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Faut-il former vos employés à la programmation informatique?

25 mai 2017 par Banque Nationale
l’intégration de compétences en codage dans les entreprises stimule l’efficacité et la croissance.

Il est aujourd’hui difficile de prédire si savoir programmer deviendra aussi nécessaire que lire et compter. L’avenir le dira. Ce qu’on sait toutefois, c’est que l’intégration de compétences en codage dans les entreprises stimule l’efficacité et la croissance.

Dans certains pays, la programmation informatique s’enseigne à l’école primaire. Un peu partout, des initiatives voient le jour pour encourager l’apprentissage de la programmation dès le plus jeune âge, Hour of Code par exemple. Au Québec, les projets pour apprendre les rudiments du codage aux enfants du primaire se multiplient.

« L’objectif est d’inculquer la pensée informatique et non de susciter des vocations d’informaticiens », souligne Margarida Romero, professeure en technologie éducative à l’Université Laval et auteure de Vibot le robot, un livre pour initier les enfants au codage.

Plus d’esprit critique envers les technologies

D’ici à ce que cette génération arrive sur le marché du travail, les entreprises songent-elles à former leur personnel au codage? General Electric aurait l’intention d’en enseigner les bases à ses nouveaux employés, comme l’a indiqué son PDG, Jeffrey Immelt, dans une publication sur LinkedIn. Mais il s’agit d’une exception.

Ce n’est pourtant pas une idée folle. Car l’initiation au codage favorise l’esprit critique envers les technologies de l’information, une attitude que tous auraient intérêt à développer.

« Derrière les applications, les moteurs de recherche et les systèmes d’information, il y a des algorithmes, c’est-à-dire une suite de règles qui a été programmée, dit Margarida Romero. Or, la programmation découle d’une réflexion. Ce n’est jamais neutre. Il est important que les gens en soient conscients. »

Une opinion partagée par Josée Beaudoin, vice-présidente Innovation et Transfert au CEFRIO, un organisme québécois voué à l’appropriation du numérique dans les organisations. « C’est nécessaire, surtout dans un contexte où les entreprises collectent et traitent de plus en plus de données. »

SQL : Le « Sésame, ouvre-toi » des bases de données

Là où l’on constate un changement dans les entreprises, c’est justement dans l’accès aux données. À preuve : la popularité croissante de la formation en création de requêtes SQL (Structured Query Language) auprès des non-informaticiens. Le SQL est un langage permettant d’interroger les bases de données.

« Il y a quelques années, ce cours était destiné aux informaticiens, dit Éric Vaillancourt, formateur chez Technologia. Maintenant, il est suivi par des comptables, des secrétaires, des ingénieurs, des gestionnaires de projets, des agents techniques. Les gens veulent extraire les données eux-mêmes. Ils ne veulent plus dépendre des informaticiens pour savoir combien de clients ont acheté des chaises bleues en avril! »

APN, un fabricant de pièces aéronautiques complexes, a formé ses dirigeants et son personnel de bureau à l’écriture de codes SQL. « Chercher et recouper de l’information dans une base de données, c’est une compétence essentielle chez nous », souligne Yves Proteau, coprésident.

Jamais sans mes programmeurs

Autre phénomène en émergence : l’embauche de programmeurs par des PME manufacturières. C’est le virage qu’a effectué APN il y a six ans. L’entreprise de Québec, dont les machines et les systèmes informatiques sont interconnectés, compte maintenant cinq programmeurs parmi ses 150 employés.

« Nous voulons contrôler le développement de nos technologies, dit Yves Proteau. Et puis, nous sommes constamment en train d’innover et d’améliorer les processus, une condition pour avoir du succès aujourd’hui. C’est donc plus économique d’avoir nos propres programmeurs que de recourir à des consultants. »

Les programmeurs d’APN ont notamment conçu un système automatisé de contrôle de la qualité de l’information sur les produits qui a diminué de 90 % le temps consacré à cette tâche. Ils créent aussi des algorithmes pour traiter l’information provenant des capteurs des machines, ce qui permet de prendre de meilleures décisions et de hausser la productivité. Le taux d’utilisation des machines, par exemple, a doublé.

Évidemment, l’entreprise retire un avantage concurrentiel de tout cela. Elle gagne en crédibilité auprès des clients, car ceux-ci considèrent que son avance technologique diminue leurs risques d’affaires. Elle devient aussi plus rentable.

« Plus d’efficacité égale plus de profits, résume Yves Proteau. Ça nous permet de mieux nous positionner pour attaquer la concurrence. » On le croit : APN a enregistré une croissance de 38 % l’an dernier.

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