Communiqués de presse

Perspectives économiques et financières Été 2008 de la Banque Nationale Groupe financier : Ralentissement de la croissance économique mondiale

Montréal, le 5 juin 2008 -

L’équipe d’économistes de la Banque Nationale Groupe financier a dévoilé aujourd’hui ses conclusions concernant les perspectives économiques et financières pour 2008 et 2009.

Au cours des dernières années, l’expansion rapide de pays émergents comme la Chine et l’Inde avait permis à l’économie mondiale d’afficher une croissance économique avoisinant 5 %. Selon Yanick Desnoyers, économiste principal à la Banque Nationale, en 2008, ces économies ne pourront compenser les effets du renchérissement des cours mondiaux de l’énergie et des aliments et d’un ralentissement de la croissance économique dans les pays du G7. La croissance économique mondiale ralentira donc pour se situer légèrement en deçà de sa tendance à long terme, soit à 3,6 % en 2008 et 3,2 % en 2009.

En raison de la contagion, au reste de l’économie, de l’implosion de la bulle immobilière et de la crise financière, les États-Unis n’éviteront pas la récession en 2008. Les ménages vont manquer de souffle, car leur situation financière se dégrade dans le sillage de la baisse du prix des maisons, de la poussée du prix de l’essence et des aliments, et de la hausse passée de l’endettement, sans parler des pertes d’emplois apparues récemment qui sapent le moral des ménages. Toutefois, grâce aux mesures énergiques prises par les autorités, autant monétaires que budgétaires et réglementaires, cette récession devrait être de nature modérée et ne pas excéder 8 à 10 mois. Il y a aura donc reprise en 2009, mais lente, en raison de l’accès restreint au crédit et aux taux hypothécaires qui demeurent élevés. D’autres baisses du prix des maisons sont nécessaires avant que le secteur résidentiel ne soit relancé.

Sans être immunisée contre une récession modérée aux États-Unis, l’économie canadienne dispose de facteurs fondamentaux favorables lui permettant d’amortir le choc et de surpasser l’économie américaine en 2008 et 2009. La demande intérieure demeure dynamique au Canada, qui bénéficie en outre de prix élevés pour ses matières premières et de la vitalité du marché de l’emploi. Les finances publiques saines procurent une marge de manœuvre en cas de besoin, sans compter que la Banque du Canada a administré une médecine préventive.

De l’avis de Marc Pinsonneault, également économiste principal à la Banque Nationale, les disparités économiques régionales vont persister au pays en raison de la répartition inégale des ressources naturelles. Dans le cas de l’Ontario, même s’il semble prématuré à ce stade-ci d’utiliser le terme « récession », la situation économique sera difficile au cours des prochains mois en raison de la rationalisation en cours dans le secteur de l’automobile. Dans le cas du Québec, le dynamisme du secteur aéronautique, les investissements massifs en cours dans les infrastructures et les réductions d’impôts implantées devraient permettre à cette province de mieux tirer son épingle du jeu  que sa consœur de l’Ontario.

Au chapitre de taux d’intérêt, les économistes de la BNC sont maintenant d’avis que la Réserve fédérale américaine devrait demeurer sur la touche pour un bon moment après la baisse totale de 325 points de base de son taux directeur observée depuis l’été dernier puisque les autorités se montrent maintenant concernées par les impacts inflationnistes potentiels liés à la dépréciation marquée du billet vert américain.  Au Canada, d’autres baisses du taux directeur (environ 50 points de base) devraient être observées pour contrer les incidences du ralentissement américain d’autant plus que l’inflation de base semble nettement mieux maîtrisée qu’au sud de la frontière.

