur point commun : aucun ne regrette, et tous embrassent les occasions que cette immigration leur a apportées.

Venir d’abord pour étudier

Audrey Lo Chao est de ceux qui ont abouti au Québec un peu par hasard. À sa sortie du lycée, elle ne sait pas trop vers quel domaine d’études se tourner. Alors que sa sœur aînée habite déjà Montréal depuis un moment, elle décide de venir la rejoindre pendant un temps pour étudier.

Arrivant dans la métropole québécoise en 2011 son permis d’études en poche, elle essaie un ou deux programmes différents pour finalement choisir l’urbanisme. Maintenant âgée de 23 ans, elle amorce une maîtrise en gestion de l’environnement avec un objectif clair en tête : faire sa vie au Québec. « J’ai trouvé mon chemin ici », dit-elle.

L’université lui coûte peut-être plus cher au Québec qu’en France, mais elle fait le pari que ce sera payant dans l’avenir. « Je crois que j’aurai plus de chances sur le marché du travail québécois », fait-elle valoir, déjà impatiente de commencer son stage de maîtrise.

Un nouveau départ pour un professionnel établi

Jacques-Olivier Bras a quant à lui décidé d’immigrer au Québec après en être tombé amoureux durant un voyage. À 35 ans, alors qu’il était bien établi et avait accumulé diverses expériences de travail dans des rédactions et services photo français, il décide de tout laisser tomber et de recommencer à neuf à Montréal avec son épouse.

Il fait sa demande de résidence permanente et aboutit à Montréal le 1er janvier 2005. Après plusieurs petits contrats et quelques nouveaux contacts, il est embauché comme graphiste au sein du groupe de presse Gesca.

Depuis son arrivée, bien des choses ont changé. Il a divorcé, a eu une ou deux autres copines, est retourné en France pour un séjour de 18 mois pour en revenir au galop, mais il est toujours aussi content de sa vie au Québec.

« J’ai un excellent emploi avec d’excellentes conditions, fait-il valoir. Je ne retrouverais absolument pas les mêmes conditions en France. » Propriétaire depuis trois ans d’un condo sur le Plateau Mont-Royal, il est conscient qu’il n’aurait pas pu s’offrir ce genre de propriété en France.

Un seul bémol pour lui : la distance qui le sépare de ses parents qui vieillissent. Il se permet toutefois d’aller les visiter deux fois par année et de faire aussi venir sa mère à Montréal une fois l’an.

Choisir la région

On pourrait dire de Jérôme Savary qu’il est allé où ses pieds l’ont mené. Curieux de nature et très sociable, ce qui l’a mené au Québec, c’est l’envie de profiter de ses études universitaires pour vivre une expérience à l’international. « Après un an ici, je me trouvais bien et j’ai décidé de faire les démarches pour rester », explique-t-il simplement.

Après 15 ans à Montréal, il a décidé l’an dernier de s’expatrier à nouveau avec sa femme et ses deux enfants. Nouvelle destination : St-Joachim-de-Shefford, un petit village de 1 000 habitants à 20 minutes de Granby, dans les Cantons de l’Est.

« Ma femme et moi éprouvions un grand besoin de changement, raconte-t-il. On a choisi un village qui nous plaisait beaucoup et on a fait le pari d’y déménager et de chercher des emplois ensuite. » Pari gagné, car tous deux y travaillent maintenant, lui comme chef de pupitre dans un quotidien du coin, elle comme travailleuse autonome.

Plus difficile de s’intégrer dans un village que dans une grande ville cosmopolite ? « Du moment que tu t’ouvres aux autres et que tu vas à leur rencontre, l’intégration se passe bien », dit-il.

Aujourd’hui très satisfait de son choix, il est convaincu que d’avoir migré en région est aussi financièrement plus avantageux. Dans six mois, sa conjointe et lui projettent même d’acheter leur première maison. Toute neuve, sur un grand terrain. Une chose impensable s’ils étaient restés en ville, selon eux.

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