Banque Nationale : l'économie canadienne devrait demeurer en tête du G-7 en 2003

Montréal, le 12 décembre 2002 - 

Malgré son caractère encore fragile et sans éclat, la reprise économique est bel et bien en marche selon la Banque Nationale. Après avoir enregistré une hausse de quelque 2,4 % en 2002, la croissance économique américaine devrait s'accélérer en 2003 avec une avancée prévue du produit intérieur brut de 3,2 %. Pour sa part, l'économie canadienne devrait encore enregistrer en 2003 une bonne performance avec une hausse prévue du PIB de 3,6 %, ce qui la positionnera pour une deuxième année consécutive en tête du G-7.

" La chute des indices boursiers pour une troisième année consécutive en 2002, une première en 60 ans, ne serait pas précurseur d'une rechute de l'activité économique. Le marché boursier est devenu un indicateur moins fiable pour prédire la direction de l'activité économique suite aux scandales financiers enregistrés en 2002 à Wall Street. En fait, pour la première fois depuis les années 30, la bourse est devenue un indicateur retardé par rapport au cycle économique ", souligne monsieur Clément Gignac, vice-président et économiste en chef à la Banque Nationale.

La reprise économique en cours aux États-Unis est certes plus modeste qu'au cours des phases d'expansion précédentes parce qu'elle suit une récession de bénéfices et d'investissements. Les gains de productivité sont la clé du redressement des bénéfices et cela explique en partie la prudence des entreprises sur le plan de l'embauche. Cette relance de l'activité américaine pourrait donc être à l'image de la reprise dite " sans emplois " du début des années 90. De plus, les entreprises maintiennent un faible niveau de stocks. " Mais les entreprises vont graduellement prendre le relais des ménages en 2003 avec une reprise des dépenses d'investissement dans la foulée du redressement des marges bénéficiaires ", mentionne monsieur Gignac.

De son côté, le Canada devrait jouir d'une croissance économique remarquable en 2003 avec un taux de 3,6 %, qui va le propulser à nouveau à la tête du G-7 selon le consensus des prévisionnistes. Qui plus est, au chapitre des finances publiques, le Canada devrait, une fois de plus, être le seul pays du G-7 en 2003 à afficher un solde budgétaire en équilibre. Jamais une telle divergence sur le plan de l'activité économique et de la création d'emplois n'aura été enregistrée entre les deux principaux partenaires de l'Aléna selon les experts de la Banque Nationale.

À la différence des États-Unis, le marché du travail au Canada reste en plein essor avec une création record de plus de 500 000 emplois depuis le début de 2002. Bénéficiant d'une position concurrentielle enviable en raison d'une devise canadienne très dépréciée, plusieurs groupes du secteur manufacturier tournent à plein régime. Encouragé par cette forte création d'emplois et une réduction graduelle de son fardeau fiscal, le consommateur canadien reste très confiant.

Dans le secteur immobilier, la Banque Nationale reste optimiste pour 2003 et croit que l'effervescence en cours provient d'une demande latente longuement refoulée et d'une accession plus facile à la propriété liée à des taux d'intérêt encore très avantageux. Bien que le développement d'une bulle immobilière constitue un facteur de risque à ne pas minimiser, les anecdotes de spéculation généralisée de la fin des années 80 ne seraient tout simplement pas là, du moins à une échelle pan-canadienne. Selon l'économiste en chef de la Banque Nationale, " les événements tragiques du 11 septembre 2001 et la chute drastique des indices boursiers ont changé les priorités de plusieurs ménages en terme de mode de vie et l'habitat a retrouvé ses lettres de noblesse. "

Sur le plan des taux d'intérêt, monsieur Gignac s'attend à ce que la Réserve fédérale américaine, conserve une politique monétaire très accommodante avec des taux d'intérêt stables jusqu'au début de l'été 2003, le temps de s'assurer de la solidité de la reprise. Par contre, la Banque du Canada pourrait procéder à l'instar de 2002 à des hausses unilatérales de son taux directeur de 50 à 75 points de base en première moitié de 2003 dans le but de maintenir l'inflation à l'intérieur de sa fourchette-cible.

Sur une base régionale, le Québec a connu sa meilleure performance de l'histoire en première moitié de 2002 réussissant même à créer plus de 40 % des emplois au Canada en première moitié de 2002. Le taux d'activité a atteint un niveau record. Pour l'année 2002, la croissance économique devrait avoisiner 4% avant de revenir à un rythme un peu plus conforme à la moyenne nationale en 2003 avec un taux de croissance prévue de 3,5%. Selon monsieur Marc Pinsonneault, économiste principal régional à la Banque Nationale, "cette bonne performance de l'économie québécoise s'explique en bonne partie par un phénomène de rattrapage et par l'implantation tardive de rabais d'impôts à la fin du cycle d'expansion précédent."

Du côté de l'Ontario, si la bonne tenue du secteur de l'automobile a eu une incidence positive sur le reste de l'économie en 2002 avec une hausse du PIB de quelque 3,5 %, la reprise des investissements des entreprises devrait être l'élément culminant pour assurer la poursuite de l'expansion de l'économie.

En ce qui a trait aux marchés boursiers, les facteurs qui ont miné la confiance des investisseurs comme la radiation des actifs des firmes de technologie et les scandales financiers devraient jouer un rôle moins important en 2003 avec les réformes structurelles en cours. Le redressement en cours des bénéfices et une meilleure qualité et accessibilité de l'information financière à être divulguées par les entreprises devraient jouer un rôle de catalyseur pour mettre fin à ce marché baissier. Évidemment, une telle prédiction comporte des facteurs de risque comme une poussée supplémentaire du prix du pétrole liée à une guerre possible avec l'Iraq.

Résumé des principales prévisions :
(Variation annuelle en %, sauf indication contraire)

 

2002

2003

2004

États-Unis

 

 

 

P.I.B. réel

2,4

3,2

3,6

Taux d'inflation

1,5

2,4

2,5

Taux de chômage

5,8

5,7

5,1

Taux des Bons du Trésor 3 mois (fin d'année)

1,25

2,25

3,50

Taux des obligations du Trésor 10 ans

4,20

5,00

5,50

 

 

 

 

Canada

 

 

 

P.I.B. réel

3,3

3,6

3,2

Taux d'inflation

2,2

2,9

2,5

Taux de chômage

7,7

7,6

7,2

Taux des Bons du Trésor 3 mois (fin d'année)

2,72

4,15

4,50

Taux des obligations fédérales 10 ans

5,20

5,80

6,25

Taux de change dollar canadien en cents É.-U.

63,69

69,50

71,00

 

 

 

 

Québec

 

 

 

P.I.B. réel

3,9

3,5

3,1

Taux de chômage (%)

8,5

7,8

7,6

 

 

 

 

Ontario

 

 

 

P.I.B. réel

3,5

3,4

3,2

Taux de chômage (%)

7,1

6,9

6,5


Le document intitulé " Perspectives économiques et financières 2003 " est accessible en version pdf sur le site Internet de la Banque Nationale à l'adresse suivante : www.bnc.ca/perspectives.

À propos de la Banque Nationale du Canada

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