Depuis le sauvetage réussi de la Banque d’investissement Bear Stearns par la Fed en mars dernier, les primes de risque sur le marché du crédit ont diminué. Clément Gignac, premier vice-président, économiste en chef et stratège à la Financière Banque Nationale, croît que les marchés des capitaux demeureront encore volatils en raison d’attentes encore un peu trop élevées au chapitre des profits. Selon le stratège de la FBN, les investisseurs doivent garder à l’esprit que le marché boursier tend à repartir à la hausse toujours bien avant que la récession ne soit terminée, de sorte que les rendements espérés sur le marché américain devraient être nettement plus inspirants au cours des prochaines années que ceux enregistrés au cours des deux derniers trimestres.

Du côté du marché boursier canadien, M. Gignac continue de recommander une certaine prudence en raison du poids très important relié à l’énergie et aux matériaux, convaincu que les prix des ressources naturelles sont en partie dopés par les activités de spéculateurs et de différents acteurs désireux de se prémunir contrer une glissade du billet vert américain. De l’avis du stratège, l’enquête annoncée vendredi dernier par l’Agence réglementaire américaine (CFTC) sur les opérations de contrats à terme sur le pétrole et l’intention subite de la FED de se préoccuper de la valeur du billet vert américain devraient être de nature à inquiéter les spéculateurs transigeant sur le marché des matières premières. Avec des pays émergents en voie d’abandonner progressivement leurs subventions sur le carburant et les changements d’habitude en cours des automobilistes américains, la demande mondiale devrait bientôt croître moins rapidement que l’offre et ramener le prix du pétrole autour des 75 à 80 $ selon les économistes de la BNC, une opinion contrastant fortement avec le spectre des 200 $ le baril évoqué récemment par certains observateurs. Dans ce contexte, les investisseurs devraient rester disciplinés en n’hésitant pas à prendre des profits sur leurs titres de ressources naturelles pour les redéployer vers des secteurs plus défensifs ou d’autres classes d’actifs plus malmenées récemment par le retour d’une certaine forme d’aversion au risque.

En ce qui a trait au dollar canadien, les économistes de la Banque Nationale sont d’avis qu’il devrait osciller dans une fourchette allant de 93 cents à 98 cents au cours des prochains mois. Il s’agit d’une baisse passagère due au ralentissement attendu de l’économie mondiale.

Tableau des prévisions économiques nord-américaines

 

2007

2008

2009

États-Unis (%)

P.I.B. réel

- moyenne annuelle

2,2

1,2

1,6

 

- T4/T4

2,5

0,2

2,7

Taux de chômage

4,6

5,5

6,1

Taux d'inflation

2,9

3,2

1,8

Taux cible des fonds fédéraux
(fin d'année)

4,25

2,0

2,50

Taux des obligations du Trésor
10 ans (fin d'année)

4,03

3,78

4,55

 

Canada (% sauf indication contraire)

P.I.B. réel

- moyenne annuelle

2,7

1,4

1,8

 

- T4/T4

2,8

0,9

1,2

Taux de chômage

6,0

6,0

6,3

Taux d'inflation

2,2

2,0

2,5

Mises en chantier (000)

228

212

194

Taux cible du financement à un jour (fin d'année)

4,25

2,50

3,25

Taux des obligations du Trésor
10 ans (fin d'année)

3,99

3,70

4,30

Dollar canadien
(en cents É.-U., moyenne annuelle)

93,2

96,6

100,0

 

P.I.B. réel par province (%)

Québec

2,4

1,2

1,2

Ontario

2,1

0,5

1,2

Terre-Neuve et Labrador

9,1

-2,0

3,7

Île du Prince Édouard

2,0

2,0

1,8

Nouvelle-Écosse

1,6

2,0

1,8

Nouveau-Brunswick

1,6

1,8

1,4

Manitoba

3,3

3,7

2,5

Saskatchewan

2,8

4,0

2,9

Alberta

3,3

3,0

3,2

Colombie-Britannique

3,1

2,4

2,5

Le document « Perspectives économiques et financières – Été 2008 » sera accessible à partir du site Internet de la Banque Nationale au www.bnc.ca/perspectives.

À propos de la Banque Nationale du Canada
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