Communiqués de presse

Perspectives économiques et financières – Été 2009 Banque Nationale Groupe financier - L’économie mondiale est en voie de rétablissement

Montréal, le 11 juin 2009 -

« Après le pire passage à vide en plus de 60 ans, l’économie du globe est en voie de guérison. Les banques centrales et les gouvernements de nombreux pays ont fait des pieds et des mains pour relancer le fonctionnement des marchés mondiaux du crédit en instaurant des programmes d’une ampleur sans précédent. Ceux-ci ont porté fruit », a mentionné M. Stéfane Marion, économiste et stratège en chef de Banque Nationale Groupe financier.

« Les interventions publiques énergiques ont convaincu les marchés que les difficultés financières étaient en voie de se résorber. Une reprise des marchés financiers se nourrissant de ce soulagement ranime la confiance des entreprises et des consommateurs. Les conditions sont maintenant en place pour que l’économie mondiale retrouve le chemin de la croissance », a-t-il ajouté.

Économie américaine : le tournant approche

Aux États-Unis, la deuxième plus longue récession depuis les années 30 s’accompagne d’un fort repli de la demande intérieure et de pertes d’emplois massives. Causée en partie par la crise financière, la décrue considérable que vient de connaître l’activité réelle n’est pas sans lien avec un épisode très sévère d’assèchement du crédit. Afin de voler au secours de l’économie, la Réserve fédérale a fait preuve d’ingéniosité et de leadership dans l’octroi de crédit et l’instauration de mesures d’assouplissement quantitatif. De plus, les autorités fiscales à Washington ont ouvert grand les vannes budgétaires avec l’implantation d’un nombre impressionnant de mesures de relance. L’impact de ces mesures se fait sentir. Les statistiques économiques récentes s’avèrent assurément moins négatives et donnent à penser que le tournant de l’économie approche. Même le secteur immobilier commence à montrer des signes de stabilisation. Malgré l’embellie à venir, le prochain cycle d’affaires de l’économie américaine devra toutefois faire face à un renversement de l’effet de levier qui a prévalu au cours des dix dernières années afin d’assainir le système financier et le bilan fragilisé des ménages américains. Selon Yanick Desnoyers, économiste en chef adjoint, « il vaut mieux être prudent et avoir des attentes sobres pour la prochaine reprise économique américaine. Il faudra un certain temps pour récupérer le terrain perdu pendant la présente récession, tant au niveau du PIB réel que de l’emploi ». L’équipe d’économistes du Groupe financier prévoit que l’économie américaine accusera une baisse de 2,3 % en 2009, pour ensuite croître de 2,4 % en 2010.

Des politiques monétaires et budgétaires accommodantes

Le Canada n’a pas échappé à la crise financière et à la récession mondiale, et il vient d’enregistrer son plus important repli du PIB réel depuis le début des années 90. Malgré la hausse récente du taux de chômage à l’échelle nationale, l’économie canadienne est largement moins éprouvée qu’au cours des deux dernières récessions, soit celles de 1981-1982 et 1990-1991, en raison de la prompte introduction de politiques monétaires et budgétaires très accommodantes. De plus, la position enviable sur le plan de la solvabilité des banques canadiennes leur a permis de transmettre l’essentiel de la détente de la politique monétaire. Quant à lui, le bilan des ménages ne compromet en rien la capacité de notre économie de tirer parti de la relance probable aux États-Unis en seconde moitié d’année. Après un repli probable de 1,4 % du PIB réel cette année, il faut s’attendre à une reprise canadienne de l’ordre de 2,5 % en 2010, indique le Groupe financier.

Au niveau provincial, les écarts de croissance seront considérables en 2009. Selon Marc Pinsonneault, économiste principal, « certaines provinces sont plus sensibles que d’autres à la crise financière et aux chocs qui nous viennent des États-Unis, et certains secteurs sont plus durement frappés ». Au Québec, les investissements importants du gouvernement dans les infrastructures combinés à la résilience de la demande intérieure et la diversification de son secteur d’exportation limiteront à 1,2 % la contraction du PIB réel en 2009. L’Ontario, berceau de la production automobile canadienne, sera plus éprouvée, alors que le contexte cause des ravages sans précédent dans ce secteur. Un recul de l’ordre de 2 % de son PIB est envisageable cette année. Dans l’Ouest, le ralentissement de l’économie en 2009 reflète l’incidence de la forte chute des prix des matières premières sur les projets d’investissement. À cet égard, la remontée des prix des matières premières et la stabilisation de l’économie mondiale augure d’une relance en 2010. Fait à noter, le Manitoba remportera la palme de la croissance en 2009, alors que les provinces maritimes éviteront une contraction de leur PIB.

