Communiqués de presse

Perspectives économiques et financières - Été 2006 de la Banque Nationale : hausses de taux synchronisés menant à un ralentissement en 2007

Montréal, le 22 juin 2006 -

L’équipe d’économistes de la Banque Nationale dévoile aujourd’hui ses conclusions concernant les perspectives économiques et financières pour l’été 2006.

Compte tenu de la forte poussée de l’économie des pays asiatiques en émergence, l’économie mondiale devrait de nouveau enregistrer une croissance de son PIB en 2006 (+ 4,5 %) ce qui est largement supérieure à sa tendance à long terme qui oscille autour de 3,5 %. Cependant, le retrait synchronisé en cours de liquidités par les banques centrales devrait paver la voie à une décélération de l’activité économique à compter de 2007.

Bien qu’affichant des facteurs fondamentaux parmi les plus solides au sein du G-7, le Canada ne sera pas complètement immunisé contre ces vents contraires avec pour résultat des disparités régionales qui devraient s’accroître. À ce titre, Terre-Neuve-et-Labrador devrait se hisser en tête du peloton provincial en 2006 avec une croissance prévue du PIB de 6 % tandis que le Québec devrait fermer la marche avec une hausse modeste de 2 %. 

Économie mondiale
L’économie mondiale enregistre sa meilleure séquence de croissance en plus de 30 ans et fait nouveau, cette poussée semble être mieux répartie qu’au cours des dernières années, où l’économie mondiale ne pouvait compter que sur les locomotives chinoise et américaine.

En Chine, l’activité demeure très robuste forçant les autorités à adopter des mesures restrictives pour éviter une surchauffe. Au Japon, la reprise économique s’est accélérée et paraît dorénavant soutenable. La déflation corrosive étant chose du passé, la Banque du Japon devrait mettre un terme à sa politique monétaire ultra-expansionniste en relevant le niveau de son taux directeur présentement à zéro. Dans la zone euro, la reprise économique a pris du tonus incitant la Banque centrale européenne à agir pour relever des taux réels plus près de leur tendance historique.

Aux États-Unis, la remontée subite des attentes inflationnistes inquiète la Réserve fédérale et, pourrait paver la voie à d’autres hausses du taux directeur, fragilisant davantage le secteur immobilier. Avec le repli probable du prix des maisons au cours des prochains mois dans les régions ayant enregistré une fièvre spéculative, les ménages américains devraient freiner leurs dépenses de consommation. Les économistes de la Banque Nationale sont d’avis que ces hausses de taux conjuguée à la décélération du secteur immobilier devraient paver la voie à une période prolongée de croissance économique américaine modeste et définitivement sous le rythme de croissance du PIB potentiel. 

Au Canada, selon Clément Gignac, économiste en chef à la Banque Nationale et ses filiales et stratège à la Financière Banque Nationale, les facteurs économiques fondamentaux, sans doute les plus solides à avoir été enregistrés en 50 ans, font rêver plusieurs pays industrialisés. Ce contexte devrait propulser le huard près de la parité d’ici la fin de 2007 avec le réalignement des devises en cours. Bien que certains exportateurs canadiens éprouvent de la difficulté à demeurer compétitifs avec la valeur élevée du huard, la majorité d’entre eux se sont assez bien adaptés à cette nouvelle réalité, bénéficiant d’une demande mondiale exceptionnellement forte pour leurs produits. Pour preuve, la part des profits des entreprises canadiennes au sein de l’économie se retrouve présentement à un haut de 50 ans.

En contrepartie, la répartition inégale des ressources naturelles entre les régions canadiennes contribue à un accroissement des disparités régionales, rendant la tâche des autorités monétaires et gouvernementales plus délicate. Avec une économie canadienne tournant à pleine capacité et un taux d’inflation s’étant éloigné de la cible de 2 % de la Banque du Canada, il faut s’attendre à une nouvelle remontée du taux directeur au cours de l’été.

Marchés financiers
Après avoir démontré depuis quatre ans beaucoup d’intérêt à l’égard d’instruments financiers plus risqués tels les titres des pays en émergence, à faible capitalisation ou les fonds de matières premières, les investisseurs ont semblé surpris du changement de ton récent de la Réserve fédérale. Anticipant un ralentissement économique mondial et une décélération des profits reliés au resserrement monétaire global synchronisé, les marchés des capitaux sont devenus nettement plus volatils avec des participants éprouvant une plus grande aversion au risque.

Compte tenu de la performance exceptionnelle du marché boursier canadien depuis son creux de 2002 et de la prédominance du secteur des ressources naturelles, selon Clément Gignac, le potentiel d’appréciation du marché boursier canadien reste limité à court terme et maintient sa cible sur l’indice canadien de référence (S&P/TSX) à 10 500 pour la fin de 2006. Les obligations canadiennes et les grandes multinationales étrangères oeuvrant dans des secteurs non cycliques offrent à un meilleur rapport risque/rendement à ce stade-ci du cycle d’affaires.  Enfin, la diversification au plan géographique et entre les principales classes d’actifs demeure toujours la clef du succès à long terme.

Tableau des prévisions économiques nord-américaines

La conférence webdiffusée des Perspectives économiques et financières – Été 2006 » est accessible à partir du site Web de la Banque Nationale à l’adresse : www.bnc.ca/perspectiveseconomiques.

À propos de la Banque Nationale du Canada
La Banque Nationale du Canada est un groupe intégré qui fournit des services financiers complets à sa clientèle de particuliers, de PME et de grandes entreprises dans son marché principal, ainsi que des services spécialisés à ses autres clients dans le monde. La Banque Nationale offre toute la gamme des services bancaires, y compris ceux destinés aux grandes sociétés, et tous les services d'une banque d'investissement. Elle est active sur les marchés internationaux de capitaux et, par l'entremise de ses filiales, en courtage des valeurs mobilières, en assurance, en gestion de patrimoine ainsi qu'en gestion de fonds communs de placement et de régime de retraite. La Banque Nationale est une entreprise dont l'actif s’élève à plus de 110 milliards de dollars et qui, avec ses filiales, emploie 16 955 personnes. Ses titres sont cotés à la Bourse de Toronto (NA: TSX). Pour de plus amples renseignements, visitez le site de la Banque à www.bnc.ca.

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Économiste principal
Financière Banque Nationale
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