Perspectives économiques 2001-2002 de la Banque Nationale : Le Canada n'échappera pas au ralentissement américain mais les perspectives demeurent encourageantes

Montréal, le 22 mai 2001 - 

La Banque Nationale a fait état aujourd’hui de ses prévisions économiques pour les années 2001 et 2002. En dépit du ralentissement important de l’économie américaine, les perspectives de croissance pour les prochaines années demeurent toujours encourageantes, notamment pour le Canada et le Québec.

La Banque Nationale prévoit une croissance économique :

  • De 2,2% cette année et de 3,3% l’an prochain aux États-Unis;
  • De 2,8% cette année et de 3,5% l’an prochain au Canada;
  • De 2,7% cette année et de 3,5% l’an prochain au Québec;
  • De 2,4% cette année et de 3,7% l’an prochain en Ontario.

L’automne dernier, les informations disponibles ne reflétaient pas encore l’ampleur du ralentissement économique aux États-Unis. Rien ne suggérait que les révisions des profits, suivi du dégonflement des titres boursiers, allaient ébranler aussi profondément la confiance des consommateurs américains et ternir autant la vigueur exceptionnelle de l’investissement des entreprises.

Malgré tout, les consommateurs maintiendront l’économie à flot. On a beaucoup insisté sur le renversement de la richesse des ménages occasionné par les corrections boursières. En fait, l’avoir net des ménages n’a diminué que de 4,1% en 2000. Il est clair qu’à elle seule, la perte de richesse due au recul des marchés boursiers ne suffit pas à arrêter complètement la croissance des dépenses de consommation.

Selon madame Dominique Vachon, Vice-présidente et économiste en chef à la Banque Nationale, le Canada n’échappera pas au ralentissement américain cette année mais les perspectives demeurent encourageantes : " La tiédeur des exportations vers les États-Unis ainsi que l’achèvement d’importants projets d’investissement viendront certes amputer la croissance économique canadienne. Mais la demande des ménages soutiendra la demande intérieure alors qu’ils bénéficieront d’un allégement du fardeau fiscal et de taux d’intérêt réels autour de leur creux historique. "

Madame Vachon poursuit en indiquant qu’au niveau provincial, le Québec enregistrera une croissance similaire à la moyenne canadienne en 2001 alors que l’Ontario sera plus durement touché : " Tout comme au Canada, le Québec bénéficiera d’une conjoncture financière favorable et de politiques fiscales expansionnistes.

Par contre, l’Ontario encaissera un solide ralentissement par rapport à son essor de plus de 5,5% de l’an dernier étant donné la récession qui afflige le secteur de l’automobile. Encore une fois, ce sont les ménages qui seront le principal moteur de croissance, aidés par des allégements fiscaux significatifs. "

Enfin, madame Vachon mentionne que le ministre des Finances, Paul Martin, s’est voulu rassurant quant à l’impact du ralentissement économique sur la santé des finances publiques lors de sa mise à jour économique, le 17 mai dernier : " Les chiffres semblent lui donner raison. Même si la croissance économique était plus faible que prévue, soit une croissance de seulement 1,8% cette année et 2,9% l’an prochain, les surplus budgétaires demeureraient substantiels à 6,2 milliards de dollars et à 5,1 milliards de dollars respectivement. L’ampleur de ces surplus aura vraisemblablement pour effet la poursuite de la réduction de la dette fédérale. En soi, cela est une bonne nouvelle. En fait, depuis l’apparition de surplus budgétaires, soit depuis les quatre dernières années financières complétées, 33,7 milliards de dollars ont été consacrés au remboursement de la dette et 22 milliards de dollars à l’allégement du fardeau fiscal. Ce dernier, concentré au cours des prochaines années, n’a pas été remis en question par le ralentissement économique, du moins pas encore.

Par contre, il y a lieu de s’interroger sur l’utilisation de cette marge de manœuvre. Tant et aussi longtemps que les sommes dégagées du service de la dette, soit plus de 2 milliards de dollars par année, sont conférées en baisse d’impôt, rembourser rapidement la dette est un excellent choix. Par contre, le 17 mai dernier, Paul Martin a donné l’indication que ces sommes seraient utilisées pour financer de nouvelles dépenses de programme. Nous croyons que cela constitue une erreur. La croissance des dépenses de programme prévue pour les prochaines années, à 4,1% en moyenne, équivaut à peu près à l’inflation combinée au taux de croissance de la population. Il n’y a aucune raison d’augmenter encore davantage ces dépenses. On pourrait aller jusqu’à espérer qu’il n’y ait plus de surplus budgétaire non prévu (par exemple un surplus beaucoup plus substantiel cette année que les 7,2 milliards attendus), de crainte que la ténue rigueur budgétaire bascule à nouveau au profit de dépenses supplémentaires. "

La Banque Nationale du Canada est un groupe intégré qui fournit des services financiers complets à sa clientèle de particuliers, de PME et de grandes entreprises dans son marché principal, ainsi que des services spécialisés à ses autres clients dans le monde. La Banque Nationale offre toute la gamme des services bancaires, y compris à l'intention des grandes sociétés, tous les services d'une banque d'investissement. Elle est active sur les marchés internationaux de capitaux et, par l'entremise de ses filiales, en courtage des valeurs mobilières, en assurance, en gestion de patrimoine ainsi qu'en gestion de fonds communs de placement et de régime de retraite. La Banque Nationale est une entreprise dont l'actif dépasse les 75 milliards de dollars et qui, avec ses filiales, emploie plus de 16 600 personnes. Ses titres sont cotés à la bourse de Toronto.


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