Communiqués de presse

Banque Nationale Groupe financier présente ses Perspectives économiques et financières – Hiver 2009

Montréal, le 18 décembre 2008 -

L’économie mondiale bat en retraite

L’équipe d’économistes de Banque Nationale Groupe financier dévoile aujourd’hui ses conclusions concernant les perspectives économiques et financières pour l’année 2009.

Les perspectives de l’économie mondiale se sont assombries au cours des derniers mois. La crise financière a sapé le fonctionnement des marchés mondiaux du crédit et provoqué un resserrement considérable des conditions de prêt aux consommateurs et aux entreprises. Selon Stéfane Marion, économiste et stratège en chef, « même si les mouvements de désendettement et les ventes d’actifs forcées diminuent au cours des prochains mois, ce qui est probable, nous ne prévoyons pas pour l’économie mondiale une expansion de plus de 1,6 % en 2009 ». Or, selon le Fonds monétaire international, une croissance économique mondiale inférieure à 3 % équivaut à une récession.

Aux États-Unis, la déroute du secteur immobilier qui sévit depuis maintenant trois ans a entraîné ce pays dans une récession de la consommation qui a débuté officiellement en décembre 2007. Le marasme du secteur immobilier a aussi engendré une crise financière à l’échelle du globe qui s’est aggravée durant la deuxième moitié de 2008, précipitant les autres blocs de pays industrialisés à leur tour en récession. Les économies émergentes et en développement se font prendre dans le sillage. Selon Yanick Desnoyers, économiste en chef adjoint, « les économies émergentes sont trop dépendantes des économies industrialisées. L’hypothèse de découplage de l’économie mondiale a fait long feu ».

La récession américaine devrait durer jusqu’au milieu de 2009, soit de 18 à 20 mois, ce qui en ferait la deuxième plus longue en 80 ans. Cette durée inhabituelle est due au fait que les ménages américains doivent réduire significativement leur endettement, face à un marché du travail qui a jusqu’ici supprimé près de deux millions d’emplois. Certes, la Réserve fédérale a abaissé son taux directeur de 5,25 % à près de 0 % depuis septembre 2007, mais la crise financière a provoqué une montée des primes de risque et un resserrement du crédit qui continue d’entraver la transmission de la politique monétaire. Heureusement, la Réserve fédérale et le Trésor américain ont pris des initiatives exceptionnelles au cours des derniers mois pour assurer la solvabilité du système financier et injecter directement des liquidités dans l’économie, dans l’espoir de réanimer les marchés du crédit. De plus, la nouvelle administration a annoncé un plan de relance via un stimulus budgétaire de très grande envergure en début d’année prochaine.

Grâce à ces mesures, plus celles qui ont été prises de façon coordonnée par les autorités des principaux pays industrialisés, une reprise de l’économie mondiale en 2009 est envisageable.

Le Canada demeure moins affecté par la crise financière que les autres pays en vertu de pratiques financières relativement conservatrices, à preuve son système bancaire qui a récemment été choisi comme le plus solvable parmi 134 pays répertoriés par le Forum économique mondial. Cela étant dit, la récession en cours chez plusieurs de nos principaux partenaires commerciaux et la chute des cours des matières premières font en sorte qu’une récession technique (deux trimestres consécutifs de croissance négative) semble inévitable. Toutefois, le Canada ne devrait pas subir une récession sévère. Une politique monétaire très accommodante ainsi qu’un stimulus budgétaire important de la part d’Ottawa aideront à soutenir la demande intérieure.

De l’avis de Marc Pinsonneault, économiste principal, toutes les régions vont subir l’impact du ralentissement aux États-Unis et de la baisse des cours des matières premières. La demande intérieure croîtra certes au ralenti au Québec, mais le PIB restera à flot en 2009, grâce à un carnet de commandes bien rempli dans le secteur aéronautique et à l’intensification des investissements du gouvernement dans les infrastructures. En Ontario, la chute importante des exportations du secteur de l’automobile mènera à une contraction de l’économie alors qu’en Alberta, la baisse des prix de l’énergie interrompt le boom économique. La complétion des grands travaux de construction rendra l’impact du ralentissement mondial plus évident en Colombie-Britannique et dans les provinces maritimes.

Au chapitre des taux d’intérêt, les économistes du Groupe financier sont d’avis qu’un environnement de taux d’intérêt historiquement bas persistera en 2009.

Du côté des marchés financiers, Pierre Lapointe, stratège - marchés financiers, constate que le marché baissier actuel est le plus dévastateur depuis les années 1930. De plus, la volatilité des marchés a atteint de nouveaux extrêmes en 2008. Il faut toutefois garder à l’esprit que volatilité et risque de baisse sont deux notions différentes. Selon M. Marion, les marchés boursiers ont déjà escompté énormément de mauvaises nouvelles, de sorte que les risques baissiers ont nettement diminué. Les injections considérables de liquidités par les autorités monétaires et budgétaires dans plusieurs pays devraient commencer à faire effet, contribuant à normaliser le marché du crédit au cours des prochains mois. Dans ce contexte il ne faudrait pas s’étonner de voir les bourses mondiales donner le ton en première moitié d’année en anticipation du début de la reprise de l’économie.

En ce qui a trait au taux de change, les économistes du Groupe financier sont d’avis que le dollar canadien devrait se maintenir entre 0,78 $US et 0,82 $US en 2009, soit près de sa valeur d’équilibre telle que définie par l’OCDE.

Tableau des prévisions économiques nord-américaines

 

 

2007

2008

2009

États-Unis (%)

 

 

 

P.I.B. réel

- moyenne annuelle

2,0

1,3

-0,3

Taux de chômage

4,6

5,7

8,1

Taux d'inflation

2,9

3,9

-0,2

Taux cible des fonds fédéraux (fin d'année)

4,25

0,13

0,13

Taux des obligations du Trésor 10 ans (fin d'année)

4,04

2,22

3,15

 

 

 

 

 

Canada (% sauf indication contraire)

 

 

 

P.I.B. réel

- moyenne annuelle

2,7

0,7

0,0

Taux de chômage

6,0

6,1

7,0

Taux d'inflation

2,2

2,2

0,1

Mises en chantier (000)

228

213

173

Taux cible du financement à un jour (fin d'année)

4,25

1,50

1,50

Taux des obligations du Trésor 10 ans (fin d'année)

3,99

2,87

3,57

Dollar canadien (en cents É.-U., moyenne annuelle)

93,2

96,2

81,0

 

 

 

 

 

P.I.B. réel par province (%)

 

 

 

Québec

 

2,6

0,7

0,2

Ontario

 

2,3

0,1

-0,8

Terre-Neuve-et-Labrador

9,1

0,6

-1,3

Île-du-Prince-Édouard

2,4

0,5

0,4

Nouvelle-Écosse

1,7

1,5

0,4

Nouveau-Brunswick

1,7

1,0

0,2

Manitoba

 

3,3

2,5

1,4

Saskatchewan

2,5

4,4

2,6

Alberta

 

3,1

1,0

0,9

Colombie-Britannique

3,0

1,0

0,9

Le document « Perspectives économiques et financières – Hiver 2009 » est accessible à partir du site Internet de la Banque Nationale au www.bnc.ca/perspectives.

À propos de la Banque Nationale du Canada
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