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Canada 2004 : Une reprise économique freinée par la montée du huard

Montreal, le 10 décembre 2003 - 

À l'échelle mondiale, la croissance économique devrait dépasser 4 % en 2004, la meilleure performance en quatre ans. Les grandes régions du globe vont connaître un essor synchronisé, bien qu'inégal. Grâce à une forte poussée de la production industrielle, les économies asiatiques bénéficieront et contribueront également à cette expansion mondiale. De son côté, l'économie américaine devrait progresser de 4,5 % en 2004, après avoir enregistré une croissance du produit intérieur brut de l'ordre de 3 % en 2003. Les entreprises américaines ont repris confiance. Les gains de productivité leur procure des bénéfices qui leur permettent d'investir. L'emploi a finalement emboîté le pas, ce qui devrait assurer une reprise qui se soutiendra d'elle-même.

La croissance économique sera plus modeste au Canada, de l'ordre de 3,0 % en 2004. L'écart de croissance entre le Canada et les États-Unis s'explique par l'impact de la montée du dollar canadien, qui met au défi le secteur manufacturier. Cependant, selon monsieur Clément Gignac, Économiste en chef à la Banque Nationale et Premier vice-président et stratège à la Financière Banque Nationale "les fabricants canadiens sont en meilleure posture aujourd'hui qu'il y a dix ans pour faire face à la musique. Leur situation financière est beaucoup plus saine qu'à l'époque et l'environnement économique mondial y est nettement plus favorable". En contrepartie, les entreprises devront investir davantage en vue d'améliorer leur productivité si elles veulent préserver leur position concurrentielle et accroître leur rentabilité.

Les perspectives concernant le dollar canadien demeurent haussières (cible de 0,80$ É.-U. à la fin de 2004). Outre la dépréciation du dollar américain accentuée par le fait que les États-Unis affichent des déficits jumeaux (budgétaire et compte courant) d'une ampleur sans précédent, Monsieur Gignac voit deux autres raisons pour une poursuite de la montée du dollar canadien. Premièrement, le bilan du Canada est reluisant : seul pays du G7 à afficher des surplus jumeaux, endettement net avec l'étranger en baisse. Deuxièmement, en raison de sa dotation en ressources naturelles, le Canada bénéficie de la forte poussée du prix des matières premières associée à la reprise mondiale synchronisée.

La poussée du dollar canadien obligera le secteur manufacturier à rationaliser sa main-d'œuvre. Pour cette raison, la croissance globale prévue de l'emploi sera modeste, particulièrement au Québec et en Ontario, qui concentrent la majeure partie de l'emploi manufacturier au pays. Selon monsieur Marc Pinsonneault, économiste responsable des prévisions provinciales, ces deux provinces verront leur croissance économique s'établir en-dessous de la moyenne canadienne. Cette restructuration industrielle causée par la montée du dollar canadien va compliquer la tâche des ministres des Finances de ces deux provinces dans leurs efforts pour atteindre l'équilibre budgétaire.

Sur le plan des taux d'intérêt, les ressources inutilisées aux États-Unis sont abondantes, si bien que la Réserve fédérale, qui de surcroît veut procéder à une certaine reflation, n'a pas de motifs pour augmenter son taux directeur avant l'automne 2004. Au Canada, l'appréciation du dollar canadien signifie une baisse importante des prix des biens importés qui se traduira par le maintien d'un taux d'inflation de référence des autorités monétaires d'à peine 1 à 1,5% en 2004. Par conséquent, la Banque du Canada devrait maintenir des taux d'intérêt très bas l'an prochain avec possiblement une nouvelle baisse de taux directeur en début d'année pour freiner l'appréciation du huard.

Finalement, les marchés boursiers devraient poursuivre leur tendance haussière mais sans feu d'artifices. La poursuite de la croissance des profits et le maintien de bas taux d'intérêt procurent en effet des perspectives favorables. Toutefois, la progression des indices devrait être plus modeste que celle enregistrée en 2003. Selon Monsieur Gignac, " S'il suffisait en 2003 d'être présent sur le marché boursier en général pour enregistrer un bon rendement, l'année 2004 s'annonce différente. La sélection des secteurs revêtira une importance capitale pour espérer de bons rendements. "

Résumé des principales prévisions :
(Variation annuelle en %, sauf indication contraire)

2002

2003

2004

États-Unis

Taux de chômage

2.4

3.1

4.5

Taux d'inflation

5.8

6.0

5.9

Bons du Trésor - 3 mois (fin d'année)

1.5

2.4

2.2

Taux des obligations du Trésor 10 ans ( fin d'année)

1.25

1.05

1.35

4.20

4.44

5.39

Canada

P.I.B. réel

3.3

1.6

3.0

Taux de chômage

7.6

7.6

7.8

Taux d'inflation

2.2

2.7

1.3

Bons du Trésor - 3 mois (fin d'année)

2.63

2.8

2.6

Taux des obligations du Trésor 10 ans ( fin d'année)

4.88

4.99

5.39

Dollar canadien ( en cents E.-U., fin d'année)

63.29

77.0

80.0

P.I.B. réel par province

Québec

4.3

1.5

2.6

Ontario

3.9

1.4

2.7

Terre-Neuve et Labrador

15.4

4.6

2.3

Île-du-Prince-Édouard

5.7

2.0

2.5

Nouvelle Écosse

4.4

2.4

2.2

Nouveau-Brunswick

4.0

2.7

2.9

Manitoba

2.1

2.3

3.0

Saskatchewan

(1.5)

4.2

3.5

Alberta

1.5

3.6

4.0

Colombie-Britannique

2.4

1.2

3.0

À propos de la Banque Nationale du Canada

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