Taux d’intérêt : majoration en 2010

Au chapitre des taux d’intérêt, les économistes de Banque Nationale Groupe Financier sont d’avis que la reprise mondiale amènera la Banque du Canada à majorer son taux directeur au début de 2010. Cette campagne devrait se poursuivre tout au cours de l’année de sorte à ramener le taux de financement à un jour de 0,25 % aux alentours de 2%. Même à ce niveau, il faut souligner que la politique monétaire demeurera accommodante. Selon M. Marion, « notre banque centrale lèvera son pied de l’accélérateur monétaire, mais n’écrasera pas le frein pour autant ». En ce qui a trait au marché obligataire, un dérapage des taux de long terme apparaît peu probable. D’une part, les pressions inflationnistes devraient être limitées par le niveau relativement élevé de capacité excédentaire. D’autre part, l’amorce de la normalisation de la politique monétaire jumelée à la crédibilité bien établie de notre banque centrale quant à l’atteinte de sa cible d’inflation jugulera toute hausse des anticipations inflationnistes dans un contexte où les finances publiques canadiennes demeurent saines.

Du côté des marchés financiers, les indices boursiers mondiaux ont opéré un retour en force spectaculaire depuis la mi-mars, affichant le meilleur rendement sur trois mois en quatre décennies. La reprise est motivée par l’espoir que l’économie se redresse et que les bénéfices des sociétés recommencent à croître avec le tassement des marchés du crédit. Malgré la remontée des indices, les ratios cours/bénéfices demeurent attrayants. Selon Pierre Lapointe, stratège - marchés financiers, « la remontée des marchés ne jure pas avec nos hypothèses économiques mondiales. À moyen terme, les marchés boursiers devraient, selon nous, s’orienter à la hausse, alors que les investisseurs commencent à anticiper la prochaine expansion économique et le retour de la création d’emplois ».

En ce qui a trait au taux de change, les économistes de Banque Nationale Groupe Financier sont d’avis que le dollar canadien devrait se maintenir entre 0,85 $US et 0,90 $US au cours de la prochaine année. Pour Stéfane Marion « le dollar canadien demeure en partie soutenu par des mouvements de portefeuille qui reflètent les craintes de voir la situation financière de Washington se dégrader ».

Tableau des prévisions économiques nord-américaines

 

2008

2009

2010

États-Unis (%)

 

 

 

P.I.B. réel

1,1

-2,3

2,4

Taux de chômage

5,8

8,9

9,3

Taux d’inflation

3,8

-0,1

1,8

Taux cible des fonds fédéraux (fin d’année)

0,13

0,50

2,50

Taux des obligations du Trésor 10 ans (fin d’année)

2,25

3,91

4,90

Canada (% sauf indication contraire)

 

 

 

P.I.B. réel

0,4

-1,4

2,5

Taux de chômage

6,2

8,0

8,0

Taux d’inflation

2,4

0,0

1,8

Mises en chantier (000)

211

134

155

Taux cible du financement à un jour (fin d’année)

1,50

0,25

2,25

Taux des obligations du Trésor 10 ans (fin d’année)

2,69

3,62

4,52

Dollar canadien (en cent É.-U., moyenne annuelle)

93,8

85,0

90,0

P.I.B réel par province (%)

 

 

 

Québec

1,0

-1,2

2,5

Ontario

-0,4

-2,0

2,5

Terre-Neuve et Labrador

-0,1

-2,5

1,7

Île-du-Prince-Édouard

0,9

0,0

2,0

Nouvelle-Écosse

2,0

0,2

2,0

Nouveau-Brunswick

0,0

0,5

2,0

Manitoba

2,4

1,0

2,5

Saskatchewan

4,4

0,6

3,0

Alberta

-0,2

-2,0

2,5

Colombie-Britannique

-0,3

-1,5

3,0

Le document « Perspectives économiques et financières – Eté 2009 » sera accessible à partir du site Internet de Banque Nationale Groupe financier au www.bnc.ca/perspectives

À propos de la Banque Nationale du Canada
La Banque Nationale du Canada, qui célèbre ses 150 ans en 2009, est un groupe intégré qui fournit des services financiers complets à sa clientèle de particuliers, de PME et de grandes entreprises dans son marché principal, ainsi que des services spécialisés à ses autres clients dans le monde. La Banque Nationale offre toute la gamme des services bancaires, y compris ceux destinés aux grandes sociétés, et tous les services d'une banque d'investissement. Elle est active sur les marchés internationaux de capitaux et, par l'entremise de ses filiales, en courtage des valeurs mobilières, en assurance, en gestion de patrimoine ainsi qu'en gestion de fonds communs de placement et de régime de retraite. La Banque Nationale est une entreprise dont l'actif s’élève à près de 138 milliards de dollars et qui, avec ses filiales, emploie 17 343 personnes. Ses titres sont cotés à la Bourse de Toronto (NA: TSX). Pour de plus amples renseignements, visitez le site de la Banque à www.bnc.ca.

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